Mauvaise passe

Il y a encore deux ans, tout allait bien dans le petit monde du rugby français : Nos bleus pointaient à la deuxième place du classement mondial proposé par l’International Rugby Board  derrière des All Blacks qu’on pensait intouchables. Tandis que la ville de Paris, alors favorite pour organiser les JO de 2012, se voyait humiliée par sa grande rivale Londres qui lui volait la vedette, le rugby français lui a vu son projet « sportif » de mondial 2007 remporter les suffrages face aux anglais qui proposaient un projet sulfureux à la sauce anglosaxonne avec des centaines de millions de livres sterling à la clé, mais dans lequel les petites nations du rugby n’auraient pas eu grand chose à se mettre sous la dent. Ce succès a valu à la FFR, une splendide troisième place dans un classement des fédérations sportives françaises (proposé par le journal L’ÉQUIPE). Ce classement prennait en compte entre autre : le nombre de licensiés, le taux de croissance de chacune de ces fédérations, les résultats obtenus aussi bien chez les seniors, messieurs ou dames, et dans les championnats internationaux de jeunes, la capacité à organiser de grands événements sportifs sur le sol français,etc.  Côté clubs, on pouvait apprécier une finale de Coupe d’Europe 100% française entre le Stade toulousain et le Stade français. Avec cette Coupe du Monde qui se profilait à l’horizon et que les français ne pouvaient, bien sûr par perdre, on imaginait que le rugby était sur le point de doubler le roi football, le nouvau stade flambant neuf d’Aimé-Giral à Perpignan ? Déjà trop petit, selon les dires de son président. Tout allait bien dans le meilleur des mondes…

 

 Mais aujourd’hui force est de constater que rien ne va plus. Une simple mauvaise passe ?

 

Après le Biarritz Olympique, c’est au tour du Stade toulousain de perdre la grande finale européenne de quelques petits points, trois exactement, trois points qui suffisent pour départager un vainqueur d’un perdant. Avec trois victoires, après celles de l’Ulster en 1998 et du Munster en 2006, l’Irlande n’est plus qu’à une longueur de la France en nombre de victoire en Heineken Cup. Ces deux dernières années, seul le Clermont Auvergne s’est distingué en remportant la finale du Challenge Européen l’an passé. Du côté du classement mondial du Board, la France se retrouve à une triste septième place. Du jamais vu ! Le rugby français va mal, tout du moins sportivement. Souhaitons qu’il relève la tête. Je suis le premier à me réjouir de voir des grandes stars étrangères (telles que Caucaunibuca, Kelleher, Matfield, Thompson, Gregan, Oliver,Montgomery, Umaga,etc.) venir jouer chez nous, en France, je crois que cela participe à éléver considérablement le niveau du Top 14, mais soyons attentifs à laisser aussi la place aux jeunes français qui sont pleins de talents. Toulouse l’a montré, en effectuant à chaque fois un recrutement intelligent, en donnant du temps de jeu aux plus jeunes ce qui met la pression sur nos nouvelles stars de l’ovale. Quand je vois le recrutement du club haut-garonnais pour le prochain exercice du Top 14, je commence à avoir des doutes. Tout est une question d’équilibre. Le problème c’est que lorsqu’on s’attarde sur l’effectif d’un club comme le Rugby-Club Toulonais et de ses « galactiques » on est en droit de se poser certaines questions. Le club serait capable d’aligner une équipe avec 15 joueurs étrangers. Le pire c’est que malgré toutes ses vedettes, le club a été plusieurs fois accroché et battu en ProD2 par des équipes composées de joueurs complètement inconnus du grand public et qui gagnent dix, vingt ou cent fois moins. J’espère juste que Mourad Boudjellal, président du RCT, prendra conscience que ce sport à une âme et surtout une image de marque et que si le rugby doit faire la même chose que le foot, alors le grand public se lassera du rugby. C’est d’autant plus triste que le Var compte de nombreux jeunes talents. Que seraient devenu les Califano, Dominici, Delaigue, Combat s’il y avait eu un monsieur Boudjellal à la tête du RCT dans les années 80-90 ? Je ne veux pas jetter la pierre sur le seul RCT. Il y a aussi des clubs qui bradent la « petite » Coupe d’Europe en envoyant tous leurs jeunes au casse-pipe contre les très physiques équipes anglaises (comme-ça ils sont sans doute confortés dans leur idée que les nos jeunes hexagonaux sont trop tendre, le problème c’est qu’il pourrait être lancés d’avantage dans le grand bain en Top 14, et ils seraient sans doutes plus affutés le jour de jouer les matchs de Challenge Européen). Que dire de Bourgoin-Jallieu (pourtant exemplaire pour ce qui est de la formation) qui brade les rencontres de Heineken Cup, sans oublier au passage de récupérer les droits télé de cette compétition. Est-ce ça le professionalisme ?

 

  Faisons attention ! Le cyclisme français pensait être dans une mauvaise passe au début des année 90, mais aujourd’hui ça va bientôt faire vingt ans que le cyclisme français est dans une mauvaise passe et ne gagne plus rien. Ne suivons pas cet exemple !

 

Connaissez-vous les Jacques Boussuge, Florian Denos, Arnaud Heguy, Grégory Puyo, Christophe Clarac, Sébastien Tillous-Borde, Florian Cazalot ou encore Aurélien Béco ? Non ? Pourtant tous ces joueurs ont été Champions du Monde des moins de vingt et un ans en 2006 aux côtés de joueurs -plus connus- comme Lionel Beauxis, Mathieu Bourret Fulgence Ouedraogo.

Personnelement, j’y crois encore parce que nous avons en France d’excellents joueurs, faut-il encore leur laisser leur chance au plus haut niveau…

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7 réflexions au sujet de « Mauvaise passe »

  1. Oui, certes, le nombre de joueurs étrangers dans nos championnats fait peur. Mais sans eux, les gros clubs français auraient ils le même niveau? Je ne pense pas non plus. La formation est primordiale et elle est bien présente dans nos clubs je pense. Par ailleurs, les jeunes joueurs français apprennent également aux côtés de grands joueurs étrangers. Le tout est de réaliser un équilibre. Par ailleurs, je pense que si les clubs français n’avaient que des excellents joueurs ils les metraient sans discuter sur les feuilles de match.
    Le match de samedi montre les carences du rugby français au niveau des avants, on est incapable autant en equipe nationale ou en club d’imposer notre rugby à des adversaires costauds. Je pense que c’est bien cela qui manque au rugby français en ce moment.
    Seul Clermont peut faire jeu egal au niveau du jeu d’avants face à des britaniques. Je pense même que Clermont est la seule équipe européenne à pouvoir disputer le super 14 sans y être ridicule.

  2. Je me répète, je suis content de voir débarquer toutes ses stars dans le Top 14. Toulon à la place d’Auch dans le Top 14, c’est forcément des médias qui vont se mettre à parler de nous (du rugby). Mais je pense que, comme disais Francis Cabrel fin connaisseur de l’ovale par ailleurs, tout est une question d’équilibre ! Quand je vois nos cousins footeux qui voient partir leurs meilleurs joueurs en Angleterre, Espagne, Italie et que pendant ce temps là, le Top 14 non content de garder ses meilleurs éléments fait venir des Umaga, Hernandez, Caucaunibuca, Montgomery… Que du bonheur. Le problème c’est qu’il y a aussi des second couteaux. Quand je vois certains étrangers débarquer, parfois je me demande ce qu’ils font-là.

    Quand le rugby à commencer à se professionaliser, certains ont vu tout de suite le danger d’une telle dérive. D’autres, dont je faisais partis, étaient enthousiastes et pensaient que le rugby français seraient le grand gagnants à voir toutes ses joueurs arrivés, avec leurs culture de l’ovale, leurs techniques, leurs experiences. Et je le pense encore. Le problème c’est quand je vois que le XV de France n’a presque plus de piliers compétitifs. C’est une situation préoccupante.

    Quand je vois que des Matfield et des Montgomery font des aller-retour. Je commence à être sceptique. Après les meilleurs joueurs étrangers que nous avons chez nous nétaient pas forcément les plus connus au départ : À part les connaisseurs qui connaissaient Brook James ou McIntyre avant qu’il ne débarquent dans le Top 14 ?

  3. C’est vrai, personne. Mais bon, le bas blesse surtout devant, comme tu l’as souligné le manque de piliers par exemple. J’irais même plus loin, nous n’avons pas beaucoup de « grands » seconde lignes. A chaque fois on est juste à mon gout. je pense pas que le 5 de devant des français fasse peur comme celui des australiens, neo zélandais ni même irlandais ou anglais. Derrière nous avons de la ressource quand même. Ne t’inquiète pas pour les piliers, la relève arrive avec Barcella, Bourrust et d’autres.. Seulement, en 8 ans de Laporte on a pa vu une grande volonté de sa part de faire évoluer des jeunes à ce poste. Il me tarde que cela change aussi..

  4. Je trouve ça bien que l’Equipe de France essaie de lancer des jeunes,… Mais je crois que c’est surtout le travail des clubs. Je reviendrai sur ce sujet lors de la tournée en Australie.

  5. J’avais lu un sujet sur le site de la LNR en début de saison :
    http://www.lnr.fr/Menus.asp?CR=75625&CSR=75644&Cle=96008
    Ou il est dit que :
    Pour 2007-2008, l’augmentation du nombre de joueurs étrangers représente environ 1% de plus que l’an passé, et si la PRO D2 propose plus de joueurs non français que le TOP 14, 51% contre 49%, le nombre total représente environ un tiers des effectifs des deux divisions.

    Dans un article de libération on parlait de 336 étrangers sur 644 joueurs.
    http://www.liberation.fr/actualite/sports/coupe_du_monde_de_rugby_2007/287692.FR.php

    Lorsque l’on voit des équipes comme Castres ou Perpignan pour les meilleures équipes de Top 14, on vient a compter les joueurs français.

    La volonté de la plupart des clubs est sur le court terme (une saison) alors que les équipes nationales travaillent sur le moyen terme (tournoi des six nations) ou le long terme (coupe du monde).

    Le probléme avec Bernard Laporte c’est qu’il était formaté au gout de la LNR, donc à la culture du resultat à court terme.
    L’arrivé de Marc Lievremont bien plus FFR que LNR a remis les choses dans un contexte plus fédérateur.

  6. Le problème c’est que jusqu’à présent certains petits clubs, tels que Auch, Dax ou Montauban faisait encore largement confiance aux joueurs français ce qui permettait à ses joueurs de se faire les dents avant de rejoindre une grosse formation, mais voilà que deux de ces clubs vont descendre. Vont arriver en Top 14 des clubs avec de très grosses ambitions, je pense bien sûr à Toulon et au Racing. C’est clubs font largement souhaitent faire signer des gors poissons sudistes. Tant mieux pour le Top 14, on va se régaler avec entre autres des matchs au Stade Vélodrôme, tant pis pour le XV de France.

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