3 scenarii possibles pour le mondial (suite)

A moins de 100 jours du mondial, j’ai décidé d’imaginer trois scenarii possibles pour le prochain mondial : Noir, gris ou Rose. Aujourd’hui continuons avec le scenario gris :

À la surprise générale, les Anglais décrochent leur deuxième Coupe William Web Ellis.

 

PROLOGUE :

 

Après deux grosses défaites prises en Nouvelle-Zélande les rugbymen français ont préparé humblement « leur » Coupe du Monde, mais non sans une grosse soif de revanche. Le XV de France a gagné deux de ses trois confrontations contre Gallois et Anglais lors des matchs de préparations. La courte défaite (36-28) concédée à Twickenham face aux Anglais avec une équipe de France « bis » était même sans doute plus prometteuse que les deux difficiles victoires obtenues au Stade Vélodrome et au Millenium Stadium. Seul grain de sable qui vient de déregler quelque peu la formidable machine du XV de France les blessures de Skréla, Martin, Chabal et Poitrenaud. Mais finalement, le rugby étant un sport de combat cela n’est que routine. Ce vendredi 7 septembre 2007, la France retient son souffle, depuis deux semaines les médias ne parlent plus que de rugby, une cérémonie d’ouverture retraçant l’Histoire du rugby à travers les joutes de Soule moyenageuse, le geste fou d’un certains William Web Ellis, le rugby universitaire aux États-Unis et en Amérique du Sud, le rugby sport de guerriers mahoris dans les îles du Pacifique. Tout y est. La cérémonie s’apparante plus à celles des Jeux Olympiques que celles vu jusqu’à présent pour les mondiaux du rugby et rappelle ainsi tout le savoir faire de la France en matière d’organisation de grands évenements. Tout peu donc commencer

 

LES MATCHS DE POULE

 

Ça y est les joueurs français et argentins qui connaissent bien les lieux rentrent sur la pelouse du Stade de France. Elvis Crespo et Céline Dion, invités surprise,  chantent respectivement l’hymne national argentin et la Marseillaise. Le match est d’abord un peu brouillon comme c’est souvent le cas lorsque le rugby est joué entre équipes latines. Tout est très tendu. Et quelques gestes d’énervement sont visibles. Les Français pressent les joueurs argentins dans leurs 22 mètres. Beauxis fait du bon travail et apporte beaucoup d’air avec ses coups de pieds magiques. Si Hernandez a passé une jolie pénalité des 50 mètres Beauxis aura répliqué par 4 fois en inscrivant ainsi 12 points. 12-3 c’est justement le score à la mi-temps. En deuxième mi-temps la possession et la domination territoriale française et moins évidente. Mais à part quelques exploits individuels ici et là, les Pumas n’arrivent pas à inquiéter la défense française qui reste solide. De leur côté, les français commencent à avoir un jeu de plus en plus fluide et avec leur petite avance n’hésitent plus à envoyer les ballons jusqu’aux ailes. Par deux fois, Dominici et Clerc seront repoussés in-extremis en touche à quelques mètres seulement de la ligne d’essai argentine. Finalement c’est Thomas Castaignède, bien servi par Dominici, qui à la 68ème minutes trouvera le bon chemin. Beauxis transforme. La France mène donc 19 à 3. Un essai non transformé du Pack Pumas à la 80ème minutes n’y changera rien.  La France gagne son match 19-8 et repartent même sans le point de bonus. Tout commence plutôt bien.

 

Toulouse, le dimanche 16 septembre 2007 à 21 heures. Une équipe de France complètement remaniée entre sur la pelouse. Après la bonne prestation de Twinckenham Bernard Laporte fait confiance à ses remplaçants. L’équipe envoie du jeu, beaucoup de jeu, énormément de jeu, dans tous les sens, à tout moment. Après tout, l’équipe a bien commencé son tournoi, elle joue à Toulouse, bastion du rugby hexagonale, et le publique pousse derrière son équipe, et les joueurs n’ont pas à s’économiser car ils savent qu’ils ne joueront pas le prochain match contre les irlandais. Résultats : 91-5. Record historique pour les bleus.

 

Les français auront-ils fait un excès de confiance après ce match contre les namibiens ? On ne le saura jamais. Ce qui est certains et  historiquement vérifiable c’est que les Français éprouvent toujours le plus grand mal à garder leur niveau de jeu au plus haut. Hélas, on sent l’équipe de France un peu prise de vitesse contre les irlandais. Les irlandais appliquent la technique du Pick n’Go que les français ont du mal à contrer. Nyanga, bon dans le jeu contre les Pumas semble souffrir face aux irlandais. Et le flanker français manque un placage sur O’Kelly qui arrivé lancé et bien servi par Stringer au ras d’un ruck à quelques mètres seulement de notre ligne d’en-but. Les Irlandais transforme l’essai de leur deuxième ligne et passe ainsi devant au score. Les verts agraveront le score avec une pénalité dans les deux dernière minutes. Les français menés 15 à 9 courent derrière le score. En-avant dans les arrêts de jeu de Nyanga qui aura vraiment passé une salle journée. L’arbitre siffle la fin du match. Les français se consoleront avec le point de bonus défensif qui logiquement devrait leur assurer de jouer les quarts de finales. Tout était si bien parti…

 

Le 30 septemble, la France s’apprête à passer un après-midi rugby. Au programme France-Gérogie à 15h00 la France jouera à « bonus offensif obligatoire » suivi d’Irlande-Argentine à 17 heures. Le XV de France n’attendra même pas la mi-temps pour inscrire ses quatre essais. Et comme un signe du destin, c’est Yanick Nyanga le Toulousain qui va inscrire le quatrième essais. Les français, semblent gagner en maturité et à sortir d’une situation qui était quelque peu complexe. Devant un public marseillais fidèle à lui même la France gagne 57-6. Là où irlandais et argentins n’avait pas mis plus de 40 points à l’accorcheuse Georgie. À ce moment là de la compétition. N’importe quel français signerait des deux mains pour affronter la Nouvelle-Zélande en quart de finale. Du côté de Saint Denis, les Pumas battent les Irlandais 33-24. La France est première de son groupe par le jeu des bonus !

 

PHASE FINALE

 

Les quarts de finales offrent donc les affiches suivantes : Australie-Afrique du Sud, Nouvelle-Zélande-Irlande, Angleterre-Galles, France-Écosse.

 

Les Français jouent les derniers leur quart de finale. Au moment où les bleus entrent sur la pelouse du Stade de France.Toute la France sait que si les hexagonaux gagnent leur quart ils auront le droit à une demie-finale revanche du dernier mondial en Australie contre l’Angleterre. Toute la France, sauf les 30 concernés. Bernard Laporte a tenu a protégé ses poulains. Pas de télé à XV heures. Jo Maso a confisqué tous les portables des joueurs et a coupé la connection internet du centre de Marcoussis. En effet, avant d’affronter l’Angleterre en demie-finale il y a un match contre l’Écosse à gagner. La France est annoncée comme la grande favorite du match. D’ailleur chez les bookmakers anglais, nos petits coqs commencent à avoir une très belle côte qui les place deuxième juste derrière la Nouvelle-Zélande. Les Français jouent prudemment en faisant très peu de fautes. Le jeu n’est pas particulièrement spectaculaire le pack fait une série de cocottes qui a pour intérêt de fatiguer au plus les avants écossais. Grâce au bon jeu au pied de Beauxis et Traille nos bleus (habillés pour l’occasion en blanc) font du camping dans le camp adverse. Les joueurs des highlands sont plusieurs fois pousser à la faute. Beauxis passe ainsi  9 points auxquels il faut ajouter un drop de Damien Traille et Elissalde, la France mène donc 15 à 0 à la mi-temps. Un point par joueur dit Jo-Maso devant les caméras de TF1. Au retour des vestiaires les frenchies retrouvent un peu leur jeu. Castaignède, appelé de la dernière minute en remplacement de Poitrenaud, sème la pagaille dans la défense  et sert Dominici qui avec une feinte de crochet intérieure prend le couloir extérieur est passe ainsi le dernier défenseur écossais pris de vitesse. La pénalité est difficile. C’est Traille qui va la tenter. Le joueur biarrot agrave le socre pour les écossais. 22-00. Encore un essai de Jauzion et une pénalité de Traille entre la 70ème et 80ème minute alourdiront sérieusement le score. 32-00. En ne marquant que deux essais, la France fait preuve d’une maîtrise impressionante. Le match ressemble d’ailleur beaucoup à celui joué contre les Pumas : On pratique un jeu sans risque avec un gros pressing défensif en première mi-temps, on reste chez l’adversaire et on marque sufisament de points pour pouvoir mettre plus de jeu en seconde mi-temps face à  une défense fatiguée. La tactique semble imparable.

 

Le 13 octobre, nos bleus sont au Stade de France pour voir la finale de l’hémisphère sud entre sudafricains et néo-zélandais. Les Sprignbox propose un gros combat au Blacks qui eux contre-attaque sur tous les déchets de ballons des Springbox. La technique néo-zélandaise est payante cette-fois-ci, et, de quatre petits points d’avance sur le tableau d’affichage, les noirs gagnent leur finale. Le staff français le sait, et en a eu la parfaite démonstration ce soir. Les All Blacks sont prennables devant et les français peuvent les gagner en finale en proposant le même type de jeu que les Springbox. Bernard Laporte, ni personne en France ne doute du résultat de demain. La France gagnera l’Angleterre. Elle est la grande favorite…

 

Dimanche 14 octobre 22 heures 32. L’arbitre australien vient de siffler la fin du match. L’Angleterre arrache sa deuxième finale de Coupe du Monde consécutive. Exploit que seul l’Australie avait réussi à faire dans le passé. La France n’en revient toujours pas ! Pourtant il y avait sans doute moyen de gagner ce match perdu 21-19. La France a pourtant fait globalement un bon match. Mais cette équipe de France n’a-t’elle pas pratiqué un jeu trop prévisible ? Sans doute. En tout cas la domination en touche des Anglais leur a permis de rendre moins éfficace le jeu du rouleau comprésseur pratiqué par les français. À aucun moment les français ne se sont senti capable de passer à la phase B du plan en envoyant la balle aux ailes. Pourtant ils auraient dû, chaque fois que les français ont envoyé la balle à l’aile le XV tricolore a inquiété le XV de la Rose, comme lorsqu’à la sixième minute Dominici inscrit un essai en coin.

 

Reste à affronter les abominables Springbox. Une polémique prendra place dans les journaux français : En effet, les sudafs’ auront bénéficié d’une journée supplémentaire de repos et c’est vrai que cela compte à ce niveau. Bernard Laporte n’a que faire. Il fait rentrer son équipe type d’entrée en se souvenant bien de la raclée prise par les Blacks à ce niveau de la compétition il y a 4 ans. Le combat entre Boks et nos petits coqs et sans merci. Les joueurs sudafricains jouent leur jeu : combat, combat, combat. Mais à ce petit jeu là, les français ne se défendent pas mal non-plus. Ils jouent chez eux et on bien l’intention de faire comprendre au Springboks qu’ils ne gagneront pas comme ça chez eux. En tout cas nos bleus auront bien limité la casse, à la mi-temps les verts mennent 12 à 9. Le match reprend et Andre Pretorius agrave le score avec un joli drop des 50 mètres. Mais entre la 50ème et 60ème minutes, Bernard Laporte fait rentrer du sang frais et surtout de la mobilité : Mignoni, Nyanga, Castaignède et Bruno à la place de Ellissalde, Chabal, Traille et Ibanez. Castaignède marque un joli essai sur un exploit personnel à la 70ème minute et le pack français un dernier essai sur une pénale touche. Les bleus gagnent leur médaille de bronze. Il fallait repartir de ce mondial avec au moins une médaille. Question d’honneur. Les petits pourront regarder tranquillement demain la finale au Stade de France ; ils l’auront bien mérité. D’ailleurs les journalistes sportifs qui peuvent faire la pluie et le beau temps reconnaissent que les français en faisant tout de même tomber argentins et sudafricains, entre autres, auront fait globalement une belle Coupe du Monde. Une Coupe du Monde où de plus en plus d’équipes semblent avoir le niveau. Troisième ce n’est pas rien.

 

La finale verra la victoire des anglais sur les blacks. Qui aurait parié un seul pound sur les joueurs de sa Majesté il y a ne serait-ce qu’un an ? Même eux n’en croient pas leurs yeux. Mais c’est vrai que les All Blacks auront eu pour leur part un tableau final très difficile avec l’Irlande en quart et les Sud-Africains en demie-finale. On peut rencontrer plus tendre comme équipe ! Captain Dalaglio n’y croit toujours pas, il vient de faire ce que aucune équipe au monde n’avait fait jusqu’à présent. Un essai  du centre des London Wasps, Fraser Waters, en début de deuxième mi-temps aura donné au XV de la Rose un avantage décisif. Le Président de la République donne la Coupe à Lawrence Dalaglio et l’Angleterre remporte cette sixième Coupe du Monde de Rugby. De leurs côtés les français ont encore plus de regret. Ce sont ces Anglais moribonds depuis 4 ans qui récupèrent leur bien. Et ces All Blacks archi-favoris du tournoi étaient prennables… « Si seulement »doivent penser les joueurs français… 

 

 

ÉPILOGUE.

 

Très rapidement après cette Coupe du Monde, les français arrêteront de parler rugby (. On reparlera un petit peu de rugby après la victoire revanche des joueurs du XV de France de Fabien Galthié sur les anglais lors du Tournoi des 6 Nations. Comique ou triste, chacun peut en penser ce qu’il veut.) et peu à peu les médias se réinterressent au championnat et à la Ligue des Champions de football.. La FFR a enregistré une augmentation des licences assez franches chez les moins de 16 ans, mais on ne peut pas parler d’un Baby-boom du rugby non-plus. Le Mondial aura été une belle fête du rugby. Avec des joueurs All Blacks pratiquant un jeu qui aura fait rêvé bien des ados devant leurs postes de télévision. Le récréation est hélas terminée

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