A quoi joue le Stade français ?


2007, le Stade français fête son dernier titre de Champion de France

C’était lors des phases finales 1998, le Stade français disputait alors sa première saison dans une élite qui ne s’appelait pas encore Top 14. Le nouvel arrivant parisien domine de la tête et des épaules l’ogre toulousain en demi-finale (victoire des Franciliens sur le score de 34 à 3), puis atomisera l’USAP une semaine plus tard dans ce qui sera la première finale au Stade de France. Le rugby français vient subitement de rentrer dans une nouvelle ère : celle du rugby professionnel. Les Stadistes domineront, aux côtés de Toulouse, la décennie suivante : Remportant le titre de champion encore 4 fois (2000, 2003, 2004 et 2007) et la défunte Coupe de France en 1999. Seule la grande Coupe d’Europe leur échappera bien qu’ayant atteint les finales de la grande compétition continentale en 2001 et 2005.

Mais le grand succès du Stade français n’est pas sportif : Le Stade français a réussi l’incroyable exploit de faire du rugby, alors réservé au pecnos du Sud-Ouest, un sport incroyablement tendance attirant le Tout Paris. Capable de remplir le Parc des Princes puis le Stade de France. Les images des cérémonies aux Stade de France ont fait le Tour du Monde, tout comme les photos du célèbre calendrier. Que dire encore des nombreux maillots rose, à éclairs, ou alors façon Blanche de Castille qui font parler les médias ? Le succès fut tel qu’aujourd’hui il est impensable d’imaginer un Top 14 sans le Stade français qui est devenu un grand du sport français.

Mais la méthode Guazzini semble aujourd’hui montrer ses limites :

Comme je l’avais déjà écrit l’année dernière, se séparer du tandem Delmas et Faugeron fut une probablement une erreur. Peut-être que le monde des médias nécessite une certaine réactivité quand les choses vont mal, mais le rugby comme le bon vin se construit avec une certaine patience. Peut-être que Max Guazzini aurait dû laisser ce type de décision à un Directeur sportif, qui serait chargé du recrutement des entraîneurs et des joueurs. Probablement, qu’à un moment donné son manque de culture ovale lui a fait défaut. Mais le fantasque président du club parisien a commis d’autres erreurs :

Avec sa vision nouvelle Max la menace avait réussi à créer une grande équipe de rugby allant de succès en succès une décennie durant. Mais Max Guazzini n’a pas su instaurer un esprit club autour du Stade français. Marc Lièvremont est aujourd’hui entraineur du XV de France, Fabien Galthié entraine le MHRC. Et que sont devenus les Richard Pool-Jones, Diego Dominguez, Christophe Juillet, Agustin Pichot, Thomas Lombard, Vincent Moscato ? Tous se trouvent loin du club. Même Bernard Laporte longtemps proche de Guazzini semble avoir pris ses distances avec l’ancien numéro 2 d’NRJ. Or le principe d’un grand club c’est justement quand les anciens joueurs arrivent à s’approprier l’image du club, n’oublient jamais qu’ils ont porté le maillot et reste d’une manière ou d’une autre proche du club. Tous ne peuvent pas être entraineur, ni même être d’accord sur le projet de club, mais tous doivent rester au chevet du club. Remarquons par exemple que de retour en France Juan-Martin Hernandez n’a pas hésité à signé chez l’ennemi du Racing.

Aujourd’hui le Stade français sombre à la 10ème place du championnat enchainant les contre performance. Bastareaud rêve du soleil varois et Beauxis souhaite se rapprocher de ses Pyrénées, ils partiront comme est parti avant eux Mark Gasnier qui a coûté une petite fortune et que le club n’a jamais su rentabiliser, ni sportivement ni même profiter de son image.

La chose la plus incroyable, que ce club qui jouit d’une popularité extraordinaire et occupe une place singulière dans le monde du sport français ait du mal à trouver des investisseurs : Le groupe Casino qui souhaitait il y a quelques temps devenir l’un des sponsors maillots tarde aujourd’hui à finaliser le contrat.

Pourtant avec des joueurs comme Haskell, Bastareaud, Beauxis, Parisse, Szarzewski ou Palmer le club a vraiment des arguments à faire valoir. Sans oublier Mickael Cheika un entraineur à la renommée internationale. Soit Max Guazzini continuera à considérer ce club comme son « joujou » et le Stade français n’est pas au bout de ses difficultés. Soit il laisse un peu de mout et laisse une plus grande liberté de manœuvre à ceux qui font et ont fait ce club et alors le succès sera forcément de retour.

On peut aimer ou détester le Stade français. Apprécier ou pas ces frasques extra sportives. Mais il faut reconnaitre que le club parisien est atypique et qu’on a du mal à imaginer un Top 14 sans un retour du Stade français au premier plan.

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