Perpignan sur Rugby

Après maintes agrandissements sous l’ère du Président Marcel Dagrenat, le Stade Aimé Giral devrait encore grandir pour croitre jusqu’à 20 000 places (contre 16 000 actuellement). Il y a quelques années encore le stade était vétuste et ne comptait qu’une poignée de places assises. Aujourd’hui Aimé Giral est devenu l’un des stades les plus modernes du Top 14 et l’un des rares stades qui soient complètement fermés. Malgré tout se posent plusieurs problèmes :

 

-L’USAP, club phare du département, nombre plus de 10 000 abonnés, ce qui ne laisse que très peu de places pour les personnes non abonnés.

 

-D’autres clubs du Top 14 ont pour projet d’agrandir et de moderniser les stades, on parle de stade d’environ 20 000 places ultramodernes à Brive, Toulon, Bayonne et Biarritz. Si l’USAP veut rester dans le coup et continuer à pouvoir s’aligner sur les meilleurs budgets de France il lui faudra absolument rénover son stade.

 

Là où l’on frise avec le ridicule, c’est quand on s’intéresse à l’autre grand club des Pyrénées-Orientales Les Dragons Catalans : De leur côtés aussi les treizistes ont l’intention de porter la capacité de leur stade, Gilbert Brutus, à 16 000 spectateurs environs.

 

Il y a quelques temps encore, on parlait sur les rives de la têt de la création d’une entité « Perpignan Rugby » qui regrouperait en son sein les trois grands clubs de la communauté d’agglomération de Perpignan-Méditerranée : L’USAP, Les Dragons Catalans, et le club champion de France féminin USAT. Ce serait un pôle de compétence « rugby » unique dans l’Hexagone. Les trois clubs partageraient les mêmes couleurs sang-et-or mais conserveraient néanmoins leur identité propre, nom, logo.

 

  Une telle union existe déjà dans le Yorkshire, province du nord de l’Angleterre, où les clubs treiziste et quinziste de Leeds Rhinos et Leeds Carnegie sont regroupés au sein de l’appellation « Leeds Rugby ». Un tel pôle permet aux deux clubs de faire circuler les échanges de compétences entre les deux codes, de partager un stade en commun, le Headingley Canergie Stadium juxtaposé aux côtés du stade de Criquet du Yorkshire CCC. Cela créer forcément des énergies nouvelles et surtout de nombreuses économies d’échelles.

Les Dragons Catalans, les treizistes

Je connais parfaitement la rivalité qui existe entre XV et XIII dans ces contrés de France. Je connais mieux que n’importe qui au monde l’attachement de chacun à ses deux cathédrales qui portent les noms de joueurs de rugby tombés pour la France lors de la « Grande Guerre ». Mais pourquoi un tel gâchis ? Ne serait-il pas plus intelligent d’envisager la construction d’un seul stade avec une capacité de 30 000 places environ ?

 

Je sais on va encore traiter Mr Rugby de doux rêveur. De fou qui par passion perd la raison. Je suis au contraire très pragmatique. Combien peut coûter la rénovation de ses deux stades ? 10 millions, 15 millions d’euros chacun ? Plus ?

 

Peut-être en effet que pour certaines affiches les deux clubs auront du mal à remplir le stade. Mais soyez certains que pour un USAP-Stade Français ou même un USAP-Stade Toulousain, les tribunes d’un tel stade seraient pleines. Quand il s’agit du foot, personne ne trouve « fou » que Sedan, ville de 20 000 habitants se soit fait créer un stade de 23 000 places. La passion de l’ovale dans le Roussillon serait-elle moins forte que celle du football association dans les Ardennes ? De plus un tel stade pourrait aussi servir au rugby à XIII, puisque la France devrait participer dès 2009 au Four-Nations et recevoir annuellement, les équipes de Grande Bretagne, d’Australie et de Nouvelle-Zélande.

l'USAP, les quinzistes

Perpignan, c’est tout de même une intercommunalité de plus de 250 000 personnes qui ne cesse de croitre de puis plusieurs années. C’est surtout une ville qui va se trouver à quelques dizaines de minutes de la capitale catalane Barcelone. Lorsqu’on voit le prix du mètre carré à Barna et celui de Perpignan on peut aisément imaginé que la ville roussillonnaise n’en ait qu’au début de sa métamorphose. Sachez aussi que la région Languedoc-Roussillon connait la plus grande croissance démographique de France (+34%) et selon les prévisions les plus sérieuses pourrait compter jusqu’à plus de trois millions d’habitants d’ici 20 ans.

La construction d’un stade de 30 000 places sur Perpignan est toute sauf une idée extravagante. Quand est-ce que le président de l’Usap, Paul Goze et celui des Dragons Catalans, Bernard Guasch vont-ils enfin discuter à la même table ?

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2 réflexions au sujet de « Perpignan sur Rugby »

  1. 3 clubs pour un même stade ? totalement incompatible avec le calendrier… même en imaginant que les fédérations française et anglaise de rugby à XV et à XIII, tombent toutes d’accord pour le calendrier, et en espérant que les socios ne ralent pas trop (Aimé-Giral, c’est sacré) et que la pelouse survive à autant de matches, il faut le remplir le stade de 30000 personnes pour le rentabiliser, l’USAP aura du mal à atteindre ces quotas régulièrement, et ce sera encore plus dur pour les Dragons (même en Angleterre, les gros matches de XIII atteignent rarement plus de 20 à 25000 personnes…). Et après il faut trouver l’emplacement pour un nouveau stade, faire des appels d’offre, trouver tous les fonds (là encore toutes les parties devraient se mettre d’accord), accepter de partager les subventions. D’autant plus qu’à côté, l’argent investi dans les 2 stades actuels serait perdu, mais les équipes devront continuer à en utiliser les infrastructures. Perpignan est une ville en croissance, certes, mais qui a aussi d’autres chantiers énormes comme la liaison TGV avec Barcelone, la construction d’un nouvel hôpital… La rivalité entre les sports, les fédérations, les clubs, les supporters… Aucune chance que cette solution un peu naïve et utopiste n’arrive…
    Les deux stades actuels, une fois agrandis, suffiront largement pour que Perpignan rayonne dans le monde du rugby. Et le Nou Camp n’est pas loin pour les « très » grands occasions (si un jour l’USAP arrive à atteindre et en plus recevoir une demi-finale de H-Cup, on n’a pas encore eu cette chance, ou bien plus improbable, que les Dragons aillent suffisamment loin en Playoffs et que les Anglais daignent déplacer un peu l’emplacement des phases finales…).

    Avec toutes ces suppositions alambiquées, on aura plus vite fait de mettre Paris en bouteille.

  2. Côté utopie, reconnaissez que celle de voir un jour le Camp Nou plein pour un match de l’Usap, fut-il une demi-finale de la Heineken Cup n’est pas mal non-plus. Il ne me semble pas logique que le contribuable paye deux fois pour un même stade. Je trouve cette guéguère d’un autre âge. Je n’en veux pas à Bernard Guasch mais plus à Paul Goze qui cherche visiblement a entretenir cette guégère. Il faut penser qu’un stade peut servir à plein d’autres choses… concert, par exemple. Pour les calendrier, les fédérations et ligues respectives s’arrangeraient. C’est un faux problème. Partout ailleur, on a trouvé des solutions et à Perpignan on est pas plus bête qu’ailleur.

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