Les jeux ne sont pas encore faits !

Clermont relance sa saison en s

Perpignan, Toulon et Bayonne étaient dans l’obligation de s’imposer pour pouvoir continuer à espérer faire partie des six premiers du Top 14, et se qualifier pour la Coupe d’Europe. Ils l’ont fait, l’USAP dominant le Racing-Métro (23-16), l’Aviron Bayonnais allant l’emporter à Montpellier (22-17). Au Vélodrome, le RCT a dominé le leader toulousain (21-9) dans un choc rugueux. Clermont se rapproche après son succès au Stade de France contre le Stade Français (20-12).

Le match du jour: Toulon – Toulouse

Une semaine après son billet conquis en prolongation pour la demi-finale de la Coupe d’Europe à Anoeta, le Stade Toulousain avait un nouveau voyage exotique. C’est en effet dans un autre stade de football, au Vélodrome de Marseille, que le RCT attendait le leader du championnat. Pratiquement assurés d’occuper l’une des deux premières places du Top 14, qualificatives directement pour les demi-finales, les hommes de Guy Novès n’avaient pas placé cet affrontement parmi leurs priorités. Cela ne les a pas empêchés de faire face au rude combat proposé par les Varois, condamnés de leur côté à la victoire pour rêver encore de barrages et de Coupe d’Europe. La première période accrochée, rugueuse, où aucune équipe ne parvenait vraiment à déchirer le rideau de défense adverse, mettait le pied à l’honneur, avec deux pénalités de Fritz (3e, 32e) contre un drop de Wilkinson (16e), et dix minutes à 14 pour Toulon, après un carton jaune pour son capitaine Van Niekerk, coupable d’une charge sur Poitrenaud en l’air (31e). Alors que le score et la physionomie du match restaient les mêmes, Toulouse faisait entrer ses hommes forts (Servat, Picamoles, Johnston), mais c’est le RCT qui en faisait un profit en quatre minutes. Une pénalité de Wilkinson (52e, 6-6), une récupération sur le coup d’envoi, suivie d’une accélération de Lovobalavu qui tapait à suivre pour Sackey auteur du premier essai en coin (53e, 13-6), et voilà les hommes de Philippe Saint-André changeaient de visage. Sur une nouvelle récupération varoise dans les 22m adverses, le ballon allait rapidement à l’aile, où l’ailier anglais mystifiait une nouvelle fois le camion Caucaunibuca avant de résister à trois plaqueurs pour inscrire un doublé (56e, 18-6). La confiance envahissait le camp toulonnais, qui ratait de peu le point de bonus par Auelua, explosé avant la ligne (75e). Finalement, avec deux essais inscrits contre aucun encaissé, Toulon remporte la victoire (21-9) et conserve un bel espoir de poursuivre sa route en barrage. Comme d’autres.

Le fait marquant: Clermont s’impose au Stade de France

Cela faisait depuis le 20 août dernier que Clermont n’avait pas gagné loin de ses bases. A cette époque, c’est dans l’Isère, à Pierre-Rajon chez les Berjaliens, que l’équipe auvergnate avait ramené un succès, et Vern Cotter aura dû attendre le 16 avril pour revenir d’un voyage la tête haute. Le technicien néo-zélandais peut triplement s’en réjouir. D’abord, c’est un succès (20-12) face au Stade Français, qui n’en finit plus de terminer cette saison à l’agonie, la deuxième sans barrage et sans Coupe d’Europe. Ensuite, parce que cette victoire a été conquise au meilleur moment, puisque son équipe se trouvait dans l’obligation de s’imposer une fois à l’extérieur pour espérer rester parmi les huit premiers, et donc poursuivre sa saison dans les barrages. L’autre déplacement ayant lieu à Toulouse, rien n’était acquis. Enfin, parce que c’est au Stade de France que les coéquipiers d’Aurélien Rougerie se sont imposés, là où au mois de mai dernier, ils avaient soulevé pour la première fois de l’histoire du club le Bouclier de Brennus. Un essai de Privat (15e), un essai de Malzieu (53e), et voilà Clermont qui l’emporte (20-12) et se rapproche un peu plus des barrages, voire plus…

L’espoir: Perpignan

Bien mal partie en début de saison pour atteindre l’une des six premières places, l’USAP est en train de relever la tête de belle manière. Dos au mur, le vice-champion de France en titre, une semaine après avoir arraché sa place en demi-finale de la Coupe d’Europe à Montjuic, a profité de la venue du deuxième du Top 14, le Racing-Métro, pour faire le plein de points et conserver encore une chance de faire partie des barragistes, espoir qui s’était éloigné après la victoire du leader toulousain à Aimé-Giral lors de la précédente journée. Dans une opposition entre deux des plus gros packs du championnat, les Catalans ont profité de la maladresse inhabituelle au pied des buteurs racingmen (4 ratés de Wizniewski en 1ère période) pour faire la course devant et finir par planter un essai par l’arrière Michel (52e). Et malgré un essai en contre de Chabal dans les arrêts de jeu, qui rapporte tout de même un nouveau point de bonus défensif aux Parisiens, l’USAP s’impose (23-16). Avant d’aller défier Toulon puis de recevoir Castres, l’espoir est toujours permis pour les Perpignanais, mais ils doivent toujours compter sur des faux-pas adverses pour ne pas voir leur saison s’arrêter le 7 mai prochain.

L’espoir (2): Bayonne

Pour souhaiter la bienvenue à leurs nouveaux dirigeants intronisés en milieu de semaine, les Bayonnais sont allés remporter une victoire précieuse, même vitale dans la course à l’Europe. En déplacement à Montpellier, l’Aviron se trouvait dans l’obligation de s’imposer, sans quoi les rêves de barrages s’envolaient. Il ne fallait pas arriver en retard au stade Yves du Manoir, Nagusa aplatissant le premier essai dès la 1ère minute pour les Héraultais, Boitaty répondant pour les Basques dès la 3e minute. Les deux équipes ne se sont jamais lâchées, et jusque dans la dernières minutes du match, les visiteurs ont défendu comme des morts de faim leur ligne d’en-but, malgré les trois essais au compteur (Bernad à la 23e, Gerber à la 70e), Montpellier ayant compilé les pénalités avec Bustos Moyano (6e, 12e, 28e, 63e). En s’inclinant (22-17) à domicile, les joueurs de Fabien Galthié restent sous la pression des autres prétendants à l’Europe, qui ont tous gagné (Castres, Clermont, Perpignan, Toulon). Et pour son premier match en tant que président, Michel Cacouault a assité à un bel exploit, ce qui lui a permis de redire que « Jack White, ça ne se fera jamais, c’est clair net et précis ».

La claque: Brive à Biarritz

Au lendemain de la défaite de La Rochelle qui condamne pratiquement les Maritimes à la ProD2, Brive a subi une belle humiliation au Pays basque (52-26). Après seulement quarante minutes de jeu, la messe était déjà dite à Aguilera. Le score était en effet de (28-0) pour les Biarrots à la pause, Lakafia n’ayant pas perdu de temps pour passer derrière la ligne en force (7e), suivi Bosch (18e) et d’un doublé de Lund (20e, 28e). Totalement dépassés, les Corréziens réagissaient tout de même dans le dernier tiers du match, après avoir encaissé un essai de Lauret (50e) et avant celui de Bolakoro (58e), Vosloo aplatissant du bout des doigts sur la ligne le ballon pour rendre un peu de fierté aux hommes d’Ugo Mola (53e). Suivaient trois autres essais en fin de match (Perry 71e, Bonrepaux 77e, et encore Vosloo 80e), pour rendre la pilule moins amère. Les Biarrots enregistrent un bonus offensif avec huit essais qui pourrait énormément compter au soir de la dernière journée de la phase régulière.

Le geste: le Castrais Tatupu

Si la relégation de Bourgoin est déjà acquise depuis bien longtemps, l’équipe iséroise n’est pas encore prête à baisser les bras et à ne pas défendre son honneur jusqu’au bout. Les Castrais ont pu s’en rendre compte lors de leur venue à Pierre-Rajon, et s’ils ont pu s’imposer (33-22), cela a été difficile. La rencontre a été éclairée par un geste de grande classe du trois-quarts centre castrais, Joshua Tatupu, qui s’enfonçait dans la défense berjalienne, résistait à un plaquage et finissait par offrir le ballon, après contact et d’une main dans une sorte de chistera, à son ailier Mathieu Nicolas pour le premier essai de la rencontre (15e).

La phrase: « Tout ce qu’on a fait, c’est seulement enfiler le maillot » (Hugo Mola)

Après avoir vu son équipe encaisser quatre essais en première période, et quatre autres en seconde pour profiter uniquement d’une logique baisse de régime biarrote pour aller quatre fois dans l’en-but, Hugo Mola, l’entraîneur de Brive, résistait aux phrases fracassantes. Au lendemain de la défaite de La Rochelle, qui conduit presque les Corréziens au maintien, il a essayé d’être pondéré. Mais cela a été dur: « Je ne suis pas en colère. Aujourd’hui, nous avions zéro ingrédient, on a mis zéro pression sur Biarritz. Tout ce qu’on a fait, c’est seulement enfiler le maillot. J’aurais préféré jouer ce match sans avoir vu La Rochelle-Agen. C’est une claque, mais on ne va pas non plus faire des déclarations fracassantes après ces cinq mois passés dans le dur. Les garçons sont assez grands pour se rendre compte que c’était une piètre prestation. Ils vont avoir le temps d’y penser dans le bus. »

Le chiffre: 179 916

A l’occasion de cette 24e journée, le Top 14 a établi un nouveau record de spectateurs avec une fréquentation atteignant les 179 916 spectateurs au cours des 7 rencontres. Le nouveau record a été établi samedi notamment grâce à deux rencontres « délocalisées »: celle entre le Stade Français et Clermont, disputée au Stade de France, a réuni 73.584 spectateurs, et celle entre Toulon et le Stade Toulousain, disputée au stade Vélodrome de Marseille, a été suivie par 51.406 spectateurs. L’affluence moyenne dans les stades du Top 14 cette saison s’élève désormais à 13.979 spectateurs par rencontre, soit une augmentation de 6% par rapport à la saison dernière à la même période. Le précédent record s’élevait à 152.000 spectateurs lors de la saison 2008/2009

Source : texte France télévision, photo ESPNScrum.com

Toulouse garde le cap, le Racing et Clermont se replacent


Rupeni Caucaunibuca dynamite la défense castraise

Parmi les chocs de la 15e journée du Top 14, Toulouse a dompté Castres 23-16, restant invaincu à domicile. Toulon a battu Biarritz 38-26, tandis que le Racing a rejoint Montpellier, son adversaire du jour, en s’imposant 28-16. Clermont a fait le plein de points contre Bourgoin (34-9), alors que Brive confirme son léger redressement en prenant le bonus défensif à Perpignan (23-16). Nul 26-26 entre La Rochelle et et le Stade Français.

Le match du jour: Toulouse – Castres

Tout allait pour le mieux pour Toulouse qui après seulement quatre minutes de jeu, inscrivait le premier essai par Médard. Revenus à 7-6 grâce à des pénalités de Teulet, Castres prenait les devants après un essai signé Andreu (21e), transformé par Teulet (13-7). C’était au tour de Skrela de redonner un second souffle à ses partenaires avec deux pénalités (13-13, 38e). Castres se voyait refusé un essai après examen vidéo, mais Teulet donnait tout de même trois points aux siens sur une pénalité en coin (13-16, 48e).

Une pénalité de Skrela permettait à Toulouse d’égaliser à nouveau (16-16). Et alors que les deux équipes se rendaient coup pour coup, le tournant du match est intervenu à l’heure de jeu avec le carton jaune attribué à Diarra. Toulouse en profitait pour prendre le large aussitôt, en inscrivant un essai par l’intermédiaire de Dusautoir après une mêlée qui tombait à pic. Skrela transformait et le score en restait là (23-16). Le Stade Toulousain reste invaincu à domicile après ce succès, le 10e de la saison. Les Toulousains comptent à présent six longueurs d’avance sur Montpellier et le Racing. Castres peut néanmoins se satisfaire d’un point de bonus défensif, et reste ainsi en cinquième position.

Le fait marquant: le Racing rejoint Montpellier

Fort d’un succès relativement confortable sur Montpellier (28-16), le Racing-Métro a rejoint son adversaire du jour au classement. Le Racing-Métro se trouve devant Clermont, vainqueur (34-9) de Bourgoin. Le scénario n’était cette fois pas à l’avantage des Héraultais, vainqueurs au match aller (36-19). Avec trois essais inscrits contre un côté Montpelliérain, le Racing peut désormais oublier son match nul (6-6) concédé mercredi face à Brive. Les Héraultais, qui recevront Perpignan samedi prochain, conservent toutefois la deuxième place à la différence particulière.

Le choc: Toulon – Biarritz

Venir à Mayol est traditionnellement une épreuve pour les adversaires. Pour la venue de Biarritz, qui avait décoché le bonus défensif à Montpellier, le RCT, revenu sans rien de Bayonne, a remis au goût du jour cette tradition. En fait, cet affrontement entre deux équipes qui luttent pour revenir au sommet du Top 14 a rapidement donné du travail à l’arbitre. Les deux packs robustes se sont affrontés, voire plus: échauffourées, provocations, nervosité, tout y était. Après un superbe essai de Balshaw, qui profitait d’une croisée de Traille avant de lober au pied son compatriote Wilkinson (5e), le match montait en intensité. Un coup de tête de Bruno sur Marconnet valait au talonneur varois un carton jaune (13e), et il croisait à son retour sur le terrain le deuxième ligne basque Lund, coupable d’un plaquage haut sur Missoup (23e), provoquant une échauffourée. Si le jeu au pied de Wilkinson n’était pas, pour une fois, à la hauteur, Toulon revenait sur une feinte de passe de Wulf qui prenait le trou et ramenait les siens (14-16). La pause redonnait du fil au jeu varois, Wilko passant une pénalité avant qu’un beau mouvement collectif ne soit conclu par Sinzelle (46e, 24-16). Entré peu de temps avant, Imanol Harinordoquy hérite également d’un carton jaune, synonyme de 10 minutes sur la touche, pour une faute technique (54e). Pourtant, le BO était à deux doigts de revenir, suite à un beau festival de Balshaw qui commettait un en-avant en plongeant sur le ballon, il est vrai gêné par Sinzelle (57e). Toujours aussi intenable, Wulf était encore à la conclusion d’un essai après une feinte de passe de Fernandez-Lobbe, assurant la victoire du RCT (66e), remiose en cause par un sprint de Ngwenya (67e, 31-26). Mais Lovoalamu finissait un contre initié par une récupération de Sackey pour redonner du confort aux hommes de Philippe Saint-André (75e, 38-26). Le BO était tout près de prendre le bonus défensif, mais la vidéo dans les arrêts de jeu ne faisait pas apparaitre clairement un essai, pour la deuxième fois de l’après-midi.

L’amélioration: Brive

Depuis le 11 septembre, Brive n’a plus connu le goût de la victoire. Le déplacement à Perpignan n’a pas permis à l’équipe de mettre fin à cette terrible série de huit matches sans victoire, malgré la belle prestation au Racing cette semaine qui aurait pu se conclure par une victoire au lieu d’un nul (6-6). Malgré leur meilleure volonté, les Corréziens ont dû s’avouer vaincus, après deux belles décisions de Mélé qui envoyait Chouly à l’essai après une mêlée (34e), puis en donnant un ballon à Candelon qui tapait à suivre et s’en allait marquer son deuxième essai de la semaine (48e). En ayant aligné la même ligne arrière qu’à Colombes, Ugo Mola a tout de même pu décrocher un bonus défensif, avec notamment un essai de Cooke (42e), Palisson trouvant la cible au pied pour une courte défaite (23-16), le bonus défensif en prime. Chez le vice-champion de France, les Brivistes confirment leur meilleure santé, au moment même où leur entraîneur leur avait demandé de débuter l’opération maintien dès le match contre le Racing. Message entendu et bien reçu.

La cause perdue: Bourgoin

Après les changements de présidence, les incertitudes concernant le futur, Bourgoin n’en finit plus de ne pas être récompensé par ses efforts. Les Berjaliens ont beau faire, ils ont beau donné du fil à retordre aux plus grosses cylindrées du championnat, ils finissent toujours par s’incliner. Après le Stade Français, c’est Clermont qui a bénéficié des fins de match douloureuses des Isérois. Les champions de France ne menaient que 13-6 à la 39e minute, suite à un essai de Domingo (33e), mais l’essai de Lauaki (40e) changeait tout, du score (20-6 à la pause) à l’équilibre. Williams (53e) et Malzieu (75e) aggravaient la marque et assuraient le bonus offensif aux Auvergnats. Du coup, Bourgoin ne ressort pas la tête de l’eau et occupe plus que jamais la dernière place du Top 14.

L’essai: Agen

Alors que le SUA menait déjà 9-0, les hommes de Christophe Deylaud ont enfoncé le clou sur un essai de toute beauté signé du jeune ailier fidjien Saimoni Vaka. Celui-ci a profité d’un ballon perdu par les Bayonnais, pour traverser plus de la moitié du terrain et inscrire le premier essai de la rencontre à la 52e minute. Menés dès lors 16-0, les Basques perdaient pied et sauvaient tout juste l’honnneur sur une pénalité de Audy. Cette victoire 21-3, sans bonus, est la quatrième d’Agen à Armandie.

Un beau nul: La Rochelle – Stade Français

Bien plus rare en rugby qu’en football, c’est bien sur un match nul que se sont quittés La Rochelle et le Stade Français. A égalité au score, ils le sont également au nombre d’essais, avec deux réalisations de part et d’autre dans une rencontre engagée. Les spectateurs du Stade Marcel-Deflandre en ont eu pour leur argent. Et les Maritimes auraient presque mérité de l’emporter, si Beauxis n’avait pas tenté et réussi un drop à quatre minute de la fin. Les Rochelais peuvent toutefois se contenter de ce résultat, eux qui n’ont en tête que le maintien en fin de saison, alors que le Stade Français a bien du mal à se faire une place en haut du tableau depuis le début de saison.

Par Thierry Tazé-Bernard France Télévision

Toulon enjoué, Clermont chahuté, le Racing bizuté

Des débuts difficiles pour les racingmen face aux champions 2009 du Leinster.

Débuts mitigés pour les clubs français en Coupe d’Europe. Toulon a remporté le premier match de H Cup de son histoire mais en dominant in extremis les Ospreys (19-14) à Mayol (Poule 3), Clermont, sans briller, a battu de son côté les Anglais des Saracens 25-10 (Poule 2). En revanche, Perpignan (Poule 5) a sombré 43-34 face aux Gallois de Llanelli. Même punition pour le Racing-Métro, qui s’est nettement incliné (38-22) contre le Leinster à Dublin (Poule 2).

Clermont souffre mais s’impose

Clermont, champion de France, a donc réussi  son entrée en Coupe d’Europe en dominant les Saracens (25-10). Dès les premières minutes, les vices-champions d’Angleterre mettaient la pression. Les Auvergnats subissaient mais ouvraient le score grâce à l’opportunisme de Jamie Cudmore. Sur un coup de pied de renvoi des Saracens, le Canadien volait le  ballon et signait le premier essai clermontois transformé par Parra (7-0 à la  11e). Moins inspiré une dizaine de minutes plus tard, Cudmore écopait d’un carton  jaune pour une brutalité et laissait ses partenaires à 14 face à la furia des  Saracens. Hougaard réussissait la pénalité (7-3 à la 20e). Héroïques en défense, les Auvergnats annihilaient les attaques londoniennes et sur une de leurs rares incursions dans le camp adverse, Joubert lançait  Malzieu puis inscrivait un deuxième essai pour Clermont (12-3 à la 25e). Pourtant, les Saracens terminaient la première  période en assiégeant le camp clermontois. Malgré un nouveau carton jaune pour Zirakachvili, Clermont tenait jusqu’à la pause (12-3).

Les Londoniens profitaient de leur supériorité numérique au retour des vestiaires. Sur une action au large, Wyles retrouvait Strettle à l’intérieur pour un essai superbe, transformé par Hougaard (12-10 à la 44e). Au cours d’une seconde période hachée par les fautes, Clermont gardait  l’avantage grâce à une défense de fer. Parra sanctionnait les rares fautes  anglaises en réussissant deux pénalités (18-10 à la 65e). Solidaires jusqu’au bout, les champions de France contenaient les Saracens  et les poussaient même à la faute. Sur une passe manquée de Ratuvou dans ses 22  mètres, Rougerie récupérait le ballon et transmettait à Nalaga pour le troisième  essai clermontois. Parra transformait et scellait un succès précieux pour  Clermont (25-10 à la 79e).

« C’était un bon match face à une belle équipe, avec beaucoup d’intensité. On est très content de cette victoire et aussi du fait que les Saracens n’aient pas  pris de point de bonus défensif. C’est important dans cette poule qui sera très  serrée. Les joueurs ont mouillé le maillot. Ils se sont beaucoup entraidés, et  je suis satisfait », a notamment indiqué l’entraîneur clermontois Vern Cotter.

Première historique pour Toulon !

C’est une victoire très importante que le Rugby Club Toulonnais s’est offert ce samedi sous le soleil de Mayol. Un succès de prestige, à l’arraché (19-14) face à une formation des Ospreys qui ressemble quasiment à l’équipe nationale du pays de Galles. Tout ne fût pas facile mais les Varois ont su renverser le cours d’un match qu’ils auraient pu perdre. Les Ospreys mettaient d’emblée la pression sur les Toulonnais qui commettaient une première faute. L’ouvreur gallois Dan Biggar inscrivait les trois premiers points du match (0-3, 2e). Dans la foulée, le jeune Biggar manquait un drop en bonne position (5e). Les Varois n’étaient pas au mieux et Mayol tremblait pour Jonny Wilkinson, un moment à terre après une béquille involontaire d’un adversaire sur un placage.Dans leur maillot bleu azur, les hommes de Philippe Saint-André subissaient l’impact de leurs rivaux, très forts sur les phases de rucks. Biggar manquait une pénalité bien placée (8e). Petit à petit, le Ercété rentrait dans la partie et commençait à envoyer du jeu, au près et au large avec Messina notamment. A la 14e minute, Jonny Wilkinson égalisait sur une pénalité consécutive à un hors jeu gallois (3-3). Les joueurs de la Principauté faisaient des erreurs à leur tour et Toulon retrouvait une saine agressivité pour prendre le dessus dans la zone plaqueur plaqué. « Wilko tapait ensuite trop court une pénalité des 50 m. Puis ratait un drop au terme d’un beau travail des avants de la Rade (25e).

Si les Gallois évoluaient avec le vent, les coéquipiers de Juan Martin Fernandez-Lobbe, capitaine en l’absence de Joe Van Niekerk, profitaient des contres pour semer le trouble dans l’arrière garde adverse. Incisifs en défense, les Provençaux récupéraient des ballons et obligeaient les Britanniques à commettre des fautes au sol. Wilkinson donnait l’avantage aux siens d’un beau coup de pied des 40 m dans l’axe (6-3, 31e). Quatre minutes plus tard, Biggar manquait une pénalité assez facile après une faute toulonnaise. Heureusement pour la franchise galloise, suite à une faute au sol d’Orioli, Biggar égalisait dans les arrêts de jeu de la première période d’un énorme coup de pied du milieu de terrain, bien aidé par le vent (6-6 à la pause).Dès l’entame de la seconde période, le RCT reprenait les commandes de la partie. Sur le coup de pied d’engagement de Wilkinson, l’ancien toulonnais et all black Jerry Collins effectuait une obstruction sur un joueur sans ballon. L’arbitre offrait une pénalité à Toulon que Wilko convertissait (9-6). Toujours aussi âpre, le match commençait à chauffer les esprits des acteurs. Quelques mêlées étaient chahutées ou relevées, et Monsieur Lewis n’hésitait pas à siffler très rapidement. Contre Toulon à la 53e, ce qui permettait à Biggar de recoller au score (9-9). Quelques minutes plus tard, les Ospreys incrivaient un essai heureux par l’opportuniste Shane Williams. Sur un regroupement aux 25 mètres varois, à deux mètres de la ligne de touche, Williams profitait du manque de vigilance adverse et s’emparait du ballon et partait seul petit côté. Il accélérait et crochetait l’arrière toulonnais pour marquer en assez bonne position. Heureusement, Biggar manquait la transformation (9-14, 60e).

Dans la foulée, Paul Sackey retenait le lutin gallois par le bras et l’arbitre offrait l’occasion à Dan Biggar de creuser l’écart mais le buteur du pays de Galles manquait de nouveau la cible, en coin. Alors que Wilkinson redonnait espoir au Ercété d’un superbe coup de pied en coin (74e). Avant que Mayol n’explose sur la dernière offensive des Bleus d’un jour. Après une succession d’attaques de droite à gauche, le ballon revenait à « Jonny belle gueule » qui adressait une passe lobée splendide pour Sackey lancé plain gaz. L’ailier du XV de la Rose prenait tout le monde de vitesse et aplatissait en coin. Wilkinson réussissait la transformation et Toulon s’imposait d’une courte tête (14-9). Un succès important dans l’optique de la qualification même si rien n’est joué dans cette poule 3 de la mort où les London Irish et les Irlandais du Munster.

 

L'ailier de Toulon Paul Sackey file à l'essai face aux Ospreys, le 9 octobre 2010

 

Le métro à l’arrêt

Le Leinster, de son côté, n’a pas rencontré de grandes difficultés contre le Racing-Métro, mené 21-6 à la pause après deux essais du 3e ligne Sean O’Brien et de l’arrière Rob Kearney. Après le troisième essais du talonneur Richard Strauss (48e), les Racingmen ont réagi, notamment par un essai du centre Albert VuliVuli avant l’essai du 3e ligne irlandais James Heaslip et le raid solitaire de McFadden en guise de conslusion. Les Franciliens repartent sans le point de bonus défensif, une semaine avant la réception de Clermont pour un choc franco-français de cette poule 2. A noter que pendant le match, le trois-quart centre du Leinster Brian O’Driscoll, 31 ans, est sorti blessé. La star du rugby irlandais s’est fait mal, apparemment à la cuisse.

Perpignan trop indiscipliné

Les vice-champions de France pourront difficilement se consoler avec le point de bonus ramené de Llanelli grâce aux cinq essais inscrits, soit un de plus que les Gallois, car les Scarlets ne font pas a priori partie du gratin continental. L’équipe catalane espérait faire oublier une campagne 2009-2010 calamiteuse et faire un premier pas vers sa première qualification pour les quarts de finale depuis trois ans. C’est raté, en grande partie à cause d’une trop grande indiscipline, qui a coûté 15 points sur pénalités, dont 12 en première mi-temps. Face à un buteur du  talent de Steven Jones, l’homme aux 91 capes dans le XV de Galles, les avants ne  pouvaient pas se permettre d’être pris aussi souvent en faute. A 40-15, le match était plié, mais l’USA a eu le mérite de continuer à se battre pour aller arracher le point du bonus grâce à des essais de Planté (54),  Tonita (69) et Chouly (78).  Porical a même eu l’occasion d’ajouter un deuxième point de bonus défensif à  la dernière minute sur une pénalité de plus de 50 mètres, manquée.

Grégory Jouin et Gilles Gaillard

Source : sport.francetv.fr

Affiche de gala à Marseille, tension à Perpignan

Sonny Bill Williams, Tana Umaga et Jonny Wilkinson lors de la demi-finale épique entre Toulon et Clermont

PARIS — Toulon et Clermont investissent le stade Vélodrome de Marseille pour une revanche de la demi-finale de 2009/2010, samedi lors de la 7e journée du Top 14 également marquée par une confrontation entre Perpignan et le Stade Français, deux déceptions du début de saison.

Vendredi, le nouveau leader Bayonne va évaluer son véritable niveau à Toulouse.

Toulon (7e) – Clermont (5e): déjà défaits à deux reprises à Mayol, face à Bayonne (22-26) et au Racing (31-36), les Toulonnais n’ont d’autre choix que de l’emporter samedi à Marseille, où ils n’ont jamais connu la défaite en Top 14. Les Varois sont très remontés à l’idée d’affronter le champion de France, qui les avait écartés en demi-finale au terme d’un match haletant. Clermont, malgré sa récente défaite (16-18) à Bayonne, monte en puissance et entend frapper un grand coup au Vélodrome.

Perpignan (8e) – Stade Français (10e): duel de milieu de tableau entre deux équipes fragilisées. Léger avantage pour Perpignan, qui reste sur trois victoires face au club parisien en Top 14 et entend confirmer son succès étriqué (27-20) contre Bourgoin, tandis que le Stade Français a payé (27-29) contre Brive son incapacité, déjà constatée contre Castres, à livrer une performance constante pendant 80 minutes. Le vaincu risque de glisser dangereusement vers la zone de relégation.

Racing-Métro (2e) – Bourgoin (14e): Après avoir pris le bonus offensif contre La Rochelle (43-18), le premier en 32 matches de Top 14, le Racing-Métro entend continuer de faire le plein de points à domicile, une semaine avant la réception de Biarritz. Mais Bourgoin, bien que toujours bon dernier au classement, reste sur une performance encourageante à Perpignan (20-27) et se déplacera sans complexes à Colombes, où il s’était imposé (18-17) la saison dernière.

Agen (13e) – Montpellier (3e): le club héraultais, qui s’est sorti avec brio d’un début de saison infernal, ne doit pas se relâcher contre les deux promus, Agen et La Rochelle, ses deux futurs adversaires. Les Agenais ont pris un sérieux coup au moral (10-41) à Toulon et doivent se ressaisir en préservant leur invincibilité (1 victoire, 1 nul) à Armandie, condition sine qua non pour envisager le maintien en Top 14.

La Rochelle (12e) – Biarritz (9e): Après leur bon début de saison, les Rochelais ont subi un coup d’arrêt en encaissant successivement 93 points à Toulouse (3-50) et à Colombes face au Racing (18-43). Sans l’arrière Benjamin Dambielle, suspendu, la pénitence continue avec la réception d’une équipe biarrote revigorée par ses succès contre le Stade Français (19-11) et Toulouse (25-20) et qui, malgré la mise au repos de Dimitri Yachvili, s’en va quérir un premier succès hors de ses bases.

Castres (11e) – Brive (6e): avec trois succès à domicile et trois revers à l’extérieur, le CO réalise un début de saison plutôt discret, loin des bonnes performances de la saison dernière. La venue de Brive constitue un vrai test: les Corréziens restent sur une probante victoire contre Toulon (27-9) suivie d’un succès obtenu à l’arraché (29-27) à Paris face au Stade Français. Un troisième succès d’affilée à Pierre-Antoine et les Brivistes pourraient envisager de jouer les premiers rôles.

Programme de la 7e journée:

Joué vendredi:

(20h45) Toulouse – Bayonne (Canal + Sport)

Samedi:

(14h30) Perpignan – Stade Français

Racing-Métro – Bourgoin

La Rochelle – Biarritz

Castres – Brive

(16h25) Toulon – Clermont à Marseille (Canal +)

(20h45) Agen – Montpellier (Canal + Sport)

NDLR: Victoire = 4 pts, nul = 2 pts, défaite = 0 pt

Bonus : 1 pt pour une victoire avec 3 essais de plus que l’adversaire, 1 pt pour une défaite de 7 pts ou moins

Les 2 premiers qualifiés pour les demi-finales

Les clubs classés de 3 à 6 disputent des barrages pour les demi-finales

Les 2 derniers en Pro D2

Source : AFP

On en salive déjà !

Benji Marshall du XIII au Clermont Auvergne ?

La ligue a publié hier avec un peu de retard son calendrier pour la saison 2010-2011 du TOP 14. L’instance chargée du rugby professionnel français a quelque peu tardé à publier ce calendrier, mais il est vrai que les paramètres à prendre en compte étaient presque infinis : Eviter les doublons Coupe d’Europe-Championnat, les gros clubs qui ne voulaient pas jouer entre eux lors des matchs du XV de France, des délocalisations de plus en plus nombreuses, des stades en rénovation de certains clubs. A défaut de nous proposer le calendrier parfait, la LNR offre un calendrier qui plaira au plus grand nombre.

Toujours autant de stars

Ce championnat de France, qui depuis deux ou trois ans a connu une ascension exceptionnelle et est devenu une référence en matière de compétitions domestiques, pour ne pas dire LA référence du rugby à XV, un peu comme la NRL est celle du XIII. Certes, plusieurs stars sudistes sont retournées dans leurs pays avec en point de mire la Coupe du Monde 2011. Ainsi Sonny Bill Williams est parti vers la Nouvelle-Zélande et les Canterburry Crusaders. Compte tenu de ces bonnes prestations en Top 14, on peut imaginer que SBW sera intégré dans le XV des All Blacks. Arrivée le même été l’Australien Mark Gasnier a effectué deux saisons plus discrètes dans le Top 14 (N’oublions tout de même pas qu’il fut l’un des meilleurs marqueurs de la saison), par conséquent il retournera chez les treizistes et réintégrera son club de toujours, le Saint-Georges Illawara. C’est une demi-surprise, car on pensait que la fédération australienne allait faire pression pour récupérer cet élément et l’intégrer dans la future franchise de Super 15, des Melbourne Rebels. Quant à Karmichael Hunt va s’engager dans la nouvelle franchise de footy de la Golden Coast.

Sione Lauaki troquera son maillot des Chiefs pour celui de l'ASM

Mais tous ces départs seront largement compensées : l’ailier du XV de la Rose, Paul Sackey, le pilier néo-zélandais Carl Hayman, référence mondiale à son poste porteront les couleurs rouges et noires du RCT, l’ailier des All Blacks et des Auckland Blues, Rudi Wulf devrait les rejoindre sur le bord de la rade.. Après une escapade sud-africaine, le numéro 10 argentin, Juan Martin Hernandez reviendra à Paris pour porter les couleurs… du Racing ! Voilà qui devrait pimenter le derby entre les deux clubs franciliens ! Les Champions clermontois ont fait signer l’une des attractions de l’hémisphère sud : Sione Lauaki, le Maori connaît déjà la région puisqu’il a déjà joué à Nevers en Fédérale II l’espace d’une saison quand il était encore junior. Alors qu’il était annoncé du côté des Melbourne Rebels le facétieux Caucaunibuca sera toujours agenais l’année prochaine. Le club Lot-et-Garonnais lorgne également le Gallois Andy Powell, ce qui serait un énorme coup. Les Champions de France ont également approché l’ouvreur des West Tigers et des Kiwis, Benji Marshall. Ce serait un énorme coup, puisque depuis les départs des SBW et de Mark Gasnier Benji Marshall est considéré comme la nouvelle star du XIII.

Pourtant cette saison 2010-2011 n’est annoncée que comme une simple saison de transition, les sergents recruteurs des clubs du Top 14 auraient déjà les yeux sur la saison suivante afin de se disputer les plus belles stars de ce jeu.

Plus de délocalisations

Ce qui était considéré comme un événement exceptionnel devient monnaie courante. Pratiquement tous les clubs du Top 14 Orange délocaliseront leurs plus belles affiches dans les plus grandes arènes de France. Ainsi le RC Toulon jouera 3 clubs au Stade Vélodrome de Marseille (Toulouse, Clermont et le Racing), le Stade toulousain ira quatre fois au Stadium, les dirigeants du CO ont eu la bonne idée de s’exporter au Stade de la Méditerranée de Béziers, ce sera le grand retour du rugby d’élite à Béziers. En revanche les joutes contre Perpignan et Toulon, un temps envisagées au Stade de la Méditerranée, se feront finalement à Castres. Agen recevra deux fois au Stade Chaban-Delmas de Bordeaux. Le CSBJ continuera de délocaliser au Stade des Alpes et le Stade français au Stade de France. Le club parisien sera imité par le Racing qui jouera également dans l’enceinte dionysienne. Les clubs basques joueront à plusieurs reprises du côté d’Anoeta. On peut regretter que Montpellier et La Rochelle ne les imitent pas en profitant du Stade de la Mosson et de la Beaujoire. Le rugby en terre nantaise, voilà qui aurait été un véritable scoop tandis que le FC Nantes-Atlantique sombre en queue de Ligue 2.

A quand un match de Top 14 à Nantes ?

150 millions de raisons de rêver et un télérugby ?

Si la ligue a tant cherché à faire plaisir à ces clubs, c’est aussi qu’elle à l’intention d’en mettre plein les yeux au diffuseur Canal +. En effet, selon Midi-Olympique plusieurs présidents du Top 14 parmi lesquels Mourad Boudjellal et Paul Goze entendent bien voir le rugby toucher le jackpot. Nos deux champions de la règle de trois ne comprennent pas pourquoi le rugby fait un tiers de l’audience des matchs de Ligue 1 et que le Top 14 ne touche que le dixième de ce qui est offert au foot. Ces prétentions n’affolent cependant pas Eric Bayle, responsable du service rugby chez Canal +, car le concurrent de la chaîne cryptée qui serait prêt à faire monter les enchères aussi haut pour le Top 14 ne semble pas exister. Toutefois, il semble évident que la LNR pourra au moins multiplier par 3 ou 4 ses revenus télévisuels qui sont actuellement de 25 millions d’euros annuels. La proposition du président de l’USAP, Paul Goze, de découper l’offre en plusieurs parties. Ainsi nous pourrions avoir la création d’un « télérugby » sur une chaîne gratuite. Cette idée semble intéressante, car au-delà du fait qu’elle doperait les tirelires des clubs du Top 14 elle contribuerait à populariser le championnat dans les régions nord, et dans les milieux populaire, là où le rugby ne fait pas encore recette. Là aussi il s’agit de trouver les annonceurs prêts à casser les œufs pour le ballon ovale, compte tenu du succès grandissant du championnat on est en droit de rêver.

Une telle manne serait une aubaine pour les petits clubs, comme le CSBJ. Les Isérois sont encore une fois menacés de relégation  en Fédérale I. Mais qui peut croire qu’Albi qui a effectué un recrutement et un prévisionnel de ProD2 pourrait s’engager dans le meilleur des championnats du monde ?

Un si beau champion !

Les deux clubs qui se retrouvent demain en finale du championnat de France de rugby fondent leur performance sur une cohérence et une stabilité remarquables

À quoi peut tenir un match quand on prend quasiment les mêmes et qu’on recommence ? Bien malin qui pourrait écrire à l’avance le scénario de la finale du championnat de France de rugby de samedi 29 mai au Stade de France.

Car, davantage que leurs différences, n’est-ce pas les points communs entre les clubs de Perpignan et de Clermont-Ferrand qui frappent plus que tout ? Auvergnats et Catalans sont devenus deux ogres du rugby hexagonal, dotés d’une formidable capacité de digestion.

Reconnaissons qu’en la matière, les « Jaunards » de Clermont sont passés maîtres dans l’art de remettre l’ouvrage sur le métier, sans hauts le cœur, et sans barguigner. Dix finales perdues, un héritage qui pèse des tonnes. D’autant que les trois dernières furent à avaler consécutivement. N’empêche. Les Clermontois ont un estomac en béton, aiguisent encore et toujours leur appétit, et les revoilà présents au rendez-vous. Incroyable constance, invraisemblable volonté de rebondir après l’échec.

Pas de grands chambardements, pas d’emballements enflammés

Pour Perpignan, le défi de revenir à la charge paraît certes moins rude. La reconquête du titre l’an dernier, le premier depuis 1955 après les désillusions de 1977, 1998 et 2004, parachevait le superbe travail d’un club au budget moyen (12 millions d’euros), deux fois moins gonflé que les portefeuilles des monstres stadistes, qu’ils soient toulousain ou parisien. La récompense suprême d’une politique mesurée mais au service d’une belle ambition.

C’était bon, et peut-être suffisant. Mais que nenni ! « Nous avons un titre, il nous reste à construire un palmarès », résume l’entraîneur Jacques Brunel. Bien dit, et surtout bien fait.

Enchaîner cette année comme la précédente n’était pas gagné d’avance. Clermont et Perpignan ont donc traversé cette saison comme deux paquebots à la stabilité quasiment sans faille. Fondée d’abord sur la stabilité des troupes. Pas de grands chambardements, pas d’emballements enflammés comme ceux auxquels s’abonnent les clubs de football.

Perpignan s’imagine volontiers en équivalent rugbystique de Barcelone

Perpignan, surtout, s’est distingué dans la stabilité de son effectif : deux recrutements seulement contre sept pour Clermont. On ne change pas une équipe qui gagne. Et les adaptations, par petites touches, se sont révélées d’une grande intelligence. L’arrivée en Auvergne du demi de mêlée international Morgan Parra, en provenance de Bourgoin-Jallieu (Isère), est sans aucun doute un des « plus » des Jaunards cette année. Par ses orientations de jeu souvent inspirées et par sa précision sur les coups de pieds de pénalités, ce jeune (21 ans) meneur d’hommes apporte une sérénité nouvelle aux Auvergnats.

Mais cette stabilité, les deux clubs peuvent aussi la construire grâce à leur investissement sur la formation. Tous ne seront pas samedi sur la feuille de match, mais Clermont compte dans son effectif neuf joueurs issus de son centre de formation, comme les emblématiques et fidèles Aurélien Rougerie et Julien Malzieu. Un vivier qui n’est pas prêt de se tarir, les Espoirs et les Crabos (moins de 19 ans) du club venant d’être sacrés champion de France.

Côté Perpignan, pas moins de onze joueurs sont passés par les structures de formation locales, dont le centre David Marty (arrivé en junior) et l’arrière buteur Jérome Porical. Un effort sur les jeunes que les dirigeants du club entendent poursuivre, en privilégiant encore plus la dimension identitaire d’un recrutement élargi à la Catalogne du côté espagnol. En pays catalan, Perpignan s’imagine volontiers en équivalent rugbystique du cousin du ballon rond de Barcelone. Cela en dit long sur les projets à long terme du club.

Le bouclier de Brennus tombera dans les bras d’un beau champion

Au petit jeu des similitudes, et pour revenir au terrain, on peut également noter le travail des deux équipes sur la mêlée, phase clé du rugby d’aujourd’hui. Les avants de Perpignan, déterminants l’an dernier, ont été les piliers de la victoire en demi-finale contre Toulouse, dont les gros bras, pourtant, ne se bougent pas facilement.

Même rôle déterminant pour les gaillards clermontois, dont la besogne fut essentielle face au pack toulonnais dans l’autre demi-finale. Enfin, dans un ultime duel où la régularité des buteurs s’avère de plus en plus incontournable, les forces en présence, là encore, n’offrent guère d’avantage décisif à l’une ou à l’autre des deux équipes.

Morgan Parra pour Clermont et Jérôme Porical jouent ces derniers temps les métronomes du coup de pied. À la veille du coup d’envoi, les deux équipes sont d’ailleurs d’accord sur un dernier point : aucune ne veut assumer le statut de favori.

L’affaire s’annonce « équilibrée », jurent tous les protagonistes. Alors pour ne pas rompre cette unanimité, assurons-le : samedi soir, le bouclier de Brennus tombera dans les bras d’un beau champion.

Jean-Luc FERRÉ
Source : La Croix

Le XV clermontois : Floch – Nalaga, Rougerie (cap), Joubert, Malzieu – (o) James, (m) Parra – Lapandry, Vermeulen, Bonnaire – Privat, Cudmore – Scelzo, Ledesma, Domingo

Remplaçants : Cabello, Zirakashvili, Pierre, Audebert, Senio, Lavea, Canale, Debaty

Le XV perpignanais : Porical – Planté, Marty, Mermoz, Manas – (o) Hume ou Laharrague, (m) Durand – Tuilagi, Perez, Tonita – Tchale-Watchou, Olibeau – Mas (cap), Guirado, Freshwater

Remplaçants : Tincu, Schuster, Vilacéca, Le Corvec, Mélé, Laharrague ou Burger, Mélé, Pulu

Comme on se retrouve !

Vermeulen et les Auvergnats arrachent une quatrième finale pour la revanche entre l'USAP et Clermont

Il y a des matches qui restent à jamais gravés dans l’histoire. Ce Toulon-Clermont mérite amplement d’y figurer. Dans la fournaise de Geoffroy-Guichard, les deux équipes ont proposé une demi-finale intense, haletante et teintée d’un suspense insoutenable jusque dans les dernières secondes de la prolongation. Difficile dans pareille situation de ne pas saluer le courage et l’abnégation des perdants du jour que sont les Toulonnais. Même menés 35-22 à cinq minutes du terme, les Varois ont réussi le tour de force de faire croire à une improbable remontée après un essai de Cibray (97e) et une dernière percée de Lovobalavu dans la dernière minute de la rencontre. Mais Clermont a su trouver les forces pour résister à la furia toulonnaise pour retrouver le Stade de France face à Perpignan le 29 mai prochain.

L’hommage de Mignoni
«Ce n’est beau que pour Clermont, avoue Pierre Mignoni, un brin dépité sur le pré stéphanois. On a montré qu’on avait du cœur. Cela reflète notre saison, mais je suis déçu pour l’équipe. Je félicite Clermont qui mérite autant que nous d’aller en finale. Il mérite de gagner en finale face à Perpignan.» Des propos à l’image de l’homme. Dignes et classieux. Il fallait voir la détresse et la déception des protégés du président Boudjellal au coup de sifflet final, mais aussi entendre la gorge sèche de Philippe Saint-André, envahi par les larmes et incapable de s’étendre plus longuement sur l’issue de la rencontre. Certes Toulon a perdu et n’a pas rempli la folle envie de quête du Graal de son président, mais Toulon a validé son retour au plus haut niveau. Après dix-huit ans sans phase finale, l’état d’esprit du RCT est éternel et joliment perpétué en 2010.

Un final ahurissant
Il aura donc fallu cent minutes pour départager les deux formations samedi après-midi au terme d’un combat d’une rare intensité. Longtemps les Clermontois ont cru détenir leur billet pour la finale, mais Jonny Wilkinson, fidèle au rendez-vous dans son costume de sauveur, renvoyait tous les acteurs en prolongation après une pénalité de cinquante mètres (22-22, 77e). A l’ASM, point d’international anglais, mais un ouvreur australien, dénommé Brock James qui passait une pénalité et un drop monumental de cinquante-cinq mètres (28-22, 91e), pour donner l’avantage à son équipe. Dans la foulée, Malzieu, au terme d’un sprint de monstrueux qui grillait la politesse à Lovobalavu, s’en allait aplatir dans l’en-but (35-22, 93e). Un essai qui mettait fin au suspense… le temps de quelques secondes. Pour une issue que l’on connait, malgré le retour inespéré des Toulonnais. «On savait que ça allait être dur, soufflait Julien Bonnaire. On n’a rien lâché face à une très belle équipe de Toulon. C’était vraiment difficile. Un beau match, une belle fête pour tout le monde. L’équipe a mûri, maintenant est-ce qu’elle sera capable de passer le cap face au champion en titre, c’est une autre histoire.» Qualifié pour la onzième finale de son histoire, la quatrième d’affilée, Clermont le saura rapidement pour un remake de la finale 2009 face à Perpignan. Pour Toulon, l’aventure s’arrête ici. La loi cruelle du sport de haut niveau. Mais le RCT peut être fier du visage dévoilé.

Source : Le Figaro Sport

Résumé vidéo de Eurosport 2 (En anglais)