Carton rouge : L’Arena 92 en danger !

La maquette de la future Arena 92 de Nanterre. Un magnifique stade pour le rugby en danger !

Je vous ai déjà parlé du projet ambitieux de Jacky Lorenzetti de créer une Arena multifonction dans le quartier de la Défense au pied de la Grande Arche. Cette Arena devrait servir en premier lieu à l’équipe du Racing-Métro 92 qui disposerait ainsi d’un vrai outil qui permettrait au rugby dans son ensemble de se développer. Soulignons que cette initiative est 100% privée et que le rugby de club aura de plus en plus besoin de ce genre de stade car il pourra de moins en moins compter sur les aides des collectivités territoriales (communes, départements, régions). Rappelons que cet écrin ne servira pas uniquement à des matchs de rugby, mais des concerts pourront y être organisés, Paris pourra enfin disposer d’une grande salle de concert de plus de 20 000 places comme les autres capitales européennes, par ailleurs cette salle devraient servir également à recevoir les matchs de la Coupe du Monde de Handball en 2017. Cela permettrait aussi aux clubs de hand et/ou de basket parisiens de disposer, pourquoi pas, à leur tour d’un bel outil pour se développer.

Seulement une des associations de riverains s’est opposée au projet par peur des nuisances sonores. Les promoteurs ont donc inviter les riverains afin de répondre à leurs inquiétudes et ont apporté un certain nombre de garanties. Une étude a été faite par un cabinet indépendant qui démontre que les nuisances sonores les jours de matchs et d’événements seront minimes. Les trois associations de riverains d’abord légitimement préoccupées ont fini par trouver un accord. Malgré tout, une toute petite poignée réunie autour d’un groupuscule s’oppose farouchement à la construction de cette Arena 92. Or, lorsqu’on regarde les noms qui composent cette ténébreuse association répondant au nom de GAP (Groupe d’Action et de « Propositions » pour l’aménagement de Nanterre) on se rend compte qu’elle est en fait composée de membres ou d’élus du Parti Socialiste. En effet Nanterre, est la seule ville des Hauts-de-Seine qui soit ancrée à gauche (Monsieur Jarry, son maire et Communiste). Un lieu stratégique pour le parti de la majorité. Pourtant cette Arena créerait à Nanterre des milliers d’emplois dont un grand nombre seraient permanents. Il s’agit d’un investissement de 614 millions d’euros dans une commune qui n’en paierait pas un seul centime. Messieurs Patrice Marchal, Christophe Heraud, Olivier Doyen et Gwenaël Luneau, tous élus ou membre d’un même parti politique, savent parfaitement tout cela, mais à l’intérêt supérieur de leur commune, aux milliers d’emplois, donc de cotisations sociales ils préfèrent leurs carrières et leurs objectifs politiciens personnels.

Pourtant, face à un football qui est en train d’investir massivement dans des infrastructures haut-de-gamme, le rugby français est en manque de ce type de projet. L’intérêt supérieur du sport français devraient compter davantage que la carrière politique de quelques arrivistes. C’est pourquoi je tenais à apporter, à titre personnel, tout mon soutien à Jacky Lorenzetti, à Monsieur Patrick Jarry, maire de Nanterre pour que ce projet aboutisse. A leurs détracteurs je ne pourrai que leur sortir mon carton rouge !

Mister Rugby

Groupe Facebook Arena Nanterre La Défense

La LNR lance le Label Stade

 La Ligue Nationale de Rugby a décidé de créer un Label Stade LNR,  l’objectif étant de fournir aux 30 clubs professionnels un outil leur permettant d’identifier clairement les axes de développement pour faire des infrastructures un levier de développement. Seront auditionné uniquement les stades résidents, exit donc les stades où ont lieu des délocalisations. L’obtention du Label Stade LNR ne sera pas obligatoire pour jouer en Top 14 ou en ProD2, néanmoins la ligue prévoit de créer un Fond Label Stade LNR dont les ressources seront issues de la commercialisation des droits TV-Marketing et dont le montant redistribué au club augmentera en fonction de l’obtention du label.

Quel est ce Label Stade LNR, et sur quels critères est-il attribué ?

 

La labellisation s’effectue à partir d’un cahier des charges reprenant un ensemble de 159 critères répartis en 6 zones (caractéristiques générales, zone compétition, zone grand public, zone médias, zone VIP, autres). En fonction du nombre de points obtenus les stades auditionnés pourront obtenir le Label Stade Rugby Pro (une étoile) ou bien le Label Stade Rugby Elite (2 étoiles) et auront une durée de vie de 4 ans. Pour obtenir le Label Stade Elite il faudra obtenir un ensemble de 479 points sur les 805 possibles.

Conclusion

Cette labellisation fait suite aux colloques des stades qui eut lieu il y a un petit peu plus d’un an et dont les principaux acteurs avaient tiré la sonnette d’alarme insistant sur la vétusté des stades des clubs professionnels. La LNR a donc décidé d’accompagner les clubs dans leur développement par l’intermédiaire de ce nouveau label. Certains pouvoir public n’ont pas cependant dénoncé une mesure qui devrait inciter les collectivités territoriales dont la plupart sont propriétaires des stades à mettre la main à la poche.

Le communiqué de la LNR concernant la labellisation

Le Racing construit pour durer

Le futur centre d'entrainement du Racing devrait ouvrir ses portes en 2012

Si Dan Carter aurait pu porter les couleurs ciel et blanc la saison prochaine, le Racing-Métro 92 a finalement préféré rester sage sur le marché des transferts. L’ambition des Ciel et blanc ne se dément pas pour autant, à l’image de son futur centre de formation au Plessis-Robinson, qui en attendant l’Arena 92, continue de structurer un peu plus le club francilien.

Jacky Lorenzetti peut bien porter une attelle et en être quitte pour trois semaines d’immobilisation suite à une mauvaise chute et à une opération de l’épaule, son Racing, c’est du solide ! Là où ses rivaux et concurrents ont pour la plupart fait feu de tout bois pour attirer de nouvelles stars dans le Top 14 la saison prochaine, le club francilien se démarque en composant un recrutement très sage, très jeune et très porté sur la Pro D2 pour retoucher l’effectif du Racing à la veille de la prochaine saison (voir Lorenzetti : Pas de Galactiques !).

Même si Dan Carter fut un temps approché, le président du Racing, sur les conseils de son entraîneur, qui l’aura dissuadé de l’opportunité de s’attacher les services de l’ouvreur all black, a misé sur la stabilité d’un effectif censé arriver à maturité lors de cette troisième saison de Top 14 depuis le retour du club dans l’élite. Et choisi dans le même temps de poursuivre le colossal travail entrepris pour structurer le club. Car si le Racing brûle les étapes sur le terrain, il s’emploie à redevenir l’égal des meilleurs, sinon le meilleur, également en dehors. « On est dans une phase ascensionnel au niveau économique et on se rapproche de l’équilibre financier« , se félicite Lorenzetti, qui voit grand, très grand pour son club.

De La Défense au Plessis-Robinson…

Il y avait l’Arena 92, le futur stade du Racing d‘une capacité de 32 000 places assises, espace multimodal ultramoderne avec un terrain de rugby, doté d’une pelouse synthétique dernière génération et d’un toit amovible, convertible en salle de spectacle et des bureaux professionnels sur 30 000m², financé essentiellement par des fonds privés et appelé à sortir de terre derrière la Grande Arche de La Défense, sur le territoire de Nanterre à l’horizon du troisième trimestre 2014. Un écrin inédit dans le rugby français, digne des ambitions de l’équipe de Pierre Berbizier.

Il y aura aussi l’écrin du Plessis-Robinson et son centre d’entraînement lui aussi ultra-moderne. »Le troupeau a apprécié l’herbage. » C’est par ces mots que Berbizier avait consacré le mois dernier le premier entraînement du Racing-Métro 92 au Plessis-Robinson. Une première qui en appelle d’autres puisque Jacky Lorenzetti signait à cette occasion avec le maire de la ville des Hauts-de-Seine le partenariat qui permettra d’ici le 30 juin 2012 l’érection d’un nouveau centre d’entraînement (1 terrain naturel, 3 terrains synthétiques, 1 000 mètres carrés de bureaux, salle de musculation, club-house, piscine de rééducation et de soins, programme de 40 logements, salles de classe,…). « Quelque chose d’esthétique et de pratique, tout en conservant l’intimité et la convivialité de la Croix-de-Berny au Plessis-Robinson« , annonce le président Lorenzetti.

Après l’Arena 92, c’est un autre outil flambant neuf, couplé au centre de formation et au siège social, dont va se doter le club francilien pour une valeur d’environ 10 millions d’euros, là encore à la charge du Racing pour l’essentiel.
La marque du souci apporté à la formation au sein du club. Un secteur pour lequel l’encadrement a souhaité la création d’un poste spécifique. Ancien joueur (1980-1987), ancien entraîneur (1987-1988) et ancien manager (1996-1998) du Racing, Christophe Mombet endossera la fonction de Directeur du rugby au sein du club. Jusqu’alors en poste en tant que Directeur technique national adjoint, en charge de l’équipe de France des -19 ans, Mombet, heureux comme il le dit « de participer au projet d’avenir du rugby français« , aura la responsabilité de la formation à travers les écoles de rugby de Nanterre, Colombes et du Plessis-Robinson, mais aussi de ce nouveau centre de formation du Plessis-Robinson, sous l’autorité sportive de Pierre Berbizier. Pour ce dernier, « c’est le choix de la compétence au travers de l’expérience et du parcours de Christophe, c’est également le choix du retour d’un vrai Racingman dans notre structure. Avec cette compétence qui va nous permettre de renforcer notre formation. » Un projet d’ensemble, structuré et construit pour durer : ce Racing pense décidément à tout.

Source : rugbynews.fr

Et encore l’Arena 92…

Voici encore quelques dessins de la future Arena92, un si beau stade on ne s’en lasse pas !  L’écrin  devrait être modulable est transformable en salle de concert où la qualité acoustique sera meilleure qu’à Bercy ou au Stade de France. Christian de Porzanparc, qui réalise son premier stade, est un spécialiste des salle de spectacles et lauréat du prix Pritzker (le Nobel des architectes en 1994). Le Stade-salle de concert accueillera aussi 30 000m² de bureaux et des boutiques au rez-de-chaussée. On a pu apprendre que les spectateurs se trouveront seulement à 4.50 mètre de l’air de jeu. Eclairée de nuit, l’Arena permettra d’afficher le nom des événements qui s’y déroulent ou par un jeu de couleur en renforcer l’ambiance. On n’apprend que le nom « Arena 92 » et que Jacky Lorenzetti entend utiliser le nommage (appelez le naming si vous voulez) pour boucler son budget. Contrairement, aux autres projets de stades un peu partout en France, l’Arena92 a pour l’instant le mérité de faire l’unanimité aussi bien du côté du Conseil général des Hauts-de-Seine -de droite- que du côté de la mairie de Nanterre -de gauche-. En effet la construction de l’Arena fincancée à 100% par le secteur privé, devrait apporter 100 000 heures de travail au Nanterriens. Le stade est équipé de tout le modernisme possible et imaginable : un parking souterrain à proximité, la proximité de tous les transports en commun et notamment du RER A et du futur RER E, des écrans géants derniers cri et des normes HQE.

A un moment où le tennis a fait le triste choix de laisser le Tournoi de Roland Garros dans le Paris intramuro, quitte à laisser le label Grand Chelem à la concurrence, espagnole notamment. Le rugby a pris le chemin  du modernisme. Nous ne pouvons que nous en féliciter. Espérons que ce stade sera inspirer les dirigeants de la LNR.

Plan, vu de haut

 

Vue avec l'Arche de la Défense en arrière plan

Implantation sur le site de la Défense

En configuration spectacle

Le grand stade du Racing-Métro a son architecte


Le projet retenu par le Racing

Le compte à rebours est lancé. L’architecte du futur stade de rugby du Racing-Métro 92 de Nanterre a été désigné hier. Un premier pas vers la réalisation de cet équipement qui doit ouvrir fin 2013.

Le club de rugby Racing-Métro 92 a choisi, hier matin, le projet de l’architecte Christian de Portzamparc pour la construction de son futur stade au pied de la Grande Arche, sur l’actuel terrain de sport des Bouvets à Nanterre. Le lauréat, qui est associé à GTM Bâtiment (filiale de Vinci Construction), a été sélectionné parmi quatre projets finalistes pour la réalisation de l’Arena 92, qui avait recueilli au total 27 projets après un concours international d’architectes lancé en avril 2010.

Christian de Portzamparc a notamment conçu la Cité de la musique à Paris et la tour Granite de la Société générale à La Défense.

L’Arena 92 doit accueillir, à partir de 2014, l’équipe de rugby du Racing-Métro 92, club présidé depuis 2006 par Jacky Lorenzetti, qui quittera donc Colombes pour Nanterre. Le club financera ce complexe sur ses fonds propres et en y organisant à la fois des matchs de rugby et des spectacles de toute nature (concerts grand public, spectacles pour les comités d’entreprise, opéras…).

Entre 32000 et 35000 amateurs de rugby pourront assister aux rencontres, toiture ouverte. Une fois le toit fermé, le stade se transformera en immense dôme et pourra recevoir jusqu’à 40000 spectateurs debout. « Ce sera l’arena la plus moderne et la plus grande d’Europe, et la plus grande salle de spectacles indoor à jauge variable de France », selon l’établissement public de gestion de La Défense (Defacto).

Ce projet sportif et culturel fait quasiment l’unanimité dans les Hauts-de-Seine. Alors que les élus de droite du département et la municipalité de gauche de Nanterre ne cachent pas leur enthousiasme face aux retombées attendues du projet en termes d’image et de dynamique économique, seuls certains riverains et associations locales émettent encore des réserves. Ils redoutent notamment les nuisances liées aux manifestations (une cinquantaine de camions pour les spectacles, les cars de supporteurs et les spectateurs motorisés…).

Pour respecter l’alignement architectural sur l’axe historique, du Louvre à la Seine, le complexe sportif et culturel ne devra pas dépasser les constructions déjà érigées sur les Terrasses de Nanterre. Lors d’une visite du site ouverte aux habitants, le 27 novembre dernier, on précisait que le bâtiment devrait afficher une hauteur maximale de 32,50 m en périphérie, avec une toiture surélevée de 10 à 15 m (soit 45 m environ). Le détail du projet sera dévoilé lundi, lors d’une conférence de presse organisée conjointement par le Racing-Métro, l’Epadesa et la mairie de Nanterre en présence de l’architecte.

La prochaine étape est fixée à la fin juin, avec le vote au conseil municipal de Nanterre de la révision simplifiée du plan local d’urbanisme, qui autorisera réglementairement la mise en route du projet. Devraient suivre, à l’automne 2011, l’enquête publique préalable, puis le dépôt et l’obtention du permis de construire. Si toutes ces étapes sont franchies sans encombre, les travaux démarreront en 2012 pour s’achever fin 2013 ou début 2014.

Source : Le Parisien

Vue de haut

Entrée du stade

 

Colloque Stades : Le rugby des années 2010.

Ce colloque de deux jours, organisé par la LNR, avait pour objectif de faire le point sur l’état des stades des clubs de rugby professionnels, mettre en avant les succès – mais aussi les limites – du système des délocalisations et surtout de se projeter dans un avenir récent, le rugby des années 2010.

En 10 ans, le budget moyen d’un club du Top 14 est passé d’une moyenne de 5 millions d’euros à 15 millions de nos jours. Quant aux affluences, elles sont passées de 5 000 à 15 000 spectateurs par match. Résultat : Certaines villes viennent d’investir des millions pour agrandir et moderniser des stades flambant neufs… mais déjà obsolètes ! C’est le revers de la médaille pour un Top 14 toujours de plus en plus populaire. Certains clubs comme le Stade toulousain, l’Usap ou le Clermont Auvergne sont obligés de refuser des abonnements pour répondre aux critères de la Ligue.

Les délocalisations, comme ici à Marseille, sont un succès populaire mais atteignent leur limite

Succès et limites des délocalisations

De nombreux clubs ont trouvé une parade originale et intéressante en délocalisant les matchs de gala dans des enceintes plus grandes (Celles du Stade français au Stade de France, du RC Toulon au Vélodrome sont les plus spectaculaires). Le succès est si grand que certains clubs ont des moyennes de spectateurs plus importantes que ce que peuvent recevoir leur stade !

Malgré leur succès indiscutable ces délocalisations ont des limites.

En effet comme l’indique Pierre Bouquet, directeur administratif du Biarritz Olympique Pays Basque  «  Ce genre d’évènements doit rester un moment à part dans une saison. Les multiplier retirerait cette saveur particulière, et pourrait même lasser les supporters ». C’est probablement ce qui poussa le BOPB à annuler la délocalisation initialement prévue à Anoeta (Pays Basque espagnol) car le club n’était pas au mieux côté sportif. Même son de cloche du côté du Stade français qui a décidé de passer de 5 matches de gala au Stade de France la saison dernière à seulement trois cette année : Trop d’événement tue l’événement !

De plus, les contraintes pour de tels matches sont énormes. Notamment pour les délocalisations qui se font à l’étranger : Il faut à la fois répondre aux normes françaises, espagnoles et à celles des autonomies ! La législation et l’imposition sur la billetterie des événements sportifs sont complètement différentes d’un pays à l’autre.

Cependant, le principe n’est pas prêt à rendre son dernier soupir, une demi-heure de ce colloque a été entièrement consacré à dresser un panorama des futurs grands stades qui seront construits à Lyon, Bordeaux, Nice ou Lille à l’occasion de l’Euro 2016.

Le stade Yves du Manoir de Montpellier est le seul stade récent du Top 14

Vers des stades plus grand, plus modernes

La solution passe par la création de stades d’en moyenne 20 000 places, modernes et adaptés aux nouvelles normes environnementales. A  l’image de ce qui a été fait à Montpellier. Le nouveau Jean Bouin ou l’Arena 92 devraient emboiter le pas, d’autres projets existent par exemple à Perpignan. Seulement les prix pour de tels stades peuvent vite devenir très salés si on ne sait maîtriser les coûts, à cette occasion des dirigeants du club de football du Alemanya Aachen qui ont réussi à construire un magnifique stade à moindre frais ont été invité à ce colloque.

La question est d’autant plus cruciale que les pouvoirs publics sont de moins en moins enclin à mettre la main à la poche. Il faut trouver une solution privée. Il existe des solutions comme celle du naming (méthodes consistant à donner le nom d’une marque à un stade) encore peu exploitée en France.

Je reviendrai très prochainement avec un post sur les différents projets existants pour les clubs du Top 14.

Les frères ennemis du rugby parisien

Racing vs. Stade Français, un derby pas seulement sur les terrains verts.

Le match qui opposera demain après-midi le Stade Français au Racing Métro 92 est bien plus que le second derby parisien du championnat de France de rugby 2009-2010. La rencontre qui opposera sur terrain neutre -le stade Charlety -le club de la capitale à son nouveau rival des Hauts-de-Seine ne manque pas de portée symbolique, alors même que, performant et qualifié pour les phases finales, le Racing confirme ses nouvelles ambitions et renoue avec son passé glorieux. Il flotte d’ailleurs sur ce match comme un petit parfum d’histoire, Stade Français-Racing ayant été l’affiche de la première finale du championnat de France de rugby, le 20 mars 1892, le Racing l’emportant sur le score maigrelet de 4 à 3. Pour la petite histoire, on rappellera aussi qu’avant de prendre le contrôle du Stade Français, Max Guazzini s’était intéressé au Racing, où il avait été poliment éconduit. Deux grands clubs à Paris  : une situation que l’on apprécie au plus haut point du côté de la Fédération française de rugby « On parle beaucoup du rugby des grandes villes mais, en dépit de beaucoup d’efforts, il peine encore à s’y implanter. Il reste un sport moins populaire que le football. Alors, deux clubs à Paris, c’est formidable. Il faut remonter aux années 1960 pour retrouver cela », s’enthousiasme le vice-président de la FFR en charge de la communication, Bernard Godet. A l’instar de bien des observateurs, ce dernier souligne de surcroît qu’à l’heure du « rugby business » Paris et son agglomération peuvent, de par leur potentiel économique et démographique, aisément « porter » deux clubs de rugby professionnels.

L’envol du Racing

« Sur un plan théorique, deux grands clubs de rugby peuvent coexister à Paris. Le Grand Londres compte six clubs de football et trois clubs de rugby de haut niveau », rappelle Vincent Chaudel, responsable du département management du sport du cabinet Ineum Consulting. En clair, le rugby peut, sur le papier, réaliser ce que le tout puissant football n’a pas été en mesure de faire depuis une quarantaine d’années avec une seule tête d’affiche depuis 1970, le PSG, abstraction faite des allers-retours du Red Star entre les 1 ère et 2 e divisions au tout début des années 1970, ou de la désastreuse expérience du… Racing, une décennie plus tard.

A première vue, la situation est toute autre pour le ballon ovale. Le XV du Racing Métro 92 est non seulement soutenu par un homme d’affaires riche et chevronné, Jacky Lorenzetti, fondateur du groupe immobilier Foncia (revendu à prix d’or en 2007), mais il est sportivement performant. Indubitablement, son entraîneur, Pierre Berbizier, ancien sélectionneur de l’équipe de France, a su tirer le meilleur de l’arrivée de stars recrutées à grands frais par Jacky Lorenzetti, dont le très emblématique Sébastien Chabal, rentré d’Angleterre, sans parler du champion du monde sud-africain François Steyn. En parallèle, le Stade Français a été cette année « sur le reculoir ». Epilogue d’une deuxième saison ratée d’affilée, le club parisien, cinq fois champion de France depuis son accession à l’élite en 1997 – son dernier titre en date remonte à 2007 -, rate pour la seconde fois en treize ans les phases finales. Cet échec sportif intervient aussi alors que le club, présidé depuis 1993 par Max Guazzini est à un tournant. Détenteur de 74 % du capital, l’ex-dirigeant de NRJ, qui a sorti le Stade Français des oubliettes et l’a ancré au plus haut niveau, prépare une ouverture du capital à des investisseurs afin, dit-il, de « préparer l’avenir » (lire ci-dessous). En outre, un projet de supporters-actionnaires, sur le modèle des « socios » espagnols, est en préparation. Conséquence d’une saison ratée et marquée de moult vicissitudes, le « trou » de l’ordre de 1 à 1,5 million d’euros dans un budget de 21 millions relèverait de l’anecdote.

Les enjeux du stade

La nouvelle donne pour l’équipe, qui a aussi forgé sa célébrité avec son calendrier et ses maillots roses, c’est également le coup d’envoi du très controversé projet de reconstruction et d’extension à 20.000 places de son stade Jean-Bouin, à proximité du Parc des Princes, dans l’Ouest parisien. Après bien des soubresauts, la majorité du Conseil de Paris, emmenée par un maire, Bertrand Delanoë, proche de Max Guazzini et fervent supporter du Stade Français, vient en effet de se prononcer en sa faveur. Mais l’opposition à ce projet, chiffré à 157 millions d’euros, n’a pas désarmé, tant du côté des riverains que des politiques. « Tous les rapports sur les stades disent que l’investissement, le gros de l’investissement, doit être porté par le privé, par le club. Que la collectivité veuille participer intelligemment en investissant dans des équipements annexes d’intérêt général, pourquoi pas. Mais là, que demande-t-on aux Parisiens ?  Mettre 150 à 200 millions d’euros avec les investissements annexes , pour voir. En tant qu’élu local, je dis non », déclare notamment Jean-François Lamour, député et conseiller de Paris, en première ligne dans ce dossier. De son côté, la mairie de Paris précise que le coût du projet global est bien de 157 millions d’euros, dont 137 millions pour la seule reconstruction du stade.

L’ancien ministre des Sports, qui plaide pour un réaménagement bien moins coûteux du stade de Charlety, est d’autant plus vent debout que, selon lui, le Stade Français « repose sur un seul homme », Max Guazzini, et s’il lui reconnaît son engagement « passionné »« cela ne fait pas tout ». A contrario, Jacky Lorenzetti, qui veut faire financer par le privé la réalisation à Nanterre du nouveau stade du Racing,« est dans un schéma moderne de bon sens », constate Jean-François Lamour, qui balaie d’un revers de la main l’éventualité d’un conflit gauche-droite dénoncé par certains (d’autant que le Racing renaît dans un département, les Hauts-de-Seine, tenu par l’UMP…).

Concentration géographique

Pour l’une comme pour l’autre des deux équipes, cette problématique du nouveau stade est cruciale car l’équipement sera au coeur de leur financement futur.  « Dans l’absolu, deux clubs à Paris, c’est possible. Le potentiel est énorme chez les VIP, mais tout est lié à l’aboutissement de leur projet de stade. Si l’un des deux clubs ne va pas au bout, il ne sera pas viable à terme », estime Frédéric Boltony, économiste du sport associé au Centre du droit et d’économie du sport de Limoges. Vincent Chaudel soulève un autre problème de fond : la localisation des stades. « On peut s’interroger sur la concentration géographique des équipements. Le Stade Français et le Racing ont l’un et l’autre fait leur histoire dans l’Ouest parisien », relève le consultant.

A contre-courant de bien des spécialistes, ce dernier estime même que les deux clubs pourraient être confrontés à « un problème de positionnement ». « Le Racing comme le Stade Français restent des clubs « paillettes » ou VIP même si le premier est plus dans la tradition du rugby, et le second plus festif. Or ils pourraient être amenés à chasser sur le même territoire », observe-t-il. La coexistence des deux équipes se jouera donc autant sur le terrain que dans les tribunes. Pour Jacky Lorenzetti, cette cohabitation n’est pourtant pas un problème. « Il y a régulièrement dans le Top 14 des matchs délocalisés dans des grands stades, comme le Vélodrome, à Marseille, pour Toulon, ou le Stade de France pour le Stade Français, avec à chaque fois des affluences de 60.000 ou 80.000 spectateurs. Cela prouve qu’il y a un vrai engouement pour le rugby qui vient marcher sur les plate-bandes du football. Cette saison nous avons joué une fois à domicile alors que le Stade jouait à Saint-Denis, nous avons quand même eu 11.000 spectateurs. La zone de l’Ile-de-France est assez grande pour deux. » Chacun pourrait donc avoir son public.  Le Stade Français, qui a bouleversé le rugby français avec ses grands matchs-spectacles « est condamné à créer l’événément » affirme Frédéric Boltony, et attire les jeunes. Le président du Racing reconnaît lui que son public est peut-être plus âgé et plus familial.

CHRISTOPHE PALIERSE AVEC PHILIPPE BERTRAND, Les Echos

Racing Metro 92

· Création en 1882 du Racing, qui devient Racing Club de France en 1885 (la section rugby est créée en 1890)
2001 : fusion avec l’US Metro.
· Président : Jacky Lorenzetti.
· 5 titres de champion de France : 1892, 1900, 1902, 1959 et 1990.
· Budget  : 15,9 millions d’euros.
· Stade : Yves-du-Manoir (Colombes).
14.000 places.
30 entreprises membres du « Racing Business Club ».
· Projet de stade : 30.000 places avec toit amovible, à Nanterre, sur le site des Bouvets, qui appartient à la ville de Puteaux ; 180 millions d’investissements sur fonds privés.

Stade Français

· Création en 1883
1995 : fusion avec le CASG Paris, alors en groupe B et locataire du stade Jean-Bouin.
· Président : Max Guazzini.
· 13 titres de champion de France : 1893, 1894, 1895, 1897, 1898, 1901, 1903, 1908, 1998, 2000, 2003, 2004, 2007.
· Vainqueur de la Coupe de France  : 1999.
· Vice-champion d’Europe : 2001, 2005.
· Budget  : 21 millions d’euros.
· Stade : Jean-Bouin (Paris 16e).
10.000 places assises.
80 entreprises membres du « Stade Français Business Club ».
· Projet de stade : 20.000 avec le projet de reconstruction et d’extension (lancement des travaux de démolition prévu cet été)  ; 157 millions d’euros d’investissement (200 millions selon les détracteurs compte tenu des aménagements annexes) sur fonds publics.

Coup de projecteur sur l’Arena 92

Maquette de l'Arena 92, futur stade des Racingmen

Voici à quoi pourrait ressembler le futur Arena 92 qui devrait abriter les matchs du Racing-Métro 92. Il s’agirait d’un stade multifonction qui se trouverait dans le département des Hauts-de-Seine au pied du quartier de la Défense. Le Stade se trouverait ainsi dans le prolongement historique du Grand Axe parisien (Louvre, Concorde, Arc de Triomphe, Grande Arche). Rien que ça ! Dans cette perspective le stade du Racing se démarquerait par son architecture à nulle autre pareille. Cette Arena 92 permettrait par ailleurs à la France de refaire son retard par rapport aux autres pays européens disposant tous de grandes salles couvertes (Le POPB avec seulement 15 000 places ne paie pas de mine aux côté de l’O2 Arena de Londres ou de l’ArenA d’Amsterdam). Consciente de ce fait, la Secrétaire d’Etat chargée des sports vient d’annoncer que le projet des Hauts-de-Seine fait parti des infrastructures sur lesquelles à l’intention de s’appuyer la France pour l’organisation de l’Euro 2016.

Le petit bijou des racingmen aurait plusieurs configurations :

  •  Une version « rugby », capable d’accueillir 30 000 spectateurs.
  •  Une version « grand spectacle » pouvant aller jusqu’à 40 000 spectateurs.
  •   Une version spectacle « petite jauge » pour des événements de plus petite envergure (entre 10 et 20 000 places).

 Comme partout ailleurs (les cas de Lyon, Bordeaux, ou du stade Jean-Bouin sont d’autres exemples), il existe quelques difficultés à régler notamment des modalités à régler entre les communes voisines de Nanterre et de Puteaux. Le projet à bien sûr plus d’un atout dans son sac : il serait idéalement desservi par les transports en commun (2 lignes RER, 15 lignes de bus et le futur tramway). Il disposerait des toutes dernières technologies environnementales ce qui, par les temps qui courent, est un énorme avantage. Force est de constater qu’à Paris on ne créer pas un stade pour une équipe de rugby, on créer une équipe de rugby pour avoir un tout nouveau stade ! Le Racing y aurait sa boutique et une brasserie permanente. Voilà de quoi inspirer les clubs de provinces qui souhaitent rester ambitieux !

Brochure du projet

Maquette de l’Arena 92.