Coup de projecteur sur… le Pays Médoc Rugby

Pays Médoc Rugby contre Souston

C’est avec une vive émotion qu’aujourd’hui j’entame un article sur le club du Pays Médoc Rugby. Il s’agit en effet de mon tout premier club celui dans lequel j’ai joué pendant 5 ans dans les catégories jeunes, des minimes aux juniors. Il y eut bien sûr plus tard d’autres clubs comme le RC Riom, le CR Atletíco Portuense (Espagne) et l’UCV RFC (Venezuela) mais le premier club, celui où l’on a fait ses premières passes, donné ses premiers placages reste à jamais gravé dans le cœur.

Il y avait au départ la terre. Une presqu’île entre Gironde et océan, bénie des Dieux qui lui offrirent un climat exceptionnel propice à la viticulture, puis il y eut deux clubs de rugby les Rouges du SPIC de Pauillac et les Noirs du SAM de Lesparre-Médoc. Dès le plus jeune âge les joueurs du SPIC et du SAM s’affrontaient férocement, s’envoyant des châtaignes et autres pruneaux avec la sainte bénédiction de leurs éducateurs. C’était une question d’honneur. Les jeunes Lesparrains et Pauillacais qui étudiaient souvent dans le même lycée, qui sortaient dans les mêmes boîtes de nuit de plages de Montalivet ne pouvaient que se bagarrer sur les terrains. Au milieu des années 90 quand le rugby devint professionnel certains dirigeants visionnaires eurent l’idée de fusionner les deux clubs, histoire de s’échanger les compétences, de faire des économies d’échelles, de sortir des querelles de clochers et de permettre aux jeunes des deux clubs de s’épanouir en proposant un rugby de qualité. Evidemment il y eut bien des réticences de part et d’autre. Comment était-il possible d’envisager l’union avec l’ennemi ? Pour certains marier le Sport Athlétique Médocain de Lesparre au SPIC, revenait à marier la France au IIIème Reich ! Inimaginable ! Pourtant l’idée fit son chemin. Dans un premier temps une entente juniore fut créé entre Lesparre et Pauillac et en 2000 enfin le nouveau club vit le jour. D’abord le club joua sous les couleurs Rouge et Noires, puis se créa sa propre identité en optant pour une couleur Bordeaux.

Alors que les deux clubs naviguaient entre la Fédérale II et les Séries régionales, et après un premier temps d’adaptation, la nouvelle entente permit au club d’atteindre l’élite du rugby amateur : la Fédérale I.

Si j’ai choisi de vous parler du PMR, ce n’est pas seulement pour faire un clin d’œil. Il s’agit surtout de réfléchir à quoi pourrait ressembler un club de rugby amateur moderne. A l’heure ou la France compte plus de 34 000 communes, dont certaines ne disposent que d’une dizaine d’habitants, il me semble bon que le rugby montre la voie. Nombreux sont les clubs amateurs qui aujourd’hui défendent un clocher. Le peu que le club joue en Fédérale on n’hésite pas à engager des joueurs des îles du pacifique ou des internationaux Géorgiens « professionnels » aux qualités physiques certaines. Je ne critique pas ces joueurs qui ont fait le choix de venir en France. Je critique ouvertement les présidents de clubs amateurs qui pour des raisons obscures s’obstinent à mettre un paquet d’argent, venant la plupart des poches du contribuable pour payer les salaires de deux trois joueurs. Plutôt qu’apprendre à nos jeunes d’envoyer des pruneaux et à vider les bouteilles de whisky lors de la troisième mi-temps, il serait probablement plus intelligent de former de jeunes joueurs, faire de la promotion de notre sport dans les collèges et lycées, payer la formation de jeunes entraineurs et d’arbitre. Combien d’équipe de Fédérale disposent d’équipe féminine ? Au lieu de ça, grand nombre de clubs jouant en fédérale sont incapables de disposer de deux équipes de 15 joueurs. Peut-être faudrait-il moins de clubs, mais des clubs plus structurés, dans lesquels on trouverait de vrais spécialistes, de vrais préparateurs physiques, des entraineurs formés. Les initiatives telles  que Pays Médoc Rugby (je pourrai en citer d’autre comme celle des Boucles de la Marne) qui ne résonne plus en terme de clocher mais en terme de Pays me semblent plus qu’intéressante.

Un pays, une intercommunalité un club de rugby. N’est-ce pas là la solution pour le rugby amateur du XXIème siècle ?

Je propose à mes lecteurs de donner vos opinions et d’apporter vos idées pour imaginer à quoi pourrait ressembler un club de rugby amateur moderne ?

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3 réflexions au sujet de « Coup de projecteur sur… le Pays Médoc Rugby »

  1. Les clubs dont tu parles sont distants d’au moins 40 bornes. Je ne suis pas sûr que ce soit une bonne idée. Comment vas-tu faire pour les jeunes ? Ils vont devoir s’entraîner deux fois par semaine à 30 km du collège ou du lycée ? Ils se démotiveront vite. Il se tourneront ensuite vers des d’autres sport comme le foot ou le basket. Un village, un club, c’est notre rugby.

  2. Pour Pauillac et Lesparre je peux t’assurer qu’il n’y a pas 40 kilomètres entre les deux villes. Une quinzaine tout au plus je pense. Ce qui est certains c’est que la France possède dix fois moins de licenciés que l’Angleterre (ça me semble énorme, mais pourtant c’est bien les chiffres venant de la page officielle de l’IRB) et compte également moins de clubs (impossible de retrouver ma source, mais je suis sûr de ce que j’ai lu). Je sais aussi qu’il y a beaucoup de clubs qui ne comptent qu’une trentaine de licenciés. Je me dis que ce rugby à la bonne franquette montre vite ces limites. Que proposes-tu Capitolium ? Tes idées sur le club de l’an 2000 m’intéressent ?

  3. Mais l’Angleterre c’est une population pratiquement égale à la France dans un pays 3 ou 4 fois plus petit. On a pas forcément besoin de beaucoup de clubs là-bas pour accueillir bcp de monde. Je ne vois pas comment on va faire pour réduire le nombre de club à un moment ou la FFR essaie de multiplier le nombre de clubs notamment au nord. Un gamin, qui n’a pas de voiture, ne fera jamais ni même 15 bornes pour aller jouer dans un club se trouvant dans une autre ville, faut pas rêver !!!!!! Il e se tournera vers d’autres sports que d’autres copains pratiquent, c’est tout !!!! Je suis désolé, mais cette idée ne me semble pas bonne du tout !!! Tous les clubs n’ont pas vocation à jouer en divisions fédérales ! Tous les jeunes ne veulent pas devenir Dan Carter, certains veulent juste jouer pour le plaisir de jouer…

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