L’essai à 7 points ! Chiche ?

De notre envoyé spécial Castaignède le joueur.

L'essai a 7 points, pour plus de cohérence ?

Repensons le système de distribution des points :

Que voit-on aujourd’hui ? Des défenses qui prennent dans 80% des cas le pas sur les attaques, des ¾ qui jouent en pétant comme des avants sans que les avants se soient pour autant mis à jouer comme des ¾. Enfin, je vous passe le topo que l’on connaît tous. Or, le rugby est selon moi un jeu où 8 avants jouent des phases de combat, de conquête, afin que les 7 arrières puissent fructifier leur travail en marquant des essais (ou des drops). Donc le rugby est un sport où les 15 doivent fournir un travail d’équipe pour gagner.

Mais aujourd’hui, on privilégie la défense avec des gabarits énormes à chaque poste et des tactiques qui visent à gagner de la manière la plus minimaliste possible. Je préconise donc pour rendre de la vitesse et du mouvement de modifier la façon de donner les points. Cela ne fera pas tout (pb des rucks parfois illisibles) mais ça aidera dans la philosophie du jeu.

 

Désormais, on compte l’essai à 7 points directement et on met fin à la transformation des essais. Pourquoi cela ? Car on voit de plus en plus des essais « trop faciles » ou marqués en contre en plein milieu des poteaux, ce qui ne donne aucun mérite au buteur de rajouter 2 points facile. En revanche, on peut voir de magnifiques essais construits être marqués en coin et la transformation être ratée. Résultat : un essai superbe = 5 pts et un essai bidon = 7 pts. Aucune logique, aucun mérite. Pour moi, n’importe quel essai c’est 7 points et basta, pas de transformation. En plus, ça a le mérite de gagner du temps et pas de passer 3 heures à « s’emme**** » voir le tee être amené puis posé, à voir le ballon être posé, à voir le buteur se mettre en conditions pendant 107 ans, puis pof, à côté, youpi !!

J’envisage aussi de donner 2 pts à un drop, pour ne pas en abuser. Toutefois, il faut compter avec la pression défensive qui monte sur le « droppeur » (il n’y a pas que le buteur qui peut dropper) au moment d’ajuster son coup de pied. Il y aussi le fait que le droppeur ne dispose pas de temps pour se concentrer au moment de tirer. Enfin, il y a le fait qu’un drop peut aussi être beau, par exemple celui de Wilko en finale de CDM 2003.

Par contre, je trouve normal que la pénalité vaille 3 pts car il faut bien pénaliser l’équipe adverse qui accumule les fautes. Dès lors, la pénalité est comme le penalty au foot, la façon de sanctionner l’équipe adverse. Sauf que je modifie aussi la façon dont se déroule la pénalité. Désormais, toute faute commise (sauf grave qui mérite un carton) dans le camp adverse sera punie par un coup franc ou par une touche dans le camp adverse. Toute faute commise dans son camp aura pour effet un coup franc ou bien une pénalité. Mais la particularité sera que cette pénalité sera tirée à l’endroit de la faute commise (au centre, à gauche, à droite, etc), mais obligatoirement à une distance de 25m. Comme ça, les équipes feront plus gaffe à leurs fesses après pour pas pourrir le jeu. Plus de pénalité impossible à 45m en coin, donc plus de faute forcément impunie.

Pourquoi ces modifications ? D’une pour faire la part belle au jeu. De deux, pour ne pas donner un rôle prépondérant au buteur. Pour moi, le rugby à XV se joue à 15 et ne doit pas se jouer sur le seul talent d’un buteur. Parce que dès lors il y a déséquilibre entre les 2 équipes et surtout il y a prime à l’individualité quand le collectif et le jeu doivent primer.

Je résume donc mes propositions :

– la pénalité toujours tirée à 25m des poteaux, dans l’axe où la faute a été commise.

– la transformation des essais supprimée

– le drop ramené à 2 pts

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7 réflexions au sujet de « L’essai à 7 points ! Chiche ? »

  1. C’est sûr que c’est radical!! Mais s’il faut cela pour sortir des tactiques vieux pépé du rugby à XV que l’on voit actuellement. Car faut pas croire, le rugby à XV ne durera pas ad vitam et ternam si le public continue de s’ennuyer. Il ira voir si c’est plus beau au VII (bientôt aux JO) et même pourquoi pas le XIII. Quant au combat, le public ira voir du catch.

  2. Moi, je trouve les propositions plutôt intéressante, même si celle de faire une pénalité systématiquement à 25 mètres est celle qui me plaît le moins. Il faudrait toutefois changer le nom « essai », car initialement l’essai ne donnait le doit qu’a essayer une transformation et ne rapportait aucun point ! Une autre époque 🙂

  3. Le nombre d’essais ne veut absolument rien dire, je me suis ennuyé à mourir devant un match à 14 essais et j’ai vibré comme jamais devant un Ecosse-Irelande où il n’y a pas eut d’essais.
    Les matchs où beacoup d’essais sont marqués s’accompagnent souvent d’un fort ratio de plaquages manqués. C’est l’absence d’opposition qui fait le spectacle ?

    Si le sport ne vous plait pas tant pis, mais ce n’est pas parceque c’est un sport qui en est encore au début de sa professionnalisation qu’il faut se permettre de le modifier comme bon nous semble pour soit disant « plus de spectacle ».

  4. Je comprends ta position MHN, mais ce que propose « Castaignède » dans son post et justement de revenir à l’essence de ce sport et de retrouver l’équilibre entre combat, conquête et jeu. Je suis allé voir le « clasico » entre les stades français et toulousains. Et franchement, c’était à mourir d’ennui. Non par parce qu’il n’y a pas eu d’essai, on comprend tous ici que les matchs se terminant par des 75-88 dans le Super 14 n’attirent plus le public. Le problème c’est que les centres se contentent d’aller pêter dans la défense. C’est nécéssaire parfois pour créer un point de fixation, pour enfoncer la défense, jouer dans l’axe. On est tous d’accord. Mais après ? Je n’ai jamais été un romantique de ce jeu, et n’ai jamais voulu d’un rugby qui ne serait que jeu au large de baballe. Mais franchement, David s’était contenter jusqu’à aujourd’hui de faire parler sa puissance (lors du match Toulouse-Brive par exemple). Lorsque le centre toulousain s’est trouvé face à Bastareaud, étant dominé physiquement par ce dernier, personne n’a su contourner le problème côté toulousain. La domination de la mêlé n’est donc plus efficace parce que derrière on est plus capable de transformer cette domination en points : Proposer de reequilibrer le rapport défense, attaque, c’est justement redonner au rugby de combat tout son intérêt, car ce n’est pas le combat pour le combat. C’est le combat pour pouvoir faire briller ces trois quart qui fait la beauté de ce sport. Pour moi le seul centre français ayant à la fois une dimension physique et technique intéressante aujourd’hui et Maxime Mermoz. Je pense que Bastareaud pourrait proposer un jeu similaire avec un peu de travail et peut être quelques kilos en moins… Mais bon, là c’est déjà un autre problème…

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