Albert Ferrasse : c’était le rugby d’ici

Albert Ferrasse un monument du rugby français et mondial

Albert Ferrasse est décédé, jeudi soir, chez lui, à Agen. Joueur, arbitre, dirigeant emblématique du Sporting union agenais, grand patron de la Fédération française de rugby pendant 23 ans, une aura internationale, Albert Ferrasse a toujours imposé sa forte personnalité tout en cultivant un certain art de vivre.

Cigare, whisky, coupé Mercedes, pardessus et partie de chasse. Albert Ferrasse aimait la vie et ses plaisirs, surtout ceux de la table. Il en sera désormais privé. Albert Ferrasse est décédé, jeudi soir, à son domicile agenais. Le 12 août prochain, il aurait fêté ses 94 ans. Né à Tonneins en 1917, Albert Ferrasse a d’abord été un fou de tennis de table. Champion de France Ufolep, il veut absolument participer, en juillet 1936, aux Olympiades populaires à Barcelone. À Figueras, il s’embarque dans une fourgonnette avec des Républicains espagnols. À son arrivée à Barcelone, la guerre éclate. Olympiades annulées. Le jeune Ferrasse est rapatrié à Marmande où, sur le tard, il débute le rugby, à l’aile.

En 1941, Albert Ferrasse, 1,80 m, 90 kg, intègre le SUA. Il est champion de France en 1945. Seconde ligne de devoir, il est surnommé « Bébert la godasse ». Bien des années plus tard, Albert Ferrasse luttera contre le jeu dur en prônant la radiation des coupables de coup de pied à joueur au sol. Blessé à un genou en 1951, il entame une carrière d’arbitre. Elle est couronnée, en 1959, par la direction de la finale Racing-Mont-de-Marsan. À la trompette dans sa jeunesse ou au sifflet, Albert Ferrasse a toujours eu du souffle. Il en a eu besoin.

Président du SUA (1963), du comité du Périgord-Agenais (1966-1968), de la Fédération Française de rugby (1968-1991), de l’International Rugby Board (1980 et 1987) et de la Fédération internationale de rugby amateur (1989), Albert Ferrasse a régné en maître absolu sur toutes les instances de l’Ovalie. En résistant aux Anglais et en tenant tête à l’Hémisphère Sud, il a positionné la France dans le concert du rugby international. Il a marqué l’histoire en bataillant ferme contre l’Apartheid. Pour l’anecdote, la fameuse tournée de 1971 en Afrique du Sud s’est décidée dans une cuisine de Saint-Hilaire-de-Lusignan, petit village de l’Agenais, celle du ministre des Affaires étrangères Jean François-Poncet.

Dans un milieu où le combat est roi, Albert Ferrasse a été le patron, le big boss. Il pouvait lancer la carrière internationale d’un joueur ou la briser. Un simple coup de téléphone suffisait. Sa brouille avec son fils spirituel, Jacques Fouroux, fut célèbre. En 1999, à l’occasion d’un match Auch-Agen au Moulias, les deux personnages sont photographiés, assis l’un à côté de l’autre en tribune officielle.

À Agen, il se fâchera aussi avec Guy Basquet. Les deux hommes, accompagnés par Charles Calbet, ont fait la pluie et le beau temps au SUA. Au bar « Le Fair-Play », en début d’après-midi, ils avaient l’habitude de jouer à la belote. Et de parler du Sporting. Une tribune d’Armandie porte aujourd’hui le nom d’Albert Ferrasse.

En 1990, il a aussi donné son nom à une fondation, celle des grands blessés du rugby. Ils ont été les enfants qu’il n’a pas eus. Début décembre 2004, le 2, Albert Ferrasse avait échappé à la mort. Un virage manqué et sa Mercedes plonge dans l’eau froide du canal. Rachid Mehzoum le repêche. Le 27 mai dernier, Albert Ferrasse avait été hospitalisé, son ami Pierrot Lacroix lui avait apporté des cerises pour lui remonter le moral. Jeudi soir, par contre, ce ne fut pas une fausse alerte.

Ses obsèques auront lieu le mardi 2 août, à 15 h 30, à la cathédrale Saint-Caprais d’Agen.

Le fondateur de la Coupe du Monde

Homme du terroir s’il en est, Albert Ferrasse était aussi un mondialiste avant l’heure. C’est bien lui qui a fait entrer la France à l’International Board avant de prendre la présidence de cette instance suprême du rugby en 1979. La Coupe du Monde ? Son idée, comme il l’avait raconté à l’époque à la Dépêche du Midi: «C’est vrai, c’est moi qui l’ai faite. Pas tout seul. Il y avait à mes côtés Danie Craven (1), mon ami Danie Craven. J’ai froissé beaucoup de monde y compris les Anglais. Je me souviens avoir été convoqué au Château par Jean François-Poncet(2) qui prétendait m’interdire de faire venir les Sud-Africains pour qu’ils jouent en France. C’était en plein apartheid. Et bien je lui ai répondu: «Pas de problèmes, c’est nous qui irons». Et on y est allé. J’ai emmené un joueur noir avec nous, Roger Bourgarel. Je me souviens, il a marqué un essai et les noirs ont envahi le terrain tellement ils étaient contents. On est allé jouer à Soweto, en plein pays d’apartheid. C’est comme ça que s’est lancée la Coupe du Monde, par ce voyage en Afrique du Sud. Les Anglais, bien sûr, ils préféraient rester entre eux, dans leur petit cocon, pour jouer contre le Pays de Galles ou l’Ecosse. Et bien on ne s’est pas laissé faire. Les Anglais, je leur ai toujours dit: «je vous admire, mais je ne vous aime pas…»

C’est donc en 1987 qu’eut lieu la première Coupe du monde, en Australie et en Nouvelle-Zélande. Et c’est Albert Ferrasse qui remit le trophée William Webb Ellis à David Kirk, capitaine de l’équipe des All Blacks qui battit la France en finale (29-9) à l’Eden Park d’Auckland. Un vrai déchirement pour le président de l’IRB qui ne put remettre que le trophée du vaincu à l’Agenais Daniel Dubroca, capitaine de l’équipe de France.

La Coupe du Monde est devenue aujourd’hui un événement incontournable et indispensable à la notoriété du rugby. Elle fêtera l’automne prochain sa septième édition.

(1) Président de la fédération sud-africaine.

(2) Ministre des affaires Etrangères

Article original

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Que faire du pactole des 35 millions d’euros ?

Que faire du pactole ?

 

En lisant le Midi Olympique de lundi dernier, j’ai pu voir que la France du rugby se pose la question suivante :

 

Que faire des 35 millions d’euros bruts gagné par la FFR  grâce à la Coupe du Monde de rugby.

 

Voilà ce que je propose :

 

Comme le fait très justement remarquer le « grand jaune » 35 millions brut c’est à la fois énorme et très peu, surtout quand on voit les sommes astronomiques qui circulent dans le sport professionnels aujourd’hui, y compris dans le rugby. C’est 35 millions brut devraient correspondre à 20 millions net.

Les différentes personnes interrogés issus de clubs de Fédérale et de Serge Blanco, représentant le rugby professionnels ouvrent plusieurs pistes intéressantes : Terrains synthétiques dans le nord de la France, développement du rugby dans les régions où ce sport est peu encore peu populaire : Bretagne, Nord Pas-de-Calais, Alsace, etc…

 

Premièrement je propose que ces 15 millions qui doivent partir en impôts diverses soient investis pour l’essentiel dans la Fondation Albert Ferrasse. En effet selon la loi française 66% du dons est déductible des impôts. Fondation Albert Ferrasse qui a pour lourde mission d’aider les grands blessés du rugby. Autant que cet argent parte directement à la cause de la grande famille du rugby que nous sommes. Non ?

 

Il nous reste donc 20 millions, je vous propose une piste qui risque d’en faire bondir plus d’un !

 

Construisons un Grand Stade du rugby en banlieue parisienne ! S’il-vous-plaît ne partez pas avant d’avoir écouter mon argumentation.

 

Ce stade pourrait accueillir les matchs du tournoi des 6 nations, des test-matchs contre les grosses nations de l’hémisphère sud (ou les matchs des nouvelles Séries Mondiales de Rugby que l’Interntional Rugby Board est en train de dessiner), la finale du championnat de France de rugby. Et aussi certaines oppositions du Top 14, celles du Stade Français Paris, ou bien du futur Racing Metro. Et pourquoi pas le futur grand « classicó » parisien entre les deux clubs ? Un vrai stade de rugby avec des tribunes qui ne seraient pas séparées de la pelouse par une piste d’Athlétisme à la façon du Millenium Stadium de Cardiff, de l’Ellis Park, de Twickenham, bref de tous les Stade de rugby qui ne soient pas le Stade de France qui lui est seulementy joli vu d’hélicoptère ! Le Millenium Stadium de Cardiff lors de l'entrée des Diables Rouges sur le terrain !

 

Comme nous l’avons dit précédemment, vingt millions c’est à la fois beaucoup est très peu. Je suis profondément attaché au rugby amateur et à son développement et c’est justement pour cela que je tiens à proposer une solution viable sur le long terme ! Parce que c’est bien cela le problème en combien de temps va se volatiser ces vingt millions si on commence à investir des terrains synthétiques à droite à gauche ? Comme vous le savez peut-être la FFR dispose d’un contrat avec le consortium du Stade de France dont elle a été la grande perdante, sachez qu’à chaque fois qu’on remplis le Stade de France pour un match du Tournoi la Fédération perd de l’argent ! Tandis que la Rugby Football Union anglaise elle s’en met plein les poches. C’est un comble. Cette solution n’est pas viable. Je crois que si les Français ont plein de défauts, n’en doutons pas,  ils ont en revanche la qualité de voir les grands projets, non pas comme une dépense mais comme un investissement facteur de croissance. Si la FFR disposait d’un tel stade, elle pourrait redistribuer cet argent aux clubs amateurs de façon pérenne. Voilà la logique de ma démarche.

 

Effectivement, pour construire un grand stade, je parle d’un stade d’environs 90 000 places, les vingt millions du mondial ne suffiraient pas puisqu’il faudrait compter deux cent millions d’euros. Pour le reste on peut imaginer que les collectivités territoriales participent aussi au projet  peuvent participer car le département et la ville qui accueillerait le stade en profiterait très largement.

Sur le fameux  « naming » (désolé je n’ai pas trouvé d’équivalent français). Une marque pourrait donner son nom au stade en contre partie de son financement. Attention, si certains trouve le concept très anglosaxon, imaginez que le nom du stade porte le nom d’une grande banque française, ou pourquoi pas de la région ou du département sur lequel il se trouve. Enfin, je pense que la tunique XV de France pourrait, elle, aussi porter le nom d’un parrain. L’Équipe de France on l’a vu est capable d’attirer des dizaines de millions de téléspectateurs, ce qui est plus que n’importe quel grand club de foot en France, régulièrement lors des joutes du Tournoi des 6 Nations, environ 6 millions de téléspectateurs regardent l’Équipe de France jouer. Soit plus d’un français sur dix.

 

Je pense qu’aujourd’hui le XV de France plus que le rugby  a atteint une notoriété nouvelle. Elle doit tout faire pour que le rugby d’en-bas puisse en profiter.