Un couac pour Toulouse

Tom Casson et les Harlequins tiennent leur revanche, dans un match au multiples rebondissement

Capable d’aller s’imposer le week-end dernier en Angleterre (21-10) pour prendre déjà une option sur un quart de finale à domicile, le Stade Toulousain a chuté dimanche sur son terrain contre les Harlequins lors de la quatrième journée de H Cup (24-31). Un revers qui ne plombe pas les chances de qualification des Toulousains mais qui les oblige désormais à un sans-faute lors des deux dernières journées.

« Je pense que c’est un match qui va demander d’avoir de la caisse parce qu’on va beaucoup courir. » Thierry Dusautoir, si clairvoyant sur le terrain, avait encore vu juste à l’heure d’évoquer les retrouvailles de son équipe avec les Harlequins, une équipe dont lui et ses coéquipiers avaient brisé l’invincibilité cette saison le week-end dernier en Angleterre (21-10). Pas dupe sur les intentions anglaises – « ils n’auront pas grand-chose à perdre« , insistait-il – le capitaine du Stade Toulousain avait mis ses hommes en garde : rien ne leur serait offert dans cette compétition et surtout pas de la part d’Anglais, pas décidés à dérouler le tapis rouge vers les quarts de finale au champion deFrance en titre. Une mise en garde qui n’a malheureusement pas suffi…

Pas au niveau de concentration affiché le week-end dernier et requis dans ce genre de rendez-vous, les Toulousains n’auront cessé de courir après le tableau d’affichage. Et malgré la prise du score à l’heure du jeu, les hommes de Guy Novès, rattrapés par la précipitation et la nervosité face à des Londoniens volontiers truqueurs mais diaboliquement réalistes à l’image de leur buteur Nick Evans, auront fini par céder dans les dernières minutes, se rattrapant tout juste à ce point de bonus défensif qui leur permet de conserver une longueur d’avance sur les Harlequins en tête de la poule 6. Pas vraiment le scénario imaginé par les fidèles du club de la Ville Rose qui se voyaient déjà soutenir leur équipe au Stadium en quarts de finale… Il faudra attendre le mois de janvier et les deux dernières journées de la compétition pour connaître le sort réservé aux Rouge et Noir. Mais pour avoir grillé un joker, ces derniers risquent d’être obligés d’aller signer une deuxième victoire en Angleterre lors de cette phase de poules, cette fois-ci à Gloucester…

L’avantage, c’est que Thierry Dusautoir et ses hommes connaissent déjà le chemin. Et savent désormais qu’en l’absence d’une implication totale, le faux-pas est possible. Les neuf points abandonnés au pied par Luke McAlister en première période sur des pénalités obtenues pour une nette domination dans le combat auraient ainsi pu suffire au Stade Toulousain pour se mettre à l’abri. L’ouvreur néo-zélandais, pas dans son assiette ce dimanche, n’est pas le seul coupable, l’équipe dans son ensemble ayant donné l’impression de jouer à contretemps, ou à « deux à l’heure » pour reprendre les griefs exprimés par Guy Novès à la pause sur France 2.

Un carton jaune tardif et vain

« On est tombé sur une grosse équipe qui a la moindre occasion nous a mis le feu. Mais on a aussi fait tomber trop de ballons et commis trop d’approximations« , résumait Jean-Marc Doussain, l’un des rares, avec le capitaine Dusautoir et Florian Fritz, entré en jeu en première période, à avoir surnagé. Des approximations en défense qui permettent à Evans, d’un coup de pied dosé à la perfection, d’envoyer Brown à l’essai (11e, 3-8). Ou encore au talonneur anglais, Grey, d’être à la finition d’un jeu de passe à dix sur un ballon récupéré à l’entrée des 22 toulousains pour le deuxième essai anglais (23e, 3-15). Non, les Rouge et Noir n’y sont pas mais tentent de réagir à l’image de McAlister qui, à défaut d’avoir trouvé la cible sur trois de ses quatre pénalités (8e, 17e, 20e), perce le rideau défensif anglais pour servir Jauzion dont la passe vers Clerc, bien parti, est malheureusement en-avant (27e).

Ce n’est que partie remise : après une percussion de Fritz à l’aile, Bouilhou, l’homme aux 77 matches de H Cup servi plein champ, envoie son jeune coéquipier Maestri inscrire son premier essai européen (38e, 10-15). La pause confirme le réveil toulousain, symbolisé par Servat qui par deux fois (50e et 56e) viendra échouer aux portes de l’en-but sans aller à dam, seulement consolé par une pénalité, la deuxième depuis le retour des vestiaires, de Doussain qui permet à son équipe de reprendre l’avantage (50e, 16-15). Mieux, le jeune homme, élu meilleur espoir du Top 14, prend ses responsabilités et offre un peu d’air à son équipe sur une pénalité sanctionnant pas moins de trois Anglais dans le même maul (61e, 19-15). Mais sur le renvoi, Clerc est chahuté et Easter, à l’opposé, joue main-main avec Brown qui signe le doublé, preuve qu’à défaut d’être fair-play sur cette rencontre les Harlequins ne lâcheront rien (63e, 19-25).

Quitte à continuer à pourrir le match, à l’image d’Easter, enfin envoyé au frigo pour un hors-jeu par un M. Rolland très indulgent (69e), une supériorité numérique qui ouvre l’espoir d’un retour dans les dix dernières minutes, plus encore après l’essai de filou inscrit pour Doussain à la sortie d’un ballon porté par ses avants (70e, 24-25). Mais l’indiscipline et la précipitation rattraperont finalement une équipe du Stade Toulousain qui ne méritait peut-être pas de perdre mais qui a tout fait pour être puni par la botte d’Evans, auteur de deux pénalités en fin de match (73e et 76e) pour un total de 16 points. Un de plus et le Stade Toulousain aurait définitivement gâché le crédit de sa victoire en terre anglaise. Pourvu que cette mise en garde soit cette fois-ci entendue…

Source : Sports.fr

Résumé : Stade Toulousain vs. London Harlequins

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2 réflexions au sujet de « Un couac pour Toulouse »

  1. Je vais mal dormir ce soir. Mauvaise performance des français cette fin de semaine. Ca m’inquiète quand je vois le niveau du Leinster, du Munster et les ospreys notamment.

  2. Même constat : Toulouse perd face à une équipe anglaise en dominant largement les débat, mais en étant beaucoup moins pragmatique. Les Harlequins ont montré qu’en déjouant on pouvait gagner un match de Coupe d’Europe. Je ne suis pas sûr qu’on puisse devenir champion d’Europe ainsi. Je suis plus inquiet face aux équipes celtes. Les franchises du Rabodirect Pro12, son un ton au dessus des clubs français et anglais.

    Notre Top 14 est-il compétitif ?

    Je pense que oui. D’ailleurs, Biarritz et Montpellier les mal classés du T14 s’en sortent honorablement. Pour Clermont, il manque la victoire, mais personne ne remet en cause le niveau des jaunards. En revanche, je pense que les clubs du Pro12 (ligue celte) sont organsés sous forme de franchises, ils n’ont pas à batailler pour le maintient. Du coup, pour eux, la principale compétition et la Heineken Cup, le Pro12 est plutôt perçu comme une compétition alternative, une roue de secours. Les clubs français pensent différemment. Montpellier, Castres et le Racing pensaient plus au championnat qu’à la Coupe d’Europe. Pour moi, il faut revoir ce championnat. On devrait jouer en ligue fermée et on attribuerait une ou deux places tous les deux ou trois ans. Ça ne résoudrait pas tout, mais une partie du problème.

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