Brive : Au bord du gouffre !

Une journée riche en émotion à l’image de ce bouillant derby parisien entre le Racing et le Stade Français. (Crédit photo : Espnscrum.com)

Toulon s’est qualifié pour les barrages d’accession aux demi-finales du Top 14 (du 25 au 27 mai) après un succès 25-22 sur le Stade Toulousain, alors que le Racing qui a dominé le Stade Français (19-13) a un pied dedans. Castres est également qualifié à la faveur d’une victoire 30-19 face à Clermont. Perpignan qui a dominé Lyon 34-22 est assuré de se maintenir. En revanche, Brive aura bien du mal à se remettre de sa défaite contre Bordeaux-Bègles (23-9).

Deux ans après sa défaite en demi-finale face à Clermont, Toulon se retrouve en phase finale. Le club varois est quatrième du classement après sa victoire face à Biarritz vendredi soir (21-16), Montpellier est également assuré de disputer la phase finale, pour la deuxième année consécutive. Castres, large vainqueur de Clermont (30-19), a aussi fait un pas significatif vers les barrages mais devra confirmer sa position samedi prochain face à Bayonne.

Brive a perdu une bataille probablement décisive dans la lutte pour le maintien après sa défaite à domicile face à Bordeaux-Bègles. Le club corrézien se retrouve treizième avec cinq points de retard sur Bayonne qui a battu Agen (31-10), l’équipe de son futur duo d’entraîneurs, formé par Christian Lanta et Christophe Deylaud. Les Corréziens en sont réduits à croire à un miracle, une victoire bonifiée à Clermont lors de la dernière journée, et une défaite « sèche » de Bayonne à Castres. Perpignan, vainqueur (34-22) de Lyon –déjà relégué en Pro D2–, Bordeaux-Bègles, Biarritz et Agen sont désormais assurés de leur présence en Top 14 la saison prochaine. La dernière journée de la phase régulière aura lieu samedi prochain.

Résumé RC Toulon vs. Stade Toulousain

Le derby pour le Racing

Dans un Stade de France rempli seulement aux deux tiers, une déception pour ce premier derby francilien à enjeu depuis trois ans, Paris a bien démarré la rencontre en inscrivant un essai par Arias, décalé par Szarzewski, futur Racingman (0-10, 13e). Un essai qui a réveillé les Ciel et Blanc, habillés dans la tenue de leurs aïeux de 1882. Après deux pénalités de Wisniewski, Descons a concrétisé une nouvelle action dangereuse de ses coéquipiers à 15 contre 14 après le jaune de Contepomi pour fautes répétées (13-10, 37e). Lancées dans un mano a mano (16-13, 62e), les deux équipes multipliaient les maladresses et les mauvais choix. Sans être génial, le Racing conservait son avance (19-13, 71e) face à des Parisiens enfin décidés à jouer dans les dernières minutes. Trop tard, le Racing filait très vraisemblablement vers les play-offs pour la troisième année d’affilée. Mathématiquement, le Stade Français conserve en effet un très mince espoir de se qualifier. Il faudrait en effet une large défaite des Franciliens à Agen et un succès du club parisien avec le bonus offensif à Biarritz pour inverser la tendance.

Résumé Racing vs. Stade Français

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Top 14 : Vers un superderby ?

François Steyn tente de plaque le surpuissant Bastareaud lors du derby francilien

Rien de tel qu’une bonne petite journée de championnat pour sortir de la dépression dans laquelle nous a mis le XV de France. Encore une fois, nous aurons le doit à une journée qui  sera marquée par des surprises, des matchs joués à couteaux tirés et des coups de théâtre. Cette treizième et dernière journée des phases ‘aller’ ne dérogera pas à la règle et nous proposera des belles affiches : Avec bien sûr le Champion de France, Clermont, qui recevra le Champion d’Europe, Toulouse. Le match dans un stade Mayol surchauffé entre des Toulonnais ; retrouvés après leur victoire à Perpignan, et Montpelliérains, surprenant dauphins du champion toulousain, devrait également valoir son pesant d’or. En bas de classement le match entre Brivistes et Agenais sera intéressant et risque d’apporter son lot d’émotion. Cependant, l’affiche 100% francilienne entre le Stade français et le Racing attirera tous les regards. J’ai pu lire ici et là qu’on regrette de ne pas avoir un vrai derby au Stade de France. Je crois que cela viendra. Un derby ne se crée pas en un jour, ni même en une saison ou deux. Pour l’instant Max Guazzini semble quelques peu jaloux du succès de son voisin des Hauts-de-Seine ; mais il faudra se rendre à l’évidence, le Racing est bien parti pour durer et devenir, lui aussi, une place incontournable du Top 14 Orange. Une rivalité historique entre deux clubs ne se décrète pas, on peut toujours faire monter la sauce avec des déclarations assassines, lancer des polémiques à quelques jours du coup d’envoi, mais seul le terrain peut vraiment créer une rivalité. Quand les deux clubs se seront rencontrés à plusieurs reprises, quand l’un aura battu l’autre sur un score aussi invraisemblable que 59-16, ou quand le premier aura éliminé le second en phase finale grâce à une pénalité litigieuse, quand un ancien du Stade jouant aujourd’hui au Racing se fera sortir sur carton rouge pour avoir fait une fourchette sur son ancien compagnon de chambre, alors naitra la vraie rivalité. Tous les parisiens seront « Stadistes » ou « Racing » comme les Espagnols sont Madrilista ou Barcelonista, le match se jouera au Stade de France (ou Grand Stade de la FFR) à guichet fermé, les spectateurs des deux clubs se battront, gentiment, pour avoir les places, I-Télé et BFMTV commenteront en boucle tous les aléas autour du derby, un petit logo apparaîtra en haut à droite de votre écran « Superderby -4 » pour dire qu’il ne reste plus que quatre jour avant le derby. Pendant ce temps là, le staff technique de la FFR continuera à dire que le Top 14 Orange est une compétition peu intéressante qui n’intéresse pas grand monde et les internationaux du monde entier rêveront de jouer pour l’un des deux clubs. Pour l’instant nous n’en sommes pas là. Mais le match de samedi pourrait être celui qui amorcera une rencontre de légende.

 

Les frères ennemis du rugby parisien

Racing vs. Stade Français, un derby pas seulement sur les terrains verts.

Le match qui opposera demain après-midi le Stade Français au Racing Métro 92 est bien plus que le second derby parisien du championnat de France de rugby 2009-2010. La rencontre qui opposera sur terrain neutre -le stade Charlety -le club de la capitale à son nouveau rival des Hauts-de-Seine ne manque pas de portée symbolique, alors même que, performant et qualifié pour les phases finales, le Racing confirme ses nouvelles ambitions et renoue avec son passé glorieux. Il flotte d’ailleurs sur ce match comme un petit parfum d’histoire, Stade Français-Racing ayant été l’affiche de la première finale du championnat de France de rugby, le 20 mars 1892, le Racing l’emportant sur le score maigrelet de 4 à 3. Pour la petite histoire, on rappellera aussi qu’avant de prendre le contrôle du Stade Français, Max Guazzini s’était intéressé au Racing, où il avait été poliment éconduit. Deux grands clubs à Paris  : une situation que l’on apprécie au plus haut point du côté de la Fédération française de rugby « On parle beaucoup du rugby des grandes villes mais, en dépit de beaucoup d’efforts, il peine encore à s’y implanter. Il reste un sport moins populaire que le football. Alors, deux clubs à Paris, c’est formidable. Il faut remonter aux années 1960 pour retrouver cela », s’enthousiasme le vice-président de la FFR en charge de la communication, Bernard Godet. A l’instar de bien des observateurs, ce dernier souligne de surcroît qu’à l’heure du « rugby business » Paris et son agglomération peuvent, de par leur potentiel économique et démographique, aisément « porter » deux clubs de rugby professionnels.

L’envol du Racing

« Sur un plan théorique, deux grands clubs de rugby peuvent coexister à Paris. Le Grand Londres compte six clubs de football et trois clubs de rugby de haut niveau », rappelle Vincent Chaudel, responsable du département management du sport du cabinet Ineum Consulting. En clair, le rugby peut, sur le papier, réaliser ce que le tout puissant football n’a pas été en mesure de faire depuis une quarantaine d’années avec une seule tête d’affiche depuis 1970, le PSG, abstraction faite des allers-retours du Red Star entre les 1 ère et 2 e divisions au tout début des années 1970, ou de la désastreuse expérience du… Racing, une décennie plus tard.

A première vue, la situation est toute autre pour le ballon ovale. Le XV du Racing Métro 92 est non seulement soutenu par un homme d’affaires riche et chevronné, Jacky Lorenzetti, fondateur du groupe immobilier Foncia (revendu à prix d’or en 2007), mais il est sportivement performant. Indubitablement, son entraîneur, Pierre Berbizier, ancien sélectionneur de l’équipe de France, a su tirer le meilleur de l’arrivée de stars recrutées à grands frais par Jacky Lorenzetti, dont le très emblématique Sébastien Chabal, rentré d’Angleterre, sans parler du champion du monde sud-africain François Steyn. En parallèle, le Stade Français a été cette année « sur le reculoir ». Epilogue d’une deuxième saison ratée d’affilée, le club parisien, cinq fois champion de France depuis son accession à l’élite en 1997 – son dernier titre en date remonte à 2007 -, rate pour la seconde fois en treize ans les phases finales. Cet échec sportif intervient aussi alors que le club, présidé depuis 1993 par Max Guazzini est à un tournant. Détenteur de 74 % du capital, l’ex-dirigeant de NRJ, qui a sorti le Stade Français des oubliettes et l’a ancré au plus haut niveau, prépare une ouverture du capital à des investisseurs afin, dit-il, de « préparer l’avenir » (lire ci-dessous). En outre, un projet de supporters-actionnaires, sur le modèle des « socios » espagnols, est en préparation. Conséquence d’une saison ratée et marquée de moult vicissitudes, le « trou » de l’ordre de 1 à 1,5 million d’euros dans un budget de 21 millions relèverait de l’anecdote.

Les enjeux du stade

La nouvelle donne pour l’équipe, qui a aussi forgé sa célébrité avec son calendrier et ses maillots roses, c’est également le coup d’envoi du très controversé projet de reconstruction et d’extension à 20.000 places de son stade Jean-Bouin, à proximité du Parc des Princes, dans l’Ouest parisien. Après bien des soubresauts, la majorité du Conseil de Paris, emmenée par un maire, Bertrand Delanoë, proche de Max Guazzini et fervent supporter du Stade Français, vient en effet de se prononcer en sa faveur. Mais l’opposition à ce projet, chiffré à 157 millions d’euros, n’a pas désarmé, tant du côté des riverains que des politiques. « Tous les rapports sur les stades disent que l’investissement, le gros de l’investissement, doit être porté par le privé, par le club. Que la collectivité veuille participer intelligemment en investissant dans des équipements annexes d’intérêt général, pourquoi pas. Mais là, que demande-t-on aux Parisiens ?  Mettre 150 à 200 millions d’euros avec les investissements annexes , pour voir. En tant qu’élu local, je dis non », déclare notamment Jean-François Lamour, député et conseiller de Paris, en première ligne dans ce dossier. De son côté, la mairie de Paris précise que le coût du projet global est bien de 157 millions d’euros, dont 137 millions pour la seule reconstruction du stade.

L’ancien ministre des Sports, qui plaide pour un réaménagement bien moins coûteux du stade de Charlety, est d’autant plus vent debout que, selon lui, le Stade Français « repose sur un seul homme », Max Guazzini, et s’il lui reconnaît son engagement « passionné »« cela ne fait pas tout ». A contrario, Jacky Lorenzetti, qui veut faire financer par le privé la réalisation à Nanterre du nouveau stade du Racing,« est dans un schéma moderne de bon sens », constate Jean-François Lamour, qui balaie d’un revers de la main l’éventualité d’un conflit gauche-droite dénoncé par certains (d’autant que le Racing renaît dans un département, les Hauts-de-Seine, tenu par l’UMP…).

Concentration géographique

Pour l’une comme pour l’autre des deux équipes, cette problématique du nouveau stade est cruciale car l’équipement sera au coeur de leur financement futur.  « Dans l’absolu, deux clubs à Paris, c’est possible. Le potentiel est énorme chez les VIP, mais tout est lié à l’aboutissement de leur projet de stade. Si l’un des deux clubs ne va pas au bout, il ne sera pas viable à terme », estime Frédéric Boltony, économiste du sport associé au Centre du droit et d’économie du sport de Limoges. Vincent Chaudel soulève un autre problème de fond : la localisation des stades. « On peut s’interroger sur la concentration géographique des équipements. Le Stade Français et le Racing ont l’un et l’autre fait leur histoire dans l’Ouest parisien », relève le consultant.

A contre-courant de bien des spécialistes, ce dernier estime même que les deux clubs pourraient être confrontés à « un problème de positionnement ». « Le Racing comme le Stade Français restent des clubs « paillettes » ou VIP même si le premier est plus dans la tradition du rugby, et le second plus festif. Or ils pourraient être amenés à chasser sur le même territoire », observe-t-il. La coexistence des deux équipes se jouera donc autant sur le terrain que dans les tribunes. Pour Jacky Lorenzetti, cette cohabitation n’est pourtant pas un problème. « Il y a régulièrement dans le Top 14 des matchs délocalisés dans des grands stades, comme le Vélodrome, à Marseille, pour Toulon, ou le Stade de France pour le Stade Français, avec à chaque fois des affluences de 60.000 ou 80.000 spectateurs. Cela prouve qu’il y a un vrai engouement pour le rugby qui vient marcher sur les plate-bandes du football. Cette saison nous avons joué une fois à domicile alors que le Stade jouait à Saint-Denis, nous avons quand même eu 11.000 spectateurs. La zone de l’Ile-de-France est assez grande pour deux. » Chacun pourrait donc avoir son public.  Le Stade Français, qui a bouleversé le rugby français avec ses grands matchs-spectacles « est condamné à créer l’événément » affirme Frédéric Boltony, et attire les jeunes. Le président du Racing reconnaît lui que son public est peut-être plus âgé et plus familial.

CHRISTOPHE PALIERSE AVEC PHILIPPE BERTRAND, Les Echos

Racing Metro 92

· Création en 1882 du Racing, qui devient Racing Club de France en 1885 (la section rugby est créée en 1890)
2001 : fusion avec l’US Metro.
· Président : Jacky Lorenzetti.
· 5 titres de champion de France : 1892, 1900, 1902, 1959 et 1990.
· Budget  : 15,9 millions d’euros.
· Stade : Yves-du-Manoir (Colombes).
14.000 places.
30 entreprises membres du « Racing Business Club ».
· Projet de stade : 30.000 places avec toit amovible, à Nanterre, sur le site des Bouvets, qui appartient à la ville de Puteaux ; 180 millions d’investissements sur fonds privés.

Stade Français

· Création en 1883
1995 : fusion avec le CASG Paris, alors en groupe B et locataire du stade Jean-Bouin.
· Président : Max Guazzini.
· 13 titres de champion de France : 1893, 1894, 1895, 1897, 1898, 1901, 1903, 1908, 1998, 2000, 2003, 2004, 2007.
· Vainqueur de la Coupe de France  : 1999.
· Vice-champion d’Europe : 2001, 2005.
· Budget  : 21 millions d’euros.
· Stade : Jean-Bouin (Paris 16e).
10.000 places assises.
80 entreprises membres du « Stade Français Business Club ».
· Projet de stade : 20.000 avec le projet de reconstruction et d’extension (lancement des travaux de démolition prévu cet été)  ; 157 millions d’euros d’investissement (200 millions selon les détracteurs compte tenu des aménagements annexes) sur fonds publics.

Le Racing attend le Stade Français comme une mise en bouche avant les barrages

Jérôme Fillol, du Racing Métro, plaque le demi de mêlée du Stade Français Charlie Davies, le 21 novembre 2009 à Colombes/B.LANGLOIS/AFP

Dans un match sans enjeu, le club Ciel et Blanc fera tourner son effectif en essayant de garder une dynamique positive…

Soleil radieux, éclats de rire et chambrages. La décontraction affichée par les racingmans lors de la séance d’entraînement de mardi en témoigne: tout baigne chez les Ciel et Blanc. La qualification pour les barrages, acquise à la force du poignet contre Biarritz, donne des ailes aux Franciliens, à quatre jours du derby face au Stade Français. «On est plus détendu, plus serein, s’amuse le demi de mêlée Jérôme Fillol. Y’a de la joie de vivre et c’est important pour préparer les matchs de phase finale».

Mais pas question pour autant de tomber dans l’euphorie et de galvauder le « déplacement » à Charléty, samedi, dans un match contre le Stade Français qui n’a comme enjeu que celui de la supériorité régionale. «Il n’y a pas de relâchement chez nous, analyse l’ouvreur du Racing Jonathan Wisniewski. On a beaucoup de garanties à aller chercher car on a eu beaucoup de mal contre Biarritz pendant soixante minutes… On doit se rassurer, se faire plaisir et retrouver des automatismes à quinze jours du quart de finale.»

Certains cadres au repos

Un constat partagé par Jérôme Fillol: «C’est toujours important de jouer des grande équipes comme le Stade Français pour peaufiner quelques détails avant d’aborder des matchs couperet.» Et pour «garder la dynamique» de la victoire, même si l’effectif a de bonnes chances d’être en partie renouvelé, la rencontre contre Biarritz ayant laissé des traces. «C’est une opportunité pour certains joueurs de chercher une place dans les 23 (pour les quart), explique l’adjoint de Pierre Berbizier, Simon Mannix. On peut montrer que l’équipe ne tourne pas uniquement autour de Chabal, Nallet et Steyn et qu’on est 35 mecs à avoir beaucoup donné cette saison.»

Reste l’énigme Stade Français. Eliminés de toutes compétitions et de la course à l’Europeles nouveaux résidants du stade Charléty voient le bout d’une saison calvaire. Jérôme Fillol, ancien du Stade Français, ne doute pourtant pas de la qualité de l’opposition qui attend les Ciel et Blanc samedi. « Ce match reste un duel entre deux clubs parisiens et le Stade Français a envie de repartir en vacances avec un beau match. Ce groupe a du caractère et beaucoup d’orgueil et je ne pense pas qu’ils vont baisser le pantalon devant leur public.» A défaut d’enjeu, ce derby devrait offrir beaucoup de jeu.

Source : 20minutes.fr