6 Nations : Ces Bleus n’ont pas à rougir !

Bien sûr, la France a perdu son troisième match consécutif dans le tournoi des 6 Nations, évidemment le spectre de la cuillère de bois plane sur ce XV de France. Mais si on veut bien aller au-delà de ce tournoi, les Bleus continuent de construire leur rugby. Malgré la défaite, le XV de France a présenté un tout autre visage que celui entrevu contre Italiens et Gallois. 

Je tiens à soutenir le XV de France, ses joueurs et ses entraîneurs. Quitte à ne pas être à la mode et me retrouver seul face à tous ce que le monde du rugby compte d’observateurs, de spécialistes, de blogueurs et de consultant. J’assume. Sereinement, je vais essayer d’analyser les raisons de cette défaite contre l’Angleterre.

Une grande équipe d’Angleterre

La première des raisons est bien la qualité de ce XV de la Rose qui est probablement avec les All Blacks la meilleure équipe au monde. Quand on voit la moyenne d’âge de ce quinze, on se dit que les Anglais, qui recevront dans un peu moins de trois ans la Coupe du Monde, sont peut être en route vers un deuxième sacre mondial. Il faut leur rendre hommage, cette capacité à faire le dos rond sous la furia française en première mi-temps, cette capacité à marquer à chaque fois que l’opportunité se présente à eux est bien la marque des grandes équipes. Nous avons eu, un grand match de rugby de très haut niveau et pour cela il faut deux grandes équipes.

Une deuxième mi-temps inquiétante

Ensuite, et c’est peut-être plus inquiétant, c’est cette satané deuxième mi-temps au cours de laquelle les Bleus ont – encore une fois- manqué de jus. Un problème de joueurs ? De remplaçants qui ne seraient pas au niveau des titulaires ? Je ne pense pas. Je crois que le staff avait bien anticipé en mettant sur le banc des titulaires en puissance (Michalak, Machenaud, Fritz, Szarzewski, etc.). Je crois que le problème vient plutôt de notre championnat. C’est un championnat de grande qualité, qui forme les joueurs au plus haut niveau, avec des internationaux du monde entier, c’est indubitablement aussi le championnat le plus usant, le plus éprouvant du monde. Un véritable marathon. Le problème est ici plus structurel. Il faudra bien un moment ou un autre tirer les bonnes conclusions et prendre des mesures adéquates.

Un manque de réalisme et de l’indiscipline qui coûtent cher

Un autre problème et le manque de réalisme des Français. Nos Bleus ont outrageusement dominé les Anglais en première mi-temps pour une avance des plus minimes au tableau d’affichage. A cela il faut ajouter quelques fautes d’indisciplines récurrentes qui nous ont coûté très chers, si on ajoute le manque de réussite inhabituel de Morgan Parra, face à cette équipe d’Angleterre, àTwickenham, c’était beaucoup trop pour pouvoir espérer gagner le match. Ce XV de France a tout pour devenir une grande équipe. Soyez-en certains ! Mais pour cela il faudra qu’il apprenne à être plus réaliste et à marquer dans les moments forts comme le font si bien les Anglais.

Un arbitrage pas à la hauteur de l’événement

Comment ne pas terminer cette autopsie sans dénoncer la prestation scandaleuse de Monsieur Joubert. Le « meilleur arbitre du monde » n’a visiblement plus le niveau international. On ne compte pas le nombre incroyable de fautes anglaises qui n’ont pas été sifflées (Placage sans ballons à plusieurs reprise, écrans avec percutions,  ballons joués au sol, etc.). Le comble du comble est cette dernière pénalité ou Julien Fritz qui dispute un ballon alors qu’il est sur ses appuis se fait pénaliser tandis que le joueur anglais garde le ballon au sol. Que dire de la faute visiblement signalée par un arbitre de touche que Monsieur Joubert ne siffle pas. Je pardonnerai toujours les erreurs d’arbitrages, mais la malhonnêteté non.

L’avenir sera bleu

Il reste encore deux matchs aux joueurs du XV de France. Certains d’entre eux ont donné entière satisfaction (Domingo, Nyanga, Picamole, Dusautoir, Parra, Fofana, Huget ont tous été énormes) peut-être que d’autres ont perdu de précieux points (Michalak n’a malheureusement pas été à la hauteur ; il est temps pour lui que cette saison internationale se termine et qu’il revienne en forme, j’espère pour lui qu’il pourra se refaire une santé en club). Je suis sûr que les Bleus ont le potentiel pour aller s’imposer en Irlande et bien sûr de gagner le match face à l’Ecosse. Il faut continuer de mettre plus de rigueur dans notre jeu. Défensivement, l’équipe était en place, il y a eu du mieux offensivement en première mi-temps. Les joueurs ont le talent, ils ont besoin de jeu, de repaires et de sérénité. La route qui mène à 2015 est encore longue. Si les matchs contre l’Italie et le Pays-de-Galles n’apporteront rien, ce crunch devrait être riche en enseignements et il pourra nous servir de socle pour de futures victoires épiques. J’en suis certain.

Vidéo : Résumé des matchs entre nations Britanniques

Enfin, pour ceux qui voulait voir des beaux matches ce weekend il fallait aller de l’autre côté de la Manche avec un Pays-de-Galles vs. Irlande de haute volée et une victoire anglaise pleine de promesse lors de la Calcuta Cup face à leurs éternels rivaux écossais.

Maison bleue : Tout est à reconstruire !

Les Gallois exultent, les Bleus sont au sol pour la troisième fois consécutives : Tout est à reconstruire !

Venue sur le tournoi avec la ferme intention de le gagner l’équipe de France nous aura apporté son lot de désillusions et de déceptions. Il faut vite tourner cette page du mondial et tout reconstruire. 

L’échec d’une génération

Le tout nouvel entraîneur des Bleus, Philippe Saint-André, était venu sur ce Tournoi avec la ferme intention de le gagner. Pour ce, il avait largement fait appel au groupe finaliste du dernier mondial. A posteriori, on peut donc dire qu’il s’agit d’un cuisant échec pour notre sélectionneur et pour une génération de Bleus en fin de cycle. Cette belle parenthèse des phases finales du mondial n’est qu’un cache misère d’une équipe de France qui ne cesse de régresser. Si certains joueurs auront été sur le toit du monde durant ce Tournoi (Dusautoir, Servat, Mas, Harinordoquy, Bonnaire) le collectif bleu n’y est plus.

Un jeu trop restrictif et inefficace

Pourtant les Français auront vraiment résisté face à une équipe galloise qu’on nous présente désormais comme une référence mondiale. Notre défense est déjà en place, même si elle s’est fait prendre sur un turn-over. Pour l’animation offensive, on repassera. Normal me dirait vous, car cela demande plus de temps à mettre en place. Sauf qu’en s’appuyant sur des vieux de la veille, notre trio d’entraîneurs aurait pu proposer autre chose. La France n’a absolument rien proposé hier après-midi et les Gallois méritent amplement leur Grand Chelem (d’autant plus que le niveau de ce Tournoi était très relevé) et du titre honorifique de meilleure nation de l’hémisphère nord. Quant aux Bleus, avec ce nombre incalculable de chandelles (preuve du manque de solutions offensives) ils ont sans doute dû confondre Saint-Patrick et Saint-Valentin ! Résultat : avec leur domination sous les ballons hauts les Gallois ont eu la main mise sur le ballon et ont constamment eu l’avantage du terrain. La solution de Lionel Beauxis aura été un flop, car c’est bien pour occuper le terrain que Yachvili et Beauxis auront été choisis.

Une mauvaise gestion du « money time »

Comme contre les Anglais ou les Irlandais, les Français auront pris des décisions hasardeuses dans le money time : Les Bleus choisissent à 6 minutes de la fin du match de choisir de prendre trois points sur une pénalité concédée par les Gallois. Cette pénalité se trouve pourtant à5 mètres de la ligne d’en-but galloise. En choisissant les trois points on comprend que les Bleus veulent plus qu’un match nul et se sentent suffisamment forts pour revenir dans le camp gallois pour marquer un essai…

Alors pourquoi Yachvili a-t-il joué au pied dans la boîte sur l’action suivante rendant ainsi le ballon à l’adversaire ?

Un coaching fantaisiste !

La réponse à cette déconcertante question vient en regardant la configuration du XV de France dans ce fameux money time pendant lequel les Bleus étaient censés courir derrière le score et donc envoyer du jeu : Un numéro 9 (Parra) jouant ouvreur, un centre (Fofana) sur une aile, un arrière (Buttin) sur l’autre aile et un ouvreur (François Trinh-Duc) à l’arrière ! Impossible dans ces conditions espérer quoique ce soit. Avec un tel bilan et un coaching aussi fantaisiste, Philippe Saint-André aura forcément perdu une grande partie de son crédit, pourtant si on considère l’immensité de la tâche qui est la sienne de faire du XV de France une équipe compétitive pour le mondial 2015 il faudra bien lui apporter tout notre soutient. PSA a tout de même lancé dans le grand bain quelques jeunes pouces : Buttin, Fofana et Maestri, tous ont fait une entrée prometteuse. Pour rajeunir une équipe de France plus que vieillissante, il faudra trouver d’autres joueurs en devenir du même calibre. Mais où diable Philippe Saint-André va trouver ces jeunes joueurs ?

Mister Rugby

l’Angleterre prend la deuxième place en écrasant l’Irlande

L'Anglais Lee Dickson fait "gicler" la balle pour une victoire sans appel du XV de la Rose sur son homologue du Trèfle.

LONDRES (AFP) – L’Angleterre a pris la deuxième place du Tournoi des six nations en écrasant l’Irlande 30 à 9, samedi à Twickenham.

Le XV de la Rose termine avec quatre victoires et une seule défaite contre le Pays de Galles, auteur du Grand Chelem, soit un excellent bilan pour une équipe profondément renouvelée après l’échec de la Coupe du monde.

Accrochés en première période (9-6), les Anglais se sont envolés après la pause en marquant deux essais, le premier de pénalité (58) et l’autre par le demi de mêlée Ben Youngs (75).

Le jeune ouvreur Owen Farrell a marqué le reste des points anglais au pied. L’Irlande a dû se contenter de trois pénalités de Jonathan Sexton.

A cause de la pluie qui s’abattait sur Londres, le match a d’abord été peu spectaculaire et marqué par de nombreuses fautes de main, surtout du côté irlandais.

Au retour des vestiaires, l’Angleterre a peu à peu imposé sa supériorité athlétique.

Une belle percée de Tom Croft a failli aboutir à la 46e minute mais le ballon glissant a échappé des mains du troisième ligne au moment de faire la passe décisive.

La domination du pack anglais a finalement été récompensée une douzaine de minutes plus tard par un essai de pénalité à la suite d’une série de mêlées fermées à cinq mètres effondrées par les Irlandais.

Alors que l’issue ne faisait déjà plus de doute, Ben Young, entré en cours de match, a donné de l’ampleur au score en surprenant la défense verte grâce à une pénalité rapidement jouée pour lui-même.

L’Angleterre a pris une belle revanche sur l’équipe qui l’avait privée du Grand Chelem au dernier match l’an passé à Dublin et qui l’avait battue sept fois lors de leurs huit derniers duels dans le Tournoi.

Cette victoire, et les belles performances de ses joueurs en général, devraient aider la candidature du sélectionneur Stuart Lancaster, qui voudrait voir son intérim transformé en contrat permanent dans les prochaines semaines.

L’ancien directeur du rugby de Leeds, qui avait été appelé pour la durée du Tournoi à la suite de la démission de Martin Johnson en attendant la nomination d’un successeur, serait en balance avec le Sud-Africain Nick Mallett, l’ancien entraîneur des Springboks et du Stade Français.

Lancaster, 42 ans, a eu l’audace de lancer de nombreux nouveaux, comme le flanker et capitaine Chris Robshaw, l’autre troisième ligne Ben Morgan ou l’ouvreur Owen Farrell, qui ont rapidement fait leurs preuves.

L’Irlande finit troisième du Tournoi, à égalité de points avec la France, avec deux victoires, deux défaites et un match nul.

L’Italie change de dimension

L'ailier italien Venditi va marquer l'essai transalpin entre les poteaux. Grande fête populaire au Stade Olympique de Rome. L'Italie change de dimension

Plus opportunistes et ambitieux, les Italiens de Jacques Brunel ont conclu leur Tournoi des VI Nations par une victoire contre l’Ecosse (13-6). L’Italie évite la cuillère de bois.

L’enjeu était important samedi entre l’Italie et l’Ecosse pour cette cinquième et dernière rencontre du Tournoi. Alors que les deux équipes n’avaient gagné aucune rencontre, l’objectif était clair pour chacune d’elle. Il fallait éviter de terminer avec la cuillère de bois significative d’une sixième et très triste dernière place au classement.

Paralysées par l’enjeu, les deux nations ont fait preuve de fébrilité durant cette première mi-temps. Entre confusion dans le jeu et pertes de balles trop nombreuses, le match perdait rapidement de son intérêt. Il fallait s’en remettre aux pénalités pour voir quelques points. Suite à une faute des visiteurs, Bergamasco enfilait les trois premiers points de son équipe (3-0, 10e). Le même Bergamasco se ratait ensuite à deux reprises (23e et 41e). Il manquait le cadre, ne permettant pas à son équipe de prendre le large. De son côté, le XV du chardon était trop rarement sorti de son camp pour mettre en difficulté la défense transalpine. Les Ecossais devaient compter sur une pénalité pour revenir à égalité à quelques minutes de la mi-temps (3-3, 36e).

L’indiscipline écossaise coûtait chère en début de seconde mi-temps. Les Italiens punissaient leurs adversaires d’un jour. A 14 après l’exclusion pour dix minutes de de Luca, les Ecossais, craquaient sur un temps fort italien. Giovanbattista Venditti aplatissait dans l’en-but. Derrière, Bergamasco retrouvait des couleurs en transformant l’essai (10-3, 43e). Par la suite, ce n’était qu’une succession de fautes et d’imprécisions. Notamment sur une touche écossaise, lorsqu’un Italien venait prendre le bras adverse. Sur une pénalité, Laidlaw permettait à son équipe de revenir à quatre points des locaux (10-6, 61e). Le Squadra Azzura retrouvait un peu d’allant en fin de match. Après un bonne période balle en main, Burton concluait d’un drop le travail de son pack (13-6, 76e). Les Ecossais ne sont jamais donnés les moyens de remporter cette rencontre. L’Italie finit logiquement à la 5e place du tournoi. Jacques Brunel s’offre sa première victoire à la tête de la sélection transalpine.

Résumé : Italie vs. Ecosse

Tournoi des 6 Nations : Les Anglais ont mérité leur victoire

Tuilagi et les Anglais trop rapides, trop puissants et trop propres pour les Français

Disons le franchement, les Français ont été arrogants durant toute la période précédent ce crunch. Je parle d’avantage de la presse et de certains commentateurs sportifs comme Raphaël Ibanez et ses statistiques ou bien encore l’analyse de Guy Novès dans Midol que des joueurs. Les Anglais ont joué, bien joué. Les jeunes anglais auraient sans doute pu affixé complètement ces vieux français s’ils avaient joué la deuxième mi-temps sur le même rythme effréné que la première. Alors bien sûr les Français auraient très bien pu remporter ce match à la dernière minute : Un drop de François Trinh-Duc qui passe juste sous la barre transversale. On aurait alors vanté le cœur énorme de cette équipe de France qui n’abdique jamais. Mais finalement, cela aurait été l’arbre qui cache la forêt. Cette jeune équipe anglaise a péché par excès à plusieurs reprises, cela aurait pu lui coûter le match, ces Anglais-là avaient les moyens de faire exploser cette équipe de France. Certains joueurs n’ont pas démérité : Harinordoquy, Mas, Servat, Dusautoir, Poitrenaud, Fofana ou encore Malzieu ont été les auteurs d’actions de grande classe. Mais derrière ? On a le sentiment que cette équipe de France qui bat difficilement l’Ecosse et l’Italie a besoin de se rénover. Il y aura un dernier match au Millenium Stadium qui ressemblera à grandement à un jubilé de toute une génération. Le temps de Philippe Saint-André est déjà compté, il devra trouver les perles rares qui manquent de temps de jeu avec leur club  et qui pourraient être sur le toit du monde en 2015. Le chantier est énorme et malheureusement PSA n’a pas toutes les clés en main.

On va cruncher !

Dimanche 11 mars, à 16 heures, sous les yeux de Nicolas Sarkozy, François Hollande, David Cameron, le Premier ministre du Royaume-Uni, et 80 000 spectateurs, le XV de France défie son meilleur ennemi, le XV d’Angleterre. On approche de la centième confrontation, avec une France qui joue mal et une Angleterre est en pleine crise identitaire. Cependant, l’affiche n’a rien perdu de son charme. Si vous tombez dessus, voici un abécédaire des anecdotes à caser pour briller en société pendant les 80 minutes.

Bleus

Jusqu’en 1907, les rugbymen français jouaient en blanc avant de passer au bleu car leurs couleurs étaient trop proches de l’équipe d’Angleterre, précise le blog Rugby-Pioneers.

Coq

Pour qualifier l’équipe d’Angleterre, on parle du XV de la Rose car les Anglais ont effectivement une rose sur le maillot. Mais personne ne dit le XV du coq en France. Pourquoi ? Peut-être parce que les maillots des Bleus ont arboré jusqu’en 1911 des anneaux enlacés en lieu et place du roi de la basse-cour…

Courge

D’habitude, on évoque le rayon légumes lors d’un match contre le Pays de Galles, le XV du Poireau. Mais là, c’est Philippe Saint-André, le sélectionneur français, qui a donné dans la métaphore potagère dans l’hebdomadaire Midi Olympique : « Il y a beaucoup de personnes qui ne regardent qu’un seul match de rugby dans l’année, parce que c’est des Français qui se mettent sur la courge avec des Anglais. »

Crunch

Il convient de faire la différence entre UN Crunch, la barre chocolatée, et LE crunch, autre nom du match France-Angleterre. En anglais, « crunch » veut dire « moment crucial » et « le crunch » (en anglais dans le texte) un moment crucial contre les Français. La date d’emploi de ce terme n’est pas précisément définie mais c’est comme un derby puissance 3. Quelque part, n’en déplaise aux Gallois, Italiens, Ecossais et Irlandais, la suprématie européenne est en jeu.

Clichés

Lors de l’affrontement avec l’Angleterre, les phrases commençant par « L’Anglais est… »font florès chaque année.

Ainsi Bernard Laporte, ancien sélectionneur de la France, au Midi Olympique :« L’Anglais est arrogant. Et il fait peur. Quand tu joues l’Ecosse et le Pays de Galles, tu sais que tu peux perdre mais que tu ne risques pas ton intégrité physique. Or, face au XV de la Rose, (…) tu dois te préparer à t’engager presque au-delà de la limite pour pouvoir rivaliser. »

Quelques années plus tôt, Jean Gachassin, ancien rugbyman devenu président de la Fédération française de tennis, au Figaro en 2007 : « Les Anglais sont hypocritesCe sont des donneurs de leçons, des gens qui ont, soi-disant, inventé le rugby. »

Jeu

« Je suis étonné que les Français jouent si bien à un jeu si compliqué », s’est extasié le président de la fédération anglaise en 1893 quand, pour la première fois, une équipe tricolore a défié une équipe anglaise. Un compliment qui s’explique peut-être par le fait que les Français avaient perdu.

Les échanges gardent la même tonalité quelques décennies plus tard. Les Anglais ont exclu les Français du Tournoi des V Nations pendant 16 ans, à partir de 1931. Deux versions cohabitent : pour les Anglais, les joueurs tricolores cachaient des couteaux dans leurs chaussures (en anglais) pour intimider l’adversaire. Mais l’autre explication met en avant l’opposition des dirigeants anglais au professionnalisme, à peine déguisé en France.

« Mission accomplie »

C’est le contenu du télégramme envoyé par le capitaine de l’équipe de France de 1967 après une victoire en terre anglaise. Le destinataire ? Le général de Gaulle.

« No scrum, no win »

C’est LA phrase anglaise que ressortent systématiquement les commentateurs à chaque confrontation. Le « wait and see » du rugby. Littéralement, ça veut dire « pas de mêlée, pas de victoire ». Traditionnellement, le jeu anglais s’appuie sur une grosse domination dans ce secteur, mais ces dernières années, les Français ont eu le dessus. Qui aura l’avantage dimanche ? Wait and see…

« Sorry, good game »

Epitaphe cruelle d’une défaite française par le capitaine de l’équipe d’Angleterre dans les années 80, Will Carling.

Toutefois, n’allez pas croire que tous les joueurs français auront une pensée émue pour Jeanne d’Arc avant le coup d’envoi dimanche. Certains, de leur propre aveu, sont totalement insensibles à cette mythologie, à l’instar de l’ailier Julien Malzieu : « Je m’en fous complètement de tout ce folklore ! »