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Comment le rugby français est monté sur le toit de l’Europe ?

Clermont et Toulon s’affrontent en finale de la H Cup ce samedi à l’Aviva Stadium de Dublin. Une affiche digne du Top 14 qui reflète la suprématie des clubs français dans le rugby européen.

"Le rugby est un sport de combat. Si tu lâches, tu ramasses". Visiblement, cette phrase de Fabien Galthié, ancien joueur du XV de France et actuel entraîneur de Montpellier, a fait des émules dans le rugby français. Car si la sélection nationale est à la peine, les clubs ont décidé de prendre les devants en écartant leurs rivaux britanniques de la course à l’Europe. Les résultats sont probants : Clermont et Toulon seront à l’affiche de la quatrième finale franco-française de l’histoire de la H Cup, ce samedi à 18h00 et le Stade Français a brillamment atteint la finale de la Amlin Cup.

Voici les quatre finales franco-françaises :

  • 2002-2003 : Toulouse 22 – 17 Perpignan 
  • 2004-2005 Toulouse 18 – 12 Stade Français
  • 2009-2010 : Toulouse 21–19 Biarritz
  • 2012-2013 : Clermont – Toulon, samedi à 18h

Mais comment expliquer ces bonnes performances des clubs de l’Hexagone alors que le XV de France tire la langue ?

 

Le Top 14, terre d’accueil des meilleurs joueurs du monde

Jonny Wilkinson, Delon Armitage et Matt Giteau défieront Jamie Cudmore, Nathan Hines et Napolioni Nalaga. Rien que sur la finale de la H Cup, le public de l’Aviva Stadium de Dublin aura la chance d’apprécier ce qui se fait de mieux dans le rugby mondial. Et pour cause, la France accueille depuis quelques temps les meilleurs joueurs venus d’Australie, de Nouvelle-Zélande ou d’Angleterre. Et ce n’est pas fini ! La saison prochaine, le Sud-Africain Bryan Habana, meilleur marqueur d’essais de la Coup du monde 2007, posera ses valises à Toulon à l’instar de l’ouvreur irlandais Jonathan Sexton au Racing. Tel un symbole, ce drop victorieux de Jonny Wilkinson en demi-finale contre ses compatriotes du Saracens.

Indéniablement, le Top 14 est devenu le meilleur championnat d’Europe grâce à l’arrivée massive de ces stars de l’ovalie. Et plus les joueurs de classe mondiale viennent dans notre championnat, plus cela attire les autres stars à venir. Mathématique !

 

Les meilleurs coachs d’Europe peuple la France

Outre les joueurs, une équipe ne peut aussi bien fonctionner sans un entraîneur de qualité. Avec le Néo-Zélandais Vern Cotter à sa tête, Clermont fait figure d’épouvantail que ce soit en Europe ou même dans l’Hexagone. De même, Toulon et ses super stars sont menées à la baguette par l’indispensable Bernard Laporte, certes amateur de la politique mais monstre de la tactique.

En demi-finale, Clermont a sorti le Montpellier de Fabien Galthié (36-14). Ce dernier est parvenu à amener le club héraultais au sommet dans son pays et dans le dernier carré du gratin européen. L’Argentin Gonzalo Quesada, actuel entraîneur du Racing et prochainement au Stade Français, dispose également d’une très bonne réputation. Enfin, Guy Novès fait figure de statue indétrônable au Stade Toulousain. N’oublions pas que si tous ces grands joueurs viennent en France, c’est aussi parce qu’ils sont attirés par ces entraîneurs de classe mondiale.

Qui dit flopée de stars, dit porte-monnaie bien rempli

Forcément, l’argent n’est pas innocent dans la réussite débordante des clubs français. Et pour cause, sur les dix plus gros budgets européens, huit appartiennent aux Français. ,D’après le Nouvel Observateur le Stade Toulousain (34,97 millions d’euros) devancerait aujourd’hui Clermont (25,52 millions d’euros. Les Anglais de Leicester complètent le podium avec 23,62 millions d’euros. Suivent ensuite le Stade Français (22,81), Toulon (21,84), le Racing-Métro (21,74), Bayonne (17,96) et Montpellier (17,51). Aussi étonnant soit-il, Lyon (15,73), ou le LOU, qui évolue en Pro D2 figure à la 12e position devant des clubs d’élite irlandais et anglais. En outre, les salaires s’avèrent bien plus attractifs en France puisque les clubs du Top 14 sont limités à 9 millions d’euros de dépenses contre 5,35 millions pour les équipes anglaises ! Du coup, joueurs et entraîneurs y trouvent leur compte et cela se voit dans les résultats.


Les clubs français sur de bonnes bases

Tout ne s’explique évidemment pas par l’argent, même si cela contribue beaucoup au succès. Néanmoins, à part quelques années de vaches maigres, les clubs français ont généralement toujours très bien évolué en Coupe d’Europe. Pour cela, il suffit de jeter un œil sur le palmarès de la H Cup. Ainsi, le Stade Toulousain demeure le club européen le plus titré avec quatre trophées. Sa dernière victoire en finale de la H Cup ne remonte qu’à la saison 2009-2010 où les protégés de Guy Novès ont disposé de… Biarritz (21-19) au Stade de France. Plus ancien, le CA Brives a également déjà remporté la Coupe d’Europe mais il faut avouer, qu’avant 2010 les équipes françaises éprouvaient des difficultés face à leurs homologues britanniques.

Les joueurs français meilleurs en club qu’en sélection

En plus des meilleures joueurs étrangers, les clubs français ont à leur disposition des Bleus arrivés à maturité. Pour preuve, l’ERC, qui organise les compétitions européennes de rugby, a récemment dévoilé ce lundi la short-list des cinq nominés pour le titre du joueur européen de l’année 2013. Et dans ce casting, Julien Bonnaire et Wesley Fofana de Clermont font partie de cinq nominés avec Jonny Wilkinson (Toulon), Jamie Heaslip (Leinster) et Sitiveni Sivitavu (Clermon). Même si le XV de France a été à la peine lors du dernier Tournoi des VI Nations, personne ne peut ignorer les performances de Dimitri Yachvili (Biarritz), Morgan Parra (Clermont) ou Fulgence Ouedraogo (Montpellier).

Grâce à ce cocktail très relevé, les clubs français parviennent à dominer l’Europe. L’ancien grand joueur du XV de France, Pierre Villepreux a dit : "Dans une équipe de rugby, il n’y a pas de passagers, il n’y a qu’un équipage". Et cette année, l’équipage sera français !

Coupe d’Europe : Estampillée Top 14 !

Cette quatrième finale de Coupe d’Europe 100% française entre les deux nouveaux géants du championnat avait des allures de matchs de Top 14 : Malgré les trois essais inscrits les défenses et les buteurs ont pris le pas sur l’attaque. Même si la victoire toulonnaise s’est dessinée dans les vingt dernières minutes, les rouges et noirs de la rade ont vraisemblablement construit leur victoire en première mi-temps durant laquelle la défense toulonnaise fut intraitable. Je suis surpris d’entendre un commentaire d’une personne aussi avisée que ne devrait l’être Pierre Villepreux qui prétendait que l’ASM Clermont-Auvergne aurait dû jouer d’avantage en première mi-temps ! Comme si les jaunards n’avaient pas essayé ! Ils se sont heurté à une redoutable défense varoise qui n’était pas sans me rappeler celle du XV de France sous l’ère Laporte.

Cette finale s’est apparentée à une joute du championnat domestique aussi parce que les score entre les deux équipes était très serré et que comme en Top 14, tout s’est joué dans le money time. Sur l’action de la dernière seconde j’ai même vu dans ma tête les Clermontois filer à l’essai, les supporteurs clermontois exploser de joie  et Aurélien Rougerie soulever cette Coupe d’Europe. Avant de me rendre compte que la passe de Sivivatu était mal ajustée et que finalement ce sont les Toulonnais qui peuvent exulter !

On ne peut qu’applaudir ces toulonnais qui ont réalisé une très belle prestation dans la compétition continentale et qui ont su déjouer les pronostiques. Il s’agit du premier titre des Varois qui avaient échoué à maintes reprises. Certains pourront décrier la victoire d’un rugby commercial, d’une vision friquée de notre sport au dépend de notre XV national. Je ne partage pas ce point de vue. Le rugby est devenu un sport professionnel. Je puis vous assurer en écoutant les commentaires des speakers des télévisions britanniques qu’on nous envie ces effectifs pléthoriques des clubs français. En foot, le Barça, le Real Madrid, Manchester United et le Milan AC n’auraient pas un tel palmarès sans avoir eu recours à la main d’œuvre étrangère. Même les franchises NBA qui ont très longtemps fonctionné avec des effectifs essentiellement composés de joueurs américains font désormais appel à des joueurs venus des quatre coin du monde (avec notamment une belle colonie de joueurs tricolores). Le rugby vit avec son temps et le XXIème siècle est celui de la mondialisation. Cela sera-t-il défavorable au XV de France ? Pas forcément ! Pour continuer le parallèle avec les autres sports, je soulignerai que les États-Unis continuent de dominer la planète de la grosse balle orange et les Espagnols sont rois au pays des manchots ! Certains me disent qu’il y a peu de joueurs français sur la feuille de match mais avec Toulon, Clermont et Montpellier qui ont disputé les phases finales de la Coupe d’Europe un grand nombre d’hexagonaux ont connu le très haut niveau. Cependant, la Ligue doit continuer son travail en renforçant les quotas de JIFF, je pense qu’on arrivera ainsi à un bel équilibre !

Je ne pourrai pas terminer ce post en ayant une pensée particulière pour les Clermontois qui doivent être aussi déçus que les Toulonnais sont heureux. Ils ont réalisé de très belles choses et auront l’occasion de rebondir, car l’ASM Clermont-Auvergne n’est pas seulement une pléiade d’internationaux, c’est aussi un grand club qui ne cesse de se structurer depuis bientôt 20 ans et dont la démarche n’est pas sans me rappeler celle du Stade Toulousain quadruple champion d’Europe.

L’idée d’un championnat de franchises fait son chemin. Selon JMD, elle est même inéluctable  Si la Fédération ne prend pas les devants, ce sont les clubs eux mêmes qui opteront pour cette option. Ce message a été posté par un lecteur, JMD en réponse à un billet posté il y a 4 ans En toute franchise (1, 2 et 3). Plutôt que des franchises utilisant pour socles des clubs du Top 14 comme je l’ai imaginé dans le manifeste de Mister Rugby, JDD imagine un vrai championnat interprovincial, rappelant que certaines de ces formations ont remporté des victoires historiques face à des équipes aussi prestigieuses que les All Blacks ou les Wallabies lors de tournées d’automne. J’ajouterais qu’avec l’expansion des marques régionales (Sud de France, Sud-Ouest, Auvergne, Alsace, etc.) qui cherchent à donner une visibilité à l’internationale ce projet gagne en crédibilité. 

De notre envoyé spécial, JMD

Depuis 5 ans et même 3 ans les choses ont bien sûr évolué même si nous n’avons toujours pas de franchises, évolution très positive concernant l’Union Bordeaux-Bègles puisque le club se maintient depuis 2 ans en Top 14, de plus il fidélise un public, il y a une tradition rugbystique à Bordeaux qui ressurgit. L’équipe a enregistré la deuxième affluence au stade avec ses délocalisations à Chaban-Delmas, une enceinte que l’Union pourrait peut-être squatter en permanence puisque les footeux vont déménager dans leur grand stade flambant neuf. Concernant Agen par contre l’affaire se complique, mais le club n’est pas mort pour faire partie une jour des 14 franchises, bien qu’Agen pourrait avec l’Union bordelaise constitué la province Aquitaine (équipe Grand Bordeaux ?) ou équipe Aquitania si on veut lui attribuer une dénomination antique. Cette formation Bordeaux-agenaise a dans le passé rencontré les équipes de l’hémisphère sud en tournée, je me souviens d’un match contre l’Australie en 1993. Mais il se pourrait que Bordeaux désire conserver sa propre identité de même qu’Agen. Concernant Dax et Mont de Marsan il y a quelques années on a parlé de fusion, ses deux clubs peuvent constituer donc une franchise "Landes" mais tout aussi bien intégré également la franchise Aquitaine aux côtés d’Agen voire de Bordeaux. Autre possibilité, explorons les toutes, Dax et Mont de Marsan pourrait donc le plus vraisemblable être associées à Bayonne et Biarritz pour constituer l’équipe Côte Basque Landes (Force-Basque Côtes Sud) équipe Atlantica pour prendre un terme antique… qui elle aussi a déjà existé sous l’appellation du comité Côte Basque Landes et avait notamment battu les All blacks en 1990. A moins que Bayonne et Biarritz fusionnés souhaitent restés indépendants des landais. En associant les finances des 4 clubs, la province Côtes Basque Landes correspondrait actuellement à un budget de 45€, ce qui n’est pas rien.

Le Racing Métro est issu de la fusion de deux clubs de même que le Stade Français Paris et l’on peut dire que cela a fonctionné. Si un temps on s’est interrogé sur la viabilité de deux clubs pros dans la capitale, aujourd’hui il ne fait aucun doute que c’est tout à fait viable, et effectivement le derby au Stade de France est un ingrédient tout à fait intéressant au sein même du Top 14. Une seule franchise Île-de-France de France n’est pas nécessaire, deux équipes c’est bien mieux.

Depuis 2010 et l’étude de la Ligue, les franchises semblent se constituer naturellement sans l’intervention de la Ligue, ainsi ça pourrait lui faciliter le travail à l’avenir. Clermont et Toulon sont deux équipes très autoritaires sportivement, le Stade Toulousain n’est pas autre chose qu’une franchise, il n’est pas concevable que ce club puisse descendre de division, déjà qu’une année sans titre, Brennus ou H Cup n’est pas bien vécu par les toulousains et engendre dans la ville rose une surconsommation d’antidépresseurs creusant un peu plus le déficit déjà énorme de la sécurité sociale. Je le répète une relégation en ProD2 est totalement inenvisageable pour le Stade Toulousain qui chaque année se donne les moyens de ses ambitions. En absorbant les budgets de Castres, Colomiers, Montauban, Auch et Albi, ce qui parait très improbable, l’équipe Toulouse Midi Pyrénéen serait vraiment le plus grand club du monde, quoique niveau pognon pas beaucoup plus riche que l’équipe Basquo-landaise. Nous savons en 2013 que Albi ne pourrait pas avoir sa franchise. Concernant Toulon, elle pourrait représenté donc l’équipe de la French Riviera…l’équipe Côte-d’Azur avait battu les Wallabies à Mayol. Je ne vois pas pourquoi il y aurait une franchise à Nice et une autre à Marseille puisque Toulon désormais si médiatique pourrait représenter la grosse écurie régionale avec le soutient de Nice et de Marseille.

Le Top 14 c’est comme un conseil municipal où tout le monde veut devenir le Maire, le Racing Métro ambitionne le titre pour 2014 et Lyon qui n’est plus en Top 14 aspire légitimement à y revenir, et devenir plus fort que la formation Clermontoise qui pourtant n’a jamais été aussi impressionnante. Bourgoin-Jallieu ne peut plus espérer que d’être vampirisé par Lyon pour de nouveau rejoindre l’élite.

Perpignan et Montpellier semblent être deux places suffisamment fortes pour avoir leur écurie respectives franchisées, bien qu’une association Languedoc-Roussillon incluant Narbonne et Béziers ne serait pas dégueulasse. Grenoble est là surprenant promu qui a apporté du piment à la compétition cette année.

On se vente en France d’avoir la meilleure compétition du monde, hors nous ne l’avons pas encore, le Super Rugby demeure la référence. Il suffit de regarder Youtube, en popularité internationale la compétition phare de l’hémisphère sud est nettement plus célèbre que le Top 14 qui a néanmoins atteint un engouement sans précédent et qu’il est en train de devenir tout autant que l’équipe de France la vitrine du rugby français. Cependant, le Top 14 est encore très en deçà de sa notoriété potentielle. Sur les sites anglophones le Top 14 est bien moins évoqué que le Super Rugby qui est seulement comparé à la H CUP.

Si nous le voulions vraiment, nous pourrions déjà avoir réellement et sans contexte le meilleur championnat. Le France est un beau pays, un vrai centre d’attraction magnétique pour les touristes de part son Histoire, ses monuments, sa diversité géographique etc. Tout ceci est très important, outre l’aspect financier attractif, c’est la France elle-même que les joueurs étrangers veulent découvrir. Il y a quelques années on disait que la culture des clubs était trop forte en France, et c’est vrai mais les mentalités évoluent heureusement. Les nations celtes ont opté pour des équipes de province parce que c’était vital pour elles. Hors si on veut vraiment avoir le meilleur championnat possible, les franchises sont essentielles en France. Comme les équipes ne descendront pas elles attireront forcément les partenaires financiers, avec la fusion des clubs on aura de gros budgets, encore plus de stars viendront. Décrocher le Brennus à quelque chose de mythique, c’est l’apothéose d’une fresque équipe pour les joueurs de l’équipe qui le remporte. Jonny Wilkinson qui a pourtant soulevé la Webb Ellis Cup avec le XV de a rose, a avoué au micro de Canal+ qu’il avait réalisé ce que le Brennus représentait après avoir perdu la finale avec Toulon contre Toulouse en 2012. Plus le Top 14 gagnera en célébrité plus le Brennus deviendra un Graal à obtenir pour tout rugbyman quelque soit on origine et sa nationalité.
Il ne s’agit pas de savoir si il y aura des franchises, il s’agit de savoir quand elles seront instaurées et par quelles provinces ou/et clubs elles seront représentées

XV de France : huit novices dans un groupe de 35 Bleus pour la Nouvelle-Zélande

Le manager du XV de France Philippe Saint-André a convoqué mardi huit joueurs jamais encore sélectionnés dans un groupe de 35 en vue de la tournée en Nouvelle-Zélande, en juin.
Eddy Ben Arous, Alexandre Flanquart, Camille Lopez, Remi Talès, Adrien Planté tenteront de décrocher une première sélection, tout comme les Sud-Africains Daniel Kötze et Bernard Le Roux ainsi que le Fidjien Noa Nakaitaci.

 Le XV de France disputera trois test-matches face aux All Blacks (8, 15, 22 juin) et une rencontre face à la franchise des Auckland Blues (11 juin).

La principale absence de la liste est celle du demi d’ouverture de Montpellier François Trinh-Duc, mis au repos après avoir été beaucoup sollicité ces dernières années" et à qui Saint-André a préféré le Castrais Rémi Talès, "l’homme en forme du moment".
Comme attendu, le troisième ligne de Toulouse Thierry Dusautoir sera le capitaine de cette tournée, en l’absence du deuxième ligne Pascal Papé, blessé au dos depuis le 3 février et le premier match du Tournoi face à l’Italie.
Saint-André a donc conservé une forte ossature du Tournoi des six nations, en appelant des cadres tels que Dimitri Szarzewski, Nicolas Mas, Yoann Maestri, Louis Picamoles, Morgan Parra, Frédéric Michalak ou encore Wesley Fofana et Yoann Huget.
Cette liste marque aussi le retour de certains joueurs écartés et/ou blessés au cours du Tournoi, comme Maxime Mermoz et Fulgence Ouedraogo, ou jamais utilisés cette année comme l’ailier de Toulon Alexis Palisson ou l’arrière de Castres Brice Dulin.
De jeunes pousses auront donc l’occasion de faire leurs preuves, comme le centre de Toulouse Gaël Fickou (19 ans, 1 sél), le deuxième ligne du Stade Français Alexandre Flanquart (24 ans), le pilier du Racing-Métro Eddy Ben Arous (22 ans) et le demi d’ouverture de Bordeaux Camille Lopez (24 ans).
Après avoir convoqué le troisième ligne sud-africain de Castres Antonie Claassen au cours du Tournoi, Saint-André a aussi poursuivi sa politique d’ouverture en appelant le pilier droit de Clermont Kotze, l’ailier de l’ASM Nakaitaci ou le troisième ligne du Racing-Métro Le Roux.
Le manager devra jongler avec le calendrier et les états de fraîcheur puisqu’un premier groupe de joueurs partira le 25 mai, sans les finalistes du Top 14, et qu’une deuxième fournée s’envolera le 2 juin, au lendemain de l’épilogue de la saison et à six jours du premier test.
Le groupe:
Avants (19): Eddy Ben Arous (Racing-Métro), Vincent Debaty (Clermont), Thomas Domingo (Clermont), Guilhem Guirado (Perpignan), Benjamin Kayser (Clermont), Dimitri Szarzewski (Racing-Métro), Luc Ducalcon (Racing-Métro), Daniel Kotze (Clermont), Nicolas Mas (Perpignan), Alexandre Flanquart (Stade Français), Yoann Maestri (Toulouse), Christophe Samson (Castres), Sébastien Vahaamahina (Perpignan), Yannick Nyanga (Toulouse), Fulgence Ouedraogo (Montpellier), Thierry Dusautoir (Toulouse, cap.), Bernard Le Roux (Racing-Métro), Antonie Claassen (Castres), Louis Picamoles (Toulouse)
Trois-quarts (16): Maxime Machenaud (Racing-Métro), Morgan Parra (Clermont), Frédéric Michalak (Toulon), Camille Lopez (Bordeaux-Bègles), Rémi Talès (Castres), Mathieu Bastareaud (Toulon), Gaël Fickou (Toulouse), Wesley Fofana (Clermont), Florian Fritz (Toulouse), Maxime Mermoz (Toulon), Maxime Médard (Toulouse), Noa Nakaitaci (Clermont), Alexis Palisson (Toulon), Adrien Planté (Perpignan), Brice Dulin (Castres), Yoann Huget (Toulouse)

Tout ce qu’il faut retenir du weekend !

 Top 14 : Castres et Toulouse complète le dernier carré

On connaît enfin le nom des deux vainqueurs des barrages qualificatifs pour les deux demi-finales. Toulouse affrontera Toulon, ce qui constituera une revanche de la dernière finale de Top 14. L’autre demi-finale verra l’affrontement du Castres Olympique face au Clermont-Auvergne. On remarque que nous avons les mêmes demi-finalistes que la saison 2011-2012. Il sera particulièrement intéressant de voir comment les deux clubs qui se retrouvent en finale de Coupe d’Europe (Toulon et Clermont) géreront leur après-finale. En effet, que le club soit Champion ou vaincu, il doit être très difficile de se relancer pour une demi-finale de championnat une semaine après avoir joué une finale continentale. Les deux clubs feront probablement tourner en utilisant leurs effectifs pléthoriques. Pas certain que ce soit suffisant pour barrer les routes du Stade Toulousain et du CO dans leur course vers le titre.

 Pro D2: Brive ou Pau accompagnera Oyonnax en Top 14

 Les Palois se sont imposés face à La Rochelle lors d’un match particulièrement houleux (cf. vidéo ci-dessous) pendant que les Brivistes ont battu Aurillac. La finale aura lieu à Bordeaux, le vainqueur rejoindra Oyonnax, champion de la saison régulière, en Top 14. Les Béarnais avaient perdu la saison dernière lors de la finale au Stade Chaban-Delmas face à Mont-de-Marsan. Ils auront une occasion de se rattraper et de revenir en Top 14 après sept saisons passées en Pro D2. Leurs adversaires du CA Brive-Corrèze n’auront passé qu’une seule saison dans l’antichambre de l’élite et souhaitent bien évidemment retrouver le Top 14 au plus vite. Alors qui de Brive ou de Pau sera le quatorzième club de l’élite ? Réponse la semaine prochaine.

Séries mondiales de rugby à 7

 Ce week-end se déroulait également la dernière étape des Séries mondiales de rugby à 7 dans un stade de Twickenham qui a fait le plein ou presque (71 000 spectateurs), encore une preuve que ce sport gagne en popularité. Les Français auteurs d’une saison plutôt prometteuse se sont écroulés lors de la premières journées, perdant successivement contre les États-Unis (19-17), l’Afrique du Sud (17-14) puis face aux Australiens (35-12) lors de la première journée se sont retrouvés bons derniers de leur poule. Les Bleus se reprendront lors des demi-finales de la bowl en s’imposant face au Canada (28-14) avant de s’incliner face aux Gallois (19-7). Les Néo-Zélandais se sont imposés en finale remportant au passage les Séries mondiales tandis que les Français ont été rétrogradés à la neuvième place. Les filles joueront leur finale aux Pays-Bas la semaine prochaine. Les Françaises affronteront les Sud-Africaines, les Anglaises et les Canadiennes en match de poule.

 Coup de tonnerre dans l’Aviva Premiership

Sensation dans le championnat d’Angleterre, les Saracens, premiers de la saison régulière et favoris du championnat sont tombés. Les Saints de Northampton ont réussi l’exploit de s’imposer à l’Allianz Park avec la manière sur le score de 13 à 27. Ils rejoindront les Leicester Tigers en finale. Les Sarries qui étaient encore en course pour le championnat et la Coupe d’Europe il y a peu, auront tout perdu en l’espace de deux semaines.

 Coupe de France de rugby à XIII, Avignon 24 ans après

 Le Sporting Olympique Avignonnais a pris le dessus sur le XIII Limouxin en finale de la Coupe de France sur le plus petit des scores 38-37. Un petit point suffisant au bonheur des Bisons qui n’avaient plus remporté le trophée depuis… 24 ans ! Quant aux Dragons Catalans, dernier club français encore engagé dans la Cup, ils n’ont pas fait dans le détail face à York City en atomisant le club de D2 anglaise sur le score de 92 à 8. Les Catalans sont donc qualifiés pour les quart-de-finale de la Cup.

XV de France : Doit-on sélectionner Nakaitaci et Vakatawa ?

Philippe Saint-André va annoncer la semaine prochaine les noms des joueurs qui partiront pour la tournée en Nouvelle-Zélande. Même si l’ossature du groupe France semble avoir été trouvée depuis la tournée en Argentine et les tests d’automne, on s’attend à voir de nouvelles têtes. Des jeunes qui vont apporter du sang frais à ce groupe qui semblait à bout de souffle lors du Tournoi. Il se murmure que les trois-quarts fidjiens Noa Nakaitaci (Clermont-Auvergne, centre-ailier, 22 ans, 1,90m/94 kg) et Virimi Vakatawa (Racing, ailier, 21 ans, 1,85m/92kg) seraient sur les tablettes du sélectionneur. On sait que Philippe Saint-André a demandé des précisions à l’IRB pour savoir si les deux étaient sélectionnables. En effet, les deux joueurs sont issus de la formation française. Façonnés aux joutes du Top 14, ils ont ajouté à leur dextérité et à leur pointe de vitesse naturelles des qualités défensives qui en font potentiellement des futurs très grands joueurs. Les deux joueurs ont décliné il y a quelques mois une sélection avec les Îles Fidji ce qui a provoqué la foudre de l’entraîneur Robert Boisvert. Alors faut-il sélectionner ces deux joueurs ?

Malgré le nombre invraisemblable de talents qui sortent de ces îles, les Fidji reste un petit pays qui a du mal à lutter à armes égales avec les grosses nations de l’ovale. Si les joueurs issus des îles pouvaient jouer pour leur sélections d’origines nous aurions des Coupes du Monde beaucoup plus disputées et donc beaucoup plus passionnantes.

D’un autre côté, ces deux joueurs ont été formés par des clubs français, ils sont arrivés il y a trois ans (donc très jeunes). On sait que Vakatawa a une copine française et, après tout, notre pays depuis tout temps a vocation à intégrer.

D’autres joueurs sont concernés le pilier droit de l’ASM d’origine sud-africaine Daniel Kotze (26 ans,1,87m/120kg) est lui aussi sélectionnable et intéresse également les sélectionneur à un poste où la France semble dépourvu, il pourrait rejoindre son compatriote Antonie Claassen qui lui a déjà rejoint le groupe France lors du Tournoi des 6 Nations.

La question de sélectionner ou non des joueurs étrangers dans le XV de France a déjà été posée à maintes reprises. Toutefois avec l’arrivée imminente d’une génération de JIFF issus de pays lointains , la question prend une toute nouvelle dimension. Car si aujourd’hui 4 joueurs sont concernés, demain ils seront plus d’une dizaine. Est-on prêt à voir un XV de France dont 7 ou 8 éléments sont d’origines étrangères ? Le XV de France aurait-il toujours ce supplément d’âme qui lui permet de renverser des montagnes ?

Je serais tenter de répondre que s’ils sont les meilleurs à leur poste, il faut les sélectionner. Nos adversaires anglais, australiens et néo-zélandais n’ont pas ces états d’âmes et sélectionnent depuis longtemps des joueurs étrangers. Toutefois, j’aimerais que dorénavant on se fixe en France la règle suivante : les joueurs sont sélectionnables s’ils ont entamé des démarches auprès des autorités pour acquérir la nationalité française, ce qui suppose qu’ils pourraient la transmettre à leurs enfants et potentiellement s’installer définitivement en France. D’autre part, il me semblerait juste que les joueurs en question passe un test de Français (niveau B1 de CECRL) qui correspond au niveau seuil demandé aux immigrés qui veulent devenir français.

Mister Rugby

Un Stade Chaban-Delmas rénové pour accueillir l’UBB ?

Stade Chaban Delmas configuré en version rugby

Parmi les cinq lauréats d’un concours d’architecte lancé par la ville de Bordeaux pour le réaménagement du Stade Chaban-Delmas (classé au patrimoine) on retrouve des projets plus fous les uns que les autres, une aérogare pour dirigeable, un lac et… un stade de rugby de 18 000 places qui semblerait convenir parfaitement à la nouvelle UBB. Ce projet a l’appui de nombreuses personnalités et aussi celle du public qui répond toujours présent aux matchs joués dans la magnifique œuvre architecturale Art-déco.

Bordeaux est devenue depuis six ou sept ans LA ville de province où il fait bon investir, où on trouve du travail un peu moins difficilement qu’ailleurs et celle qui bat tous les records des enquêtes d’opinion concernant la qualité de vie. Une ville en train de grandir à vitesse grand V. Il est loin le temps où la cité girondine était surnommée la « Belle endormie »…. Le rugby ne fait pas exception à la règle : Alors que pendant des décennies, le rugby local était pris entre la guéguerre de deux clubs, de deux clans, aujourd’hui l’union des deux clubs constitue le socle d’une des formations les plus alléchantes du Top 14. Le club bordeaux et blanc propose, en effet, l’un des jeux les plus spectaculaires du championnat, n’hésitant pas au passage à lancer de jeunes issus de la fédérale dans le grand bain du rugby pro.

La guerre des projets

Peut-on parler d’Union Sacrée pour autant ? Certainement pas ! Une question centrale n’a pas encore été réglée : celle du Stade. Deux projets se font face :

  • Celui d’une rénovation du Stade André Moga sur la municipalité de Bègles. Cette rénovation serait intégrée dans le cadre de la refonte de toute la banlieue Est de la ville avec l’arrivée de la nouvelle gare TGV multimodale (le projet Euratlantique). Ce stade aurait une capacité de 14 000 places, mais les problèmes de parkings, entre autres, ne seraient pas pas résolus.

  • Celui d’une reconfiguration du Stade Chaban-Delmas qui serait réduit à une capacité de 15 000 à 20 000 places.

Dans les deux cas, le club girondins serait amené à délocaliser quelques matchs (deux ou trois matches par an maximum) dans le futur stade de Bordeaux-Lac (autre quartier bordelais qui est en totale refonte). Les collectivités territoriales ayant participé au projet tiennent à ce que le nouvel écrin de 42 000 places ne soit pas seulement la maison des Girondins de Bordeaux. D’ailleurs le maire de la ville, Alain Juppé, a souhaité à ce que des rugbymans assistent à la cérémonie du lancement du chantier.

Le stade : Pierre angulaire du système économique girondin

La question du stade est centrale, car contrairement aux autres clubs du Top 14, le club du Port de la Lune ne peut s’appuyer sur un mécène millionnaire. Son système économique repose sur l’affluence au stade qui est devenue la deuxième affluence du championnat. C’est pourquoi, de plus en plus, l’option Chaban-Delmas tient la corde.

Un stade ancien et modernisé à l’image du Stade Marcel Michelin

Cette option est notamment appuyée par… Alain Moga fils de l’ancien joueur qui donna son nom au stade béglais et maire-adjoint de Bordeaux. Un concours d’architecte a été lancé pour la rénovation du quartier de Lescure dont le Stade Chaban Delmas est l’épicentre. Parmi les cinq lauréats on retrouve un stade version rugby, réduit à 18 000 places. Une taille idéale pour le club si on considère qu’il pourra délocaliser certains matchs à Bordeaux-Lac. Le virage nord serait aménagé avec des bureaux, des boutiques et un hôtel. Un terrain synthétique remplacerait la pelouse actuelle. Des logements hospitaliers et universitaires se trouveraient à proximité du stade. Enfin, un terrain multisport (baket, hand) prendrait place au niveau du virage sud. La ville n’en est qu’au stade de la consultation pour l’instant. Cependant, ce projet de Chaban-Delmas version rugby tient la route, on peut imaginer, plus simplement, un stade sur le modèle Marcel Michelin, avec des virages aménagés en loges et en bureaux administratifs seraient peut-être une solution pour le développement d’un club qui semble promis à un bel avenir.

Rugby à XIII : Grésèque et Cooper font la différence

Un créateur hors pair, Maxime Grésèque, et un finisseur de première, Dustin Cooper : il n’en fallait pas plus pour sacrer Pia champion de France, face à un voisin catalan ayant fait de la résistance.

Elu joueur du match (Trophée Hervé Guiraud), Maxime Grésèque était aussi lucide, à la fin du match, qu’un peu plus tôt sur la pelouse, où sa classe avait fait basculer la rencontre en faveur de Pia, en début de seconde mi-temps : "Nous avons souffert de la chaleur en première période, où ne jouions pas suffisamment vite, où nous n’avions pas de bonnes courses, puis à la reprise, en réussissant à mettre le rythme voulu, et à installer nos schémas de jeu, on a fait bouger les lignes."
Sans leurs deux meilleurs accélérateurs, Morgan Escaré et Stan Robin, les jeunes Catalans payèrent alors au prix fort leur débauche d’énergie du premier acte. Le meilleur, pour eux, même si Soubeyras trouvait le premier la faille, au relais d’une louable échappée de Vaiotu.

Car au bout d’un superbe mouvement au cours duquel Joan Guasch toucha à deux reprises le ballon, Maria, très en vue ce dimanche malgré un réveil matinal à Leeds, quatre heures de bus pour rallier Londres et une heure et demi d’avion, récompensait le dynamisme de son équipe.
Un peu plus tard, Raguin, en force, plaçait la réserve des Dragons devant, au score (10-8), et celle-ci était à deux doigts d’enfoncer un peu plus le clou (passe sautée pour Cardace, qui poursuivait au pied, Ahlalou ne pouvant conclure).
Pia, même s’il n’était pas dans son assiette, ratait lui aussi une franche occasion (36è), l’arbitre vidéo refusant à Carr un essai engendré par le duo Grésèque – Kane Bentley. Puis une autre quand Shorter manquait la réception de la passe adressée par Cooper.

Et c’est en début de seconde mi-temps que le combat changea d’allure, les Salanquais, avec Grésèque en figure de proue, inscrivant trois essais en moins de cinq minutes. Le premier par Cooper, sur attaque classique, le deuxième de nouveau oeuvre de Cooper, sur passe décisive de son capitaine, le troisième par Soubeyras, après une fixation d’école du même demi d’ouverture vert et rouge. 26-10 (52è), signé Grésèque !
La suite permit seulement de constater que Saint-Estève – XIII Catalan en avait encore sous la pédale, mais la fatigue aidant, le nombre de fautes augmentait. Raguin redonnait un semblant d’espoir, plus tard un superbe coup de pied rasant de Barthau voyait Ahlalou gicler comme un boulet de canon. Mais il ne restait plus que dix minutes à jouer, et même sans Tandy (épaule démise dès la 30è minute), même surtout à douze contre treize (carton jaune pour Kane Bentley), Pia faisait prévaloir sa plus grande expérience, Mataka profitant d’une énième erreur de ses adversaires pour porter la marque à 33-20.
"Nous sommes tout le temps restés soudés, même si Saint-Estève – XIII Catalan est l’équipe la plus difficile que nous avons affronté cette saison, et notre opportunisme a prévalu", constatait après coup Andrew Bentley.

Source : ffr13.fr

C’est la mi-temps !

Comme vous l’avez sans doute remarqué ce blogue est resté inactif depuis plusieurs semaines. Son auteur est toujours bien vivant, la passion du rugby est toujours là. Pour des raisons professionnelles, je ne pourrai rien écrire d’ici la fin de la première semaine de mai. Je vous demande donc de patienter un petit peu. Je reviendrai en forme pour la fin de saison et les phases finales du Top 14, de la Heineken Cup, du Challenge européen du Super 15 et de la ProD2 ! Rien que ça ! En attendant je vous laisse avec ces ravissantes pom-pom girls du Super 15 !

A très bientôt !

Tournoi des 6 Nations : A qui perd gagne !

Le Tournoi

Les spécialistes du monde de l’ovale qui avaient prédit l’enfer aux Gallois et le Grand Chelem au Français doivent-ils démissionner ? Moribond cet été et cet automne, les Gallois ont su se reconstruire un moral de champion et revenir au plus haut niveau au moment importun. L’exemple Gallois doit constituer pour le XV de France, un exemple à suivre. Les Gallois n’ont remis en cause ni leur jeu, ni leur joueurs (en avaient-ils vraiment les moyens?). Le salut de cette équipe passait par le jeu, comme elle le fait si bien depuis bientôt une décennie. Si le supporteur des Bleus est triste de voir la France bonne dernière, l’amateur de rugby s’est réjoui de voir un Tournoi dont le niveau n’a jamais été aussi haut. Ceux qui ont vu Galles-Angleterre ce week-end, comme ceux qui ont vu le XV de France cet automne, doivent eux aussi constater que l’hémisphère nord tend à refaire son retard sur le jeu pratiqué dans le sud. Force est de constater que le niveau du Tournoi n’a jamais été aussi homogène.

Le XV de France

Si la France termine dernière, c’est tout simplement qu’elle aura été la moins bonne formation de ce Tournoi. Cependant, l’exemple Gallois doit nous rappeler qu’il ne faut pas tirer de conclusions trop hâtives ni dans un sens, ni dans l’autre. Comme l’a si bien écrit Rudyard Kipling dans son poème « if », « Triomphe et Défaites » sont deux « menteurs »  qu’il faut savoir « recevoir d’un même front ». Avec une once de réalisme supplémentaire, le XV de France aurait été encensé par les journalistes et serait présenté comme un futur champion du monde en puissance, Philippe Saint-André serait une sorte de grand manitou de l’ovale invité sur les plateaux télé. Certains ont voulu nous faire croire que cette équipe de France était nulle parce qu’elle avait perdu contre les Italiens. Seulement, la Squadra Azzura a rééditer son exploit face à l’Irlande et a bien failli réussir l’authentique exploit de faire plier les Anglais dans l’antre de Twickenham. Bien sûr, ceux qui n’ont jamais affronter la première ligne italienne, ceux qui n’ont jamais reculé en mêlée ne pourront pas comprendre.

Le match France-Ecosse

L’exemple même d’une équipe qui doute. Le XV de France a dominé de la tête et des épaules cette équipe d’Écosse sans être toutefois capable d’enfoncer le clou. La domination du pack, notamment en mêlée, a complètement été stérile, alors qu’il aurait probablement fallu accepter l’idée que jouer comporte un risque. Chose qui a été intégrée, par la force des choses, en deuxième mi-temps. Le coaching a été gagnant, l’arrivée de Maxime Machenaud a métamorphosé l’équipe : idéalement servi, Fred Michalak a subitement retrouvé  de sa superbe. Comme une réaction en chaîne, Bastareaud, qui s’était fait retourné à plusieurs reprises comme un poids plume, a retrouvé la marche avant créant ainsi des espaces autour de lui. Le moment fort en émotion fut la standing ovation du Stade de France pour Fred Michalak sorti sur blessure. Même si je continue de douter qu’il est l’ouvreur idéal pour ce genre de match, joué sous la pluie, il a un talent qui lui est propre et dont les Bleus auraient bien tort de se passer. (Notre fidèle lecteur Joa 33 a eu raison de dire que le problème était davantage à la mêlée qu’à l’ouverture) Même si certains cadres comme Parra ou Dusautoir semblent fatigués, le talent est toujours là. Et d’autres joueurs ont su prendre le relais sur ce tournoi : Fofana, Picamoles, Nyanga, Machenaud, Huget, Guirado, Vahaamahina réalisent malgré ce que l’on écrira sur eux un très bon Tournoi. En attendant l’arrivée des frères Taofifenua, de Fickou, de Tolofua et de Lopez que j’appelle de tous mes voeux. Ce XV de France a un énorme potentiel, quand il aura en aura pris conscience il renversera tout sur son passage.

 Le futur

Néanmoins cette dernière place ne doit pas éviter aux dirigeants, ceux de la Ligue comme ceux de la Fédération, de prendre les bonnes décisions. Il faut repenser notre championnat, d’une manière ou d’une autre ont doit permettre aux clubs de lancer les jeunes dans le grand bain. La politique des JIFF constitue un premier élément de réponse, si on se refuse de créer un système de franchises (regarder comme cela a réussi aux Celtes et comment cela a métamorphosé les transalpins), résignons nous au moins à limiter à une descente notre championnat afin que les clubs puissent penser davantage au moyen terme et lancer plus de jeunes.