Colloque Stades : Le rugby des années 2010.

Ce colloque de deux jours, organisé par la LNR, avait pour objectif de faire le point sur l’état des stades des clubs de rugby professionnels, mettre en avant les succès – mais aussi les limites – du système des délocalisations et surtout de se projeter dans un avenir récent, le rugby des années 2010.

En 10 ans, le budget moyen d’un club du Top 14 est passé d’une moyenne de 5 millions d’euros à 15 millions de nos jours. Quant aux affluences, elles sont passées de 5 000 à 15 000 spectateurs par match. Résultat : Certaines villes viennent d’investir des millions pour agrandir et moderniser des stades flambant neufs… mais déjà obsolètes ! C’est le revers de la médaille pour un Top 14 toujours de plus en plus populaire. Certains clubs comme le Stade toulousain, l’Usap ou le Clermont Auvergne sont obligés de refuser des abonnements pour répondre aux critères de la Ligue.

Les délocalisations, comme ici à Marseille, sont un succès populaire mais atteignent leur limite

Succès et limites des délocalisations

De nombreux clubs ont trouvé une parade originale et intéressante en délocalisant les matchs de gala dans des enceintes plus grandes (Celles du Stade français au Stade de France, du RC Toulon au Vélodrome sont les plus spectaculaires). Le succès est si grand que certains clubs ont des moyennes de spectateurs plus importantes que ce que peuvent recevoir leur stade !

Malgré leur succès indiscutable ces délocalisations ont des limites.

En effet comme l’indique Pierre Bouquet, directeur administratif du Biarritz Olympique Pays Basque  «  Ce genre d’évènements doit rester un moment à part dans une saison. Les multiplier retirerait cette saveur particulière, et pourrait même lasser les supporters ». C’est probablement ce qui poussa le BOPB à annuler la délocalisation initialement prévue à Anoeta (Pays Basque espagnol) car le club n’était pas au mieux côté sportif. Même son de cloche du côté du Stade français qui a décidé de passer de 5 matches de gala au Stade de France la saison dernière à seulement trois cette année : Trop d’événement tue l’événement !

De plus, les contraintes pour de tels matches sont énormes. Notamment pour les délocalisations qui se font à l’étranger : Il faut à la fois répondre aux normes françaises, espagnoles et à celles des autonomies ! La législation et l’imposition sur la billetterie des événements sportifs sont complètement différentes d’un pays à l’autre.

Cependant, le principe n’est pas prêt à rendre son dernier soupir, une demi-heure de ce colloque a été entièrement consacré à dresser un panorama des futurs grands stades qui seront construits à Lyon, Bordeaux, Nice ou Lille à l’occasion de l’Euro 2016.

Le stade Yves du Manoir de Montpellier est le seul stade récent du Top 14

Vers des stades plus grand, plus modernes

La solution passe par la création de stades d’en moyenne 20 000 places, modernes et adaptés aux nouvelles normes environnementales. A  l’image de ce qui a été fait à Montpellier. Le nouveau Jean Bouin ou l’Arena 92 devraient emboiter le pas, d’autres projets existent par exemple à Perpignan. Seulement les prix pour de tels stades peuvent vite devenir très salés si on ne sait maîtriser les coûts, à cette occasion des dirigeants du club de football du Alemanya Aachen qui ont réussi à construire un magnifique stade à moindre frais ont été invité à ce colloque.

La question est d’autant plus cruciale que les pouvoirs publics sont de moins en moins enclin à mettre la main à la poche. Il faut trouver une solution privée. Il existe des solutions comme celle du naming (méthodes consistant à donner le nom d’une marque à un stade) encore peu exploitée en France.

Je reviendrai très prochainement avec un post sur les différents projets existants pour les clubs du Top 14.

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