Pas encore ça !

Avec leur jeu minimaliste basé sur une occupation au pied et une défense agressive les Bleus auront réussi a évité une deuxième fessé qui aurait été catastrophique pour les Bleus. Néanmoins les Bleus n’ont pas su non plus inquieter véritablement ces All Blacks et n’auront marqué qu’un seul essai en trois tests. Les kiwis auront remporté cette série trois tests à zéro et surtout auront marqué 77 points et encaissé seulement 22. Les Chandelles a répétition de Talès et Dulin aurait dû permettre aux Bleus de mettre de la profondeur dans la défense noire et permettre de trouver des espaces. Il n’en fut rien. Les All Blacks ont très rapidement compris les intentions de cette équipe de France complètement changée pour s’adapter à ce jeu. Les Néo-Zélandais ont construit cette victoire sur leur défense.

Solides sur leurs bases mais sans génie 

Les Bleus auront été beaucoup plus solides sur leurs bases que la semaine dernière. A 10 minutes du coup de sifflet final, la victoire n’était toujours pas clairement dessinée pour les All Blacks. La mêlée s’est montrée dominatrice, les lancers et réceptions en touche ont été bien plus propres que la semaines dernières (Je pense que Benjamin Kayser a pris un avantage considérable sur Dimitri Szarzewski). Idem, pour le jeu au pied bien plus précis que ce que l’on a vu la semaine dernière avec quelques belles réceptions sous les ballons hauts. Toutefois être solide sur ses bases ne suffit pas non plus, il faut également une dose de talent collectif que ces Bleus n’ont pas eu lors de cette tournée.

A leur décharge, il y a la condition physique qui, après une très longue saison, était forcément et naturellement du côté des All Blacks bien que ces derniers n’ont pas encore atteint leur pic de forme.

Un groupe réduit pour 2015

Cette série de quatre matchs dont trois tests, nous a permis d’en savoir beaucoup plus. Si aucun nom ne s’est véritablement relevé, hormis peut-être Bernard Le Roux, si on ne sait toujours pas quels sont les joueurs capables de placer le XV de France sur le toit du monde, on sait désormais quels sont les joueurs sur qui on ne pourra vraisemblablement pas compter. La liste est plutôt longue. Je crois que certains joueurs comme Szarzewski, Michalak ou peut-être Médard ont montré leurs limites à ce niveau de la compétition. Surtout que ces trois-là auraient dû être des leaders de jeu compte tenu de leur expérience. D’autres joueurs sont à revoir, Lopez qui a alterné le bon et le moins bon lors du premier test, Claassen qui a fait un match intéressant et semble une alternative stratégique à Picamoles, Le Roux auteur d’une entrée percutante sur ces 10 dernières minutes et Flanquart que je pensais trop tendre pour le haut niveau et qui aura montré  ce dont il est capable.

On connaissait déjà la valeur de Thierry Dusautoir et de Fofana. Il va maintenant falloir constituer un groupe réduit qui nous amènera jusqu’au mondial 2015.

Pas de place pour l’approximation au pays des All Blacks !

Depuis que cette tournée de quatre matches, dont trois tests, a été programmé on a su qu’elle serait extrêmement compliquée à négocier. Le match de ce matin n’aura donc fait que confirmer ce que l’on savait déjà : Cette équipe des All Blacks est très forte, les Bleus le sont beaucoup moins et les chantiers qui pourraient nous amener jusqu’au toit du monde sont tellement nombreux et tellement gigantesques qu’on se demande s’ils sont réalisables.

Cependant, ceux qui ont vu le match savent parfaitement que tout n’est pas à jeter. La défense a été correcte, il y a eu des périodes de dominations infructueuses, les Français ont tenté de pratiquer un jeu ambitieux même si cela n’a pas payé.

Les All Blacks ont joué à merveille, comme eux seuls savent le faire, néanmoins le XV de France ne peut s’en prendre qu’à lui même, il aurait pu avec un peu plus d’application au moins faire douter les hommes en noir.

Malheureusement, le secteur de la touche a été complètement désastreux, le jeu au pied a été catastrophique. Les Bleus ont passé tout leur match dans leurs 22 mètres et finalement quand ils avaient la balle, ils ne savaient qu’en faire. Alors la faute à qui ?

Il est clair que certains joueurs, présentés comme des leaders de jeu, ont failli. Si certains sont au niveau de cette tournée (Dusautoir, Fritz, Domingo, Roux, Picamoles, Nyanga) d’autres n’y étaient pas du tout. Il va maintenant falloir que les entraîneurs se posent les bonnes questions. Ils doivent prendre leurs responsabilités, cela commence par plaider « coupables ». Doivent-ils, par exemple, continuer à sélectionner un joueur comme Michalak qui ne joue que très peu en club et qui n’a pas de repaires en 10 ? Fallait-il sélectionner un joueur qui vient d’enchaîner deux saisons non-stop ? La contre-performance majeure de l’ouvreur toulonnais (placages manqués, jeu au pied approximatif, incapacité à accélérer le jeu comme l’a fait Lopez la semaine dernière) semble répondre à cette question. Il n’est pas question de remettre en cause le niveau de jeu du joueur. A 30 ans, tout le monde connaît le potentiel du joueur. Mais est-il vraiment le 10 titulaire dont le XV de France à besoin ? A titre personnel, je pense que Fred Michalak serait plutôt un remplaçant de luxe pouvant couvrir deux postes qu’un titulaire en puissance.

Cette tournée est de toute façon riche en enseignements. Il reste un match aux Bleus, la semaine prochaine à New Plymouth, pour montrer au monde qu’ils valent mieux que ça. Cela commence par livrer un combat énorme, aux All Blacks pour espérer briller. A chaque que le XV de France a remporté un match face à la Nouvelle-Zélande le combat proposé par les Français a été sans merci.

Je voulais pour terminer, tirer mon chapeau aux joueurs néo-zélandais. Le jeu qu’ils ont réussi à mettre en place en seulement deux matches est à la fois plaisant et efficace, ils ont su trouvé une stratégie intelligente d’occupation au pied avant de passer à la vitesse supérieure dans la dernière demi-heure. Si le supporteur inconditionnel des Bleus est déçu, l’amateur de rugby aura apprécié la performance des hommes en noir qui contrastait forcément avec celle des tricolores.

XV de France : Des choses intéressantes, mais peut et doit encore progresser

Le XV de France vient de perdre face à la Nouvelle-Zélande à l’Eden Park d’Auckland où les hommes en noir n’ont pas perdu de match depuis 1994, lors d’un certains Nouvelle-Zélande… – France.

 Une mêlée défaillante

Alors que les All Blacks craignaient énormément la mêlée des Bleus réputée redoutable, c’est justement dans ce secteur de jeu qu’ils auront le plus convaincu. Le jeune pack néo-zélandais a fait plus que résister : notre huit de devant a éprouvé de nombreuses difficultés face à leurs adversaires du jour, se faisant sifflé plusieurs fois par l’arbitre. Ces fautes à répétition ont permis aux All Blacks de revenir dans le match d’abord, puis de tenir les Bleus à distance ensuite. C’est incontestablement le secteur à travailler les semaines qui viennent si on ne veut pas revenir fanny.

Petites erreurs, grosses conséquences

Sur ce match, les Français n’auront pas démérité. Cependant, cette équipe doit apprendre que sur ce genre de rencontre à concrétiser ses temps forts. Si les Bleus auront plutôt bien réussi en première mi-temps, ils auront cependant manqué de lucidité en fin de de partie. Lors du deuxième acte, les Bleus ont dominé une trentaine de minutes ces All Blacks sans pouvoir inscrire le moindre point. Louis Picamoles a encore permis au XV de France de jouer en avançant. Seulement, il a commis à deux ou trois reprises des petits péchés d’orgueil : lorsque suite à un placage il se chamaille avec un Black alors que le jeu avait besoin de son soutien dans un ruck, par exemple. Il est allé, à deux ou trois reprises, un peu trop loin dans ces charges prenant le risque de s’isoler. Sa partition est tout de fois convaincante, mais il doit encore corriger quelques détails pour devenir le meilleur troisième ligne centre du monde.

De nombreuses satisfactions tant au niveau des joueurs que du jeu

Avec certains joueurs cadres absents (Morgan Parra, Pascal Papé, Nicolas Mas, Mathieu Bastareaud) on pouvait s’attendre au pire. Les premières capes de Camille Lopez en 10 et d’Adrien Planté à l’aile ont été concluantes. Le premier a été l’auteur d’une prometteuse composition, accélérant le jeu avec ses longues passes, attaquant crânement la ligne d’avantage à une ou deux reprises et surtout en jouant parfaitement au pied, chose qui faisait jusqu’à présent défaut aux Bleus. L’entrée de Fred Michalak, qui manque encore de repaires à ce poste, n’aura pas comblé la sortie de l’ouvreur bordelais. Toutefois, Camille Lopez devra être plus agressif en défense (il s’est fait raffûté un peu facilement par Nonu) et réussir dans les tentatives de drops qui sont abordables.

Adrien Planté a été solide à son poste et a percé une fois le rideau black remettant ainsi les tricolores dans le sens de la marche. D’autres joueurs comme Maestri, Vahaamahina, Nyanga, Fofana, Fritz ou bien Huget ont rendu des copies plus que satisfaisantes.

 

Concernant, le jeu la défense française a été à la hauteur de l’événement malgré les deux essais encaissés. Le premier essai néo-zélandais est d’ailleurs entaché d’en en-avant puisque le dernier passeur lâche sa balle avant la ligne des 22 mètres et le récepteur la récupère au delà des 22. Satisfaction aussi sur le premier essai de Fofana idéalement servi par Florian Fritz : Les Bleus ont montré à la meilleure équipe du monde que, eux aussi, savaient marquer des essais de grandes classes. Dommage que d’autres belles actions sont, à deux ou trois reprises, mortes sur la ligne d’essai. Le score aurait pu être différent.

 

Une première rencontre riches en enseignements

Le XV de France doit continuer, en étant plus appliqué encore, un peu plus méchant sur certaines actions tout en préservant cette lucidité. Cette tournée de trois matchs face à ce qui se fait de mieux sur la planète rugby est exceptionnelle en enseignements qu’elle doit nous apporter. Il sera aussi très intéressant de voir comment les entraîneurs vont désormais gérer la concurrence entre Talès, Michalak et Lopez ou celle entre Fritz et Bastareaud. Affaire à suivre donc…

Mister Rugby

All Blacks vs. France : Nous ne raterons ça pour rien au monde !

Chaque sport possède un derby qui lui assure sa renommée. En football les Espagnols l’ont appelé El clasicó ! Bien sûr que Néo-Zélandais et Français entretiennent d’autres rivalités avec d’autres nations. La Bledisloe Cup entre les All Blacks et leurs voisins australiens nous a donné lieu à quelques (très) beaux matchs. La rivalité entre les deux géants du sud, Nouvelle-Zélande et Afrique du Sud, nous réserve des matchs captivants. Que dire des crunchs entre Anglais et Français ? Toutefois, cette concurrence historique entre rosbifs et froggies va bien au delà du rugby et même au delà du sport.

La rivalité Nouvelle-Zélande – France, au contraire, ne concerne que le rugby. C’est bien cela qui les rend aussi puissants, aussi uniques. Les deux pays n’ont rien en commun, ils sont de tailles différentes, n’ont pas de rivalité historique, n’ont jamais entretenu de relation Mère-Patrie/Colonie et ne partagent pas non plus de frontières. Le clasicó de l’ovale est seulement sportif. Même lors de l’affaire Rainbow Warrior, les enjeux sont restés sur le terrain. Il y eut bien quelques journalistes qui tentèrent de lancer vainement des polémiques autour des matchs notamment après l’affaire Bastareaud. Rien de plus.

La vérité, c’est que les deux équipes s’apprécient. Les All Blacks ont énormément de respect pour ces Bleus qui les ont fait tombés plusieurs fois en Coupe du Monde alors qu’ils étaient grands favoris, ils adorent ce côté latin décalé, ils sont amants du beau-jeu à la française et redoutent la fierté combattante des tricolores, avec en point d’orgue le souvenir de la fameuse « bataille » de Nantes en 1986. Les Français reconnaissent les All Blacks, comme la meilleure équipe au monde, parfois arrogants face aux autres nations européennes, les Bleus font preuve d’une grande humilité à chaque fois qu’ils rencontrent les hommes en noir, de peur sans doute de se prendre 60 points.

Alors ne ratez surtout pas ce trophée Dave Gallaher, du nom d’un soldat néo-zélandais tombé lors de la Première Guerre Mondiale. Ces tests-matchs entre Bleus et All Blacks ont contribué à la légende de notre sport !

Un XV de la Rose de gala

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Après deux défaites contre l’Afrique du Sud et l’Australie, l’Angleterre a parfaitement réagi en s’offrant la Nouvelle-Zélande, samedi en test-match à Twickenham (38-21). Grâce à trois essais de Barritt, Ashton et Tuilagi, les joueurs de Stuart Lancaster ont fait forte impression face à des All Blacks qui ont raté leur première période. De son côté, l’Australie l’a emporté au Pays de Galles (14-12). 

A ce niveau-là, il serait presque réducteur d’évoquer un simple tremblement de terre. Car si séisme il y a eu à Twickenham, il a traversé les âges. Le succès retentissant des Anglais face aux Blacks (38-21) fait tomber un nombre incalculable de barrières, d’un strict point de vue statistique mais aussi – et surtout – psychologique. Comme chez les Gallois la semaine dernière, il aurait pu être écrit qu’une soudaine accélération suffirait. Menés 12-0 à la pause, sans point à la mi-temps pour la première fois du 21e siècle, les Blacks ont inscrit 2 essais en 3 minutes peu après le retour des vestiaires. Mais la Rose a décidé d’être vénéneuse. « Je n’y croyais pas vraiment avant le match, admettait Chris Robshaw à la BBC. Pour battre les champions du monde, vous avez besoin d’un peu de chance. Et on en a eu. »

Richie McCaw comptait à lui seul plus de sélections que le pack anglais. Le capitaine et Dan Carter étaient même plus capés à eux deux que l’ensemble des titulaires adverses. Seulement, il est certains matches où l’expérience ne peut pas tout faire. Et cette pénalité inhabituellement manquée par l’ancien Perpignanais à 40 mètres en face des poteaux, après 16 minutes de jeu, était bien un signe. L’Angleterre met fin à une série de 9 défaites de suite contre la Nouvelle-Zélande (sa dernière victoire avait eu lieu à Wellington, 15-13), de même qu’elle stoppe celle de 20 victoires d’affilée des champions du monde. Ce septième succès anglais sur les 35 dernières rencontres entre les deux équipes scelle aussi la deuxième plus lourde défaite de l’histoire des Blacks en tests.

McCaw: « Nous serons de retour »

Jamais la Rose n’avait inscrit autant de points contre les Kiwis, qui n’ont pas subi un écart aussi important face à leurs adversaires du jour depuis 1936 et un 13-0. Les courtes défaites contre l’Australie et l’Afrique du Sud sont oubliées, effacées, balayées. Pourtant, 76 ans plus tard et à la 51e minute du match, qui aurait pu croire à un tel scénario ? Après les essais de Savea (48e) et Kieran Read (51e), qui permettaient aux Néo-Zélandais de revenir à un point suite à cinq coups de pied d’Owen Farrell – qui était de retour à l’ouverture – la messe semblait dite. Les Néo-Zélandais ne recollaient qu’à 15-14 mais comme d’habitude, la machine était enclenchée… Le problème, c’est que justement, les Anglais ne voulaient pas faire comme d’habitude.

Les trois essais de Barritt (20-14, 54e), Ashton (25-14, 58e) et Manu Tuilagi sur une interception (32-14, 63e) ont transporté Twickenham dans une sphère démente. « Je suis juste impressionné par les garçons, déclarait Stuart Lancaster, sélectionneur ébahi du XV de la Rose, à la BBC. On a tous souffert mais on est restés soudés, et c’est juste plaisant qu’ils aient leur rayon de soleil. » Ces 10 petites minutes autour de l’heure de jeu comptent déjà parmi les plus belles de l’histoire du rugby anglais, un tour des réseaux sociaux suffisant à s’en assurer. Les deux équipes finiront à trois essais partout, après un dernier passage dans l’en-but de Savea à six minutes du terme. Mais avec deux autres pénalités de Freddie Burns (67e, 73e), le pied aura creusé un écart béant (38-21).

« On a lutté pour revenir, mais l’Angleterre a particulièrement bien joué, concédait un Richie McCaw beau joueur. C’est tout à leur honneur. On s’était préparés pour une grosse bataille et c’est ce qu’il s’est passé, ils nous ont fait sauter. C’est une bonne équipe et ils ont saisi leur chance, on a lâché à un moment vital. C’est décevant, mais nous serons de retour. » La fameuse thèse de la claque salvatrice… On peut faire confiance à McCaw et ses hommes, car le dernier revers aussi lourd remontait à août 1999 et un 28-7 contre l’Australie. Quant au nombre de points encaissés, le 40-26 d’août 2004 contre l’Afrique du Sud était la dernière référence négative. A ce rythme, il faudra au moins attendre 2017 avant la prochaine rouste.

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Les All Blacks punissent l’Ecosse

La Nouvelle-Zélande a entamé sa tournée d’automne par une promenade de santé en infligeant une correction 51 à 22 (mi-temps: 34-17) à l’Ecosse sur sa pelouse de Murrayfield, se permettant au passage une tranquille revue d’effectif.

L’Ecosse aura en tout et pour tout mené pendant 5 minutes, de la 14e à la 19e minute, après le premier essai de Tim Visser, son « Hollandais volant », à la conclusion d’une perte de balle de Dan Carter. Mais la machine néo-zélandaise s’est ensuite mise en route et les essais noirs, six au total, ont défilé, avec notamment un doublé de l’ailier Julian Savea. Avec 21 points au pied de Carter, la barre des 50 points était dépassée et les Ecossais devront encore attendre pour fêter leur première victoire, avec désormais un compteur indiquant 27 défaites pour deux matchs nuls, le dernier en 1983. Face aux vainqueurs du dernier Four Nations, qui étrennaient dimanche en Europe leur titre de champions du monde 2011, les Ecossais n’ont jamais semblé en mesure de l’emporter, malgré la vitesse de leur ailier néerlandais Tim Visser, auteur d’un doublé, soit quatre essais au total pour lui en trois matches sous le maillot au chardon.

Si elle n’osait rêver tout haut à la victoire, l’équipe entraînée par Andy Robinson espérait au moins terminer la rencontre sur un score honorable. Après sa très belle tournée de juin dans l’hémisphère sud, avec trois victoires, dont une en Australie (9-6), le réveil a été difficile. Pour les Blacks, cette tournée d’automne a par contre démarré idéalement, avec deux nouveaux capés entrés en cours de jeu dimanche, Tawera Kerr-Barlow à la mêlée et Dane Coles au talonnage, et une nouvelle paire de centres Tamati Ellison – Ben Smith qui a passé avec succès l’épreuve du feu. Seule ombre au tableau peut-être: le mauvais geste d’Adam Thompson, le troisième-ligne aile, sorti sur carton jaune à la 45e minute pour avoir marché sur la tête d’un joueur écossais, et qui pourrait être cité et exclu pour le reste du voyage. Attendus désormais en Italie puis au pays de Galles et enfin en Angleterre, les All Blacks n’ont plus connu la défaite depuis dix ans lors d’une tournée en Europe. Il y a bien eu une défaite en 2007, à Cardiff, contre la France, mais c’était lors de la Coupe du monde.

Les All Blacks font le coup de la panne

L’Australie a créé la surprise en neutralisant la Nouvelle-Zélande (18-18), ce samedi, à Brisbane, privant au passage les Blacks du record de victoires consécutives pour une nation majeure. Le XV de France, qui affrontera les Wallabies, le 10 novembre prochain, n’a qu’à bien se tenir.

Cela n’aura pas échapper à Philippe Saint-André, dont les Bleus ouvriront leur série de tests d’automne face à l’Australie le 10 novembre, au Stade de France : on a retrouvé les Wallabies ce samedi, à Brisbane, où l’équipe de Robbie Deans, malgré l’absence d’un quinze titulaire, ou presque, à l’infirmerie, et dix ans de disette dans la quête de cette Bledisloe Cup, acquise avant ce match aux rivaux néo-zélandais, vainqueurs sans appel des deux premières confrontations de la saison entre les deux formations, aura été capable de tenir en échec les All Blacks (18-18). Un nul inespéré et rare –le dernier datait de 1988- qui n’a rien d’anecdotique.

S’il relance l’Australie, ce score de parité prive les champions du monde d’un record de victoires consécutives pour une nation majeure (*), qui semblait tendre leur tendre les bras après un Four Nations immaculé. Un dix-septième succès de rang que les Néo-Zélandais de 1969 et les Springboks de 1998, entraînés par Nick Mallett, qui s’est dérobé à l’occasion du plus mauvais match, sans conteste, des joueurs de Steve Hansen en cette saison post-Coupe du monde. Un seul marqueur pour illustrer cette contre-performance : il faut remonter dix ans en arrière pour trouver la trace d’une rencontre sans essai de la part de Richie McCaw et ses coéquipiers (victoire 12-6, le 13 juillet 2002, ndlr) ! Et l’acharnement mis par ces Blacks dans le temps additionnel pour mettre Dan Carter en position de décocher un drop, finalement mal ajusté, suffit à mesurer la portée de ce coup d’arrêt.

Des Blacks sans essai

La perspective d’un tel record ne semble pas de nature au coup d’envoi à survolter des All Blacks un brin empruntés et coupables surtout d’une indiscipline récurrente au cours de ce premier acte. Une certaine apathie dont les doublures australiennes ne profitent pourtant pas pleinement. Si la botte de Mike Harris est impeccable pour compiler quatre coups de pied gagnants (3e, 28e, 32e, 40e), le réalisme fait défaut à des Wallabies qui ne s’en laissent pas compter par ailleurs, à l’image de ce tête à tête musclé entre Richie McCaw et le flanker Scott Higginbotham. Leur domination tant du point de vue territorial que dans la possession est évidente, mais à l’heure de concrétiser, le bât blesse, à l’image de cet en-avant fatal du talonneur Tatafu Polota-Nau à un mètre de la ligne d’essai adverse (19e). Les champions du monde balbutient leur rugby que viennent gâter des fautes de main inhabituelles. Comme sur ce ballon d’essai qu’échappe Aaron Smith à l’heure d’aplatir sous les poteaux australiens (10e). Un rare temps fort que Dan Carter se charge d’illustrer au tableau d’affichage (7e, 11e). Pour un avantage de six points (12-6) logique en faveur des Australiens à la pause, qui se double d’une supériorité numérique suite au carton jaune de Tony Woodcock (40e).

Ces Blacks n’y sont pas et le deuxième échec de Carter au retour des vestiaires n’indique rien de bon (44e). D’autant qu’un Kurtley Beale très à son avantage et, relais de Harris au but, signe un premier break (15-6, 51e). Ce test bascule sur ce plaquage à l’épaule de Mike Hooper sur Aaron Smith, toujours aussi entreprenant et qui s’échappait sur l’aile. Le carton jaune est inévitable et Carter, après avoir déjà réglé une première fois la mire dans cette seconde période, ne se fait pas prier pour ramener son équipe au contact (15-12, 55e). Beale est en échec à son tour sur une nouvelle tentative longue distance (59e), mais les Néo-Zélandais ne profitent pas de cette supériorité numérique. Cory Jane, tel un funambule sur la ligne de touche, aurait mérité d’inscrire un essai d’exception, mais M. Joubert, convaincu, se passe de la vidéo et refuse de valider l’action (65e). Mais cette équipe-bis de l’Australie gâche sa superbe résistance dans les ultimes minutes, trop fébrile pour concéder l’égalisation à Carter dans un premier temps (15-15, 67e), puis pour la première fois du match, l’avantage au score pour les Blacks, consécutif à ce grossier en-avant d’Adam Ashley-Cooper dans ses 22 mètres (15-18, 70e). Mais cette équipe d’Australie, malgré la fatigue qui accable les deux formations, a des ressources et Harris, en préservant son 100% au pied du jour, offre un nul (18-18, 74e) auquel la tentative de drop de Carter, ratant sa cible au bout du suspense, ne changera rien.

Résumé Wallabies vs. All Blacks