Les droits du Top 14 au centre de tous les regards

Canal+ détient les droits télé du Top 14 jusqu’en 2016. La LNR peut cependant dénoncer le contrat cette année.

Par Fabienne Schmitt et Christophe Palierse

Le Top 14, c’est terminé pour cette saison : la finale qui a consacré Castres champion de France a atteint, samedi, des records d’audience. Mais, en coulisse, c’est un tout autre match qui pourrait commencer. Car les propos tenus la semaine dernière dans nos colonnes par Paul Goze, président de la Ligue nationale de rugby (LNR), ne sont pas très rassurants pour Canal+, qui détient les droits TV du championnat de France de rugby jusqu’en 2016. « Notre contrat (…) comporte une option pour le dénoncer entre septembre et fin décembre », a-t-il rappelé. La Ligue nationale de rugby dispose, de fait, d’une porte de sortie au bout de deux ans, autrement dit cette année. Dénoncer le contrat signé avec Canal+ aboutirait à en renégocier les termes,et notamment le prix payé par la chaîne cryptée. Surtout, cela aurait pour conséquence le lancement d’un appel d’offres ouvert à tous pour trouver un partenaire télévisuel. A tous, donc à Canal+ naturellement, mais aussi à sa désormais grande rivale sur les droits TV : la chaîne Qatari BeIN Sport.
Pour l’heure, la LNR n’a « rien décidé » sur la dénonciation, ou pas, du contrat, confie Paul Goze. « Nous regardons », dit-il simplement. Mais c’est un regard particulièrement attentif que doit avoir la LNR sur ce dossier. D’abord, parce que tout le monde se souvient dans quelles conditions Canal+ a acquis les droits du championnat de France de rugby en 2011. Seule candidate, la chaîne cryptée avait osé limiter sa proposition à 18 millions d’euros par an pour deux matchs par journée, s’attirant les foudres de la LNR qui avait aussitôt estimé Canal+ « hors-jeu ». Finalement, la chaîne avait obtenu l’exclusivité des droits, y compris mobile et vidéo à la demande, pour 31,7 millions par an, dont 4,5 millions de part variable en fonction des audiences et de l’évolution du nombre de ses abonnés. Un montant inférieur aux 33 millions consentis par Canal+ et Orange lors du précédent appel d’offres.

BeIn Sport en embuscade

La pilule a dû laisser un goût amer à la LNR, dont on imagine mal qu’elle ne cherche pas, le moment venu, à renégocier le contrat. D’autant que les audiences des matchs de rugby sont très bonnes… et que les comptes du rugby français sont dans le rouge. Sur la saison 2011-2012, la perte nette du Top 14 atteint 13 millions d’euros (+ 3 millions d’euros sur un an). Toute rentrée d’argent serait donc la bienvenue
Reste à savoir si BeIN Sport serait intéressée. La chaîne Qatari a-t-elle contacté la LNR ? « Je ne répo ndrai pas à cette question », affirme Paul Goze, qui a tout intérêt à laisser planer l’incertitude. Pour sa part, BeIN Sport reste discrète, mais ses dirigeants disent depuis des mois qu’ils veulent diversifier les sports sur leurs chaînes, qui font aujourd’hui la part belle au football. BeIN, qui a déjà les droits de la Super League et de la NRL dans le rugby à treize, pourrait ainsi être intéressée par une compétition aussi prestigieuse que le Top 14. Pour la chaîne cryptée, l’éventuelle perte du championnat de France de rugby serait un coup très dur. Canal+ ambitionne en effet de faire du rugby le deuxième sport de la chaîne, après le football. Voilà qui promet encore un combat musclé.

Un Castres olympique !

Que ce Top 14 se porte bien ! Toulon, champion d’Europe s’incline face à Castres, Champion de France. Clermont est vice champion d’Europe et le Stade français finaliste du Challenge européen ! Cela montre à la fois l’homogénéité et la qualité de ce championnat, avec pour cerise sur le gâteau la magnifique victoire surprise de Castres.

Karena Wihongi, Christophe Samson, Rodrigo Capo-Ortega, Ibrahim Diarra, Anthony Claassen, Rory Kockott, Rémy Talès, Brice Dulin, Joe Tekori pour n’en citer que quelques uns, cette équipe avait fière allure certes, mais de là à prétendre qu’elle allait dominer leurs adversaires du jour, Toulon et sa pléiade de stars…

Un essai signé Kockott

Pourtant les Castrais ont vraiment dominé cette finale. Les leaders de jeu, Rory Kockott ou Rémy Talès ont marqué cette rencontre de leur empreinte. Le moteur de la Ferrari toulonnaise s’est quant à lui enrayé. L’essai, plein de vice, de Kockott qui feinte une passe vers Talès en position de drop avant d’aller aplatir le ballon entre les poteaux dans les arrêts de jeu fut une merveille ! Le numéro 9 peut remercier Anthony Claassen qui fait l’effort de rester plusieurs secondes durant sous les placages de la troisième ligne adverse rendant ainsi possible l’essai.

Cet essai castrais planté dans les arrêts de jeu de la première mi-temps obligeait donc le RCT à envoyer du jeu en deuxième période. Ce qui n’est pas vraiment dans l’ADN du club qui préfère se reposer sur une grosse défense et le pied de son numéro 10. Castres réputé pour sa défense intraitable s’est alors fait un plaisir d’aller agresser des Toulonnais pris à leur propre jeu !

Malgré les deux ou trois erreurs de Brice Dulin sur des coups de pied en touche suite à des pénalités, Toulon ne reviendra pas dans le match. De plus, la mêlée castraise qui avait subi en début de match s’est petit à petit ressaisie pour inverser progressivement la tendance. Wihongi puis Tekori imposèrent leur puissance dans le petit périmètre.

Rémy Talès, à la Wilkinson !

Alors qu’aux alentours de la 60ème minutes tout le stade attendait les drops assassins de sa majesté, Sir Jonny Wilkinson, ce fut Rémy Talès qui planta deux drops coups sur coups pour le Castres Olympique, anéantissant les derniers espoirs de titre Toulonnais. Le 10 toulonnais aura été Champion du Monde, Champion d’Europe mais devra encore attendre avant d’obtenir le titre de Champion de France !

Les modèle castrais !

L’ancien All Black, Gary Whetton, champion de France avec Castres en 1993 disait lors d’une interview accordée au journal Midi Olympique que le modèle castrais qui consistait en un savant mélange de joueurs locaux et d’internationaux étrangers s’opposait à la logique galactique du RCT. Alors que certains clubs, comme le Stade Toulousain, sont en train de repenser leur stratégie de recrutement pour s’inspirer modèle toulonnais, la belle victoire du Castres Olympique, neuvième budget du Top 14 arrive à point nommé. Pour tous les clubs qui ne disposeront jamais des budgets des Toulouse, Clermont ou Toulon le nouvel exemple à suivre est peut-être celui de Castres.

Mister Rugby

Une bourde présidentielle !

Vous le savez ce blogue traite du rugby, pas de politique. Ce blogue n’est ni de droite, ni de gauche, ni centriste, ni altermondialiste ni frontiste. Comment toutefois ne pas sortir un carton rouge au Président de la République qui vient, une nouvelle fois, de faire une énorme gaffe ?

Depuis toujours le Président de la République a un devoir de réserve, il ne se prononce pas sur ses préférences sportives entre deux clubs hexagonaux. Cela semble logique puisqu’il est le Président de tous les Français. Cette logique semble cependant échapper à François Hollande qui lui s’est prononcé clairement pour la victoire des Castrais lors de son passage dans la sous-préfecture tarnaise. « A qui vais-je remettre la coupe ? » (Il s’agit en fait d’un bouclier monsieur le Président) « A l’un d’entre vous j’espère ! ».

On sait naturellement que Jacques Chirac était proche du CA Brive-Corrèze que Nicolas Sarkozy, grand fan de cyclisme, n’aimait pas trop le rugby. Néanmoins, tous les Présidents avaient jusqu’à présent respecté ce devoir de réserve. Tous sauf, François Hollande, qui a visiblement du mal à assumer son costume de chef de l’Etat et qui en moins d’une minute commet trois gaffes : « On se voit vendredi ? […] A qui vais-je remettre la coupe […] à l’un d’entre-vous j’espère ». Cela fait un peu beaucoup pour une personne chargée de diriger la cinquième puissance mondiale !

Cette gaffe a légitimement provoqué la colère du président Mourad Boudjellal indigné devant ce manque total de respect. « Prendre parti envers un club ou l’autre ne fait pas partie des valeurs de la République (…) Il a choisi son camp. Espérons que ça n’influencera pas l’arbitrage. Et maintenant je vais me battre contre ça », a déclaré jeudi soir un Mourad Boudjellal « vexé et presque blessé » à Var-matin.

Il se dit du côté du Var que les champions d’Europe pourraient refuser de serrer la main au Président. Ce serait je pense une mauvaise idée. Parce que François Hollande, qu’on l’aime ou non, est l’élu du peuple. Si lui, en indiquant sa préférence pour le CO, n’a pas fait preuve de respect envers la fonction qu’il était censé incarner, il appartient à chacun d’entre-nous de respecter celui qui occupe la fonction la plus prestigieuse de notre République ! 

Mister Rugby

Top 14 : Toulon, le champion des champions

Si on devait trouver un équivalent de la Ligue des Champions en rugby, ça serait probablement le Top 14 : stades archicombles, ambiance festive malgré la météo qui n’est pas au rendez-vous, pluie de joueurs vedettes et surtout matchs entre clubs champions. Hier s’affrontait en demi-finale le tout nouveau champion d’Europe, Toulon, au champion de France Toulouse !

Sincèrement, je pensais que les Toulousains allaient remporter ce match. Je croyais qu’il était trop difficile de remporter une demi-finale face au grand Stade Toulousain, une semaine après avoir disputé une finale de Coupe d’Europe aussi âpre. Les organismes n’ont en général pas le temps de se remettre des stigmates de ce genre de match a fortiori lorsque la demi-finale en question se joue le vendredi. Après un titre continental, les esprits auraient dû être davantage tournés vers les plages de sable chaud. Mais les Toulonnais font preuve d’une fraîcheur physique et mentale déconcertante. Je m’étais dit qu’à partir de la 60ème minute, les Toulousains prendraient le dessus. Il n’en fut rien. 

A l’image de ce qui s’est passé la semaine dernière, les Toulonnais ont remporté leur match grâce à une défense hors-norme, à la fois intelligente et agressive. Très similaire à celle du XV de France sous l’ère d’un certain Bernard Laporte. Comme les Clermontois, les Toulousains ont multiplié les temps de jeu en première période, se faisant systématiquement contrer au moment clé. Finalement, on se dit qu’avec un Jonny Wilkinson toujours aussi percutant, il sera difficile d’empêcher les Varois d’aller chercher un deuxième titre majeur en moins de quinze jour. 

Ce match s’est apparenté à une passation de pouvoir entre le champion des années 90 et 2000 avec le RCT qui a semblé, hier soir plus que jamais, incarner le futur. Reconnaissons que le champion toulousain est passé complètement à côté de son sujet lors de cette demi-finale. Le club midi-pyrénéen était méconnaissable : série de fautes de mains, alignement en touche non-maîtrisé, mêlé bousculée, jeu au pied défaillant, incapacité à changer de stratégie et encore plus grave les Toulousains ont semble-t-il abandonné toute ambition offensive en deuxième mi-temps. Une saison, à oublier pour les Toulousains. Il sera intéressant de voir si le club aura les moyens de rebondir les prochaines saisons où s’il s’agit vraiment de la fin d’un règne qui aura duré presque vingt ans. 

Mister Rugby

Comment le rugby français est monté sur le toit de l’Europe ?

Clermont et Toulon s’affrontent en finale de la H Cup ce samedi à l’Aviva Stadium de Dublin. Une affiche digne du Top 14 qui reflète la suprématie des clubs français dans le rugby européen.

« Le rugby est un sport de combat. Si tu lâches, tu ramasses ». Visiblement, cette phrase de Fabien Galthié, ancien joueur du XV de France et actuel entraîneur de Montpellier, a fait des émules dans le rugby français. Car si la sélection nationale est à la peine, les clubs ont décidé de prendre les devants en écartant leurs rivaux britanniques de la course à l’Europe. Les résultats sont probants : Clermont et Toulon seront à l’affiche de la quatrième finale franco-française de l’histoire de la H Cup, ce samedi à 18h00 et le Stade Français a brillamment atteint la finale de la Amlin Cup.

Voici les quatre finales franco-françaises :

  • 2002-2003 : Toulouse 22 – 17 Perpignan 
  • 2004-2005 Toulouse 18 – 12 Stade Français
  • 2009-2010 : Toulouse 21–19 Biarritz
  • 2012-2013 : Clermont – Toulon, samedi à 18h

Mais comment expliquer ces bonnes performances des clubs de l’Hexagone alors que le XV de France tire la langue ?

 

Le Top 14, terre d’accueil des meilleurs joueurs du monde

Jonny Wilkinson, Delon Armitage et Matt Giteau défieront Jamie Cudmore, Nathan Hines et Napolioni Nalaga. Rien que sur la finale de la H Cup, le public de l’Aviva Stadium de Dublin aura la chance d’apprécier ce qui se fait de mieux dans le rugby mondial. Et pour cause, la France accueille depuis quelques temps les meilleurs joueurs venus d’Australie, de Nouvelle-Zélande ou d’Angleterre. Et ce n’est pas fini ! La saison prochaine, le Sud-Africain Bryan Habana, meilleur marqueur d’essais de la Coup du monde 2007, posera ses valises à Toulon à l’instar de l’ouvreur irlandais Jonathan Sexton au Racing. Tel un symbole, ce drop victorieux de Jonny Wilkinson en demi-finale contre ses compatriotes du Saracens.

Indéniablement, le Top 14 est devenu le meilleur championnat d’Europe grâce à l’arrivée massive de ces stars de l’ovalie. Et plus les joueurs de classe mondiale viennent dans notre championnat, plus cela attire les autres stars à venir. Mathématique !

 

Les meilleurs coachs d’Europe peuple la France

Outre les joueurs, une équipe ne peut aussi bien fonctionner sans un entraîneur de qualité. Avec le Néo-Zélandais Vern Cotter à sa tête, Clermont fait figure d’épouvantail que ce soit en Europe ou même dans l’Hexagone. De même, Toulon et ses super stars sont menées à la baguette par l’indispensable Bernard Laporte, certes amateur de la politique mais monstre de la tactique.

En demi-finale, Clermont a sorti le Montpellier de Fabien Galthié (36-14). Ce dernier est parvenu à amener le club héraultais au sommet dans son pays et dans le dernier carré du gratin européen. L’Argentin Gonzalo Quesada, actuel entraîneur du Racing et prochainement au Stade Français, dispose également d’une très bonne réputation. Enfin, Guy Novès fait figure de statue indétrônable au Stade Toulousain. N’oublions pas que si tous ces grands joueurs viennent en France, c’est aussi parce qu’ils sont attirés par ces entraîneurs de classe mondiale.

Qui dit flopée de stars, dit porte-monnaie bien rempli

Forcément, l’argent n’est pas innocent dans la réussite débordante des clubs français. Et pour cause, sur les dix plus gros budgets européens, huit appartiennent aux Français. ,D’après le Nouvel Observateur le Stade Toulousain (34,97 millions d’euros) devancerait aujourd’hui Clermont (25,52 millions d’euros. Les Anglais de Leicester complètent le podium avec 23,62 millions d’euros. Suivent ensuite le Stade Français (22,81), Toulon (21,84), le Racing-Métro (21,74), Bayonne (17,96) et Montpellier (17,51). Aussi étonnant soit-il, Lyon (15,73), ou le LOU, qui évolue en Pro D2 figure à la 12e position devant des clubs d’élite irlandais et anglais. En outre, les salaires s’avèrent bien plus attractifs en France puisque les clubs du Top 14 sont limités à 9 millions d’euros de dépenses contre 5,35 millions pour les équipes anglaises ! Du coup, joueurs et entraîneurs y trouvent leur compte et cela se voit dans les résultats.


Les clubs français sur de bonnes bases

Tout ne s’explique évidemment pas par l’argent, même si cela contribue beaucoup au succès. Néanmoins, à part quelques années de vaches maigres, les clubs français ont généralement toujours très bien évolué en Coupe d’Europe. Pour cela, il suffit de jeter un œil sur le palmarès de la H Cup. Ainsi, le Stade Toulousain demeure le club européen le plus titré avec quatre trophées. Sa dernière victoire en finale de la H Cup ne remonte qu’à la saison 2009-2010 où les protégés de Guy Novès ont disposé de… Biarritz (21-19) au Stade de France. Plus ancien, le CA Brives a également déjà remporté la Coupe d’Europe mais il faut avouer, qu’avant 2010 les équipes françaises éprouvaient des difficultés face à leurs homologues britanniques.

Les joueurs français meilleurs en club qu’en sélection

En plus des meilleures joueurs étrangers, les clubs français ont à leur disposition des Bleus arrivés à maturité. Pour preuve, l’ERC, qui organise les compétitions européennes de rugby, a récemment dévoilé ce lundi la short-list des cinq nominés pour le titre du joueur européen de l’année 2013. Et dans ce casting, Julien Bonnaire et Wesley Fofana de Clermont font partie de cinq nominés avec Jonny Wilkinson (Toulon), Jamie Heaslip (Leinster) et Sitiveni Sivitavu (Clermon). Même si le XV de France a été à la peine lors du dernier Tournoi des VI Nations, personne ne peut ignorer les performances de Dimitri Yachvili (Biarritz), Morgan Parra (Clermont) ou Fulgence Ouedraogo (Montpellier).

Grâce à ce cocktail très relevé, les clubs français parviennent à dominer l’Europe. L’ancien grand joueur du XV de France, Pierre Villepreux a dit : « Dans une équipe de rugby, il n’y a pas de passagers, il n’y a qu’un équipage ». Et cette année, l’équipage sera français !

Tout ce qu’il faut retenir du weekend !

 Top 14 : Castres et Toulouse complète le dernier carré

On connaît enfin le nom des deux vainqueurs des barrages qualificatifs pour les deux demi-finales. Toulouse affrontera Toulon, ce qui constituera une revanche de la dernière finale de Top 14. L’autre demi-finale verra l’affrontement du Castres Olympique face au Clermont-Auvergne. On remarque que nous avons les mêmes demi-finalistes que la saison 2011-2012. Il sera particulièrement intéressant de voir comment les deux clubs qui se retrouvent en finale de Coupe d’Europe (Toulon et Clermont) géreront leur après-finale. En effet, que le club soit Champion ou vaincu, il doit être très difficile de se relancer pour une demi-finale de championnat une semaine après avoir joué une finale continentale. Les deux clubs feront probablement tourner en utilisant leurs effectifs pléthoriques. Pas certain que ce soit suffisant pour barrer les routes du Stade Toulousain et du CO dans leur course vers le titre.

 Pro D2: Brive ou Pau accompagnera Oyonnax en Top 14

 Les Palois se sont imposés face à La Rochelle lors d’un match particulièrement houleux (cf. vidéo ci-dessous) pendant que les Brivistes ont battu Aurillac. La finale aura lieu à Bordeaux, le vainqueur rejoindra Oyonnax, champion de la saison régulière, en Top 14. Les Béarnais avaient perdu la saison dernière lors de la finale au Stade Chaban-Delmas face à Mont-de-Marsan. Ils auront une occasion de se rattraper et de revenir en Top 14 après sept saisons passées en Pro D2. Leurs adversaires du CA Brive-Corrèze n’auront passé qu’une seule saison dans l’antichambre de l’élite et souhaitent bien évidemment retrouver le Top 14 au plus vite. Alors qui de Brive ou de Pau sera le quatorzième club de l’élite ? Réponse la semaine prochaine.

Séries mondiales de rugby à 7

 Ce week-end se déroulait également la dernière étape des Séries mondiales de rugby à 7 dans un stade de Twickenham qui a fait le plein ou presque (71 000 spectateurs), encore une preuve que ce sport gagne en popularité. Les Français auteurs d’une saison plutôt prometteuse se sont écroulés lors de la premières journées, perdant successivement contre les États-Unis (19-17), l’Afrique du Sud (17-14) puis face aux Australiens (35-12) lors de la première journée se sont retrouvés bons derniers de leur poule. Les Bleus se reprendront lors des demi-finales de la bowl en s’imposant face au Canada (28-14) avant de s’incliner face aux Gallois (19-7). Les Néo-Zélandais se sont imposés en finale remportant au passage les Séries mondiales tandis que les Français ont été rétrogradés à la neuvième place. Les filles joueront leur finale aux Pays-Bas la semaine prochaine. Les Françaises affronteront les Sud-Africaines, les Anglaises et les Canadiennes en match de poule.

 Coup de tonnerre dans l’Aviva Premiership

Sensation dans le championnat d’Angleterre, les Saracens, premiers de la saison régulière et favoris du championnat sont tombés. Les Saints de Northampton ont réussi l’exploit de s’imposer à l’Allianz Park avec la manière sur le score de 13 à 27. Ils rejoindront les Leicester Tigers en finale. Les Sarries qui étaient encore en course pour le championnat et la Coupe d’Europe il y a peu, auront tout perdu en l’espace de deux semaines.

 Coupe de France de rugby à XIII, Avignon 24 ans après

 Le Sporting Olympique Avignonnais a pris le dessus sur le XIII Limouxin en finale de la Coupe de France sur le plus petit des scores 38-37. Un petit point suffisant au bonheur des Bisons qui n’avaient plus remporté le trophée depuis… 24 ans ! Quant aux Dragons Catalans, dernier club français encore engagé dans la Cup, ils n’ont pas fait dans le détail face à York City en atomisant le club de D2 anglaise sur le score de 92 à 8. Les Catalans sont donc qualifiés pour les quart-de-finale de la Cup.

Un Stade Chaban-Delmas rénové pour accueillir l’UBB ?

Stade Chaban Delmas configuré en version rugby

Parmi les cinq lauréats d’un concours d’architecte lancé par la ville de Bordeaux pour le réaménagement du Stade Chaban-Delmas (classé au patrimoine) on retrouve des projets plus fous les uns que les autres, une aérogare pour dirigeable, un lac et… un stade de rugby de 18 000 places qui semblerait convenir parfaitement à la nouvelle UBB. Ce projet a l’appui de nombreuses personnalités et aussi celle du public qui répond toujours présent aux matchs joués dans la magnifique œuvre architecturale Art-déco.

Bordeaux est devenue depuis six ou sept ans LA ville de province où il fait bon investir, où on trouve du travail un peu moins difficilement qu’ailleurs et celle qui bat tous les records des enquêtes d’opinion concernant la qualité de vie. Une ville en train de grandir à vitesse grand V. Il est loin le temps où la cité girondine était surnommée la « Belle endormie »…. Le rugby ne fait pas exception à la règle : Alors que pendant des décennies, le rugby local était pris entre la guéguerre de deux clubs, de deux clans, aujourd’hui l’union des deux clubs constitue le socle d’une des formations les plus alléchantes du Top 14. Le club bordeaux et blanc propose, en effet, l’un des jeux les plus spectaculaires du championnat, n’hésitant pas au passage à lancer de jeunes issus de la fédérale dans le grand bain du rugby pro.

La guerre des projets

Peut-on parler d’Union Sacrée pour autant ? Certainement pas ! Une question centrale n’a pas encore été réglée : celle du Stade. Deux projets se font face :

  • Celui d’une rénovation du Stade André Moga sur la municipalité de Bègles. Cette rénovation serait intégrée dans le cadre de la refonte de toute la banlieue Est de la ville avec l’arrivée de la nouvelle gare TGV multimodale (le projet Euratlantique). Ce stade aurait une capacité de 14 000 places, mais les problèmes de parkings, entre autres, ne seraient pas pas résolus.

  • Celui d’une reconfiguration du Stade Chaban-Delmas qui serait réduit à une capacité de 15 000 à 20 000 places.

Dans les deux cas, le club girondins serait amené à délocaliser quelques matchs (deux ou trois matches par an maximum) dans le futur stade de Bordeaux-Lac (autre quartier bordelais qui est en totale refonte). Les collectivités territoriales ayant participé au projet tiennent à ce que le nouvel écrin de 42 000 places ne soit pas seulement la maison des Girondins de Bordeaux. D’ailleurs le maire de la ville, Alain Juppé, a souhaité à ce que des rugbymans assistent à la cérémonie du lancement du chantier.

Le stade : Pierre angulaire du système économique girondin

La question du stade est centrale, car contrairement aux autres clubs du Top 14, le club du Port de la Lune ne peut s’appuyer sur un mécène millionnaire. Son système économique repose sur l’affluence au stade qui est devenue la deuxième affluence du championnat. C’est pourquoi, de plus en plus, l’option Chaban-Delmas tient la corde.

Un stade ancien et modernisé à l’image du Stade Marcel Michelin

Cette option est notamment appuyée par… Alain Moga fils de l’ancien joueur qui donna son nom au stade béglais et maire-adjoint de Bordeaux. Un concours d’architecte a été lancé pour la rénovation du quartier de Lescure dont le Stade Chaban Delmas est l’épicentre. Parmi les cinq lauréats on retrouve un stade version rugby, réduit à 18 000 places. Une taille idéale pour le club si on considère qu’il pourra délocaliser certains matchs à Bordeaux-Lac. Le virage nord serait aménagé avec des bureaux, des boutiques et un hôtel. Un terrain synthétique remplacerait la pelouse actuelle. Des logements hospitaliers et universitaires se trouveraient à proximité du stade. Enfin, un terrain multisport (baket, hand) prendrait place au niveau du virage sud. La ville n’en est qu’au stade de la consultation pour l’instant. Cependant, ce projet de Chaban-Delmas version rugby tient la route, on peut imaginer, plus simplement, un stade sur le modèle Marcel Michelin, avec des virages aménagés en loges et en bureaux administratifs seraient peut-être une solution pour le développement d’un club qui semble promis à un bel avenir.

Toulon en démonstration, Toulouse tremble

Toulon, dans son antre de Mayol, a humilié Biarritz (50-15) pour s’assurer solidement les commandes du Top 14 samedi lors d’une 21e journée marquée par la victoire étriquée arrachée par Toulouse face à Bordeaux-Bègles (33-32). Le RCT pourra assister en toute sérénité au choc entre le dauphin Clermont et Castres samedi soir (à 20 h 40) en clôture: avec sept points d’avance sur l’ASM, il tient fermement les rênes du championnat.

Le BO a fait quelque peu illusion en première période en inscrivant deux essais au prix d’un incroyable réalisme mais la puissance de feu toulonnaise a ensuite tout écrasé sur son passage, avec six essais à la clé (trois d’avants, trois d’arrières) synonyme de bonus offensif. Avec plus de 37 points de moyenne infligés à leurs adversaires du Top 14 à Mayol, les Toulonnais soignent donc leur moral, alors que les performances à l’extérieur sont plus incertaines ces dernières semaines (défaite à Castres et Bordeaux).

Toutes les peines du monde

Toulouse (3e) n’affiche pas la même sérénité à Ernest-Wallon. Les Stadistes, privés de nombreux internationaux (Dusautoir, Clerc, Médard, Picamoles, etc), ont souffert jusqu’au bout face à Bordeaux, un adversaire qu’il avait eu déjà toutes les peines du monde à battre à l’aller (34-32).

L’UBB, qui lutte pour le maintien, a au moins gratté un point de bonus défensif, une maigre récompense au vu des quatre essais inscrits, contre deux seulement aux Toulousains. Les hommes des Guy Novès s’accrochent ainsi tant bien que mal à l’espoir d’accéder directement aux demi-finales, en revenant à cinq points de Clermont. La bonne opération est revenue à Perpignan, difficile vainqueur d’un concurrent direct pour les barrages, Grenoble (20-18), à Aimé-Giral. L’Usap, avec cette quatrième victoire consécutive, revient à la 6e place, juste devant Montpellier qui s’était incliné (17-15) vendredi soir en ouverture face au Racing-Métro (5e).

La lanterne rouge

En bas de tableau, Agen a perdu du terrain sur le premier non-relégable, Bordeaux, en s’inclinant (30-20) à domicile contre Bayonne. Le SUA compte désormais quatre points de retard sur l’UBB à cinq matches de la fin de la saison régulière : il y a urgence. Enfin, sans grande incidence, le Stade français (9e) a dominé la lanterne rouge Mont-de-Marsan 42 à 14.

Source : Le Monde Sport

Top 14: Toulon et Clermont se relèvent avec éclat

Le leader du Top 14 Toulon et son dauphin Clermont, qui traversaient une passe difficile en championnat, ont répondu brillamment aux critiques en écrasant respectivement Montpellier (51-6) et Mont-de-Marsan (56-3), samedi lors de la 18e journée.

Chacune ayant décroché le bonus offensif, les deux équipes sont toujours séparées de six points. Le grand perdant de la journée est donc Toulouse, battu 19-18 à domicile face à Perpignan vendredi soir et qui décroche de la course à l’accession directe aux demi-finales, à cinq points de Clermont.

Toulon, humilié à Bordeaux samedi dernier (41-0), a livré un récital face à Montpellier, avec cinq essais à la clé. Ce succès permet aussi de retrouver le sourire après avoir essuyé des turbulences en interne, notamment à propos de la prolongation de contrat des entraîneurs adjoints Pierre Mignoni et Olivier Azam. Montpellier, de son côté, a été totalement étouffé, loin de la belle copie rendue face à ce même RCT en Coupe d’Europe il y a un mois (23-3). Le MHR voit sa 4e place sous la menace de Castres, qui affrontait Biarritz à Aguilera à partir de 20h40. Clermont, battu lors de ses deux dernières sorties, a imité avec brio le RCT en faisant du petit bois de la lanterne rouge, marquant sept essais. Sans ses internationaux (Fofana, Domingo, Kayser, Debaty), l’ASM n’a jamais été inquiété et peut aborder en confiance ses deux prochains matches, à l’extérieur, à Grenoble puis au Stade Français.

Derrière, la course aux barrages est toujours aussi serrée. Grenoble (6e) s’est réveillé face à Agen (27-13) après avoir largement perdu ses deux derniers matches. Il était temps car le rythme de ses concurrents ne faiblit pas. Ainsi, le Racing-Métro a enchaîné un cinquième succès d’affilée, contre Bayonne (15-10) et malgré le premier essai en 18 mois du Néo-zélandais Joe Rokocoko.

Et le Stade Français (9e) a conservé son invincibilité à domicile en venant à bout de Bordeaux-Bègles (30-14), en dépit de l’exclusion pour injure en première période de son capitaine Sergio Parisse. En bas de tableau, les défaites de Bayonne (11e), Bordeaux-Bègles (12e), Agen (13e) et Mont-de-Marsan (14e) ont donc figé les positions.

Top 14 : L’Usap 31 ans après !

L’Usap, qui ne s’était plus imposé à Toulouse depuis 1981, a réussi l’exploit de s’imposer ce vendredi, dans la Ville Rose (18-19). La 1 000e de Guy Novès à la tête des Rouge et Noir est gâchée après cette nouvelle défaite des champions de France, qui met fin à près de trois ans d’invincibilité des Toulousains à domicile.

« On est l’équipe la plus stupide de France. » Le compliment est signé Marc Delpoux (voir par ailleurs) et en dit long de l’impuissance actuelle des champions de France toulousains, tombés ce vendredi face une équipe de l’Usap, certes admirable de solidarité, mais que son indiscipline chronique aurait dû conduire à une nouvelle défaite loin de ses bases. Mais les champions de France sont en plein désarroi et toute la hargne catalane aura suffi pour interrompre la série d’invincibilité de 38 matches des joueurs de Guy Novès, qui durait depuis près de 3 ans (défaite 9-6, le 20 février 2010, ndlr). Et gâcher avec la 1 000e du manager toulousain.

Une semaine après la défaite à Agen (22-9), le Stade a étalé tout son malaise du moment. Le grand Toulouse, même gêné aux entournures comme il l’est en cette période de doublons, aurait fini par s’en sortir… Mais l’équipe, capable d’inscrire 16 essais dans le dernier quart d’heure, soit 41 % de son total de la saison, n’est plus actuellement que l’ombre d’elle-même et n’a pas su cette fois s’en sortir. Pour laisser l’Usap interrompre une autre série avec cette première victoire des Catalans loin de leurs bases depuis le 23 février 2011 (victoire 9-0 à Biarritz, le 23 septembre 2001, ndlr) et surtout un exploit historique avec ce premier succès dans la Ville Rose depuis… 31 ans ! Novès, mâchoire serrée, préférait manier l’ironie, mais n’en pensait pas moins en l’absence de sept de ses internationaux (seul Mas manquait à l’appel du côté de l’Usap), au repos en prévision du prochain Angleterre-France. « On n’a fait que du coaching sur blessure, déplorait le technicien au micro de Canal+ Sport en référence aux sorties après seulement vingt minutes de jeu de Lamboley et Botha. La fraîcheur de l’Usap a pesé en fin de match. Le championnat n’est pas important, la priorité c’est l’équipe de France, avoir sept joueurs en Bleu c’est bien, ils étaient en tribunes pour nous soutenir, c’était bien. Mon 1 000e match je m’en fiche complètement, on va continuer à s’accrocher, à livrer combat jusqu’au bout, et on comptera les points à la fin. » Et d’ajouter plus amer que jamais : « On espère que l’équipe de France gagnera quelques matches…« 

Toulouse, morne plaine

Forcément loin de son entame tout feu tout flamme d’il y a cinq mois, à Barcelone, l’Usap, malgré une bonne entrée en matière, se commet par son indiscipline et offre à Luke McAlister, qui a touché du bois sur sa première tentative (7e), l’opportunité de concrétiser la mainmise des Toulousains sur le ballon. Cinq pénalités dans le seul premier quart d’heure, dont un carton jaune clément pour l’ailier Adrien Planté, auteur d’un plaquage dangereux sur Yves Donguy, et le buteur néo-zélandais enquille ses deux premiers coups de pied (10e, 13e) de la soirée (6-0). Dans son probable souci de prouver aux sélectionneurs qu’ils se sont trompés en l’évinçant du groupe France pour Twickenham, Romain Taofifenua symbolise se trop-plein d’agressivité des Catalans. Une Usap qui, pourtant, malgré son infériorité numérique, réussit à réduire le score par James Hook suite à cette faute « intelligente » de Grégory Lamboley sur ce maul écroulé à cinq mètres de la ligne toulousaine (6-3, 18e).

La dernière action de Lamboley qui, touché a priori aux ischio-jambiers, doit quitter la pelouse, suivi de près par le talonneur Gary Botha (cheville). De la casse, mais toujours cette avalanche de pénalités sur l’Usap, qui concède trois nouveaux points (9-3, 22e). Par-delà les intentions, c’est la pauvreté technique de ce premier acte qui, de part et d’autre, saute aux yeux. A l’indiscipline, apanage des visiteurs, s’ajoute une série de fautes techniques partagées, qui voit Hook (9-6, 30e) et McAlister (12-6, 35e) faire le score. Même si le Gallois regrettera ces deux tentatives ratées avant la pause (42e).

« On est fébriles dès qu’on entre dans le camp des Catalans. » L’aveu de Clément Poitrenaud à la pause illustre les doutes du moment dans les têtes toulousaines. Et ce n’est pas le triste début de seconde période qui risque de rassurer les Rouge et Noir, capables tout au plus de créer un petit break par McAlister (15-6, 51e). Des Toulousains qui ne sont pas exempts de tout reproche en matière de discipline, à l’image de ce plaquage à l’épaule, signé Census Johnston, qui étend de tout son long les 138 kilos et les 2 mètres de Taofifenua. La sanction tombe : carton jaune pour le Samoan et trois points de plus pour Hook (15-12, 58e). Le buteur perpignanais qui ramène même l’Usap à trois longueurs (15-12, 64e). Le grand « Tao » s’est relevé, mais pour commettre une nouvelle faute, qui redonne de l’air au Stade (18-12, 65e). Avantage toutefois bien fragile pour des Toulousains, de plus en plus défaillants en conquête et surtout incapables de se défaire de la menace directe de leurs adversaires qu’un jeu au pied apparemment anodin de David Marty envoie au paradis sur ce ballon récupéré par Gavin Hume, auteur de l’essai d’une victoire historique dans la Ville Rose (18-19). Ultime signe de l’avanie toulousaine, le poteau que touche McAlister sur sa dernière tentative de pénalité (75e). Quand ça ne veut pas…

Source : Orange Sports