Comment le rugby français est monté sur le toit de l’Europe ?

Clermont et Toulon s’affrontent en finale de la H Cup ce samedi à l’Aviva Stadium de Dublin. Une affiche digne du Top 14 qui reflète la suprématie des clubs français dans le rugby européen.

« Le rugby est un sport de combat. Si tu lâches, tu ramasses ». Visiblement, cette phrase de Fabien Galthié, ancien joueur du XV de France et actuel entraîneur de Montpellier, a fait des émules dans le rugby français. Car si la sélection nationale est à la peine, les clubs ont décidé de prendre les devants en écartant leurs rivaux britanniques de la course à l’Europe. Les résultats sont probants : Clermont et Toulon seront à l’affiche de la quatrième finale franco-française de l’histoire de la H Cup, ce samedi à 18h00 et le Stade Français a brillamment atteint la finale de la Amlin Cup.

Voici les quatre finales franco-françaises :

  • 2002-2003 : Toulouse 22 – 17 Perpignan 
  • 2004-2005 Toulouse 18 – 12 Stade Français
  • 2009-2010 : Toulouse 21–19 Biarritz
  • 2012-2013 : Clermont – Toulon, samedi à 18h

Mais comment expliquer ces bonnes performances des clubs de l’Hexagone alors que le XV de France tire la langue ?

 

Le Top 14, terre d’accueil des meilleurs joueurs du monde

Jonny Wilkinson, Delon Armitage et Matt Giteau défieront Jamie Cudmore, Nathan Hines et Napolioni Nalaga. Rien que sur la finale de la H Cup, le public de l’Aviva Stadium de Dublin aura la chance d’apprécier ce qui se fait de mieux dans le rugby mondial. Et pour cause, la France accueille depuis quelques temps les meilleurs joueurs venus d’Australie, de Nouvelle-Zélande ou d’Angleterre. Et ce n’est pas fini ! La saison prochaine, le Sud-Africain Bryan Habana, meilleur marqueur d’essais de la Coup du monde 2007, posera ses valises à Toulon à l’instar de l’ouvreur irlandais Jonathan Sexton au Racing. Tel un symbole, ce drop victorieux de Jonny Wilkinson en demi-finale contre ses compatriotes du Saracens.

Indéniablement, le Top 14 est devenu le meilleur championnat d’Europe grâce à l’arrivée massive de ces stars de l’ovalie. Et plus les joueurs de classe mondiale viennent dans notre championnat, plus cela attire les autres stars à venir. Mathématique !

 

Les meilleurs coachs d’Europe peuple la France

Outre les joueurs, une équipe ne peut aussi bien fonctionner sans un entraîneur de qualité. Avec le Néo-Zélandais Vern Cotter à sa tête, Clermont fait figure d’épouvantail que ce soit en Europe ou même dans l’Hexagone. De même, Toulon et ses super stars sont menées à la baguette par l’indispensable Bernard Laporte, certes amateur de la politique mais monstre de la tactique.

En demi-finale, Clermont a sorti le Montpellier de Fabien Galthié (36-14). Ce dernier est parvenu à amener le club héraultais au sommet dans son pays et dans le dernier carré du gratin européen. L’Argentin Gonzalo Quesada, actuel entraîneur du Racing et prochainement au Stade Français, dispose également d’une très bonne réputation. Enfin, Guy Novès fait figure de statue indétrônable au Stade Toulousain. N’oublions pas que si tous ces grands joueurs viennent en France, c’est aussi parce qu’ils sont attirés par ces entraîneurs de classe mondiale.

Qui dit flopée de stars, dit porte-monnaie bien rempli

Forcément, l’argent n’est pas innocent dans la réussite débordante des clubs français. Et pour cause, sur les dix plus gros budgets européens, huit appartiennent aux Français. ,D’après le Nouvel Observateur le Stade Toulousain (34,97 millions d’euros) devancerait aujourd’hui Clermont (25,52 millions d’euros. Les Anglais de Leicester complètent le podium avec 23,62 millions d’euros. Suivent ensuite le Stade Français (22,81), Toulon (21,84), le Racing-Métro (21,74), Bayonne (17,96) et Montpellier (17,51). Aussi étonnant soit-il, Lyon (15,73), ou le LOU, qui évolue en Pro D2 figure à la 12e position devant des clubs d’élite irlandais et anglais. En outre, les salaires s’avèrent bien plus attractifs en France puisque les clubs du Top 14 sont limités à 9 millions d’euros de dépenses contre 5,35 millions pour les équipes anglaises ! Du coup, joueurs et entraîneurs y trouvent leur compte et cela se voit dans les résultats.


Les clubs français sur de bonnes bases

Tout ne s’explique évidemment pas par l’argent, même si cela contribue beaucoup au succès. Néanmoins, à part quelques années de vaches maigres, les clubs français ont généralement toujours très bien évolué en Coupe d’Europe. Pour cela, il suffit de jeter un œil sur le palmarès de la H Cup. Ainsi, le Stade Toulousain demeure le club européen le plus titré avec quatre trophées. Sa dernière victoire en finale de la H Cup ne remonte qu’à la saison 2009-2010 où les protégés de Guy Novès ont disposé de… Biarritz (21-19) au Stade de France. Plus ancien, le CA Brives a également déjà remporté la Coupe d’Europe mais il faut avouer, qu’avant 2010 les équipes françaises éprouvaient des difficultés face à leurs homologues britanniques.

Les joueurs français meilleurs en club qu’en sélection

En plus des meilleures joueurs étrangers, les clubs français ont à leur disposition des Bleus arrivés à maturité. Pour preuve, l’ERC, qui organise les compétitions européennes de rugby, a récemment dévoilé ce lundi la short-list des cinq nominés pour le titre du joueur européen de l’année 2013. Et dans ce casting, Julien Bonnaire et Wesley Fofana de Clermont font partie de cinq nominés avec Jonny Wilkinson (Toulon), Jamie Heaslip (Leinster) et Sitiveni Sivitavu (Clermon). Même si le XV de France a été à la peine lors du dernier Tournoi des VI Nations, personne ne peut ignorer les performances de Dimitri Yachvili (Biarritz), Morgan Parra (Clermont) ou Fulgence Ouedraogo (Montpellier).

Grâce à ce cocktail très relevé, les clubs français parviennent à dominer l’Europe. L’ancien grand joueur du XV de France, Pierre Villepreux a dit : « Dans une équipe de rugby, il n’y a pas de passagers, il n’y a qu’un équipage ». Et cette année, l’équipage sera français !

Top 14 : L’Usap 31 ans après !

L’Usap, qui ne s’était plus imposé à Toulouse depuis 1981, a réussi l’exploit de s’imposer ce vendredi, dans la Ville Rose (18-19). La 1 000e de Guy Novès à la tête des Rouge et Noir est gâchée après cette nouvelle défaite des champions de France, qui met fin à près de trois ans d’invincibilité des Toulousains à domicile.

« On est l’équipe la plus stupide de France. » Le compliment est signé Marc Delpoux (voir par ailleurs) et en dit long de l’impuissance actuelle des champions de France toulousains, tombés ce vendredi face une équipe de l’Usap, certes admirable de solidarité, mais que son indiscipline chronique aurait dû conduire à une nouvelle défaite loin de ses bases. Mais les champions de France sont en plein désarroi et toute la hargne catalane aura suffi pour interrompre la série d’invincibilité de 38 matches des joueurs de Guy Novès, qui durait depuis près de 3 ans (défaite 9-6, le 20 février 2010, ndlr). Et gâcher avec la 1 000e du manager toulousain.

Une semaine après la défaite à Agen (22-9), le Stade a étalé tout son malaise du moment. Le grand Toulouse, même gêné aux entournures comme il l’est en cette période de doublons, aurait fini par s’en sortir… Mais l’équipe, capable d’inscrire 16 essais dans le dernier quart d’heure, soit 41 % de son total de la saison, n’est plus actuellement que l’ombre d’elle-même et n’a pas su cette fois s’en sortir. Pour laisser l’Usap interrompre une autre série avec cette première victoire des Catalans loin de leurs bases depuis le 23 février 2011 (victoire 9-0 à Biarritz, le 23 septembre 2001, ndlr) et surtout un exploit historique avec ce premier succès dans la Ville Rose depuis… 31 ans ! Novès, mâchoire serrée, préférait manier l’ironie, mais n’en pensait pas moins en l’absence de sept de ses internationaux (seul Mas manquait à l’appel du côté de l’Usap), au repos en prévision du prochain Angleterre-France. « On n’a fait que du coaching sur blessure, déplorait le technicien au micro de Canal+ Sport en référence aux sorties après seulement vingt minutes de jeu de Lamboley et Botha. La fraîcheur de l’Usap a pesé en fin de match. Le championnat n’est pas important, la priorité c’est l’équipe de France, avoir sept joueurs en Bleu c’est bien, ils étaient en tribunes pour nous soutenir, c’était bien. Mon 1 000e match je m’en fiche complètement, on va continuer à s’accrocher, à livrer combat jusqu’au bout, et on comptera les points à la fin. » Et d’ajouter plus amer que jamais : « On espère que l’équipe de France gagnera quelques matches…« 

Toulouse, morne plaine

Forcément loin de son entame tout feu tout flamme d’il y a cinq mois, à Barcelone, l’Usap, malgré une bonne entrée en matière, se commet par son indiscipline et offre à Luke McAlister, qui a touché du bois sur sa première tentative (7e), l’opportunité de concrétiser la mainmise des Toulousains sur le ballon. Cinq pénalités dans le seul premier quart d’heure, dont un carton jaune clément pour l’ailier Adrien Planté, auteur d’un plaquage dangereux sur Yves Donguy, et le buteur néo-zélandais enquille ses deux premiers coups de pied (10e, 13e) de la soirée (6-0). Dans son probable souci de prouver aux sélectionneurs qu’ils se sont trompés en l’évinçant du groupe France pour Twickenham, Romain Taofifenua symbolise se trop-plein d’agressivité des Catalans. Une Usap qui, pourtant, malgré son infériorité numérique, réussit à réduire le score par James Hook suite à cette faute « intelligente » de Grégory Lamboley sur ce maul écroulé à cinq mètres de la ligne toulousaine (6-3, 18e).

La dernière action de Lamboley qui, touché a priori aux ischio-jambiers, doit quitter la pelouse, suivi de près par le talonneur Gary Botha (cheville). De la casse, mais toujours cette avalanche de pénalités sur l’Usap, qui concède trois nouveaux points (9-3, 22e). Par-delà les intentions, c’est la pauvreté technique de ce premier acte qui, de part et d’autre, saute aux yeux. A l’indiscipline, apanage des visiteurs, s’ajoute une série de fautes techniques partagées, qui voit Hook (9-6, 30e) et McAlister (12-6, 35e) faire le score. Même si le Gallois regrettera ces deux tentatives ratées avant la pause (42e).

« On est fébriles dès qu’on entre dans le camp des Catalans. » L’aveu de Clément Poitrenaud à la pause illustre les doutes du moment dans les têtes toulousaines. Et ce n’est pas le triste début de seconde période qui risque de rassurer les Rouge et Noir, capables tout au plus de créer un petit break par McAlister (15-6, 51e). Des Toulousains qui ne sont pas exempts de tout reproche en matière de discipline, à l’image de ce plaquage à l’épaule, signé Census Johnston, qui étend de tout son long les 138 kilos et les 2 mètres de Taofifenua. La sanction tombe : carton jaune pour le Samoan et trois points de plus pour Hook (15-12, 58e). Le buteur perpignanais qui ramène même l’Usap à trois longueurs (15-12, 64e). Le grand « Tao » s’est relevé, mais pour commettre une nouvelle faute, qui redonne de l’air au Stade (18-12, 65e). Avantage toutefois bien fragile pour des Toulousains, de plus en plus défaillants en conquête et surtout incapables de se défaire de la menace directe de leurs adversaires qu’un jeu au pied apparemment anodin de David Marty envoie au paradis sur ce ballon récupéré par Gavin Hume, auteur de l’essai d’une victoire historique dans la Ville Rose (18-19). Ultime signe de l’avanie toulousaine, le poteau que touche McAlister sur sa dernière tentative de pénalité (75e). Quand ça ne veut pas…

Source : Orange Sports

Clermont qui rit, Clermont qui pleure

Les Auvergnats archi-dominateurs en Coupe d’Europe sont tombés sur plus forts qu’eux en championnat. Les Catalans réalisent une belle performance en battant à la régulière leurs anciens rivaux auvergnats. Toulouse en profite pour récupérer l’une des deux premières places qualificatives pour les demi-finales. 

Perpignan – Clermont : 26-19
Les Catalans réussissent la belle performance de la soirée en s’imposant à domicile contre le deuxième du championnat. Auteur pourtant de solides quarante premières minutes, l’ASM a subi en fin de match encaissant deux pénalités de Hook (20-19 puis 23-19) avant qu’un drop de Mélé dans les dernières minutes ne viennent donner la victoire à l’USAP. Ce résultat permet à Perpignan de se relancer au classement tandis que Clermont cède sa deuxième place à Toulouse.

Stade Français – Grenoble : 35-6
Cette fois-ci, il ne se sont pas loupés. Pour sa quatrième opposition face aux Grenoblois, les Franciliens ont fait régner leur loi à Charléty même si tout n’a pas été simple. Bousculés en début de match, les Parisiens se sont retrouvés menés (0-6) après deux pénalités de Pélissié. La suite n’est qu’une démonstration de l’envie parisienne qui a inscrit quatre essais, deux par période, Dupuy s’occupant de valider les transformations (3/4) et pénalités pour son équipe. Avec le point du bonus offensif en poche, le Stade Français garde ses rêves de demi-finale intacts.

Toulon – Mont-de-Marsan : 15-9
Restant sur deux revers successifs contre le Racing en Top 14 et Montpellier en H Cup, les hommes de Bernard Laporte se devaient d’assurer, au moins, le bonus offensif face à la lanterne rouge chez eux à Mayol. Peine perdue ! Le RCT s’est vu offrir une très belle opposition de la part de Mont-de-Marsan qui a empoché un bonus défensif mérité au prix d’une énorme défense durant tout le match. Masoe et Palisson ont tous les deux inscrit un essai en première période mais cette victoire n’a de rassurant que le nom.

Bordeaux-Bègles – Racing : 15-22
L’absence des leaders Szarzewski et Estebanez, suspendus, n’a pas tant gêné que cela les Franciliens en Gironde où ils ont réussi à s’imposer pour empocher leur troisième victoire de rang. Malgré une première période maladroite qui a vu Bordeaux mener rapidement 6-0 grâce à deux pénalités de Lopez dans les dix premières minutes, le Racing a su faire respecter son rang de favori grâce à notamment un essai de Dumoulin à la 57eme minute. Il faudra bien plus que ça pour les Bordelais dans leur mission maintien, même si les bases de l’espoir sont posées.

Agen – Montpellier : 9-13
Être en infériorité pour mieux dominer. C’est la leçon du soir offerte par Agen ! Réduit à 14 après l’expulsion contestée de Seymour pour une charge aérienne sur Trinh-Duc (22e), les Agenais ont su résister face aux Montpelliérains, incapables de tirer parti de leur avantage numérique. Les trois pénalités de Barnard ont eu le don de garder la tête du SUA hors de l’eau mais ce sont bien les Héraultais qui repartent vainqueurs pour rester au contact du haut du tableau. Du côté de l’Atlantique, l’obtention du bonus défensif paraît être une bien maigre consolation alors que l’équipe reste aux portes de la Pro D2.

Toulouse – Biarritz : 19-14
Toulouse a clôturé la journée par une victoire à l’arraché car Biarritz a bien failli mettre un terme à la série de 38 victoires à domicile des Rouge et Noir. Alors qu’ils menaient 16-8, les partenaires de Vincent Clerc, qui est sorti sur blessure, ont vu les Biarrots revenir petit à petit (16-11 puis 16-14). Finalement, le Stade Toulousain a tenu son maigre avantage (19-14) et reprend la deuxième place au classement à Clermont. Mais la prestation ne devrait pas rassurer Guy Novès, le manager toulousain, puisque les Biarrots n’ont pas été loin d’inscrire trois essais en seconde période.

Source : www.rugby365.fr

Le Stade Français à la fête, Perpignan stoppe Montpellier

Castres sans pitié pour le Racing, Paris solide devant Biarritz, succès précieux pour Perpignan et Bayonne : le résumé de la 13eme journée du Top 14.

Grenoble – Toulouse : 15-6 La sensation Grenoble. Bonne surprise du début de saison, le FCG a conclu la phase aller sur un exploit devant le Stade Toulousain. Les Isérois restaient pourtant sur treize défaites consécutives contre le club le plus titré de France. Mais brillants en première période avant d’être courageux et intraitables défensivement après le repos, les hommes de Fabrice Landreau ont réussi la performance de démentir l’adage voulant que « Toulouse ne perd jamais deux fois de suite ». Les doubles champions de France en titre s’enfoncent dans leurs doutes, une semaine après leur revers chez les Ospreys en H Cup. Ils doivent attendre avec impatience le retour d’un ouvreur de haut niveau pour pouvoir occuper le camp adverse sous la pression, ce qui leur a manqué au cours d’un premier acte dominé par le promu. Excellents dans le contre en touche, très solides en conquête et performants dans l’occupation, les Grenoblois ont maîtrisé leur sujet. Valentin Courrent a concrétisé cette domination territoriale au tableau d’affichage et le FCG a viré en tête à la pause (9-6).


Au retour des vestiaires, les Toulousains sont revenus avec de toutes autres intentions. Malgré les conditions de jeu, rendues très compliquées par la pluie et pénalisant des visiteurs qui souhaitaient déplacer le jeu, les champions en titre ont fini par mettre la main sur le ballon. La physionomie de la rencontre s’est alors complètement inversée. Installés dans le camp adverse (83% d’occupation dans la deuxième mi-temps), les joueurs de Guy Novès ont pris l’ascendant en mêlée fermée et ont cherché par tous les moyens à trouver des solutions pour marquer. Mais la défense du FCG s’est montrée intraitable et les Toulousains ont inlassablement buté dessus. Ultra réalistes, les Grenoblois ont même ajouté deux pénalités supplémentaires pour priver leurs adversaires du bonus défensif. Les Isérois sont ainsi assurés de rester virtuellement qualifiés pour les phases finales à mi-championnat. Sans réaliser un mauvais match, Toulouse ne se rassure pas vraiment. Et un déplacement à Castres se profile dimanche prochain…

Stade Français – Biarritz : 36-23 Après deux victoires en Challenge Européen, le Stade Français enchaîne sa bonne série avec une victoire très importante contre le Biarritz Olympique. Cette victoire permet aux Parisiens de recoller au peloton de tête et de garder un espoir de qualification pour les phases finales. Les deux clubs sont désormais ex-aequo au classement (28 pts). Le BO, qui vient de remercier ses entraîneurs Serge Milhas et Jack Isaac, remplacés par Didier Faugeron et Laurent Rodriguez en début de semaine, n’a pas su concrétiser un bon début de rencontre. Dès la 10eme minute, l’arrière anglais Balshaw a cadré le dernier défenseur parisien côté droit et a envoyé Ngwenya à l’essai. Il a permis aux Basques de prendre les commandes au score. La botte de Porical a maintenu les Parisiens à flot alors qu’ils étaient dominés dans le jeu et dans l’occupation du terrain. Paul Sackey a profité ensuite d’une énorme percée d’Antoine Flanquart pour inscrire le premier essai parisien du match.

Après une nouvelle pénalité de Porical, Paris est rentré aux vestiaires en menant de sept points (17-10). Le pilier droit de Biarritz Paul Broster a pris un jaune pour un geste d’anti-jeu. En supériorité numérique, les Franciliens ont géré et s’en sont remis une nouvelle fois au pied de Porical (20-10). Biarritz semble avoir passé sa chance après l’énorme occasion de Damien Traille qui laisse tomber le ballon alors qu’il n’y avait plus de défenseur devant lui. Les Biarrots ont continué, en vain, de mettre du rythme. A la 61eme minute, Flanquart a pris un jaune à la suite d’un mauvais geste mais cet avantage ne profitera pas beaucoup à Didier Faugeron et ses hommes qui n’inscrivent que trois points. Pire, à la 73eme minute, Fainifo alourdit le score après une interception de Dupuy et prive définitivement des Biarrots du bonus défensif. Paris recolle au peloton de tête grâce à Porical et une conquête toujours aussi performante.

 

Castres – Racing-Métro : 27-10 La victoire de Grenoble face au Stade Toulouse (15-6) quelques heures auparavant a sans doute donné des idées à Castres. Comme les Isérois, les Tarnais conservent leur invincibilité à domicile et surtout enchaînent une huitième victoire consécutif toutes compétitions confondues face à des Racingmen, eux-aussi toujours en course pour les quarts de finale en H-Cup, mais ce samedi trop apathiques et approximatifs. Les hommes de Laurent Tarvers et Laurent Labit ont maîtrisé de la tête et des épaules cette rencontre et se sont facilités rapidement la rencontre. A la mi-temps, les Castrais avaient déjà le bonus offensif en poche grâce à un essai de Baï et un doublé de Martial. Les Franciliens ne sont pas dans le coup dans tous les domaines sauf sur mêlées fermées.

Des lancers pas droits, des passes mal assurées, des phases de jeu mal négociées, les hommes de Quesada prennent l’eau et ne sont pas loin de se noyer face aux accélérations des Dulin, Andreu ou Martial lors du deuxième acte. Baï s’offre à son tour le doublé. Les carottes sont cuites pour des Parisiens, qui sauvent néanmoins l’honneur sur un essai de pénalité. Les locaux en gardent la pédale dans l’optique de leur prochain déplacement à Toulouse, le 30 décembre prochain. Une équipe de Toulouse que les Castrais rejoignent au classement grâce à cette victoire. La huitième de suite toutes compétitions confondues, la sixième en Top 14. Record de Toulon égalé. Une chose est sûre : il faudra compter cette saison avec le CO, qui a une belle gueule d’outsider. En revanche, le Racing-Métro 92 aura bien du mal à disputer les phases finales.

Bayonne – Mont-de-Marsan : 39-13 Bayonne n’a pas laissé passer sa chance en profitant de la réception de Mont de Marsan pour s’éloigner un petit peu de la zone de relégation. En marquant deux essais dans les quinze premières minutes, les Basques ont eu le mérite de se rendre le match facile par l’intermédiaire de Spedding puis d’Ahotaieloa qui a marqué un magnifique essai d’équipe. Les Montois ont multiplié les temps de jeu mais ne sont pas arrivés à avancer. Ils ont même reculé face à la grosse défense des joueurs de Bayonne. À la pause, les hommes de Prosper et Dantin sont menés 18-6.

Même scénario en seconde période. Les Bayonnais ont déroulé et ont inscrit trois nouveaux essais. Bernas (43eme), Baget (60eme) et Gerber (63eme) ont marqué tour à tour. L’essai d’Atrrayet à la 58eme minute n’y a rien changé. Bayonne offre à son public une superbe victoire et se donne de l’air au classement en passant le Racing Métro qui tombe à la 11eme place. Une nouvelle fois, Mont de Marsan a voulu trop jouer et s’est montré trop médiocre en défense. Un résultat qui l’enfonce un peu plus dans le fauteuil de lanterne rouge avec six petits points. 

Perpignan – Montpellier : 30-19 Après leurs bons résultats en coupe d’Europe, Perpignan et Montpellier se retrouvent à Aimé-Giral. Sur courant alternatif lors de leur dernière victoire en Top 14 contre Agen, les Catalans devront être beaucoup plus solide face aux Héraultais. L’USAP avait réussi à faire parler sa puissance contre un SUA qui avait plié de toute part. L’opposition ne sera pas la même samedi, Montpellier est en forme. Après leur défaite contre Toulouse, les joueurs de Fabien Galthié s’étaient remis en selle grâce à une victoire difficile contre Bayonne. Mais attention à ne pas reproduire les erreurs d’une première période bien loin de leur niveau habituel. Au risque de perdre du terrain sur les équipes de tête.

20h40 : Agen – Toulon Choc des extrêmes entre Toulon, qui n’a perdu que deux matchs cette saison, toutes compétitions confondues, et Agen, qui reste sur cinq défaites consécutives en Top 14. A Mayol, les leaders reçoivent donc les avant-derniers de Top 14. Les joueurs de Bernard Laporte viennent de remporter une superbe victoire 62-0 en H Cup face aux Anglais de Sale. Les Agenais, eux, ont perdu en Roumanie face au Bucarest (25-22) mais se sont vengés la semaine suivante en gagnant à domicile 39-9 face au même adversaire. Agen va tenter de gagner ce match pour sortir de la zone de relégation. Les Varois voudront laisser le Stade Toulousain à distance.

www.rugby365.fr  

Usap: le bon jour du président

https://i1.wp.com/www.lexpress.fr/pictures/950/486572_le-deuxieme-ligne-de-l-usap-romain-taofifenua-perce-dans-la-defense-agenaise-lors-de-la-12e-journee-du-top-14-de-rugby-le-30-novembre-2012.jpg

https://i1.wp.com/upload.wikimedia.org/wikipedia/fr/1/1b/Logo_Top14_2012.jpgMême si tout ne fut pas facile, l’Usap a dominé de manière logique (39-13) un SU Agen qui n’aura pas su tenir la distance ce vendredi, à Aimé-Giral, où les Catalans, auteurs de cinq essais, ont salué d’une victoire bonifiée la nouvelle présidence de Daniel Besson, le successeur de Paul Goze.  

L’opposition agenaise n’avait ce vendredi, à Aimé-Giral, certainement pas la qualité des champions de France, mais il aura fallu malgré tout à Nicolas Mas et ses partenaires se relever les manches pour finir par prendre largement la mesure de leurs adversaires après le repos, forts d’une mainmise de tous les instants sur cette rencontre. Si l’on excepte dix minutes d’un opportunisme total en fin de première période, Agen, qui ne comptait qu’un petit point de retard à la pause (14-13), n’aura tout simplement pas su tenir la distance. Un mal récurrent cette saison pour l’équipe de Philippe Sella qui, avant cette rencontre, avait déjà concédé seize de ses vingt-cinq essais en seconde période. Trois de plus seront venus grossir cette statistique, en même temps que sa faiblesse en conquête, et notamment en mêlée fermée, avait une fois encore placé ce SUA d’emblée en difficultés.  Nicolas Mas pouvait savourer : « Il a vite fallu se remettre dans le championnat. La victoire avec le bonus est là et tout le monde est content, c’est le principal, lâchait le pilier de l’équipe de France au micro de Canal + SportEn première période, nous n’avons pas respecté le plan de jeu ni les Agenais. Nous sommes partis dans un rugby débridé avec beaucoup trop de fautes. Agen nous a mis à mal en revenant à un point, mais nous avons rectifié le tir en seconde période« . Et offert un succès à cinq points à leur président. 

Lagarde, le pire et le meilleur

Agen a sans doute des intentions au coup d’envoi de ce toujours périlleux déplacement en terres catalanes. Mais pour exister à ce niveau et espérer menacer cette Usap, le SUA part avec un handicap récurrent et, on serait tenté de dire, rédhibitoire : une mêlée fermée, véritable talon d’Achille d’une équipe qui cède sur cet exercice après moins de dix minutes de jeu. La première épreuve de force imposée par Cap’tain Mas et sa première ligne met au supplice son homologue lot-et-garonnaise, qui paye sans doute aussi sa réputation si peu glorieuse dans ce secteur de jeu. Les pénalités pleuvent, au point d’envoyer le pilier Laurent Cabarry au frigo pour dix minutes, avant que M. Gauzere n’ait d’autre choix que d’offrir l’essai de pénalité aux Perpignanais (7-0, 9e). On a connu meilleur entame pour se mettre en confiance à Aimé-Giral…

Gavée de munitions, l’Usap, après ces trois semaines de trêve internationale, elle, retrouve ses automatismes et enfonce le clou dans la foulée sur cette attaque en première main sur laquelle la défense agenaise, bien naïve, tombe dans le panneau des leurres sang et or et laisse un boulevard à David Marty pour le deuxième essai des locaux (14-0, 14e). Pour son premier match de la saison, Raphaël Lagarde, positionné à un poste d’arrière inhabituel pour lui, a peut-être pêché par inattention, même si son ailier Tagotago ne l’a certainement pas aidé sur ce coup-là. L’ancien Montpelliérain semble promis à une longue soirée avec ces deux échecs au pied en suivant (20e, 24e). On se trompe lourdement. Sa réaction est même superbe. Deux éclairs sur deux premiers mouvements offensifs limpides des Agenais : la passe après contact de Vincent Roux profite à Tagotago, qui n’a plus qu’à servir Lagarde en bout de ligne pour l’essai de la révolte suaviste (14-5, 30e). L’ex-joueur de Marc Delpoux sous le maillot de l’UBB joue un drôle de tour à son ancien entraîneur avec ce déboulé et ce jeu au pied d’une précision diabolique, qui envoie Miguel Avramovic à dam (14-10, 35e). Irrésistible face à des Perpignanais soudain fébriles, malgré leur outrageuse domination en conquête (70 % de possession), Lagarde s’offre un drop juste avant la pause (14-13, 41e). Le doute est permis pour Mas et ses partenaires à l’heure de regagner les vestiaires…

https://i2.wp.com/cdn-sports.ladmedia.fr//images/media/rugby/top-14/articles/top-14-tout-bonus-pour-l-usap/florian-cazenave-adrien-plante/4471792-1-fre-FR/Florian-Cazenave-Adrien-Plante_w484.jpg

KO pour les visiteurs du soir, réduits à un zéro pointé en seconde période

« Il faut se remettre au boulot… » L’appel au réveil de ses troupes du capitaine catalan est au moins aussi clair que celui de son entraîneur, dont résonnent encore les vestiaires à la reprise, mais cette Usap, bien que capable de perpétuer de plus belle sa mainmise sur le ballon, n’en profite que trop peu. Deux pénalités de James Hook (47e, 57e) ne suffisent pas à éloigner la menace agenaise (20-13). Il faut la rentrée de l’Anglais Richard Haughton, décisif sur son attaque de la ligne adverse, pour créer la brèche longtemps retardée par le SUA et envoyer Farid Sid à l’essai (25-13, 59e). Si un possible hors-jeu sur la dernière a échaudé le banc agenais, le ballon chipé par Florian Cazenave dans les mains de Mathieu Lorée provoque l’ire de Mathieu Blin et David Darricarrère. Au bout du contre de 80 mètres, c’est le break pour l’Usap (32-13, 66e). Qui se libère d’un cinquième essai en force, signé Guilhem Guirado, pour un bonus aux allures de KO pour les visiteurs du soir, réduits à un zéro pointé en seconde période. Dans la tribune, Daniel Besson, le nouveau président, accompagné de Paul Goze, pouvait savourer la première victoire de son mandat.

https://i1.wp.com/acestgratuit.free.fr/images/logo_sports.fr_1.jpg

Challenge européen : Le Stade Français et l’Usap déroulent

Après les écrasantes victoires de Grenoble et Bayonne la veille, le Stade Français et Perpignan n’ont pas fait dans la demi-mesure lors de cette première journée du Challenge européen. Le Stade Français est allé corriger les London Welsh 19-68. De son côté, l’Usap a fait encore plus fort en inscrivant pas moins de onze essais face à la modeste équipe italienne de Rovigo 79-12. En revanche, Bordeaux-Bègles s’est lourdement incliné face aux London Irish (16-43).

Bordeaux-Bègles, sans ses titulaires laissés au repos, n’a rien pu faire face à la puissance des London Irish. Les Girondins, qui ont rapidement perdu sur K.O. leur ouvreur Lachie Munro (23), ont subi dans tous les secteurs et encaissé six essais (pour un inscrit). Les Londoniens prennent la tête de la poule 1 devant leurs compatriotes de Gloucester. Face à des adversaires de moindre calibre, les autres clubs français engagés samedi n’ont guère éprouvé de difficultés. Chez les Italiens de Rovigo, Perpignan a déroulé (79-12) avec pas moins de onze essais inscrits. Avec 15 points d’avance à la mi-temps (27-12), ils ont ensuite enchaîné un 52-0. Quatre joueurs se sont offert un doublé: Mafi, Michel, Vahaamahina et Battle.

Les Catalans partagent la tête de la poule 2 avec les Anglais de Worcester qui ont signé le carton du jour chez les novices espagnols de Guernica (85-5). Chez le promu anglais des London Welsh, le Stade Français avec une équipe « mixte » comprenant quelques joueurs d’expérience (Rabadan, Contepomi, Arias…) a, lui, franchi la ligne à neuf reprises (68-19). Les Parisiens disputeront la première place de la poule 5 à Grenoble, samedi prochain au Havre. A Calvisano, Agen s’est fait une petite frayeur. Confortablement en tête à la pause (31-17), les Lot-et-Garonnais se sont ensuite arrêtés. Ils n’ont inscrit que cinq points en deuxième période et en ont surtout encaissé 16 pour voir finalement les Italiens mourir à 5 points d’eux (36-31). Les Lot-et-Garonnais sont à égalité de points en tête de la poule 4 avec les Anglais de Bath, également vainqueur avec bonus (40-17) à Bucarest.
Les Wasps, qui se sont imposés avec bonus face aux Gallois de Newport (38-25), ont rejoint Bayonne à la première place de la poule 3.

Top 14 : les plus beaux essais de la 6ème journée

Si les phases finales du dernier exercice étaient triste en terme de jeu, depuis le début de saison, les essais et les belles actions pleuvent. Preuve en est, avec cette compilation des meilleurs moments des gros matchs de la 6ème journée de Top 14 : Aviron Bayonnais – Toulouse, Stade Français – Perpignan, RC Toulon – Castres.