Top 14 : Clermont féroce

Clermont a battu le leader Toulonnais au terme d’un match haletant, et d’une dernière pénalité signée Brock James dans les arrêts de jeu, lors du choc de la 11e journée de Top 14 (24-21). Les Auvergnats, grâce à une volonté de fer, signent sur le fil une cinquantième victoire de rang à domicile et se rapprochent des Varois en tête du classement. La surprise du jour est l’oeuvre de Mont-de-Marsan qui a gagné au Racing (16-17).

Pendant longtemps, Jonny Wilkinson a semblé en mesure de faire tomber la citadelle imprenable de Marcel Michelin. Le génial Anglais, auteur des 21 points de son équipe, aurait pu au moins se contenter du partage des points mais la volonté farouche des Clermontois de signer un 50e succès à domicile à eu raison du leader varois. Ce dernier n’égalera donc pas le record du meilleur début de saison en Top 14, jusque-là co-détenu par le Stade Français (2006-2007) et Toulouse (2007-2008), avec 10 victoires en 11 matchs. Les absents, retenus en sélection (Domingo, Kayser, Debaty, Chouly, Parra, Fofana pour Clermont; Michalak, Suta, Mermoz, Fernandez-Lobbe, Jenkins pour Toulon), ont eu tort car ce match, de par son intensité, fut énorme.

Pas de chichis dès le début de match : Sivivatu déchire le rideau toulonnais au terme d’une chevauchée folle et obtient la première pénalité du match. Brock James ouvre les hostilités (3-0). Réponse immédiate des Varois signée Wilkinson, qui passe une pénalité de près de 50 mètres (3-3, 4e) avant de donner l’avantage aux siens (3-6, 8e). Le choc tient toutes ses promesses, le RCT faisant, sans surprise, parler la puissance de ses avants, et les Auvergnats répondant par une bonne conservation du ballon. Ce qui n’empêche pas Botha et Bardy de s’échanger quelques baffes bien senties. Mais Nalaga se charge alors de remettre les esprits en place en étant à l’origine d’une action qu’il conclue lui-même après arbitrage vidéo (10-6, 18e). Le match est fou, l’intensité palpable mais pourtant le rythme s’affaisse progressivement. Les deux équipes se craignent trop pour se découvrir et attendent principalement la faute adverse. Les deux ouvreurs, James et Wilkinson, rajoutent chacun un coup de pied avant la pause mais c’est tout (13-9, 40e).

Wilkinson-James, duel au sommet

Scénario identique à la reprise avec des Toulonnais trop brouillons pour tromper la vigilance clermontoise. Les vagues varoises se brisent inlassablement sur le mur jaune et, comme souvent dans ces cas-là, les hommes de Bernard Laporte se font cueillir par un contre assassin signé King, qui échappe à deux placages pour inscrire l’essai du break (18-9, 55e). Mais le RCT n’est pas leader du championnat pour rien. Au mental, à défaut d’être génial, Toulon s’accroche. Et s’en remet encore une fois à la botte de Jonny Wilkinson pour se sortir du guêpier. En trois coups de maître (61e, 68e, 73e), l’Anglais ramène ses coéquipiers à hauteur ! Clermont, qui se voyait faire tomber l’ogre, perd qui plus est Aurélien Rougerie, qui écope d’un carton jaune pour une faute au sol. A dix minutes de la fin du match, le Stade Marcel Michelin tremble sur ses fondations. Son inviolabilité ne tient plus qu’à un fil…

Pourtant, même en infériorité numérique, les Clermontois obtiennent la pénalité de l’espoir : James, pourtant moins en réussite que son vis-à-vis toulonnais, assure et redonne l’avantage aux hommes de Vern Cotter (21-18, 78e). Et c’est là que la partie bascule dans la folie. A quelques secondes de la fin, Wilkinson, toujours lui, place un drop assassin qui refroidit le volcan auvergnat (21-21, 80e) et on semble s’acheminer vers un match nul, d’autant que la sirène vient de retentir, quand Matt Giteau pousse, semble-t-il volontairement un ballon en touche de la main… Pénalité pour l’ASM ! James, de nouveau, a le destin du match entre ses pieds : l’Australien ne tremble et pas et envoie Clermont au paradis (24-21, 82e) ! C’est l’hystérie collective, le terrain est envahi par les supporters en folie. Les seuls capables de prendre la forteresse de Marcel Michelin

Première pour Mont-de-Marsan 

Grosse désillusion pour le Racing-Métro et grosse satisfaction pour la lanterne rouge Mont-de-Marsan qui est allée chercher à Colombes son premier succès de la saison (16-17).  Le promu landais a créé la sensation face à un des Racingmen qui, bien que privés de sept internationaux,  visaient le bonus offensif pour se rapprocher de la 6e place, synonyme de barrages, mais trop brouillons dans le jeu, ils ont dû totalement s’en remettre à Barkley, leur ouvreur, qui a failli en fin de rencontre en ratant deux pénalités devant les poteaux. Le drop assassin de Vignau Turquet à quatre minutes du terme venait couronner une partie pleine d’engagement à défaut d’être brillante de la part de valeureux Montois.

L’autre club francilien s’en est un peu mieux sorti mais dans la douleur pour venir à bout d’Agen 20-13. Grâce à ce succès, le Stade Français prend de l’air sur le bas du tableau. Mais, dans le sillage de deux belles prestations – victoire face à Toulouse, courte défaite à Toulon – il était permis d’en attendre un peu plus de l’équipe parisienne que ce succès étriqué face à un mal-classé.Avec cette quatrième défaite consécutive adoucie par le bonus défensif, Agen, qui a trop souffert en conquête pour espérer l’emporter, s’enfonce de son côté dans les tréfonds du classement.

La fin de match a été heureuse pour Castres à Bordeaux-Bègles. Les Tarnais ont remporté la victoire (16-13) sur une pénalité de Rory Kockott dans les arrêts de jeu. Ils sont cinquièmes, devant Grenoble qui a poursuivi sur sa lancée du début de saison en remportant contre Bayonne (9-6) son sixième succès à domicile.

Top 14 : Clermont est insubmersible à domicile

Fofana trouve la brèche dans la défense parisienne (photo: rugbyrama.fr)

Clermont est revenu de nul par face à un brillant Stade Français pour s’imposer (28-25) sur un drop de James à la sirène. Le record d’invincibilité à domicile tient toujours en Auvergne, mais il a vacillé.

Invaincu à domicile depuis 47 rencontres, Clermont a bien cru voir sa série s’arrêtée ce vendredi soir face au Stade Français lorsqu’à la mi-temps les Jaunards étaient menés 22 à 10 par les Roses parisiens. Pourtant au coup d’envoi, le duel paraissait inégal entre Clermont facile à domicile, dauphin du leader Toulon et au jeu tout à fait convaincant depuis le début de saison. En face le Stade Français avait plié sur chacun de ses déplacements depuis le début de la saison. Richard Pool-Jones, le coach parisien, avait d’ailleurs affiché peu d’ambition sur ce match en offrant une place de titulaire à la jeune garde représentée par Bonneval, Doumayrou, Sinzelles et le Fidjiens Vuidrawalu. Ce dernier, sans complexe, prenait le jeu à son compte en offrant le premier essai à Warwick en réceptionnant le coup d’envoi, relançant en puissance, tapant à suivre pour lui même et allant jusqu’à un mètre de la ligne des Jaunards. Les gros de Paris faisaient le reste pour pousser Warwick (1r). Clermont répondait rapidement, Parra trouvant Domingo en bout de ligne d’une double sautée (9e). Mais le jeune Vuidrawalu avait décider de faire de la défense de Clermont sa chose, Fofana et Stanley explosés sur leur ligne pouvaient en témoigner (7-15, 21e). Puis le jeune Parisien profitait d’un nettoyage à la mode de Papé sur Kotze pour aplatir un ballon qui roulait à porter de bras (7-20, 30e).

Une défense et un Parra

Mais Clermont n’allait pas abandonner sa série sans combattre. Au retour des vestiaires, on sert les lignes en Auvergne et la jeunesse parisienne commence à multiplier les fautes. Mauvaise idée lorsqu’en face on dispose d’un sniper de la qualité de Morgan Parra. L’international tricolore plantait quatre pénalités alors qu’en face Porical se limitait à une seule. A la 78e minute les deux équipes se retrouvaient dos à dos (25-25). Le jeu se crispait, la moindre faute pouvant offrir la victoire à l’adversaire. Fofana a bien cru ouvrir la voie pour les locaux, créant le décalage dans les 22 mètres de la capitale, il tentait une passe au large qui ne trouvait que le gazon du stade Michelin. Les parisiens, tant sanctionnés dans cette seconde période restaient très sage. Mais il était dit que Clermont devait remporter ce match dans la foulée de sa remontée fantastique. Et c’est Brock James qui se chargeait de faire exploser le stade d’un drop à la sirène (28-25). Même si défaite il y a, le Stade Français pourra s’appuyer sur cette partie comme match référence pour le futur. Pour Clermont, dont la victoire à domicile est devenu une routine, ce match vaudra surtout pour la solidarité et l’émotion.

Les Barbarians britanniques gagnent en Irlande

JB Ellissalde servant son équipier, le Néo-zélandais, Xavier Rush

On n’en parle que trop peu à mon  goût, mais il s’agit d’un immense honneur qui a été fait à Philippe Saint-André, l »entraîneur toulonnais, en lui offrant le soin de diriger la sélection des Barbarians britanniques. L’homme qui disposait d’une véritable sélection mondiale (dans laquelle le Top 14 était représenté en force) n’a pas failli puisque les Barbarians ont remporté leur premier match face aux Irlandais. Ce fut l’occasion de retrouver l’ancienne charnière montferrandaise  Mignoni-Brock James qui s’est retrouvée à merveille. Le Français et l’Australien furent deux des protagonistes de ce match dans lequel les Irlandais, fidels à leur habitude, n’ont absolument rien lâché. Quant à Cédric Heymans, qui est revenu grâce à cette sélection sur la scène internationale, il marqua un essai servi sur un plateau par le néo-zélandais David Smith. Quand je vois ce que pèse Mignoni sur un match, je me dis qu’il y a peu de raison pour qu’il ne soit pas au meilleur niveau en 2011 et qu’il est bête que Marc Lièvremont n’est pas voulu l’essayer qu’une seule fois. Je vous laisse regarder les images qui résument ce match.