A propos misterrugby

Le blogue 200% rugby

Quand le Pape François nous parle… de rugby !

Soyons honnêtes, après avoir connu la gloire ce blogue est aujourd’hui presque mort. Si je ne l’ai pas officiellement fermé, c’est tout simplement que je crois en sa résurrection. Un jour…

 A propos de foi et de résurrection je vous propose cette vidéo insolite : On y voit le Pape François (d’origine argentine comme tout le monde sait) nous parler de rugby. Quand on comprend que chez les catholiques le Pape est missionné par le Christ, le fils de Dieu, on saisit mieux le côté invraisemblable de ce discours !

« Dans l’art de monter l’important n’est pas de ne pas tomber sinon de ne pas rester au sol. On le voit bien au rugby : si vous tombez et que vous ne vous relevez pas vous perdez ! Comme à la guerre ! Au lieu de ça, ils (les joueurs de rugby) se relèvent, continuent à jouer et finissent par obtenir un triomphe… Comme celui qu’ils (les Pumas ?) ont obtenu et et on m’a dit qu’il était assez important.[...] Je vous félicite ! [...] Que Dieu vous bénisse, vous et vos familles. Priez pour moi et à bientôt ! »

Traduit de l’espagnol.

Coupe du Monde de rugby à XIII : Mangés par des Kiwis

Alors que le XV de France s’apprête à recevoir les All Blacks, les treizistes français ont reçu dans un match à sens unique les Kiwis dans le cadre de la Coupe du Monde de rugby à XIII. 

La fête s’annonçait belle. Le Parc des sports d’Avignon était archi-comble (près de 18 000 spectateurs, un record pour cet ancien stade de Ligue 1), BeIN Sport avait mis les petits plats dans les grands avec comme pour le football un avant-match de plus d’une demie-heure et une interview en prime de Sonny Bill Williams. De quoi surmotiver ces Bleus qui, pour beaucoup, jouaient le match de leur vie.

Malheureusement, comme c’est trop souvent le cas dans cette compétition. Le match fut a sens unique. Le rugby à XIII est un sport où il y a très rarement des surprise, l’équipe la plus puissante et la plus athlétique l’emporte toujours. Les Français peuvent regretter toutefois de ne pas avoir franchi ni une fois la ligne d’essai adverse avec laquelle ils ont flirté plus d’une fois. Le XIII français progresse, c’est une certitude. Mais ce n’est pas suffisant. Le score est sans appel 48-0 pour les Kiwis. Bien sûr, tout de suite on s’empressa de réclamer une deuxième formation française en Super Ligue (Il est question de créer un club de SL notamment à Toulouse), de la même façon qu’il y a dix ans on attendait avec impatience l’arrivée des Dragons Catalans dans le championnat professionnel anglais. En vérité, il y eut de nombreux plan l’élite du rugby à XIII, la France Rugby League d’abord, le Paris Saint-Germain Rugby League, Les Dragons et maintenant le Super XIII (sorte de championnat professionnel soutenu par certains clubs de football de Ligue 1 ou 2). Probablement, que le véritable problème de ce sport se situe ailleurs davantage sur sa base (quelques 10 000 licenciés) qu’au niveau de l’élite même si la perspective de voir un deuxième club français en Super Ligue est alléchante. D’autant plus que certains français s’exportent, comme c’est le cas de Rémi Casty qui jouera l’année prochaine pour les Sydney Roosters, si son expérience s’avère concluante, on peut imaginer qu’elle ouvrirait la voie à d’autres français dans le championnat de la NRL.

Enfin, arrêtons de comparer ce sport au XV. Les deux codes sont différents. Mon sentiment est qu’un bon match de rugby à XIII est plus spectaculaire qu’un mauvais match de XV et vice et versa. Lorsqu’il est pratiqué au plus haut niveau le XIII peut vraiment être un sport très sexy, je vous montrerai notamment la vidéo de la prestation très haut de gamme des Anglais face aux Irlandais à Huddersfield. En attendant, voici le résumé du match entre Kiwi et Français.

Toutefois, comme les Français ont remporté leur premier math à Hull face à la Papouasie-Nouvelle-Guinée ils conservent l’espoir de se qualifier pour les quarts-de-finale, reste à battre les Samoa, et leurs joueurs estampillés NRL pour rêver d’un quart abordable et -pourquoi pas- d’une demie-finale à Wembley…

10 (bonnes) raisons de vouloir une Coupe des Champions

005887_ChampionCup6_128735572177500000_04Après plusieurs mois sans écrire le moindre article, je reviens sur le devant de la scène avec ce billet sur la future Rugby Champions Cup, ou Coupe des Champions pour parler français. Mes obligations professionnelles m’empêchent de pouvoir commenter en permanence l’actualité du rugby, j’interviendrai dorénavant ponctuellement sur des sujets de mon choix des affaires ovales. Vous pouvez me suivre sur la page Facebook qui vous permet de vous tenir au courant de l’actualité de ce blogue.

1- Un système sportivement plus équitable

La compétition actuelle voit s’affronter 24 équipes. Certaines formations (notamment italiennes et écossaises) n’ont jamais vraiment eu le niveau. Par exemple, en dix-huit éditions aucun club transalpin n’a jamais atteint le niveau des quart-de-finales. Par ailleurs, les clubs issus de la Ligue celte sont aujourd’hui avantagés car leur qualification est systématiquement assurée pour la saison suivante tandis que Anglais et Français doivent batailler férocement dans leur championnat pour se qualifier pour l’édition suivante, ou pire, pour ne pas descendre en deuxième division, laissant ainsi beaucoup de plumes avant de se présenter en Coupe d’Europe.

2- Une plus juste répartition financière

Concernant les droits de télévision, Français et Anglais assurent 83 % des rentrées, mais au moment de répartir cet argent ils n’en perçoivent que 16 %. Ils demandent justement à en toucher chacun 33%. Le système actuel basé sur le partage a permis aux clubs celtes (notamment irlandais) d’être plus compétitifs avec… l’argent venant des télévisions anglaise et française ! La répartition prévue par la future Coupe des Champions resterait très largement favorable aux clubs issus de la Ligue celte (ils apporteraient 17 % des recettes et repartiraient avec 33 % des bénéfices). Voilà pourquoi, les Celtes devraient finir par accepter.

3- Un nouvel équilibre financier pour les clubs

Les clubs français connaissent, eux aussi, des difficultés financières. Les collectivités locales qui assuraient jusqu’à présent une grande part des budgets des clubs sont par ailleurs de moins en moins enclines à mettre l’argent du contribuable dans le sport pro. Le rugby français doit donc s’inventer un nouveau modèle économique notamment en s’appuyant sur la nouvelle manne que pourraient apporter les diffuseurs. Si les clubs anglais et français, déjà en difficulté, continuent de supporter le poids des provinces celtes, ces dernières risques bien d’entraîner vers les abysses tout le rugby professionnel européen.

4- Des décideurs payeurs

L’IRB, la FFR ou bien les autres fédérations peuvent certes bloquer la création de cette Coupe des Champions, elles peuvent faire une crise d’autorité en arguant qu’elles sont les seules à pouvoir donner le feu vert pour le lancement d’une compétition internationale. Mais dans quel intérêt ? Les présidents des clubs français et anglais sont ceux qui permettent au rugby pro d’exister, qu’ils aient leurs mots à dire et qu’ils aient un pouvoir de décision ne semble pas injustifié. Les fédérations ne pourront de toute façon pas envoyer la police pour empêcher les clubs de jouer cette compétition, elles ont certes la possibilité de pénaliser les clubs qui y participent. Mais elles risqueraient de se trouver devant les tribunaux pour atteinte au droit du travail et feraient ainsi plonger le rugby dans une grave crise, or la première mission des fédérations sportives n’est-elle pas justement de protéger les intérêts de leur sport ? Le basket-ball européen a connu il y a quelques années une crise similaire avec deux coupes d’Europe, l’une organisée par la fédération, l’autre par les gros clubs. Très vite, la fédération a compris qu’il était dans son intérêt d’accorder du crédit à l’Euroligue.

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5- Un calendrier plus cohérent

La finale de la Coupe des Champions aurait lieu mi-avril, au lieu de la fin du mois de mai pour l’actuelle Coupe d’Europe. Cela éviterait le saussissonage des compétitions qui les rendent peu crédibles aux yeux des annonceurs. Plus important encore, cela permettrait aux gros clubs de pouvoir enfin jouer les deux tableaux et les phases finales du Top 14 ne seraient plus faussées (important au moment où l’on renégocie les droits télé).

6- Un Top 14 plus alléchant

Les clubs classés 7ème et 8ème du championnat joueraient une phase de qualifications avec les 7ème et 8ème de la Premiership anglaise et de la Ligue celte, ce qui créerait un enjeu supplémentaire dans notre championnat… et aussi quelques recettes aux guichets non négligeables.

7- Une Coupe des Challengers plus attrayante

Si la Coupe des Champions est réduite à 10, cela voudrait dire que 4 clubs suplémentaires rejoindraient une sorte de Coupe des Challengers autrement plus attrayante que le très fade Challenge européen qui n’attire ni les spectateurs, ni les annonceurs. On peut imaginer que les sélections espagnole, russe, roumaine, géorgienne et portugaise rejoindraient cette compétition afin qu’elle trouve des diffuseur partout en Europe.

8- La Coupe des Champions ou le désert

Si les fédérations peuvent encore interdire la création de cette Coupe des Champions (dans quel intérêt ?), elles ne peuvent obliger les clubs à jouer la Coupe d’Europe. Sans Français ni Anglais la Heineken Cup n’aurait plus de sens. La Ligue professionnelle pourrait enfin créer un Top 16 dont elle rêve depuis longtemps, renégocier à la hausse les droits télévisées pour un championnat renforcé par deux formations et qui accaparerait tout le rugby des clubs. Les meilleurs joueurs irlandais, gallois et écossais n’auraient plus qu’à débarquer en masse dans notre championnat. Ça serait, à coup sûr, la mort du rugby professionnel dans certaines régions d’Europe.

9- Un avantage au moment de renégocier les droits

Avec la Coupe des Champions fini le saussisonage de notre championnat, les places de 7ème et 8ème seront synonymes de barrages pour la Champions Cup, les phases finales ne seront plus faussées et le championnat deviendra plus crédible au moment de vendre ses droits aux diffuseurs. Pour l’instant Paul Goze a fait savoir que la formule consistant à partager les droits du championnat avec ceux des compétitions continentales étaient un système gagnant et qui convenait au rugby français. Toutefois, si France Télévision refuse de diffuser cette Rugby Champions Cup, la LNR pourra toujours s’inspirer des Anglais qui ont vendu un pack Premiership+Champions Cup au réseau de chaînes BT. Nul ne doute qu’un pack similaire pourrait permettre de faire gonfler les recettes issues des droits télévisées.

10- Une perspective intercontinentale

Les clubs sud-africains se disent fatigués du Super 15 et des ses décalages horaires incessants, de plus ils n’ont jamais vraiment accepté cette idée de jouer avec des super-régions créées de toute pièce pour le Super 15. L’arrivée de formations argentines compliquerait d’avantage la tâche. Bien qu’ils soient encore liés pour les prochaines années avec leur fédération, les clubs Sud-Africains rêvent eux aussi d’émancipation et… de Coupe des Champions ! S’il n’en est pas question pour l’instant, une telle perspective ne peut être ignorée. Imaginez un peu un Stade Toulousain vs. Natal Sharks au Stadium !

Le rugby sud-africain, un sport pas tout à fait arc-en-ciel

À Pretoria, dans le club des Harlequins, les joueurs amateurs réfutent l’idée selon laquelle le rugby est encore un sport réservé aux Blancs. Pourtant la mixité peine à s’imposer dans la nation arc-en-ciel de Nelson Mandela.

Lu sur France24.com, Journaliste Charlotte Boitiaux @chaboite

C’était l’un des grands rêves de Nelson Mandela à l’occasion de la Coupe du monde de 1995, la première organisée sur le sol sud-africain : faire du rugby un symbole fort de la réconciliation entre Noirs et Blancs. Mais plus de 20 ans après la fin de l’apartheid, la nation arc-en ciel peine pourtant à accoucher d’une équipe nationale multiraciale. En 2013, sur les 37 joueurs sélectionnés dans l’équipe nationale des Springboks, seuls neuf sont Noirs ou métisses. Une sous-représentation qui créé sporadiquement la polémique dans un pays où les blessures raciales ont encore du mal à cicatriser.

En 2002, la star internationale de la Coupe du monde 1995, Chester Williams, le premier Noir à avoir intégré l’équipe des Springboks, avait, dans un livre intitulé « Une biographie du courage », brisé le grand rêve d’une nation arc-en-ciel de Mandela. Il y révélait notamment que l’euphorie de la compétition de 1995 avait rapidement laissé place, en quelques semaines, à une ambiance délétère où les insultes racistes à son encontre étaient devenues légion.

Philip Van Den Hooven, ancien joueur semi-professionnel : « Depuis 1994, nous faisons tout pour que la mixité fonctionne ».Charlotte Boitiaux/FRANCE 24

À Pretoria, pourtant, dans un petit club amateur de rugby local, les Harlequins, on assure haut et fort que le rugby n’est plus le sport identitaire des Afrikaners, les premiers colons blancs d’origine hollandaise. « Depuis 1994, nous faisons tout pour que cette mixité dans le pays fonctionne », explique Philip Van Den Hooven, un ancien joueur semi-professionnel qui vient régulièrement faire des visites dans ce club. « Les choses ont changé. J’ai vu de mes yeux cette évolution. J’ai commencé à jouer à 8 ans, en 1994.

Déjà à l’école (le rugby est une activité pratiquée dès le primaire, NDLR), je jouais avec des Noirs, et plus je grandissais, plus les équipes sont devenues mixtes », raconte-t-il. « Ne croyez pas qu’il y ait de la discrimination positive là-dedans. Les Noirs intègrent les équipes parce qu’ils sont bons, et c’est tout, ajoute ce grand joueur blond à la retraite. Leur qualité de jeu est aussi bonne que celle des Blancs. »

« Écart significatif »

Johan Scheepers, le président de la section rugby des Harlequins.Charlotte Boitiaux/FRANCE 24

Pourtant la parité raciale ne saute pas aux yeux chez les Harlequins. Johan Scheepers, le président du club de rugby, le reconnaît. « Oui, nous avons encore un écart significatif entre joueurs blancs et noirs », admet-il. Dans son club, en 2013, environ 200 enfants de 6 à 18 ans ont pratiqué occasionnellement ce sport. Un quart seulement d’entre eux sont des Noirs. Chez les seniors de plus de 19 ans, 90 joueurs jouent régulièrement et un tiers d’entre eux sont des Noirs. « C’est mieux qu’avant quand même », ajoute Johan Scheepers en riant.

Stix est le seul joueur amateur noir rencontré lors d’un entraînement, un soir de semaine, au club des Harlequins. Au milieu de ses coéquipiers blancs, ce grand joueur baraqué, âgé de 27 ans, ironise sur la venue de journalistes. « Vous, vous voulez me parler parce que je suis le seul mec de couleur sur ce terrain », lance-t-il en riant.

« Que puis-je vous dire ? Ce sport est un langage universel. Je n’ai aucun problème d’intégration. Nous venons tous de la même culture », confie-t-il tandis que le capitaine de l’équipe lui donne une tape amicale sur l’épaule avant de l’exhorter à retourner s’échauffer.

Les entraînements de rugby ont lieu trois fois par semaine, à 18 heures.Charlotte Boitiaux/FRANCE 24

Johan Scheepers comme Stix justifient tous deux cette disparité par une question de préférence culturelle. Les Noirs jouent au football, les anglophones au cricket. « Il faut reconnaître qu’ils ne sont pas nombreux à s’intéresser au rugby, mais il n’y a rien de raciste là-dedans », explique Johan Scheepers. « Ils préfèrent le ballon rond, c’est comme ça », renchérit Stix. Il est vrai qu’à titre de comparaison avec les Springboks, l’équipe nationale de football sud-africaine, les Bafana Bafana, est très majoritairement noire.

Avant de retourner sur le terrain, le capitaine de l’équipe amateur, Johnny, tient à faire partager son point de vue. « Je ne peux pas croire que le rugby soit encore associé à l’identité des Blancs, ou qu’il symbolise toujours un problème politique. Je pense vraiment que cette question raciale a été enterrée en même temps que l’apartheid. Et c’est très bien ainsi », crie-t-il de loin, en montrant Stix du doigt : « Ce mec-là sera une star un jour, ouvrez les yeux ! ».

Yannick Jauzion : Au revoir l’artiste !

Je me souviens d’avoir lu pour la première fois le nom de Yannick Jauzion il y a plusieurs années déjà sur un vieux Rugbyrama. Il apparaissait déjà dans l’effectif de l’équipe première du Sporting-Club Graulhétois au poste d’ouvreur, son très jeune âge et ses mensurations de deuxième-ligne avaient attirés mon attention et m’avaient fait pressentir qu’on était-là face à un futur grand. Surtout qu’avec Graulhet, il était à la bonne école : Vincent Moscato, Fabien Pelous, David Auradou, Henri Sanz, Guy Laporte ou bien encore Benoît Bellot son passés, eux aussi, par le club tarnais ! Je me souviens aussi d’un essai inscrit avec Colomiers, autre grand club formateur, entre les poteaux d’un adversaire dont j’ai oublié le nom, la puissance qu’il dégageait sur un terrain était déjà impressionnante. Puis vint sa première sélection. Lors d’une tournée suicide en Afrique du Sud, Bernard Laporte avait décidé de lancer toute une nouvelle génération de jeunes joueurs dans le grand bain : Fred Michalak, Clément Poitrenaud, Nicolas Jeanjean et Yannick Jauzion. Malgré la victoire, Yannick n’aura pas autant convaincu que les autres jeunes pousses. Bien que très puissant, le joueur semblait manquer de fond de jeu et de technique individuelle. Il ne sera rappelé que bien plus tard. Il explosera lors des saisons 2003 et 2004 avec le Stade Toulousain. Depuis, il est devenu incontournable en équipe de France et est considéré comme l’un des meilleurs centres de la planète ovale. Cette dernière saison était un peu triste à voir. Il a très peu joué mais a bien joué. Souvenez-vous de ce choc au Stadium entre le RC Toulon et le Stade Toulousain de sa passe pour Gaël Fickou qui file à l’essai. Bien sûr, j’aurais apprécié comme vous, le voir jouer encore une année ou deux au plus haut niveau dans un club comme l’USAP ou Castres qui semblaient sur les rangs. Finalement, le tarnais a décidé de prendre sa retraite. Je lui souhaite donc une longue et heureuse vie de retraité !

Grand succès populaire du rugby à XIII à Toulouse !

La saison de XV étant terminée dans l’hémisphère nord, l’occasion pour moi de vous parler un peu de l’autre code : celui du rugby à XIII. Les Dragons Catalans, seule équipe française engagée en Super Ligue appuie la candidature toulousaine pour rejoindre la compétition phare européenne. Pour l’occasion, les Perpignanais ont délocalisé un match dans la ville rose face à Hull Kingston Rover. 

Les Catalans qui se plaignent de ne pas être traités à la même enseigne par le corps arbitral que les formations anglaises auront malheureusement du grain à moudre après ce match de Super Ligue délocalisé au stade Ernest Wallon de Toulouse. Comment dominer outrageusement et perdre un match ? Demandez aux Dragons, ils ont la recette ! D’abord en vendangeant certaines situations, en oubliant de jouer des deux contre un d’école comme ce fut le cas à deux ou trois reprises juste devant la ligne d’essai de l’adversaire du jour, le Hull Kingston Rovers RFC. Que dire encore de cette décision de Morgan Escaré qui en s’échappant avait fait le plus dur, choisi de rentrer sa course avant de se faire rattraper in extremis par le dernier défenseur des Rovers ? A cela, il fallait ajouter toute une série de fautes du corps arbitral et des juges vidéo qui ont refusé pas moins de trois essais aux Dragons dont deux au moins étaient complètement valables tandis qu’ils accordèrent un essai complètement fantaisiste d’Eden entaché par une faute de main énorme de Robins  laquelle fut ignorée superbement par le juge vidéo. Enfin, ajoutez à cela le manque de réussite au pied de Thomas Bosc qui contrastait avec la réussite de Mickael Dobson dans le même exercice et vous avez la clé pour perdre une occasion unique d’accrocher le carré d’as de cette Super Ligue. Une dernière échappée de Frédéric Vaccari nous a fait croire au sauvetage de la dernière minute mais il n’en fut rien.

Les Catalans pointent désormais à la cinquième place derrière Wigan, Huddersfield, Warrington et Leeds, juste devant les deux clubs de Hull, respectivement sixième et septième.

Les quinzistes curieux, comme moi, venus voir à quoi ressemblait une rencontre de Super Ligue de rugby à XIII ont dû se dire que finalement le XV de France aurait pu remporter un match face aux All Blacks, sur un malentendu énorme comme celui auquel ils venaient d’assister. Néanmoins ceux-ci, auront passé une excellente après-midi, devant un match au multiple rebondissements au cours duquel pas moins de sept essais ont été inscrits. Le local de l’étape, Kevin Larroyer, enfant des Minimes formé au TO XIII a même marqué un essai.

Toulouse 2015 ? 

L’opération séduction lancée conjointement par les dirigeants catalans et le président de la FFR13, le Toulousain Carlos Zalduendo, qui ont à cœur d’appuyer la candidature toulousaine d’accueillir une franchise de Super Ligue sur le socle du TO XIII dès 2015 auront probablement marqué des points précieux. Le match, retransmis sur BeIn Sport, aura été une grande fête populaire du rugby à XIII. Pas moins de 15 000 spectateurs ont assisté au match dans une ambiance survoltée.

Pas encore ça !

Avec leur jeu minimaliste basé sur une occupation au pied et une défense agressive les Bleus auront réussi a évité une deuxième fessé qui aurait été catastrophique pour les Bleus. Néanmoins les Bleus n’ont pas su non plus inquieter véritablement ces All Blacks et n’auront marqué qu’un seul essai en trois tests. Les kiwis auront remporté cette série trois tests à zéro et surtout auront marqué 77 points et encaissé seulement 22. Les Chandelles a répétition de Talès et Dulin aurait dû permettre aux Bleus de mettre de la profondeur dans la défense noire et permettre de trouver des espaces. Il n’en fut rien. Les All Blacks ont très rapidement compris les intentions de cette équipe de France complètement changée pour s’adapter à ce jeu. Les Néo-Zélandais ont construit cette victoire sur leur défense.

Solides sur leurs bases mais sans génie 

Les Bleus auront été beaucoup plus solides sur leurs bases que la semaine dernière. A 10 minutes du coup de sifflet final, la victoire n’était toujours pas clairement dessinée pour les All Blacks. La mêlée s’est montrée dominatrice, les lancers et réceptions en touche ont été bien plus propres que la semaines dernières (Je pense que Benjamin Kayser a pris un avantage considérable sur Dimitri Szarzewski). Idem, pour le jeu au pied bien plus précis que ce que l’on a vu la semaine dernière avec quelques belles réceptions sous les ballons hauts. Toutefois être solide sur ses bases ne suffit pas non plus, il faut également une dose de talent collectif que ces Bleus n’ont pas eu lors de cette tournée.

A leur décharge, il y a la condition physique qui, après une très longue saison, était forcément et naturellement du côté des All Blacks bien que ces derniers n’ont pas encore atteint leur pic de forme.

Un groupe réduit pour 2015

Cette série de quatre matchs dont trois tests, nous a permis d’en savoir beaucoup plus. Si aucun nom ne s’est véritablement relevé, hormis peut-être Bernard Le Roux, si on ne sait toujours pas quels sont les joueurs capables de placer le XV de France sur le toit du monde, on sait désormais quels sont les joueurs sur qui on ne pourra vraisemblablement pas compter. La liste est plutôt longue. Je crois que certains joueurs comme Szarzewski, Michalak ou peut-être Médard ont montré leurs limites à ce niveau de la compétition. Surtout que ces trois-là auraient dû être des leaders de jeu compte tenu de leur expérience. D’autres joueurs sont à revoir, Lopez qui a alterné le bon et le moins bon lors du premier test, Claassen qui a fait un match intéressant et semble une alternative stratégique à Picamoles, Le Roux auteur d’une entrée percutante sur ces 10 dernières minutes et Flanquart que je pensais trop tendre pour le haut niveau et qui aura montré  ce dont il est capable.

On connaissait déjà la valeur de Thierry Dusautoir et de Fofana. Il va maintenant falloir constituer un groupe réduit qui nous amènera jusqu’au mondial 2015.