Les Conquérants !

« Comme un vol de gerfauts hors du charnier natal,
Fatigués de porter leurs misères hautaines,
De Palos de Moguer, routiers et capitaines
Partaient, ivres d’un rêve héroïque et brutal. »

 JM. de Heredia, Les Conquérants (Les Trophées, 1893)

Tels les Conquérants du poète José-Maria de Heredia, les joueurs d’autrefois qui partaient pour de longues tournées bravaient les mers pour rejoindre la terre de leurs adversaires. Parfois, ils embarquaient dans de petits avions et franchissaient les Andes, comme les héros de l’Aéropostale. A l’époque où traverser la frontière franco-espagnole ou italienne faisait de vous un grand voyageur, il s’agissait de moments uniques pour ces jeunes gens de s’ouvrir à de nouvelles cultures, des senteurs et des goûts exotiques qui font la magie des voyages.

Aujourd’hui les tournées n’ont pas gardé ce caractère exceptionnel. Toutefois, j’aime penser qu’elles ont résisté à la professionnalisation du rugby. Cet anachronisme est fait pour me plaire, car il donne à notre rugby son caractère exceptionnel.

Un autre anachronisme propre à l’ovalie sont aussi ces sélections qui ne reposent sur aucune entité géographique bien définie comme la très prestigieuse équipe des Lions britanniques (et irlandais) qui a affronté les Barbarians à… Hong-Kong, ancien bastion de l’Empire britannique aujourd’hui chinois. Les Lions se sont largement imposés face aux Barbarians sur le score de 8 à 59. Ce test était l’occasion de voir plusieurs joueurs qui évoluent ou qui évolueront dans notre championnat (Hook, Sexton, Roberts, Harynordoquy, Ngwenya, Rokocoko, Parisse, ou Yachvili).

Lions vs. Barbarian RFC

Puis les Lions, qui se réunissent tous les quatre ans, ont pris la direction de l’Australie où ils se sont fait les dents face à la Western Force et face aux Queensland Reds en attendant le premier test-match au Suncorp Stadium de Brisbane.

 

Western Force. vs. Lions

Queensland Reds vs. Lions

Même si elles sont quelques peu éclipsées par la tournée des Lions (véritable événement outre-manche) les équipes d’Angleterre et du Pays-de-Galles amoindries car elles ont dû prêter leur meilleurs joueurs aux Lions ne restent pas sans rien faire. Les Anglais ont affronté les Pumas en Argentine qui se préparent pour le Championnat de l’hémisphère sud, remportant largement le match. Leurs voisins gallois se sont imposés difficilement face aux Japonnais qui n’en finissent plus de surprendre et qui espèrent toujours être compétitifs pour le titre mondial 2019 qui se jouera chez eux.

Pumas vs. Angleterre

Japon vs. Galles

Quant aux Barbarians français, ils sont partis hier matin pour une tournée un peu plus modeste que celles des Bleus, ils affronteront les Lions d’Ellis Park.

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Barbarians: Le cœur des hommes

La Der de William Servat aux pays des Nippons

Ils se l’étaient promis, ils l’ont fait. Les Barbarians français ont obtenu un succès de prestige (51-18), le second en cinq jours, face à une remarquable équipe du Japon. Bravo messieurs !

C’est la foule des grands jours qui s’était réunie au Prince Chichibu Memorial Stadium de Tokyo. Parce que les Barbarians français, tout auréolés de leur succès 40-21 en semaine, faisaient rien moins figure que d’attraction. Parce que les Japonais avaient une revanche à prendre, et que le spectacle offert cinq jours plus tôt sur le pré avait constitué une promotion bien meilleure que celle de n’importe quel spot de publicité…

C’est donc devant des travées garnies de 17000 spectateurs que la bande de William Servat, qui disputait à l’instar de Lionel Faure le tout dernier match de sa carrière, s’était promis d’aller au bout d’elle même. De ses ressources physiques, mais également mentales. Parce que la guerre tant annoncée eut bien lieu… Dès la première minute, une petite échauffourée opposait Antonie Claassen au gaillard local Kikutani pour une position de hors-jeu. Une petite friction preuve d’une certaine tension. Les deux échecs des arrières-buteurs Goroumaru et Teulet ne faisant que confirmer cette tendance. D’autant plus qu’après une belle percée et un coup de pied à suivre de Chavancy, Mazzonetto et Bonneval tergiversaient trop et, seuls dans l’en-but, se laissaient lober par le rebond (11e). Le premier essai, tout fait, était manqué. Incroyable…

Coups de pied à suivre

Le festival des occasions manquées continuait puisque quatre minutes plus tard, une pénalité bien placée de Bernard heurtait le poteau. Mais sur le rebond, les Japonais se mettaient de nouveau à la faute au sol. Cette fois, Bernard ne tremblait pas (3-0). Le réveil japonais sonnait mais les Baa-Baas ne lâchaient rien en défense dans le sillage des flankers Gunther et Diarra, déchaînés. Et sur un ballon de récupération, un exploit en contre-attaque d’Ollie Philips permettait à Hugo Bonneval de profiter d’une maladresse japonaise et de pointer cette fois dans l’en-but. La transformation deRomain Teulet faisait passer le score à 10-0 (27e), immédiatement réduit par Goroumaru. Mais sur une touche vite jouée par Teulet pour Mazzonetto, Pierre Bernard parvenait, d’un coup de pied par-dessus le premier rideau, à prendre à défaut la défense japonaise pour un essai inscrit par son compagnon de chambrée Thierry Lacrampe. Avec la transformation de Bernard, le score montait alors à 17-3 (33e). Et comme de bien entendu, après une telle première mi-temps à sens unique, ce sont les Japonais qui réduisaient le score ! De fort belle façon d’ailleurs, à la grâce d’une dernière pénalité jouée à la main après la sirène, conclue après 80 mètres de course par l’ailier Takenaka… Heureusement, Henry Chavancy empêchait le buteur japonais, à la course d’élan particulièrement lente, de botter sa transformation… A la pause, le score était donc de 17-8.

Main-mise du pack

Une pénalité pour hors-jeu, réussie par Goroumaru, ramenait le Japon à six points sitôt le retour des vestiaires. Mais les Baa-Baas réattaquaient tabours battants, et Jean-Marc Mazzonetto fut même très près de provoquer un essai de pénalité à la poursuite d’un énième ballon botté au fond du terrain. Heureusement Bernard, de deux coups de pied, redonnait de l’air aux siens. Avant d’aller pointer seul un essai au terme d’une interception de cinquante mètres, alors que les Baa-Baas défendaient à 14 à la suite de la blessure de Yannick Forestier (poignet). Mais les Japonais répliquaient immédiatement par le deuxième ligne Broadhurst au soutien de son centre Nicholas. Le score passait à 30-18 à l’heure de jeu, et le match devenait fou… mais les avants des Baa-Baas veillaient. Sur une touche volée par Claasen à cinq mètres de l’en-but nippon, Gunther aplatissait en force un essai transformé par Bernard (37-18, 66e). Et sur le renvoi, Henry Chavancy se voyait, à la course, refuser un essai pourtant parfaitement valable… Heureusement, souverain derrière sa mêlée, Antonie Claassen réparait immédiatement l’injustice ! A 44-18, le match était évidemment plié. Mais les Baa-Baas ne desserraient pas pour autant leur étreinte, et défender leur ligne avec acharnement, à l’image de ce tacle glissé d’Ollie Philips annihilant à lui seul un trois contre un imparable. Image ô combien symbolique de la tournée…

Source : Rugbyrama.fr

Barbarians Rugby Club : Enfin !

Les Barbarians ont obtenu leur revanche face aux Pumas

Enfin les Barbarians ont remporté une victoire face à une sélection nationale. Cela n’était plus arrivé depuis le match face au Canada en 2008. Bien sûr il y avait bien eu les victoires contre le XV de l’Europe ou bien contre la province de Rosario. Mais les Ba-Baas avaient besoin d’une telle victoire pour se donner une crédibilité.

Il faut dire que la sélection des Pumas en face avait elle aussi quelque chose de Barbarian, beaucoup de joueurs venus d’Europe, certains jouaient la Vodacum Cup (D2 Sud-africaine) avec l’équipe des Pampa XV, d’autres quelques sélections avec les Jaguars – réserve argentine jouant le championnat panaméricains face à des équipes étasunienne, canadienne et… tongienne (petite bizarrerie de l’IRB). Le jeu mis en place par les entraineurs castrais en à peine 15 jours fut particulièrement intéressant et les Barbarians signèrent deux essais de grande classe. L’ambiance qui régnait autour de ce joli stade de province de la ville de Resistencia était magnifique, quoique le public fût un peu chauvin. Pas de quoi débridé le jeu des Barbarians qui alternèrent jeu au large et jeu au pied à merveille bien emmené par le numéro 10 du Stade rochelais Rémy Tales. Son vis-à-vis le jeune ouvreur Nicolás Sanchez, issu du petit club de Tucuman Lanwn Tennis Club,  fut la grande révélation de ce match : Imaginez le jeu porté de Trinh-Duc et la puissance de jeu au pied d’un Beauxis réussissant un 100 % dans l’exercice des tirs au but avec notamment plusieurs tentatives des 55 mètres ! Il serait peu surprenant de voir ce joueur renforcer les rangs d’un club du Top 14 Orange.

Vidéo : ESPN

Belle résistance des Barbarians face aux Pumas

Victoire des Pumas face aux Barbarians

Cette année le XV de France ne fera pas sa traditionnelle tournée d’été, pour cause de Coupe du Monde. C’est donc aux Barbarians RC que revient l’honneur de représenter le rugby français. Les Ba-baas sont actuellement en Amérique du Sud pour une tournée de deux matchs face aux Pumas argentins. Malgré les difficulté que représente aujourd’hui une telle sélection (peu de temps pour organiser un jeu avec des joueurs appartenant à des clubs différents) les Ba-Bass ont plutôt bien résisté en perdant le match sur le score de 23-19 face à des Pumas en pleine préparation pour le Mondial en Nouvelle-Zélande. De bon augure pour la suite de la tournée. Il faut dire que l’entraineur argentin, Santiago Phelan, avait décidé de lancer dans le grand bain un bon nombre de jeunes issus des filière de Pumitas. Les Barbarians, entrainés par le duo castrais Laurent Travers et Laurent Labit, ont marqué trois essais signés Guillaume Boussès (Stade français), Adrien Planté (USAP) et Gerhard Vosloo (Brive). Un essai et deux pénalités de Felipe Contepomi ont permis de donner aux 20 000 spectateurs du stade venu assister au match de leurs favoris.

Images du match sur ESPN

Les « Ba-baas » ne sont plus !

Diego Dominguez sous le maillot des Barbarians français

Au départ il devait s’agir d’un grand match de gala pour fêter les 30 ans du Barbarians Rugby Club. Les All Blacks étaient pressentis et le match devait se jouer au Stade de France. On en salivait déjà : Les meilleurs joueurs du Top 14 Orange, français ou étrangers, amoureux du beau jeu contre la plus spectaculaire et la plus prestigieuse des sélections internationales. Imaginez les François Steyn, Jonny Wilkinson, Chris Masoe, Joe Van Niekerk, Carl Hayman, George Smith, Napolioni Nalage, Takudzwa Ngwenya, Sergio Parisse, Byron Kelleher sous le maillot bleu bariolé des Barbarians auxquels il faudrait ajouter quelques prestigieux joueurs du XV de France : Sébastien Chabal, Serge Betsen, Aurélien Rougerie, etc. Une équipe de rêve pour affronter les terrible All Blacks. Finalement, loin d’imaginer l’immense honneur qui leur était fait, les Néo-Zélandais, qui doivent jouer 25 matchs dans l’année ont décliné cette offre qu’ils ont du estimé ridicule !

Finalement, devant le refus des All Blacks, les Barbarians s’étaient rabattus sur les Pumas, ce qui a amené les dirigeants Babaas à se rediriger vers le Stade Charléty, plus petit et plus conforme. Hélas les Argentins ne proposèrent qu’une formation de joueurs de second rang face aux Barbarians. Face à un tel constat les Jean-Pierre Rives, préféra annuler purement et simplement le match du trentenaire.

Que faut-il conclure de cet échec ?

Il s’agit probablement de la mort des Barbarians, les derniers romantiques du rugby et il faut en tirer les bonnes conclusions. Fini, le rugby amateur, romantique à la papa. Il faut arrêter de se cacher derrière des valeurs qui ne feront pas long feu au XXIème siècle. Le rugby est un sport PROFESSIONNEL dont l’objectif et de se faire de l’argent. Un peu à l’image de ce qui existe aux Etats-Unis, on ne fait pas de l’argent pour faire du sport, mais on fait du sport pour faire de l’argent. Qu’on arrête de vouloir penser à tout bout de champs aux intérêts divergents du XV de France ! Qu’on arrête de se mentir ! Aujourd’hui le rugby français, c’est avant tout ses grands clubs professionnels qui composent le Top 14. La NBA n’a jamais empêché nos cousins d’outre-atlantique de collectionner les titres mondiaux et olympiques, Que cela nous serve de leçon.

Les Barbarians britanniques gagnent en Irlande

JB Ellissalde servant son équipier, le Néo-zélandais, Xavier Rush

On n’en parle que trop peu à mon  goût, mais il s’agit d’un immense honneur qui a été fait à Philippe Saint-André, l »entraîneur toulonnais, en lui offrant le soin de diriger la sélection des Barbarians britanniques. L’homme qui disposait d’une véritable sélection mondiale (dans laquelle le Top 14 était représenté en force) n’a pas failli puisque les Barbarians ont remporté leur premier match face aux Irlandais. Ce fut l’occasion de retrouver l’ancienne charnière montferrandaise  Mignoni-Brock James qui s’est retrouvée à merveille. Le Français et l’Australien furent deux des protagonistes de ce match dans lequel les Irlandais, fidels à leur habitude, n’ont absolument rien lâché. Quant à Cédric Heymans, qui est revenu grâce à cette sélection sur la scène internationale, il marqua un essai servi sur un plateau par le néo-zélandais David Smith. Quand je vois ce que pèse Mignoni sur un match, je me dis qu’il y a peu de raison pour qu’il ne soit pas au meilleur niveau en 2011 et qu’il est bête que Marc Lièvremont n’est pas voulu l’essayer qu’une seule fois. Je vous laisse regarder les images qui résument ce match.

Pas de grand chelem pour les All Blacks

Pas de grand chelem pour les All Blacks, devant plus de 60 000 spectateurs réunis dans le stade mythique de Twickenham, les Barbarians, emmenés par un un Bryan Habana  tout simplement phénoménal, ont mis fin à la série d’invincibilité des All Blacks.

Le centre Barbarian Jaque Fourie échappe au placage de Brendon Leonard

Le petit ailier sud-africain, Bryan Habana, a offert une victoire de prestige aux Barbarians sur une équipe de Nouvelle-Zélande bis (25-18), hier à Twickenham. La dernière fois qu’ils avaient battu les All Blacks, c’était en 1973 à l’Arms Park de Cardiff.

Habana n’avait pas trouvé la faille lors des trois victoires des Springboks sur les Néo-Zélandais dans le Tri-Nations. Il a remédié à cette anomalie (11e, 40e, 69e) sous le maillot des « Baa-baas », tandis que l’équipe de Graham Henry a répliqué par des essais de Ben Smith et d’Anthony Boric (25e, 62e).

« Je ne réalise pas encore que j’ai mis trois essais aux All Blacks. Surtout que c’était trois essais faciles », a commenté Habana.

Il s’agit de la première défaite des All Blacks dans leur tournée européenne. Mais elle n’inquiétera pas trop Henry qui avait notamment laissé au repos son ouvreur star, Dan Carter, et a sorti le 3e ligne aile Richie McCaw après la pause. « Nous sommes satisfaits de cette tournée », s’est félicité Henry. De son côté, Nick Mallett, le sélectionneur des Barbarians, s’est félicité de ce match : « Beaucoup de gens se sont récemment plaints de la qualité du rugby offerte, mais aujourd’hui, on a vu deux équipes dans un état d’esprit offensif ».

Source : Sud Ouest