« Castaignède » analyse le tirage au sort et la poule de la France

Fine et complète analyse du tirage au sort du mondial 2015 et de ses conséquences proposées par « Cataignède », un fidèle lecteur du blogue. J’ai pensé que cela méritait bien un post auquel je vous invite à réagir. 

Finir 4ème au classement IRB aura donc eu une utilité : ne pas se retrouver à la place des anglais pour affronter Australie et Galles. Nous héritons d’une poule estampillée Six Nations avec l’Irlande et l’Italie, qui devrait a priori être plus abordable. Pour accompagner ces 2 équipes, nous affronterons « Europe 2 » (Russie ou Roumanie ou Portugal a priori) et « Amérique 1 » (Canada plus probablement qu’USA) qui ne devraient pas poser de problème si on les respecte.

Notre poule D fait largement moins peur que la poule A des anglais, il ne faut pas se le cacher. Mais l’Irlande devrait être un adversaire de taille. Certes, O’Driscoll a déclaré sans surprise qu’il ne serait plus là lors du mondial 2015, mais les irlandais ont montré cet automne que la relève existait avec Zebo, Gilroy, Marshall, Cave, etc… Cette équipe ne sera probablement pas championne du monde dans 3 ans, mais elle a largement le potentiel d’un quart de finaliste voire même d’un demi. Qui plus est, son public se déplacera certainement plus en masse que le nôtre. Les irlandais mettent en effet plus facilement que nous la main à la poche pour aller soutenir leurs joueurs. Le public sera derrière eux indéniablement. L’Italie sera l’outsider de cette poule, ils affronteront la France pour la 1ère fois en CDM alors qu’ils ont déjà affronté l’Irlande en 2011 pour une défaite sans appel 36-6. Mais on peut légitimement penser que l’Italie sera plus forte en 2015 sous la férule de Jacques Brunel alias le sorcier gersois. L’emblématique capitaine Parisse sera toujours là sauf blessure, Castrogiovanni, Zanni, Masi et Mirco Bergamasco aussi. Les jeunes trois-quarts actuels comme Venditti ou Benvenutti auront pris de l’expérience. Mais cette équipe ne pourra pas atteindre les quarts si elle n’améliore pas sa charnière et son efficacité à marquer dans ses temps forts. Pour l’instant, je ne la vois pas battre l’Irlande et la France. Mais dans 3 ans, qui sait ?

Si la France se qualifie pour les quarts, elle affrontera soit l’Argentine soit la Nouvelle Zélande. Si elle finit 1ère de la poule D, l’adversaire probable à 90% sera l’Argentine, certainement 2ème de sa poule derrière les All Blacks. Je ne parle pas de l’éventuelle demi, car c’est à la fois s’aventurer trop loin et l’adversaire sera de toute façon de très gros calibre quel qu’il soit.

Pour jeter un coup d’œil sur les autres poules, on peut voir que la Nouvelle-Zélande et l’Argentine ont un horizon dégagé dans la poule C, même si l’Argentine devra se méfier des Tonga. L’Afrique du Sud est l’immense favori de la poule B où l’Ecosse et les Samoa devraient se disputer la 2ème place, avantage aux Samoa sur la forme actuelle. Mais l’Ecosse est fière et elle évoluera quasiment à domicile et que diable, elle se refera quand même la cerise d’ici 2015. La poule A est de la muerte avec l’Angleterre, l’Australie et le Pays de Galles. L’Australie doit se dire qu’elle a vraiment la scoumoune, car après avoir évolué toute l’année amputée de ses meilleurs éléments, elle a tout de même réussi à préserver sa place dans le top4 pour au final se taper Angleterre et Galles chez eux !! C’est pas de veine. Connaissant la fierté anglaise et leur capacité à se transcender quand ils l’ont décidé (ils l’ont encore montré d’éclatante manière face aux Blacks ce w-e), je suis sûr que les anglais finiront 1er de leur poule. Je vois l’Australie et Galles se battre pour la 2ème place et d’ici là, les aussies auront retrouvé tous leurs talents et même de nouveaux, tandis que les gallois sauront bien retrouver leurs vertus de l’an dernier. Pour un simple amateur de rugby, la poule A sera passionnante quelque soit le résultat.

Hâte d’y être et Allez la France !!

De notre envoyé spécial Castaignède, le joueur

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Mondial 2015 : la France tête de série mais pas à l’abri

La Coupe du Monde de rugby 2015 en Angleterre débute lundi à Londres avec le tirage au sort des poules que la France aborde avec le rang de tête de série aux côtés de la Nouvelle-Zélande, de l’Australie et de l’Afrique du Sud, un privilège qui n’exclut pas quelques surprises.

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ne seule fois, en sept éditions, le XV de France a dû affronter l’une des trois nations majeures de l’hémisphère Sud en phase de poule de Coupe du Monde: les All Blacks en 2011, en Nouvelle-Zélande de surcroît. Un mois avant de s’incliner en finale à l’Eden Park (8-7).

Trois ans auparavant, en 2008, le XV de France de Marc Lièvremont n’avait pas réussi à arracher le statut de tête de série pour le fameux tirage au sort. Celui de Philippe Saint-André y est parvenu en 2012 en réalisant un sans-faute face à l’Australie (33-6), l’Argentine (39-22) et les îles Samoa (22-14) lors des test-matches de novembre. Sage précaution: l’Angleterre, dépossédée de la quatrième place, s’est réveillée samedi en terrassant les All Blacks à Twickenham (38-21).
Les Français ont donc évité All Blacks, Wallabies et Springboks au moins jusqu’au quarts de finale. Avantage déterminant ? Il n’y a pas de science exacte en la matière. Lors des deux dernières Coupes du Monde en 2007 et 2011, les finalistes, l’Angleterre et la France, figuraient dans la poule du futur vainqueur, l’Afrique du Sud et la Nouvelle-Zélande.
A ce jeu, les Français pourraient bien se retrouver dans la poule de l’Angleterre, nation organisatrice, rival historique éliminé en quart de finale en 2011 (19-12). De quoi pimenter d’ores et déjà le prochain déplacement des Français à Twickenham le 23 février dans le Tournoi des six nations.
A défaut du XV de la Rose, les Français récolteront l’Irlande, les surprenantes îles Samoa ou l’Argentine. Les Pumas seront en 2015 un adversaire redoutable pour la première place de la poule, forts d’une expérience de quatre ans dans le Four Nations. A défaut, les souvenirs des confrontations avec les Argentins en France en 2007 sont encore vifs.
Les progrès de l’Argentine et des îles Samoa mais aussi la série noire du pays de Galles, les difficultés de l’Italie et la crise en Ecosse concoctent un troisième chapeau particulièrement relevé. Sans oublier les îles Tonga qui viennent de s’imposer en Ecosse et qui avaient administré une leçon inoubliable aux Français à Wellington en 2011 (19-14).
Les hasards du tirage au sort pourraient donc créer une poule à trois nations majeures européennes alors que l’hémisphère Nord n’a touché le trophée qu’une seule fois en sept tentatives, grâce à l’Angleterre de Jonny Wilkinson en 2003. Les nations qui composeront les quatrième et cinquième chapeaux seront connues à l’issue du long processus des qualifications régionales et des barrages.
Les chapeaux du tirage au sort (à partir de 15h00 GMT):

Chapeau 1: Nouvelle-Zélande, Afrique du Sud, Australie, France
Chapeau 2: Angleterre, Irlande, Samoa, Argentine
Chapeau 3: Pays de Galles, Italie, Tonga, Ecosse
Chapeau 4: Océanie 1, Amérique 1, Asie 1, Europe 1
Chapeau 5: Afrique 1, Amérique 2, Europe 2, repêchage
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Classement IRB : La France ne sera pas tête de série du prochain mondial

Même si le dernier match contre l’Argentine aura apporté son lot de satisfaction les joueurs français pourront longtemps de se mordre les doigts et se tirer les cheveux de ne pas avoir gagné ce premier test face à de jeunes Pumas « abordables ». En effet, cette défaite empêche la France d’accéder au carré d’as mondial qui lui aurait permis d’être tête de série de la prochaine Coupe du Monde 2015 en Angleterre. Il s’agit d’un premier faux pas qui pourrait nous coûter cher : Les Bleus devront affronter l’Angleterre, l’Afrique du Sud, l’Australie ou la Nouvelle-Zélande. Rappelons que sans la victoire du Canada sur les Tonga, la France se serait retrouvé éliminée des phases de poule du dernier mondial, d’où l’intérêt de tomber dans une bonne poule. Il faut reconnaître que dans le groupe des challengers il y a aussi d’autres sérieux clients comme le Pays-de-Galles qui a tous les atouts pour remporter le prochain mondial.

Coupe du monde de Rugby: Victoire du Mexique pour l’ouverture des éliminatoires

Le Mexicain Juan-Pablo Andrade déborde la défense Jamaïcaine.

L’équipe de rugby du Mexique a surclassé samedi la Jamaïque 68-14 lors du premier match des éliminatoires de la Coupe du monde de rugby qui sera disputée en 2015 en Angleterre. 

Quatre-vingt pays tenteront de décrocher leur ticket pour avoir le droit de participer au huitième mondial de l’histoire de rugby.

A Mexico, devant 2.000 supporteurs, las serpientes (les serpents) ont largement dominé les Jamaïcains.

«L’équipe a bien joué (…). Lors de la deuxième mi-temps, avec l’altitude et les conditions de jeu, la Jamaïque n’a pas pu revenir», a déclaré l’entraîneur Simon Pierre, sous le regard du sud-africain Craig Joubert, bien connu des Français en raison de son arbitrage contesté lors de la finale de la Coupe du monde entre la France et la Nouvelle-Zélande (8-7).

Les spectateurs ont pu admirer la coupe Webb Ellis, qui était exposée au bord du terrain dans ce stade situé à l’intérieur d’une université.

Douze nations sont déjà qualifiées pour le mondial anglais, à savoir l’Afrique du Sud, l’Argentine, la France, le Pays de Galles, l’Ecosse, l’Irlande, l’Italie, la Nouvelle-Zélande, l’Australie, les Tongas et les Samoas.

 

Et si on organisait le mondial 2023 ?

Les Stades de Provinces qui pourraient accueillir le Mondial de rugby 2023

Un grand stade à Paris conçu spécialement pour le rugby, peut-être un autre à Toulouse, de futurs beaux stades en province et un fuseau horaire qui rassure les télévisions. Il n’y a que des bonnes raisons  pour organiser le mondial en France !

La Coupe du Monde aura lieu en Angleterre en 2015 et au Japon en 2023. La stratégie de l’IRB, bien recommandée par la RWC Ltd. société chargée de l’organisation du Mondial, est très claire (cf article) : Alterner entre des candidatures de nations rugbystiques historiques, comme l’Angleterre et les Nations où le rugby est en développement comme c’est le cas du Japon, mais toujours choisir un pays a fort potentiel, connue pour ses infrastructures sportives, touristiques et son savoir-faire dans l’organisation des grands événements afin de ne pas rééditer le gouffre financier que fut le Mondial néo-zélandais.

Les Etats-Unis et le Canada candidats pour 2023

Après le Japon en 2023, le tournoi international devrait retrouver une nation historique. Laquelle ? Pour les raisons expliquées plus haut on peut déjà écarter la candidature commune du Canada et des Etats-Unis, même si ces deux pays présentent à eux deux un énorme potentiel pour le rugby et disposent d’infrastructures hors normes. Je vois deux pays qui même s’ils n’ont pas encore présenté leur candidature semblent en position très favorables :

–          L’Afrique du Sud : Grand pays de rugby qui dispose des infrastructures sportives et de l’expérience réussie du mondial de football 2010. Il s’agit d’un pays en forte croissance et c’est un peu la mode d’organiser ce genre de manifestations sportives dans des BRICS.

–          La France : Qui a organisé le plus grand mondial de l’histoire en 2007 (en attendant celui de 2015 en Angleterre qui devrait battre les records français), qui dispose d’un savoir-faire énorme pour l’organisation de ce genre d’événement et qui bénéficiera après l’Euro 2016 d’un parc de stades un peu plus conforme à son rang.

Ces deux pays ont la chance de se trouver sur le fuseau horaire Europe – Afrique du Sud ce qui est primordial pour les télévisions. Après le Mondial 2019 au Japon, soyons certains que les annonceurs souhaiteront retrouver des horaires plus convenables pour vendre l’évènement aux télé européennes qui en sont les vaches à lait.

 Avec l’Italie et l’Espagne pour une candidature méditerranéenne ? 

Si la Fédération souhaite disposer de son grand-stade en 2017, ce mondial en 2023 arriverait à point nommé pour rentabiliser un peu l’investissement placé dans cet outil de travail. Un tel mondial permettrait aussi de relancer l’idée de René Bouscatel de construire un stade de 60 000 places dans l’agglomération de Toulouse. Je préconise que l’organisation du mondial se fasse avec l’appuie des Italiens et des Espagnols à qui on laisserait l’organisation de 6 ou 7 matchs à Barcelone, Milan, Madrid ou Rome dont un quart-de-finale comme nous l’avons fait avec les Celtes en 2007. L’IRB pourrait être intéressé de vendre le produit Coupe du Monde de Rugby dans ces Pays qui sont aussi de fort potentiel pour la croissance de notre sport. Une telle manifestation sportive sur notre territoire serait l’occasion pour des villes comme Nantes, Toulouse ou Strasbourg de refaire leur retard en termes de stades à grandes capacités. Alors on transforme l’essai ?

Un XV de France pour 2015

S’ouvre devant nous une nouvelle ère pour le XV de France avec à l’horizon la Coupe du Monde 2015 en Angleterre. Je vous propose ma sélection faite essentiellement d’espoirs qui devraient atteindre leur plénitude en 2015. Certains joueurs sont déjà très connus du grand public, d’autres pointent le bout de leur nez chez les pros. Tous ont du talent et à mon sens un potentiel au niveau international. Revue d’effectif.

1-      Thomas Domingo (Clermont-1985) : Il ne doit sa non-sélection au dernier mondial qu’à cause d’une sale blessure. Il fait déjà parti du gotha des meilleurs piliers du monde. Il a la chance d’évoluer dans un club qui joue et devrait continuer à jouer les premiers rôles en France et en Europe. Forcément indispensable au XV de France. 

2-      Dimitri Szarzewski (Paris-1983) : J’ai longuement hésité entre Dimitri Szarzewski et Guilhem Guirado qui monte en puissance, qui est plus jeune et qui offre un profil similaire. Le futur talonneur du XV de France aura la très lourde tâche de remplacer William Servat, dans cette perspective le Parisien qui aura 32 ans en 2015 et fort de ses expériences des mondiaux de 2007 et 2011 semble prendre une longueur d’avance.

 

 

3-       Clément Ric (Clermont-1988) : C’est le nouveau Christian Califano, aussi habille balle en main et coureur que ne l’était l’ancien pilier toulonnais du Stade Toulousain. Il joue à Clermont où il réalise un excellent début de saison. Sa complémentarité avec Thomas Domingo est une assurance, il devrait apporter des solutions dans le soutien offensif.

 

4-      Mickaël De Marco (Montpellier-1989) : Philippe Sella, entraineur des Bleuets, le présente comme « un sacré numéro ». Très complet, pousseur, sauteur, cet athlète déplace ses 118 kilos comme un troisième-ligne. Très généreux dans l’effort et avec un sang bouillonnant, il doit encore apprendre à canaliser son surplus d’énergie. 

 

 

5-      Sébastien Vahaamahina (Perpignan-1991) : Même s’il est encore très jeune et pas forcément complémentaire avec Mickaël De Marco (même génération et profil comparable), même si contrairement à d’autres espoirs il a très peu joué avec l’USAP, Sébastien Vahaamahina est mon coup de cœur : Ses capacités athlétiques hors du commun, sa gestuelle, sa puissance et sa vitesse m’ont impressionné lors des matchs avec les Bleuets.  

6-      Fulgence Ouedraogo (Montpellier-1986) : L’ancien « chouchou » de Marc Lièvremont doit encore progresser dans son jeu. Je le trouve personnellement encore un peu tendre. Il doit devenir plus méchant encore. Cependant, c’est un joueur qui couvre du terrain, un coureur infatigable. Il est très mature pour son âge, on sent qu’il a l’âme d’un leader, d’un cerveau dont l’équipe aura besoin pour franchir les matchs de phases finales, les uns après les autres. Il serait un parfait capitaine pour mon XV de France. 

7-       Antoine Burban (Paris-1987) : Antoine Burban est jeune est a déjà une sacrée expérience en club au poste de troisième-ligne aile avec notamment un titre de champion de France alors qu’il n’a que 20 ans. Il a été aguerri dès son plus jeune âge aux joutes européennes. A l’image de Fulgence Ouedraogo il a la réputation d’être un joueur « intelligent » dixit Fabien Galthié. Il a été plusieurs reprises aux portes de l’équipe de France et plusieurs fois écarté à la dernière minute pour des raisons médicales. Il est peut-être temps de rectifier le tir en lui donnant sa chance en bleu.

8-        – Raphaël Lakafia (Biarritz-1988) : On le sait habille ballon en main, explosif, perforant et réguliers dans ses performances avec le Biarritz Olympique. Né dans une famille de sportif, Raphaël Lakafia a tout pour devenir un très grand troisième-ligne centre. Il pourrait d’ailleurs prendre une place de titulaire selon la configuration du match. Il pourrait aussi rentrer en fin de rencontre quand le jeu commence à se débrider pour faire la différence face à ses vis-à-vis. Louis Picamoles, peut également jouer à ce poste en fonction de la tactique à adopter, le Toulousain peut apporter plus de puissance au pack si besoin est.   

9-      Morgan Parra (Clermont-1988) : Il y aura, espérons-le, d’autres numéro 9 qui se révéleront d’ici 2015. Le Catalan Florian Cazenave pourrait-être de ceux-ci. Mais comment se passer de Morgan Parra ? Son jeu et la parfaite synthèse entre le demi-de-mêlée vif et le calculateur. On a pu voir que son petit gabarit ne constituait pas un handicap et qu’il ne se dégonflait jamais en défense quitte à faire sacrifice de son corps. Il est doté d’un sacré tempérament et son aura pèse déjà sur le jeu du Clermont Auvergne comme sur celui du XV de France. J’en fais mon capitaine de jeu.

 

10-  François Trinh-Duc (Montpellier-1986) : Sa rentrée sur le terrain lors de la finale a été salvatrice, FTD a apporté au XV de France de sa superbe. Il lui reste à devenir plus régulier dans le jeu au pied, à mieux contrôler les temps faibles et forts lors d’un match international. Mais son expérience avec les Bleus et Montpellier joueront probablement en sa faveur, d’autant plus que le MHR jouera la Heineken Cup dès cet automne. Son entente et sa complémentarité avec Morgan Parra devrait lui permettre de briguer le poste avec à l’horizon la Coupe du Monde 2015.  

11-   Maxime Médard (Toulouse- 1986) : Maxime Médard a alterné le bon et le moins bon en bleu. Il lui manque parfois un peu de tonicité pour être un vrai finisseur. En revanche il a fait valoir ses qualités de relanceur. Le joueur ne manque pas de tempérament et d’ambition et l’a fait savoir à ses aînés dès son arrivée dans l’équipe première du Stade toulousain. On a besoin de ce genre de tempérament dans une équipe. Il me semble complémentaire avec Benjamin Fall, notamment dans le jeu au pied car l’un et gaucher l’autre droitier.

12-  Maxime Mermoz (Perpignan-1985) : Tous ceux qui auront suivi la saison de l’USAP 2008-2009 n’en douteront pas, Maxime Mermoz a l’étoffe d’un très grand. Capable de pénétrer en force avec son raffut dévastateur, l’ailier catalan préfère prendre les intervalles grâce à ses appuies de feu et une gestuelle hors du commun. On l’a vu lors du match de préparation contre l’Irlande à Bordeaux, Maxime Mermoz peut devenir le maître à jouer des lignes arrières, il a tout pour devenir le Zizou du rugby français comme son pote Dan Carter l’est avec les All Blacks. De plus son jeu au pied long devrait pouvoir épauler François Trinh-Duc en cas de besoin.  

13-  Mathieu Bastareaud (Toulon-1988) : Je rêve d’une paire de centre Maxime Mermoz-Mathieu Bastareaud. Les deux centres sont complémentaires, la France a même la possibilité d’avoir la meilleure paire de centre au monde avec ces deux-là. Mathieu Bastareaud nécessite souvent deux défenseurs pour pouvoir le stopper, voilà qui devrait libérer des espaces pour le centre catalan. Cette association serait un véritable poison pour les défenses adverses qui deviendrait vite folles. François Trinh-Duc pourrait, lui aussi, profiter de cette association du feu de dieu. Mathieu Bastareaud est encore jeune, il est passé par des moments difficiles qui l’ont probablement blindé psychologiquement et le rendront encore plus fort : Ce joueur n’est pas seulement un autobus qui peut emporter quatre défenseurs dans son sillages, c’est aussi un bon joueur qui sait négocier parfaitement un deux contre un, capable de jouer au pied pour lui-même. A ma connaissance l’association Mermoz-Bastareaud n’a été essayée qu’une seule fois en 2009 lors du deuxième test-match perdu contre les All Blacks (défaite 14 à 10). 

14-    Yoann Huget (Bayonne-1987) : Bien sûr le jeune joueur n’a pas encore complètement convaincu avec le maillot bleu, mais il faut reconnaître qu’à chaque fois qu’il a été sélectionné l’équipe de France a été en difficulté et qu’il est loin d’être le seul à avoir fauté. Il serait peut-être temps de revoir le Bayonnais dans de meilleures dispositions. Sa mise au vert suite à l’affaire des contrôles anti-dopage ont dû le renforcer mentalement. Il continue d’être l’un des ailiers les plus brillants du Top 14. Comme Benjamin Fall il possède une grande taille qui devrait permettre aux Bleus de gagner les duels aériens. 

15-  Benjamin Fall (Racing-1989) : A cause d’une rupture d’un ligament croisé, Benjamin Fall sera absent pendant plusieurs mois des terrains. Benjamin dispose des qualités athlétiques pour qu’il puisse retrouver son jeu, celui qui a fait la force de l’Aviron Bayonnais il y a deux ans. Sa polyvalence aux ailes et à l’arrière permettra aux futurs entraineurs du XV de France d’alterner avec Maxime Médard et d’offrir plus de nouvelles possibilités d’organisations offensives.

 

 Remplaçants : 

Guilhem Guirado (Perpignan-1986) : Il a réalisé pour l’instant des performances moyennes en bleu, en revanche il monte en puissance avec son club et devient un talonneur incontournable. Solide en mêlée fermée, bons dans ses lancers en touches, il est aussi assez mobile sur un terrain et peut se transformer en redoutable plaqueur.

Fabien Barcella (Biarritz-1983) : Il était devenu LA référence mondiale au poste de pilier droit, puis des blessures à répétition l’ont écarté longtemps du terrain et est revenu au premier plan lors de cette Coupe du Monde, il est encore loin du niveau qui était le sien en 2009, époque où il pliait tous ses adversaires, plaquait férocement, offrait des percutions de grandes qualités. Il semblerait cependant qu’aujourd’hui Thomas Domingo ait une petite longueur d’avance.

Loïc Jacquet (Clermont-1985) : Sélectionné en équipe de France par Bernard Laporte dès son plus jeune âge à l’occasion du match du centenaire contre les All Blacks en 2006, puis encore une fois en 2008 lors de la prise de fonction de Marc Lièvremont. L’ancien capitaine de l’équipe de France des -21 ans, championne du monde en 2006 ne sera plus jamais rappelé en équipe de France. Ces performances en club devraient le remettre sur le devant de la scène.

Yannick Nyanga (Toulouse-1983) : Il était présenté en 2004 comme LE grand espoir français en troisième-ligne, réussissant même à se glisser dans le XV IRB de l’année dès sa première saison comme internationale. Des blessures à répétition l’ont écarté des terrains. Il est revenu en forme avec le Stade Toulousain. Il est capable de jouer aussi bien en troisième-ligne aile qu’en numéro 8. C’est un très bon joueur en touche. Cette longue absence en équipe de France l’aura probablement marquée et il pourrait être revanchard.

Frédéric Michalak (Natal Sharks-1982) : En 2015, il n’aura « que » 33 ans, l’âge de grâce pour un poste où l’expérience fait la différence. On ne présente plus Fred Michalak, il vient de fournir une très belle prestation en Currie Cup. J’ai hésité entre Fred Michalak et Lionel Beauxis, mais finalement je crains que le deuxième souffre du même problème que le premier ces dernières saison : le manque de temps de jeu à Toulouse. De plus l’ancien toulousain peu dépanner à la mêlée si besoin est.

Jonathan Danty (Paris-1992) : Le « pitchoun » du groupe. A seulement 19 ans il accumule le temps de jeu avec son club, il a réalisé de bonnes prestations avec les Bleuets. C’est un centre rapide doté d’une bonne technique individuelle. Sa pointe de vitesse devrait permettre de le placer éventuellement à l’aile en cas de besoin.

 

Jérôme Porical (Perpignan-1985) : Certains diront qu’il n’a jamais convaincu en Bleu, mais à chaque fois qu’il a été essayé l’équipe de France a joué de manière catastrophique oubliant les replis offensifs et mettant l’arrière catalan dans une position délicate. Dans une fin de match, il peut permettre à l’équipe d’occuper le terrain adverse, de plus il est capable de buter de loin.

Des racines et des ailes

L’International Rugby Board a donné son verdict sans aucune surprise puisqu’elle aura scrupuleusement suivi les conseils de la RWCL (Rugby World Cup Limited, société en charge de l’organisation du Mondial). Ainsi, l’Angleterre en 2015, puis le Japon en 2019 seront les organisateurs de ce qui est devenue l’un des événements sportifs majeurs. En tant que Latins, nous pouvons regretter que la candidature italienne qui était de qualité n’ait pas été retenue, mais il faut reconnaître que l’Angleterre et le Japon devrait pouvoir permettre d’accroitre encore un petit peu plus la notoriété de notre sport.

 

Des racines : Angleterre 2015

Wembley, futur théâtre du Mondial 2015

Wembley, futur théâtre du Mondial 2019

 

Pour la première fois l’Angleterre organisera seule la Coupe du Monde de rugby. Un succès de plus pour l’Angleterre qui organisera les JO de 2012, la Coupe du Monde de rugby à XIII en 2013 et pourrait obtenir le Mondial de football en 2018 ou 2022 ! Alors qu’en France, les projets de grands stades à Lyon, Lille, Nantes sont controversés et mis en péril, de l’autre côté de la Manche on se pose moins de questions. Les infrastructures sont tout simplement les meilleures du monde : Ainsi 10 villes anglaises accueilleront le mondial 2015 qui se jouera dans des stades plus mythiques les uns que les autres : Wembley (90 000 places), Old Trafford (76 000), l’Emirate Stadium (60 000), Ellan Road (42 000), Anfield (45 000), le Millenium Stadium (75 000) et bien sûr le mythique Twickenham (82 000). Pas étonnant que les Anglais prétendent organiser le mondial le plus fructueux de l’histoire et tablent sur un bénéfice de 348 millions d’euros.

 

Des ailes : Japon 2019

Le Hong Kong Stadium devrait accueillir des matchs du Mondial 2019

 

Après un retour aux sources en Angleterre, berceau de ce jeu, la Coupe du Monde prendra son envol vers l’Asie pour la première fois de son histoire. Mais les responsables de l’IRB et de la RWCL ne sont pas fous pour autant. En choisissant le Japon, autre grande puissance de ce monde, ils garantissent un autre succès commercial, que des pays comme l’Afrique du Sud ou la Nouvelle Zélande ne peuvent garantir. On ne le dit peut être pas assez mais le Japon est aussi l’une des plus grandes fédérations de ce monde. De plus, à la demande de l’IRB le Japon a ouvert sa candidature à Singapour et à Hong-Kong (La Mecque du rugby à 7) choix judicieux car l’Asie est LE continent qui est aujourd’hui est en pleine croissance. Les retombées seront forcément importantes pour le petit monde de l’ovale. Il est évident que l’enjeu est aussi de démontrer à ses messieurs du CIO que le rugby est aujourd’hui prêt à s’ouvrir sur le monde dans l’espoir d’obtenir une place pour le rugby à 7 aux JO, mais il s’agit là d’une toute autre histoire…