Quand Clint Eastwood révise l’histoire

A gauche, l'image du film Invictus, à gauche le mondial 1995

La sortie du film Invictus est un véritable succès en France, avec plus de 866 000 spectateurs en une semaine. Mais, au-delà des distances que prend le film sur le jeu et les règles du rugby, dans le petit monde de l’ovale, il a surtout participé à relancer une vieille polémique sur la légitimité de la victoire des Springboks en 1995. Ainsi l’entraineur du Racing, Pierre Berbizier, alors jeune et talentueux coach des Bleus, affirme « Pour moi, notre équipe méritait d’être championne du monde, mais je crois qu’à un moment donné, le politique a pris le pas sur le sportif, avait déclaré l’entraîneur du XV de France. Mandela avec le maillot des Boks, Pienaar le capitaine recevant la coupe, tout ça avait été imaginé et il fallait que cela se passe comme ça. » et ne veut ainsi cautionner ce qui fut pour lui une grande fraude sportive. Nous pourrions penser que ces paroles sont celles d’un mauvais perdant. Mais lorsqu’on connaît la droiture de l’homme, on ne peut que se poser des questions. Il est incontestable qu’il y a eu un arbitrage maison, sinon comment expliquer que l’arbitre de la demi-finale n’ait jamais sifflé d’essai de pénalité contre les Springboks qui effondrèrent 5 mêlés dans leurs cinq mètres, l’essai refusé d’Abdeladif Benazzi ou encore l’essai injustement accordé aux Boks ? Mais la vraie question est de savoir s’il y a eu une vraie volonté politique de faire gagner l’Afrique du Sud au dépend des valeurs sportives car c’est ni plus ni moins ce qu’affirme aujourd’hui Pierre Berbizier. L’intoxication dont ont été victimes les All Blacks lors de la finale vient conforter la plausibilité de cette hypothèse. La montre en or offerte par le président de la SARFU (South African Rugby Union) à Ed Morison, l’arbitre anglais de la finale, ne serait ainsi pas seulement une maladresse ?

Reste que truquer une finale d’une Coupe du Monde pour une simple montre, fut-elle en or, semble peut crédible. Rien n’indique que la France aurait gagné les All Blacks en finale de Coupe du Monde, même si elle avait pris un ascendant psychologique sur les All Blacks (double victoire en Nouvelle Zélande des Bleus un an auparavant) et que jamais dans l’histoire une équipe de France fut aussi forte. En Amérique du Sud, nombreux sont ceux qui pensent que le mondial de football 1998 gagné par la France fut acheté. Reste qu’en football pour gagner un match, il faut acheter une grande partie des joueurs, en rugby l’arbitre suffit. Peut-on dire que  le film de Clint Eastwood est quelque peu révisionniste ?

De toute façon, pour l’Afrique du Sud l’essentiel était de gagner une démocratie, la victoire dans une Coupe du Monde de rugby semble bien illusoire à côté de ça. Pour ce qui est de la réconciliation entre blancs et noirs, elle prendra hélas encore des années…

Présentation du film lors du JT de France 2

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2 réflexions au sujet de « Quand Clint Eastwood révise l’histoire »

  1. Ah oui… L’affaire de la montre en or… Je crois qu’elle avait été donnée en public au cours d’un banquet. Mais il me semble que c’est Derek Bevan, le gallois qui a arbitré la demi-finale France-AfSud qui l’avait reçu. Et je ne serai pas étonné qu’il l’ait rendue.

  2. Révisionniste le mot n’est-il pas un peu fort Mister Rugby, il ne s’agit QUE de rugby. Votre passion a pris le dessus sur votre raison. Je ne suis pas convaincu par cette thèse du complot qui aurait amené les boks jusqu’au titre même si l’arbitrage laissait à désirer.

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