Qui veut la peau du Stade français ?

Les joueurs du Stade Français dépités lors de leur défaite face à Perpignan le 24 octobre 2009

Le club est donc sur tous les fronts en ce moment, au niveau sportif  l’emblématique entraineur australien Mickael Cheika est en passe devenir le nouveau directeur sportif aux dépends de Jacques Delmas. D’un autre côté, le Président se bat contre vents et marées pour obtenir le permis de construire du nouveau stade Jean Bouin dans l’ouest parisien. Max Guazzini devra présenter son plan de sauvetage devant la DNACG. Récit d’un club au coeur de la tourmente.


Rien ne va plus du côté du club parisien. Après les déboires sportifs, les expulsés de terrain, une infirmerie débordée, le journal Midi-Olympique annonce que le géant parisien aurait des problèmes d’ordres financiers et risquerait d’être rétrograder en ProD2 ! Inimaginable ! Ce serait un véritable désastre pour le rugby français, et je pèse chacun de mes mots, tant ce club a apporté à notre sport. En revanche, c’est peut-être la bel et bien la fin d’un système. Celui du club d’un seul homme. Max Guazzini a construit une formidable machine de guerre. Un club connu et reconnu internationalement. Un club atypique qui bénéficie d’une image de marque auprès des parisiens. Le seul club capable pour l’instant de remplir un stade de 80 000 spectateurs 5 ou 6 fois dans l’année pour de simples matchs de championnat. Même s’il fut imité par d’autres clubs qui délocalisent de plus en plus leurs gros matchs. Ainsi, le Stade français a mis le rugby français sur une autre planète, celui du sport spectacle professionnel avec des mises en scène digne des matchs de NFL ou de NBA. Heureusement, le club a des ressources et surtout à la possibilité  d’ouvrir son capital. Si les cas de clubs comme Montauban et Bourgoin sont problématiques car peu d’investisseurs semblent réellement motivés pour y placer leur argent, c’est une toute autre histoire pour les parisiens. Le Stade français, on l’a dit, est un club possédant une image hautement positive, voilà qui devrait intéresser un bien grand monde pour peu que Max Guazzini accepte d’ouvrir son capital. Midi-Olympique parle d’une ouverture à hauteur de 40% du capital (contre 10 actuellement). Voilà qui devrait gonfler les caisses du club et regonfler le moral des joueurs, car on a un peu tendance à l’oublier mais le Stade français est toujours en route pour le titre de Champion d’Europe.

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5 réflexions au sujet de « Qui veut la peau du Stade français ? »

  1. C’est sûr que la saison du SF est galère. J’espère qu’ils ne participeront pas à la H-Cup l’an prochain (eh oui) afin de pouvoir se refaire une santé en Amlin Cup avec un groupe plus resserré de joueurs autour de leaders (Dupuy, Szarzewski, Papé, Marconnet, Parisse). Un groupe plus efficace, un stade (futur J-B), un entraîneur compétent (Cheika en espérant que pour une fois un australien réussisse au SF) et ça devrait repartir!!

  2. Je pense que le 1/4 de finale entre les deux stades est loin d’être gagné d’avance. Toulouse ne semble pas au mieux non plus… Je trouve regrettable ce qui se passe au Stade français, quand on voit l’effectif qu’ils avaient au début de l’année ! Il y a aussi des mystère. J’ai vu que Galthié disait qu’on ne jouait pas assez autour de Mark Gasnier. Je suis assez d’accord avec l’analyse : Le Stade français aura acheté un joueur qui prend 300 000 euros par mois et il n’auront rien organisé autour de lui. On l’a fait balader un coup à l’aile, un coup au centre, un coup je ne sais pas où, sans jamais le fixer à un poste. Pourtant venant du XIII, c’est un joueur qui avait besoin de repères.

    Il y a tout de même deux bonnes nouvelles et de tailles côté Parisien :

    Le renouvellement de contrat de la star du club : Bastareaud.

    Et deuxièmement, l’accord du conseil de Paris pour la construction du nouveau Jean-Bouin -> http://www.leparisien.fr/paris-75/le-conseil-de-paris-vote-pour-le-nouveau-stade-jean-bouin-30-03-2010-868618.php

  3. Oui, ça fait mal au cœur de voir le Stade Français dans de si sales draps. Car le club parisien n’entrera sans doute pas dans le dernier carré du Championnat après sa défaite à Brive, une première depuis huit ans.

    J’aime bien le président Max Guazzini. Et je suis un peu triste pour lui qui vit cette année, jusque-là, une annus horribilis (classement médiocre en Top 14, blessures de joueurs en cascade, suspensions de Dupuy et Attoub, dossier du nouveau Jean-Bouin sans cesse repoussé, conflit avec la Fédération anglaise, émergence du Racing-Métro 92…). Pour ceux qui ne le savent pas, c’est sans doute en bonne partie, et je pèse mes mots, grâce à lui, que le rugby en France a repris un essor perdu dans les années 90.

    Il a d’abord (re) créé le Stade Français de toutes pièces, et en a fait en une décennie un quintuple vainqueur du Brennus. Mais l’ovalie hexagonale et même européenne lui doit surtout d’avoir gagné une formidable modernité. Guazzini a osé parier sur des thèmes a priori inconcevables dans un sport qui ne vivait plus que dans une atmosphère de naphtaline.

    Dans un premier temps effarés par les maillots roses, les spectacles de danseuses nues d’avant match ou les calendriers de bellâtres imberbes et déslipés, les édiles de l’époque « Ferrasse » ont dû ravaler leurs vieux principes, estomaqués par la réussite de l’ancien secrétaire de Dalida. Car le public – non seulement les hommes, mais les femmes et les enfants – a suivi en masse dans les stades et à la télé, et le public a toujours raison. Aucun autre sport ne rassemble aujourd’hui une population aussi familiale. Max a bel et bien lancé le rugby du XXIe siècle. Pourvu que ça dure.

    Mais tout n’est pas encore fini cette saison pour Paris. Il reste la Coupe d’Europe et un quart de finale à jouer à… Toulouse. Max avait dit un jour qu’il préférait le rugby-spectacle au rugby-cassoulet. Attention à l’indigestion.

  4. Tu mets le doigt sur l’interrogation de l’année niveau au SF. Habituellement, l’ouvreur est le dynamiseur du jeu d’une équipe, c’est lui qui donne le tempo. Mais il existe des ouvreurs évoluant dans un registre plus restreint de simple courroie de transmission ; ils ne créent pas le danger par eux-mêmes. Ceux-là se contentent surtout d’une bonne passe et d’un bon jeu au pied (Wilkinson, Parks, Beauxis, Morné Steyn, voire même Brock James) et il faut donc près d’eux un joueur plus créatif, généralement un centre ou bien un arrière fer de lance de l’attaque. C’est le rôle dévolu à Traille par exemple au BO, mais aussi à Mermoz à l’USAP, Joubert et Floch à Clermont, Catt en 2003 pour les anglais, De Villiers chez les Boks, Hernandez en 15 du temps où Skrela jouait 10 à Paris. Mais à Paris, il n’y a aucun joueur capable de créer le danger offensivement, Messina et Boussès sont abonnés à l’infirmerie, Bastareaud est encore trop jeune et inexpérimenté pour jouer ce rôle-là, Southwell n’est pas l’archétype du 15 dynamiteur et Dupuy seul à créer le danger est suspendu. Du coup tout repose sur Beauxis dont le caractère timide est bien connu (il est quand même surnommé Bernardo, pour un ouvreur ça le fait pas trop !!). Gasnier, venu du XIII, avait tout pour être ce joueur dangereux des lignes arrières capable de foutre un beau bordel dans la défense adverse. Placé en 12 derrière Beauxis pour amorcer l’attaque (type Mermoz/Traille) ou en 15 pour relancer (type Hernandez/Henson), sa technique treiziste aurait été des plus utiles. Mais au lieu de cela il a été sans cesse baladé de l’aile au centre en passant par l’arrière (titulaire en 15 ce week-end à Aimé-Giral). Du coup il n’a jamais pu s’acclimater au XV et il va maintenant repartir en Australie et je suis prêt à parier qu’il fera partie des 30 australiens retenus pour la CDM et il fera sûrement très mal !! A la décharge du SF, il faut reconnaître que Gasnier a fréquenté assidument l’infirmerie pdt ces 2 années, mais çà c’est le lot commun de tout joueur évoluant au SF mis à part qq durs à cuire (frères Bergamasco, Bastareaud, Szarzewski, Roncero, Rabadan, Marchois).

    PS : peux-tu me dire où tu as lu Galthié parlant de Gasnier ?

  5. Complètement d’accord avec toi, je suis près à parier que 1/ Gasnier va faire parti du squad australien pour le mondial 2011 (les Reds du Queensland semblent s’intéresser à lui pour le prochain Super 15)
    2/ Il va cartonner lors de ce mondial et les français vont découvrir un peu tard le talent de ce joueur. Je suis certains que les Australiens qui le connaissent mieux n’hésiteront pas à en faire un leader de jeu. Le jeu du Super 14 sera sans doute plus adapté que celui du Top 14 pour lui, et cela devrait contribuer à le mettre en confiance.

    D’accord avec Philippe Verneaux, le rugby doit énormément au Stade français, grâce à lui il s’est créé une image hautement positive et s’est positionné sur une autre niche que le foot. D’où son succès. Je crois aussi, tout simplement, qu’un grand sport professionnel français ne pourrait se passer d’une équipe parisienne.

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