Un Castres olympique !

Que ce Top 14 se porte bien ! Toulon, champion d’Europe s’incline face à Castres, Champion de France. Clermont est vice champion d’Europe et le Stade français finaliste du Challenge européen ! Cela montre à la fois l’homogénéité et la qualité de ce championnat, avec pour cerise sur le gâteau la magnifique victoire surprise de Castres.

Karena Wihongi, Christophe Samson, Rodrigo Capo-Ortega, Ibrahim Diarra, Anthony Claassen, Rory Kockott, Rémy Talès, Brice Dulin, Joe Tekori pour n’en citer que quelques uns, cette équipe avait fière allure certes, mais de là à prétendre qu’elle allait dominer leurs adversaires du jour, Toulon et sa pléiade de stars…

Un essai signé Kockott

Pourtant les Castrais ont vraiment dominé cette finale. Les leaders de jeu, Rory Kockott ou Rémy Talès ont marqué cette rencontre de leur empreinte. Le moteur de la Ferrari toulonnaise s’est quant à lui enrayé. L’essai, plein de vice, de Kockott qui feinte une passe vers Talès en position de drop avant d’aller aplatir le ballon entre les poteaux dans les arrêts de jeu fut une merveille ! Le numéro 9 peut remercier Anthony Claassen qui fait l’effort de rester plusieurs secondes durant sous les placages de la troisième ligne adverse rendant ainsi possible l’essai.

Cet essai castrais planté dans les arrêts de jeu de la première mi-temps obligeait donc le RCT à envoyer du jeu en deuxième période. Ce qui n’est pas vraiment dans l’ADN du club qui préfère se reposer sur une grosse défense et le pied de son numéro 10. Castres réputé pour sa défense intraitable s’est alors fait un plaisir d’aller agresser des Toulonnais pris à leur propre jeu !

Malgré les deux ou trois erreurs de Brice Dulin sur des coups de pied en touche suite à des pénalités, Toulon ne reviendra pas dans le match. De plus, la mêlée castraise qui avait subi en début de match s’est petit à petit ressaisie pour inverser progressivement la tendance. Wihongi puis Tekori imposèrent leur puissance dans le petit périmètre.

Rémy Talès, à la Wilkinson !

Alors qu’aux alentours de la 60ème minutes tout le stade attendait les drops assassins de sa majesté, Sir Jonny Wilkinson, ce fut Rémy Talès qui planta deux drops coups sur coups pour le Castres Olympique, anéantissant les derniers espoirs de titre Toulonnais. Le 10 toulonnais aura été Champion du Monde, Champion d’Europe mais devra encore attendre avant d’obtenir le titre de Champion de France !

Les modèle castrais !

L’ancien All Black, Gary Whetton, champion de France avec Castres en 1993 disait lors d’une interview accordée au journal Midi Olympique que le modèle castrais qui consistait en un savant mélange de joueurs locaux et d’internationaux étrangers s’opposait à la logique galactique du RCT. Alors que certains clubs, comme le Stade Toulousain, sont en train de repenser leur stratégie de recrutement pour s’inspirer modèle toulonnais, la belle victoire du Castres Olympique, neuvième budget du Top 14 arrive à point nommé. Pour tous les clubs qui ne disposeront jamais des budgets des Toulouse, Clermont ou Toulon le nouvel exemple à suivre est peut-être celui de Castres.

Mister Rugby

XV de France : Ils ont croqué le Puma !

Le Blogue de Mister Rugby fait le point sur le dernier match victorieux du XV de France au Grand Stade de Lille Métropole.

Ce groupe France a confirmé tout le bien qu’on pensait de lui depuis la victoire en Argentine, puis après son succès parisien face aux Wallabies. En l’espace d’une semaine, le XV de France vient de battre les deux équipes qu’elle a eu le plus de mal à dominer dans les années 2000. Pourtant lors des 10 premières minutes et suite à l’essai du Biarrot Marcelo Bosch, on a cru revivre les nombreuses déroutes infligées par ces Pumas accrocheurs, qui réussissent à nous faire douter. Mais cette fois-ci, les Bleus auront joué dans le bon sens. Les erreurs défensives auront vite été corrigées. Les Bleus, à l’image de ce qu’ils avaient été capables de produire face à l’Australie, ont produit énormément de jeu, jusqu’à l’asphyxie des Pumas : inscrivant au passage trois essais – avec un peu de réussite- dès la première mi-temps (Vincent Clerc 18ème et 22ème, Yannick Nyanga, 34ème). Cette mi-temps fut tellement exceptionnelle qu’il y eut très peu d’arrêts de jeu, on dut même attendre la 38ème minute pour jouer la première mêlée ! Un record mondial ?

Le deuxième acte ne sera pas du même niveau, les deux équipes complètement asphyxiées rentrèrent dans un duel de buteurs. Les Bleus se sont contentés de gérer la deuxième mi-temps, un peu trop parfois même, laissant quelques espaces aux Pumas, et se faisant surprendre à plusieurs reprises sur des ballons hauts (une première faiblesse laissée entrevoir par les Français qui n’a pas dû passer inaperçue à la vidéo de nos futurs adversaires, Dulin a eu énormément de mal à rivaliser sur les ballons hauts). Il est évident que c’était aux Argentins, dominés au score, d’envoyer du jeu. La défense française un peu pris de vitesse en début de première mi-temps retrouva toute son agressivité et les Argentins, agonisant, ne firent jamais vraiment en mesure d’inquiéter les Français qui maintenaient les Pumas à distance grâce au pied de Frédéric Michalak.

Finalement, les Bleus l’emporteront 33 à 29. Une très belle copie rendue par nos Bleus à confirmer la semaine prochaine face aux Samoa, dont ils faut se méfier, car les îliens viennent de remporter une très probante victoire en terre Galloise. Il y eut un peu de déchet défensivement, mais les lancements de jeu furent plus nombreux que lors du match du Stade de France. Il faudra à l’avenir soigner les ballons hauts, surtout au moment d’affronter les équipes britanniques (Galles, Angleterre et -à un degré moindre- l’Ecosse) qui sont royales dans ce secteur. Soulignons les performances de Fred Michalak, Florian Fritz (qui est en train de s’imposer au centre), Vincent Clerc mais surtout de la troisième ligne qui aura réussi l’invraisemblable exploit de nous faire oublier sporadiquement l’absence de Thierry Dusautoir. Pas une mince affaire !

Bonne note aussi au public nordiste, qui fut au rendez-vous et qui mit une incroyable ambiance dans leur nouvel écrin. Regrettons toutefois l’état lamentable de la pelouse : Passons encore sur les lignes du terrain de football encore présentes (bien que j’ai déjà joué sur des terrains de rugby que l’on partageait avec un club de foot sur lequel on repeignait en vert les lignes de foot ; si on peut le faire à petit niveau, on devrait pouvoir le faire pour les test-matchs). Le terrain ressemblait à un véritable champ de patates ! Ça ne sert à rien d’investir des centaines de millions d’euros dans un stade à toit fermé pour finalement jouer sur un terrain de la sorte ! Cependant, après le refus du Paris Saint-Germain de louer son Parc des Princes au rugby pour les demies finales du Top 14, le public nordiste devrait gagner le droit à accueillir de nouveau un grand événement du ballon ovale.

Mister Rugby

Coupe d’Europe: le Racing débute par un exploit

Le Racing Metro ouvre sa saison de H Cup en battant les Irlandais du Munster (22-17), favoris de la compétition.

Le Racing Metro débute parfaitement sa campagne européenne en H Cup   par une belle victoire 22 à 17 sur le Musnter, favori irlandais de la compétition. Sous une pluie battante et sur un terrain boueux, les Franciliens n’ont pas joué un grand match, mais on sut transformer en points les occasions obtenues. Pourtant tout avait mal commencé pour les joueurs du Racing, subissant d’abord le pied d’O’Gara, qui passait là la barre des 1300 points en coupe d’Europe, puis Dougal rebondissait sur un plaquage de Machenaud et allait à l’essai (0-10). Déjà défait par Montpellier et Grenoble sous la pluie, le Racing décide de fermer la maison et de s’en remettre aux pieds de Machenaud et Barkley. Bonne idée puisque les Franciliens grignotaient peu à peu le score par des pénalités puis par un essai de footballeur. Cronje dégageant au pied un ballon d’attaque irlandais, Machenaud poursuivait en dribbling et s’en allait aplatir (10-10). Barkley, sur pénalité faisait même basculer le score en faveur des ciels et blancs à la sirène.

O’Gara, la blessure qui change tout

Juste avant la pause, le Munster perdait O’Gara sur une blessure aux ischios, une absence décisive. Machenaud et Barkley prenaient le jeu à leur compte, ne relâchant par leur pression sur les Irlandais. Mais seule une pénalité de Barkley venait récompenser la bonne occupation du terrain. Bizarremnt, le Racing retombait dans ses travers, sur une touche rapidement jouée, les Franciliens ne se replaçaient pas assez rapidement, et voyait Zebo prendre les extérieurs et aller à l’essai (16-17). Comme le premier essai irlandais, celui-ci réveillait le Racing qui revenait dans le match en cinq minutes, en mettant la pression sur Murray qui cafouillait et donnait la pénalité de la gagne à Barkley qui ne se faisait pas prier (19-17), score confirmé par Bergamasco, toujours sur pénalité, dans la foulée. Sans briller, mais avec une grande science tactique, le Racing se lance parfaitement dans cette H Cup en battant les favoris de la poule.

Top 14 : Clermont est insubmersible à domicile

Fofana trouve la brèche dans la défense parisienne (photo: rugbyrama.fr)

Clermont est revenu de nul par face à un brillant Stade Français pour s’imposer (28-25) sur un drop de James à la sirène. Le record d’invincibilité à domicile tient toujours en Auvergne, mais il a vacillé.

Invaincu à domicile depuis 47 rencontres, Clermont a bien cru voir sa série s’arrêtée ce vendredi soir face au Stade Français lorsqu’à la mi-temps les Jaunards étaient menés 22 à 10 par les Roses parisiens. Pourtant au coup d’envoi, le duel paraissait inégal entre Clermont facile à domicile, dauphin du leader Toulon et au jeu tout à fait convaincant depuis le début de saison. En face le Stade Français avait plié sur chacun de ses déplacements depuis le début de la saison. Richard Pool-Jones, le coach parisien, avait d’ailleurs affiché peu d’ambition sur ce match en offrant une place de titulaire à la jeune garde représentée par Bonneval, Doumayrou, Sinzelles et le Fidjiens Vuidrawalu. Ce dernier, sans complexe, prenait le jeu à son compte en offrant le premier essai à Warwick en réceptionnant le coup d’envoi, relançant en puissance, tapant à suivre pour lui même et allant jusqu’à un mètre de la ligne des Jaunards. Les gros de Paris faisaient le reste pour pousser Warwick (1r). Clermont répondait rapidement, Parra trouvant Domingo en bout de ligne d’une double sautée (9e). Mais le jeune Vuidrawalu avait décider de faire de la défense de Clermont sa chose, Fofana et Stanley explosés sur leur ligne pouvaient en témoigner (7-15, 21e). Puis le jeune Parisien profitait d’un nettoyage à la mode de Papé sur Kotze pour aplatir un ballon qui roulait à porter de bras (7-20, 30e).

Une défense et un Parra

Mais Clermont n’allait pas abandonner sa série sans combattre. Au retour des vestiaires, on sert les lignes en Auvergne et la jeunesse parisienne commence à multiplier les fautes. Mauvaise idée lorsqu’en face on dispose d’un sniper de la qualité de Morgan Parra. L’international tricolore plantait quatre pénalités alors qu’en face Porical se limitait à une seule. A la 78e minute les deux équipes se retrouvaient dos à dos (25-25). Le jeu se crispait, la moindre faute pouvant offrir la victoire à l’adversaire. Fofana a bien cru ouvrir la voie pour les locaux, créant le décalage dans les 22 mètres de la capitale, il tentait une passe au large qui ne trouvait que le gazon du stade Michelin. Les parisiens, tant sanctionnés dans cette seconde période restaient très sage. Mais il était dit que Clermont devait remporter ce match dans la foulée de sa remontée fantastique. Et c’est Brock James qui se chargeait de faire exploser le stade d’un drop à la sirène (28-25). Même si défaite il y a, le Stade Français pourra s’appuyer sur cette partie comme match référence pour le futur. Pour Clermont, dont la victoire à domicile est devenu une routine, ce match vaudra surtout pour la solidarité et l’émotion.

L’essai à 7 points ! Chiche ?

De notre envoyé spécial Castaignède le joueur.

L'essai a 7 points, pour plus de cohérence ?

Repensons le système de distribution des points :

Que voit-on aujourd’hui ? Des défenses qui prennent dans 80% des cas le pas sur les attaques, des ¾ qui jouent en pétant comme des avants sans que les avants se soient pour autant mis à jouer comme des ¾. Enfin, je vous passe le topo que l’on connaît tous. Or, le rugby est selon moi un jeu où 8 avants jouent des phases de combat, de conquête, afin que les 7 arrières puissent fructifier leur travail en marquant des essais (ou des drops). Donc le rugby est un sport où les 15 doivent fournir un travail d’équipe pour gagner.

Mais aujourd’hui, on privilégie la défense avec des gabarits énormes à chaque poste et des tactiques qui visent à gagner de la manière la plus minimaliste possible. Je préconise donc pour rendre de la vitesse et du mouvement de modifier la façon de donner les points. Cela ne fera pas tout (pb des rucks parfois illisibles) mais ça aidera dans la philosophie du jeu.

 

Désormais, on compte l’essai à 7 points directement et on met fin à la transformation des essais. Pourquoi cela ? Car on voit de plus en plus des essais « trop faciles » ou marqués en contre en plein milieu des poteaux, ce qui ne donne aucun mérite au buteur de rajouter 2 points facile. En revanche, on peut voir de magnifiques essais construits être marqués en coin et la transformation être ratée. Résultat : un essai superbe = 5 pts et un essai bidon = 7 pts. Aucune logique, aucun mérite. Pour moi, n’importe quel essai c’est 7 points et basta, pas de transformation. En plus, ça a le mérite de gagner du temps et pas de passer 3 heures à « s’emme**** » voir le tee être amené puis posé, à voir le ballon être posé, à voir le buteur se mettre en conditions pendant 107 ans, puis pof, à côté, youpi !!

J’envisage aussi de donner 2 pts à un drop, pour ne pas en abuser. Toutefois, il faut compter avec la pression défensive qui monte sur le « droppeur » (il n’y a pas que le buteur qui peut dropper) au moment d’ajuster son coup de pied. Il y aussi le fait que le droppeur ne dispose pas de temps pour se concentrer au moment de tirer. Enfin, il y a le fait qu’un drop peut aussi être beau, par exemple celui de Wilko en finale de CDM 2003.

Par contre, je trouve normal que la pénalité vaille 3 pts car il faut bien pénaliser l’équipe adverse qui accumule les fautes. Dès lors, la pénalité est comme le penalty au foot, la façon de sanctionner l’équipe adverse. Sauf que je modifie aussi la façon dont se déroule la pénalité. Désormais, toute faute commise (sauf grave qui mérite un carton) dans le camp adverse sera punie par un coup franc ou par une touche dans le camp adverse. Toute faute commise dans son camp aura pour effet un coup franc ou bien une pénalité. Mais la particularité sera que cette pénalité sera tirée à l’endroit de la faute commise (au centre, à gauche, à droite, etc), mais obligatoirement à une distance de 25m. Comme ça, les équipes feront plus gaffe à leurs fesses après pour pas pourrir le jeu. Plus de pénalité impossible à 45m en coin, donc plus de faute forcément impunie.

Pourquoi ces modifications ? D’une pour faire la part belle au jeu. De deux, pour ne pas donner un rôle prépondérant au buteur. Pour moi, le rugby à XV se joue à 15 et ne doit pas se jouer sur le seul talent d’un buteur. Parce que dès lors il y a déséquilibre entre les 2 équipes et surtout il y a prime à l’individualité quand le collectif et le jeu doivent primer.

Je résume donc mes propositions :

– la pénalité toujours tirée à 25m des poteaux, dans l’axe où la faute a été commise.

– la transformation des essais supprimée

– le drop ramené à 2 pts