Fédérale I : Saint-Etienne l’Ovale !

Le CASE à Geoffroy Guichard, devant plus de 20 000 spectateurs pour la demi-finale de Fédérale I (Photo : Zoom42)

Le Arles-Avignon du rugby

Le comparatif est d’actualité et semble tout à fait adaptable à la progression fulgurante qu’a pris le CASE depuis plusieurs années. En 2004, le club accède pour la première fois au niveau fédéral, la fédérale 3 en l’occurence, qui correspond au 5e niveau Français. Trois ans plus tard, encore un échelon est franchi et, après une première saison plus que satisfaisante, les Casistes parviennent à rejoindre l’élite du rugby amateur.

Cependant, il faut signaler que le club n’aurait même pas dû jouer en fédérale 1 cette saison. Classé à la 13e place, il semblait condamné à poursuivre son aventure au niveau 2, étant donné que seuls les 12 premiers gagnaient leur billet pour l’étage supérieur. Heureusement, l’équipe de Lombez Samatan refusa l’accession et les Stéphanois purent fêter une nouvelle montée historique.

Une saison exceptionnelle

Avec cette montée heureuse, Saint-Etienne jouait bien évidemment le maintien dans une division nouvelle pour lui. Lors de la saison régulière, pourtant, le club va parvenir à arracher l’une des 4 premières places qualificatives pour la suite de la compétition, et synonyme de maintien. Lors de ces 14 matchs, on signalera notamment un succès historique à domicile contre la grande équipe de Béziers, match que le maire refusa de voir jouer au stade Geoffroy-Guichard. Fort heureusement pour les Verts (ou Rouge et Blanc), la consolation à cette frustration viendra plus tard dans la saison. Avec les Biterrois, premiers et suivis par Nice et Châteaurenard, Sainté poursuit donc sa route dans cette fédérale 1.

Lors de la seconde phase qui n’accepte que 2 qualifiés sur 4, les Stéphanois sont dépassés par le large leader, Tyrosse, qui décroche 6 victoires en autant de parties. Dans le mini championnat à 3 qui s’en suit, ils réussissent la surprise en devançant assez facilement les équipes de Massy et Saint-Nazaire, qui ne peuvent faire mieux qu’une victoire chacun. L’impensable est là: Saint-Etienne est en phase finale pour sa première saison à un tel niveau.

Devant passer par un match barrage contre un de ses bourreaux de la première phase, Nice, les Casistes ne se démontent pas et décrochent à l’arrachée leur place en 1/4 de finale. Victoire 19/18 dans un scénario hitchkockien qui leur conviendra si bien par la suite. Car, en 1/4, lors d’un match aller disputé dans le Forez, le club bat Châlon sur Saône péniblement et au pied uniquement: 12/3 et un avantage assez léger à tenir au retour. En maitrisant bien les débats, les Stéphanois font mieux que résister à Châlon, et s’imposent même 20 à 24.

Jusqu’au bout du rêve

Face à Bourg en Bresse et sa colonie Violette, le CASE décroche enfin le droit d’évoluer à Geoffroy-Guichard devant 21 500 spectateurs (record de Pro D2 et de Fédérale réunis). Devant un stade chaud bouillant et sous une pluie battante, les Verts ne se démontent pas et s’imposent sur la plus petite des marges, 23/22, avec malgré tout quelques regrets en raison d’une mauvaise gestion des temps forts.

Au retour, personne ne veut toujours croire à l’impensable exploit Casiste. Fort de leur « Chaudron Violet », les Bressans pensent bien dompter leur adversaire, déja tout heureux d’être à pareille fête. Mais à aucun moment les locaux ne vont parvenir à décrocher une équipe survoltée par l’enjeu. L’US Bressane vire en tête à la pause, 9/6, et est virtuellement en Pro D2 mais le peuple Violet sent le danger présent.

Après un nouveau drop d’Alexandre Péclier (qui en passera 4 dans la partie!) qui ramène le score à 9/9, les Verts glacent les Violets sur un essai de Sarthou transformé par Péclier (9/16). Si la réplique Bressane donne lieu à un essai transformé (63e) qui ramène les deux équipes à égalité, les Casistes maitrisent assez bien la fin de rencontre et l’emportent même sur un ultime drop de Péclier à une minute de la fin. 16/19, l’incroyable exploit est arrivé pour Saint-Etienne.

Et maintenant?

Dans un championnat qui ne voyait pas venir le petit poucet Stéphanois et qui a laissé sur le carreau les grands favoris (Marseille Vitrolles, Béziers), la finale est forcément inattendue. Devant une équipe de Carcassonne séduisante et arrivée en finale grâce à une grande maitrise, le CASE tentera un utlime exploit en remportant le titre de champion amateur.

Pourtant, on peut légitimement penser que c’est déja la saison prochaine qui va passionner les Stéphanois, qui vont disputer un derby contre le Lyon OU ou d’autres matchs de prestige contre des grands noms du rugby Français comme Auch, Colomiers, Pau ou autres Bègles Bordeaux. L’effervescence rugbystique ne demande qu’à envahir la cité Forézienne, et ce ne sont pas les résultats de plus en plus décevants du patrimoine Stéphanois, l’ASSE, qui devrait atténuer cette montée d’intérêt.

Il convient cependant de rappeler que le passage de la fédérale 1 à la pro D2 est rarement une réussite pour les clubs impliqués. Cette saison, les deux promus ont sombré aux deux dernières places du championnat, Lannemezan terminant dernier avec 3 victoires pour 27 défaites, et le Pays d’Aix avant dernier avec 6 victoires, 2 nuls et 22 défaites.

Merci aux Casistes pour cette saison remarquable et bon vent en pro D2!

par Loïc Perrin 42 de SportVox
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2 réflexions au sujet de « Fédérale I : Saint-Etienne l’Ovale ! »

  1. belle histoire tout de même. On verra bien dans quelque temps comment ce club évolue. Il est à noter l’affluence incroyable pour un match de ce niveau. Assurément il y a un véritable engouement dans le coin. J’espère qu’ils sauront grandir encore.

  2. Je pense que l’arrivée du CASE en ProD2 est une grande surprise. Il faut suivre la trajectoire du ballon ovale dans cette ville. Je suis un peu sceptique tout de même sur le long terme. l’ASM est à deux heures de routes et domine le Massif central, puis Saint-Etienne est l’une des rares villes françaises où le football fait parti de la culture populaire un peu comme c’est le cas en Espagne ou en Italie. C’est une grande ville, mais petite comparée à Lyon, Marseille ou Lille. Mais si le rugby peut s’y faire une place est remplir Geoffroy Guichard, pourquoi pas ? Je pense que certaines personnes commencent à en avoir marre du foot et du comportement de certains joueurs. Le match contre Lyon risque d’être tendu est risque d’attirer du monde autour de lui.

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