Montée de Mont-de-Marsan : Vers un Top 14 de la Consanguinité ?

Il y a quelques années, au début de l’ère du professionalisme, les sceptiques avançaient un argument de taille : « Le rugby pro va être couper de sa base, les petites préfectures ne pourront plus lutter, avec une élite à 12 ou 14 clubs, il faudra habiter dans une grande agglomération, Paris, Bordeaux, Toulouse ou Lyon pour aller voir du rugby de haut niveau. Ce sport sera coupé de sa base qui est le Sud-Ouest profond. ».

 

Et si le problème était justement l’inverse ?

 

Finalement, les clubs du Grand Sud-Ouest (J’appelle ici,Grand Sud-Ouest les régions Aquitaine, Midi-Pyrénées, Languedoc-Roussilon, Et les départements au sud du Limousin) font plus que résister. Le Stade Montois et ses 3 millions d’euros de budget qui défait le Racing, cinq fois plus riches et fort de sa pleiade d’internationaux, en est la preuve. Ce n’est pas la première fois qu’un tel scénario se produit : Auch, plus petit budget de ProD2, s’est invité par  deux fois dans le Top 14, Aurillac avait déjà fait tomber Lyon. Il suffit de regarder une carte des clubs de rugby de l’élite pour comprendre que ce sont les clubs de petites villes du Sud-Ouest qui se sont le mieux adaptés à la professionalisation du rugby : Montauban, Dax, Biarritz, Bayonne, Castres, Mont-de-Marsan,… Albi qui n’est rétrogradé en ProD2 que pour des raisons financières. Toutes ses villes comptent moins de cent mille habitants et font plus que résister, elles imposent leur lois à ceux qui ont les yeux plus gros que le ventre. Quid de Bordeaux, Lyon, Nice ? Toutes ces villes ont pourtant une culture rugby. On peut alors se demander si le problème ne serait justement pas la consanguinité. On peut se réjouir de voir des Cendrillons s’inviter au bal, le problème c’est quand il y a plus de Cendrillons que de Princesses au bal !

 

Le mal est profond et ne pourra se résoudre en achetant quelques stars en pré-retraite :

 

Comme je l’ai déjà dit plus haut le rugby français ne peut se résumer au Sud-Ouest, le Sud-Est a lui aussi de bons clubs et une certaine culture rugby, que dire de la vallée du Rhône, des Alpes,  de l’Auvergne ou de la région parisienne ? Mais tous ceux qui connaissent le Sud-Ouest pourront vous le confirmer, le rugby y est un peu plus qu’un simple sport populaire. Le rugby fait parti du mode de vie, il est, à lui seul, à la fois une philosophie et une véritable religion. L’ovale y a sa propre chapelle : Notre-Dame du Rugby ! On y pratique le noble sport depuis sa plus tendre enfance. Allez dans un petit village gascon, languedocien, basque ou catalan et vous y trouverez : une mairie, une église, une poste, une boulangerie, un terrain de rugby et probablement aussi un bar qui sert de QG au club local. L’amour du club et des couleurs ne sont pas des vains mots. Ainsi quand un joueur enfile le maillot de son club se produit quelque chose d’indescriptible, une sorte de chair de poule capable de décupler sa force, une véritable potion magique conçue par le plus grand des druides, le rugbyman, tel un chevalier qui revêt sa tunique, a le sentiment d’être illuminé par une lumière divine. Souvent on joue devant la fiancée ou la femme, les enfants ou les parents, les cousins et cousines et on ne peut qu’être à la hauteur. Demandez au XV d’un patelin local, jouant en troisième série, d’aller affronter les All Blacks ou les Springboks et ça n’ébranlerait même pas leur conviction que tout est possible, leur esprit de guerrier celui qui fait qu’on rentre sur un terrain pour gagner !

 

La solution pour les clubs ambitieux ?

 

Je me souviens d’avoir lu deux interviews : Celle de Pierre Berbizier, grand rugbyman, qui disait, que si le Racing ne montait pas cette année, ça ne serait pas dramatique et ça ne remettrait pas en cause les plans du Racing, il faut laisser du temps au temps pour qu’une équipe se construise. J’ai lu aussi une interview de Mourad Boudjellal qui disait exactement l’inverse ! La démarche de Pierre Berbizier me semble la bonne, le rugby n’est ni le foot ni le basket. Regardez, l’effectif du Stade Montois et vous verrez que nombreux sont les joueurs formés au club ou de la région quand on fait confiance à ses racines, à sa région, tout va mieux. Je sais que Jacques Lorenzetti, le patron du Racing, accorde une grande importance au club de formation qu’il veut moderniser, c’est très bien parce qu’il n’existe pas de grand club sans grand club de formation.

 

Je ne tiens pas à prendre position, ni pour un Top 14 de la consanguinité, ni pour un rugby de grandes villes complètement coupé de ses racines. Il me semble que l’idéal ressemblerait un peu à notre Ligue Un de football, où les Paris Saint-Germains, Girondins de Bordeaux, Olympique Lyonnais, Olympique de Marseille, OGC Nice cotoient les AJ Auxerre, les RC Lens, Sedan,FC Sochaux, je crois que c’est un vrai équilibre. Finalement, peut être que la nature fait bien les choses et que la montée de Toulon et de Mont-de-Marsan est une bonne chose pour notre sport.

Match entre l'Aviron Bayonnais et l\'Union Sportive Dacquoise.

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