Le message de la France à la planète ovale

Nous savions les Français capables de battre les Wallabies, certains observateurs faisaient même remarquer qu’il s’agissait-là d’une des plus talentueuses équipe de France que nous ayons alignée ces dix dernières années. Mais nous étions loin d’imaginer que la France était capable d’une telle performance face à une nation du sud. Ceux qui ont pu voir le deuxième test-match en Argentine seront probablement confortés après ce France-Australie.

Une victoire estampillée Top 14

Les Français auront dessiné leur victoire dans les phases de conquête et notamment en mêlée fermée, on nous avait dit que les Australiens avaient progressé dans ce secteur, ce ne fut pas flagrant ce samedi. Archi-dominants dans ce secteur les Bleus profitèrent pour marquer leurs vis-à-vis australiens au fer rouge, inscrivant au passage deux de leur trois essais sur des mêlées fermées. L’autre grande satisfaction fut la défense bleue qui ne s’est pas pris un seul essai, même si à plusieurs reprises les Wallabies sont passés tout prêt franchissant même la ligne une fois sans que l’essai ait pu être accordé par l’arbitrage vidéo. Troisième grande satisfaction, les joueurs français qu’on savait talentueux ont gagné la plupart de leurs duels face à leurs adversaires directs. Peut-être que ces fameux livrets individualisés, remis par Philippe Saint-André, où figurent toutes les informations (points forts/points faibles) concernant les vis-à-vis directs de chaque joueur aura apporté des renseignements clés. Il n’y avait pas besoin d’être un grand spécialiste en rugby pour comprendre que les joueurs de l’hémisphère sud étaient en train de passer un très sale quart d’heure, il suffisait de lire la détresse dans leurs yeux pour savoir que rien n’allait plus.

Une marge de progression

Cette victoire s’est donc construite sur les phases statiques, une grosse défense agressive et qui montait très haut coupant les intentions de jeu australiennes et sur de nombreux duels gagnés par les Bleus. Néanmoins tout ne fut pas parfait. Il n’y eut qu’à de rares occasions des mouvements de grandes envergures. On aurait pu penser que cet alignement Michalak, Mermoz, Fritz, Clerc, Fofana, Dulin allait trouver des brèches dans la défense adverse. Il n’en fut rien. A part un éclair de Fofana (bien servi par Michalak) sur le deuxième essai, les trois-quarts français n’ont pas brillé par leurs grandes envolées mais plutôt par leur défense agressive et leur pragmatisme. Ce qui est complètement normal, compte-tenu du temps extrêmement court dont ont disposé les Français pour préparer ce test-match. Il existe donc une marge de progression importante, ce qui peut paraître invraisemblable quand on sait que les Bleus ont gagné avec un écart de 30 points, c’est pourtant vrai. Le jeu au pied fut peu utilisé et à mon avis aurait pu contribué à trouver par la suite des solutions offensives, mais il s’agissait-là probablement de consignes strictes de ne pas rendre de ballons à un adversaire qui peut être redoutable sur les ballons de relances.

Mention spéciale à notre troisième ligne

La victoire s’est indéniablement construite à 15, on pourrait même dire à 23 (bien que les 20 dernières minutes furent plus en faveur des australiens). Je voudrais tout de même souligner la performance extraordinaire de la troisième ligne à l’image de Louis Picamoles qui, avec ses charges aussi dévastatrices que nombreuses, compensa à lui tout seul le déficit de puissance du pack français. Fulgence Ouedraogo et Yannick Nyanga, dont on se souviendra longtemps de ses larmes lors de la Marseillaise, eurent du cœur. La domination française dans les rucks fut totale.

J’espère donc que les Bleus fourniront le même type de prestation à Lille face à des Pumas qui viennent de s’imposer assez aisément face au Pays-de-Galles au Millenium Stadium de Cardiff. Je regrette seulement que le Stade de France n’ait pas été plein à craquer hier. Il y a un vrai problème que la FFR (et les clubs) vont devoir très vite régler. Le commentateur de France 2 a annoncé 77 000 spectateurs, je pense qu’on était plus proche des 70 000 car il semblerait que certaines places n’aient pas trouvé preneur. Peut-être faudra-t-il revoir le tarif de certaines places avant de songer à réellement construire un grand stade, car vraiment ça valait le coup d’être hier soir au Stade de France.

Mister Rugby

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XV de France : Sur un air d’Argentine

Pour affronter l’Australie, samedi au Stade de France, Philippe Saint-André a décidé de confier les rênes du jeu à la charnière Machenaud-Michalak. Les deux joueurs avaient déjà fait la paire en Argentine, lors de la dernière tournée d’été. Avec brio.

Morgan Parra et François Trinh-Duc commenceront sur le banc, le test-match programmé samedi face à l’Australie. Le staff tricolore a opté pour une solution plus innovante en associant le jeune Maxime Machenaud à la mêlée (23 ans, 1 sélection) et Frédéric Michalak à l’ouverture (30 ans, 56 sélections). Comme à Tucuman où la France s’est imposée face aux Pumas 49 à 10.

Samedi, l’opposition face aux Wallabies sera d’un autre calibre. Mais ce choix reste dicté par « la logique du dernier test en Argentine où on a été content de Maxime et Frédéric Michalak .En plus, avec le fait que Morgan n’a pas pu s’entraîner pendant trois jours, le choix a été plus simple », a déclaré le manageur du XV de France, Philippe Saint-André.

Brice Dulin lui aussi sur le pré

Mais la béquille reçue à la cuisse droite, qui l’a privé du début du stage de préparation, n’explique pas tout. Le Clermontois, 24 ans dans une semaine, fait surtout les frais de la forme étincelante de Machenaud.

Le Racingman qui a honoré sa toute première sélection lors du second test-match contre les Pumas et marqué un des six essais français est sur la bonne dynamique, y compris avec son club. A l’instar de Brice Dulin, également titulaire en Argentine et qui sera réaligné à l’arrière ( Huget débutant sur le banc, où il couvrira les postes d’ailier et d’arrière).

Marqué par la râclée historique infligée par les Wallabies en 2010 au Stade de France (16-59), Philippe Saint-André garde dans sa manche un atout : une charnière opérationnelle Parra-Trinh-Duc, bien au chaud sur le banc, au cas où.

Le 15 titulaire face à l’Australie : Dulin (Castres) – Fofana (Clermont), Fritz (Stade Toulousain), Mermoz (Toulon), Clerc (Stade Toulousain) – (o) Michalak (Toulon), (m) Machenaud (Racing-Métro) – Ouedraogo (Montpellier), Picamoles (Stade Toulousain), Nyanga (Stade Toulousain) – Maestri (Stade Toulousain), Papé (Stade Français, cap.) – Mas (Perpignan), Szarzewski (Racing-Métro), Forestier (Castres)

Remplaçants: Kayser (Clermont), Domingo (Clermont), Debaty (Clermont), Suta (Toulon), Chouly (Clermont), Parra (Clermont), Trinh-Duc (Montpellier), Huget (Stade Toulousain).

XV de France : Un vent de jeunesse pour la tournée d’automne

Philippe Saint-André a choisi d’ouvrir la sélection du XV de France à huit novices pour la tournée automnale contre l’Australie (10 novembre au Stade de France), l’Argentine (17 novembre à Lille), et les Samoa (24 novembre au SDF). Eddy Ben Arous (22 ans), Sébastien Vahaamahina (20 ans), Pierrick Gunther (23 ans), Jules Plisson (21 ans), Gaël Fickou (18 ans), Vincent Martin (20 ans), mais aussi Yannick Forestier (30 ans) et Jocelino Suta (29 ans) sont appelés.

« Ces tests-matches sont plus importants que jamais. » Philippe Saint-André, le manageur du XV de France, a rapidement planté le décors de sa première liste de la saison 2012-2013. L’Australie, l’Argentine puis les Samoa, voilà le programme proposé à son équipe, avec en toile de fond, le tirage au sort de la Coupe du monde 2015. « Nous sommes 5e au classement IRB, et si on peut gagner une place, on deviendrait tête de série pour le tirage au sort des poules. C’est rarement arrivé à la France. »

Les 33 joueurs appelés pour le premier regroupement savent ce qui les attend. Et si le groupe atteint le chiffre de 33, il descendra à 23 après trois jours, les dix partants rejoignant leur club pour faire face aux échéances domestiques du Top 14. Mais ils auront eu droit à une vraie séance d’opposition le dimanche, veille de leur départ. « Si un jeune traverse le terrain trois fois dans la journée, on ne se gênera pas pour le prendre », sourit le manageur de l’équipe.

Rougerie absent

Comme il en a pris l’habitude lors de ces grands rassemblements, le staff de l’équipe de France a balayé au large. Eddy Ben Arous (Racing), Yannick Forestier (Castres), Jocelino Suta (Toulon), Sébastien Vahaamahina (USAP), Pierrick Gunther (Toulon), Jules Plisson (Stade Français), Gaël Fickou (Toulouse) et Vincent Martin (Toulon) vont découvrir Marcoussis avec les « grands ». A leurs côtés, les cadres que sont Szarzewski, Mas, Pape, Dusautoir, Ouedraogo, Parra, Trinh-Duc, Clerc… « Il y a encore des joueurs-cadres blessés comme Malzieu, Méédard, Palisson, Yachvili ou Harinordoquy », rappelle PSA, qui « continue à avoir un jeune joueur à gros potentiel par ligne ». Et si Aurélien Rougerie n’est pas présent, c’est que le staff a « été très content des trois-quarts en Argentine (Fofana, Fritz, Mermoz) », mais il ne « ferme pas la porte » au Clermontois, opéré à l’été de sa cheville.

Michalak plus ouvreur qu’à la mêlée

Dans les petites attraction de cette liste, Frédéric Michalak, « dans notre esprit il est plus demi d’ouverture même si sa polyvalence est toujours intéressante », Jocelino Suta qui « démontre à chaque match qu’il est devenu l’un des meilleurs 2e ligne de France », Vincent Martin, « qui est propre, qui ne fait pas d’erreur », Gaël Fickou que l’encadrement « ne veut pas griller mais il a été impressionnant contre Leicester » ou encore Jules Plisson qui « s’impose au Stade Français et devient N.1 devant Contepomi ».

Pour tous, anciens comme nouveaux, Philippe Saint-André a rappelé que « la dimension physique est primordiale au niveau international ». L’Australie et l’Argentine, qui ont disputé le Four Nations durant l’été et donc passé 4 mois ensemble, représenteront un test majeur : « On va passer au révélateur », a-t-il lancé, avant d’annoncer que la victoire contre les wallabies sera l’objectif.

Vidéo : Interview de Philippe Saint-André

Le groupe France:
Avants (19): Eddy Ben Arous (Racing-Métro), Thomas Domingo (Clermont), Yannick Forestier (Castres), Benjamin Kayser (Clermont), Christopher Tolofua (Stade Toulousain), Dimitri Szarzewski (Racing-Métro), David Attoub (Stade Français), Vincent Debaty (Clermont), Nicolas Mas (Perpignan), Yoann Maestri (Stade Toulousain), Pascal Papé (Stade Français), Jocelino Suta (Toulon), Sébastien Vahaamahina (Perpignan), Damien Chouly (Clermont), Thierry Dusautoir (Stade Toulousain, cap.), Pierrick Gunther (Toulon), Wenceslas Lauret (Biarritz), Fulgence Ouedraogo (Montpellier), Louis Picamoles (Stade Toulousain)
Arrières (14): Maxime Machenaud (Racing-Métro), Morgan Parra (Clermont), Frédéric Michalak (Toulon), Jules Plisson (Stade Français), François Trinh-Duc (Montpellier), Vincent Clerc (Stade Toulousain), Brice Dulin (Castres), Benjamin Fall (Racing-Métro), Gaël Fickou (Stade Toulousain), Wesley Fofana (Clermont), Florian Fritz (Stade Toulousain), Yoann Huget (Stade Toulousain), Vincent Martin (Toulon), Maxime Mermoz (Toulon)

En H Cup, comme en Top 14 : Toulon déroule toujours

Le club varois n’a jamais tremblé face à Montpellier en clôture de la première journée de Coupe d’Europe (37-16). Ils prennent la première place de leur poule.

Top 14 ou Coupe d’Europe, même combat. Les Toulonnais n’ont pas fait de détail face à Montpellier dimanche soir (37-16), dans le choc franco-français de cette première journée de H Cup. Avec l’ambition annoncée de briller sur les deux tableaux, les hommes de Bernard Laporte ont déroulé.

La sensation française de ce début de saison au milieu de la légion étrangère rouge et noire, Pierrick Gunther, a ouvert les hostilités en inscrivant le premier des cinq essais varois sous les yeux de Philippe Saint-André.

En attendant Cardiff

De bon augure alors que le sélectionneur du XV de France doit donner mardi la liste des joueurs retenus pour la tournée automnale. Dans le duel des ouvreurs internationaux, si Trinh-Duc était préservé par Fabien Galthié, Michalak, lui, a brillé à la mêlée aux côtés de Wilkinson avant d’être remplacé à la 74e.

Gratifiés du bonus offensif grâce à des essais de Gunther, Botha, Armitage (doublé) et enfin de Bastareaud, les Varois réalisent une entame de Coupe d’Europe idéale qui leur permet d’accrocher la première place de la poule 6. Dimanche prochain, à Cardiff, le dépaysement sera plus perceptible. Même si la pluie a donné à Mayol des airs de Pays de Galles.

Toulouse humilie Toulon

Toulon, le leader jusqu’ici invaincu du Top 14 a connu avec une équipe remaniée, un coup d’arrêt samedi, battu (32-9) pour la première fois de la saison par une équipe de Toulouse, qui a juste laissé échapper le point du bonus offensif, en clôture de la 7e journée.

Déjà auteur de tous les points de son équipe lors de la finale gagnée (18-12) sur Toulon en juin dernier, Luke McAlister a été, avec 27 points (un essai, six pénalités et deux transformations), le maître à jouer d’une équipe toulousaine rarement mise en danger et conquérante notamment en mêlée.

On ne change pas une équipe qui gagne. Cette maxime, Guy Novès le manageur toulousain, l’avait faite sienne en renouvelant l’équipe victorieuse à Bayonne (35-6) pour ce choc entre le champion en titre et le leader du Top 14.

Pari gagné puisqu’en une mi-temps, les Toulousains avaient déjà pris un avantage conséquent (19-3) grâce à une mêlée conquérante faisant reculer leur adversaire à tout coup, notamment en première période où les Varois étaient sanctionnés.

De quoi donner à McAlister, auteur de tous les points de son équipe durant les 40 premières minutes dont un essai plein de hargne en repoussant les Toulonnais sur son chemin (24e), l’occasion de briller.

Pour cette « revanche » de la finale gagnée (18-12) par les Toulousains face aux Varois et devant un Stadium complet avec plus de 35.000 spectateurs, la pluie s’était invitée et les conditions de jeu étaient pourtant moins favorables au jeu mais Toulouse avait la volonté d’emballer le match.

A l’inverse, Bernard Laporte, en laissant au repos huit cadres et en faisant tourner son effectif avec pour capitaine Bruno, n’a pas réussi son coup de poker et Michalak, de retour à Toulouse, n’a pas brillé et s’est contenté d’inscrire les points de son équipe sur trois pénalités.

Pour le RCT, en tête du Top 14 avec un sans-faute (6 victoires sur 6, dont 4 à l’extérieur), la pression était pourtant moindre que pour un Stade Toulousain, certes invaincu à domicile mais ayant déjà perdu trop de points en déplacement (à Biarritz et contre l’Usap à Barcelone).

Après une mi-temps qui leur avait été défavorable, les Toulonnais étaient encore pénalisés. Jenkins, titularisé pour la première fois, était sanctionné pour plaquage haut sur Picamoles (47e).

A l’heure de jeu, plusieurs cadres toulonnais, Masoe, Van Niekerk, Hayman et Giteau, faisaient leur entrée donnant au RCT une assise plus forte.

Si les Toulousains, qui recherchaient le bonus offensif, franchissaient à deux reprises l’en-but, leurs tentatives n’étaient pas validées après vidéo (49e et 69e).

Jusqu’au second essai de Maestri, l’ex-Toulonnais, qui donnait alors aux siens un avantage encore plus fort (77e).

Payez et circulez ! (IIème partie)

Je m’en suis un peu voulu d’avoir traité hier les dirigeants du rugby professionnel français de bande de guignols, certains n’ont-ils pas fait un vrai travail de qualité depuis que le rugby est passé pro ? En revanche, d’autres présidents n’ont pas tardé à réagir aux plaintes de Canal Plus. Selon Mourad Boudjellal, Canal Plus diffuserait les matchs du Top 14 gratuitement ou « soldé ». La façon de calculer de Mourad Boudjellal est simple comme une règle de trois : Si le Top 14 fait le tiers des audiences télévisées de la Ligue 1, alors Canal Plus devrait reverser au rugby le tiers de ce qu’ils reversent au foot (soit environ 150 millions d’euros). C’est un raisonnement simpliste et qui démontre un manque flagrant de clairvoyance du président toulonnais. Il ne faut pas raisonner en terme d’audience, d’ailleurs si Canal plus ne pensait qu’à l’audience il y a belle lurette qu’ils auraient supprimé le service payant. Canal plus raisonne en nombre d’abonnements : En réalité une grande partie des téléspectateurs qui regardent le Top 14 sur C+ sont en réalité des gens qui ont d’abord pris leur abonnement pour le football. Le rugby apparaît donc plutôt comme un amuse-gueule pour les passionnés de foot.

Mourad Boudjellal parle de « rugby soldé ». Il oublie de préciser qu’on solde les invendus. Si le Top 14 n’a pu avoir la somme escomptée, c’est tout simplement qu’aucune autre chaîne de télévision n’a bougé le moindre petit doigt pour obtenir ne serait-ce qu’une partie de l’offre du Top 14. Ce n’est pas le fabricant qui fixe le prix d’une oeuvre, c’est le marché qui s’en charge. En suivant, la logique magique de Monsieur Boudjellal nous serions tous millionnaire !

Le président toulonnais sait parfaitement tout cela, n’allez tout de même pas croire qu’il paie Frédéric Michalak un tiers de ce que Zlatan Ibrahimovic gagne au Paris Saint-Germain FC.

Je continue de croire malgré tout que le rugby est un excellent sport et que le Top 14 une très bonne compétition. Le Top 14 pèse bien plus dans le monde du rugby que la Ligue 1 ne le fait dans le monde du football. L’arrivée de la chaîne BeIN Sport changera, je l’espère, la donne pour le rugby. Mais si les présidents espèrent davantage des télévisions (c’est un enjeu capital pour pérenniser la professionnalisation de notre sport) ils ne devraient pas dévaloriser les 7 ou 8 grandes affiches qui sont susceptibles de vraiment intéresser les médias.

Mourad Boudjellal dans la Provence :

Top 14 : Les joueurs de la rade prennent le large

Le demi d’ouverture français de Toulon Frederic Michalak passe le ballon le 14 septembre 2012 à Montpellier (photo: 20minutes.fr)

Ceux qui ne cessent de se plaindre de la qualité du jeu proposé en Top 14 et qui ont préféré hier soir sortir boire « une » bière avec leurs amis auraient mieux fait de regarder le match avancé de la cinquième journée de Top 14 entre Montpellier et Toulon.

Nous avons eu le droit à un vrai match de haut niveau avec des relances, des chisteras, des passes sautés, sans oublier ce qui fait la force de notre championnat : du combat à tous les étages. Les deux équipes méditerranéennes ont pourtant pratiqué hier soir un rugby très différent. On sent l’empreinte de Bernard Laporte sur le jeu des rouges et noirs : pressions défensives maximales, pragmatisme et réalisme (comme sur la deuxième mi-temps où les toulonnais ne franchissent qu’une fois la ligne des 22 mètres adverses pour inscrire un essai), bonne gestion des moments forts et faibles ce qui leur permit de mener 16 à 0 à la mi-temps. Malgré une débauche d’énergie spectaculaire, des attaques sensationnelles et de multiples franchissements de la ligne d’avantage adverse les Montpelliérains ne trouvaient les soutiens une fois dans la défense. La deuxième mi-temps se résumera à une course poursuite entre les deux clubs. Les bleu marine trouvèrent des solutions face à ce rideau défensif très agressif grâce à du jeu au pied. On retiendra de ce match que Montpellier a marqué 4 essais et que Toulon n’en aura marqué que deux. L’essai du troisième-ligne-aile Gunther suite à une phase de jeu qui aura duré plus de deux minutes restera dans les annales de ce Top 14 version 2012-2013. Bien sûr les observateurs auront suivi avec attention le match dans le match entre Frédéric Michalak et François Trinh-Duc. On peut dire que ce premier duel aura largement plus mis en valeur l’ouvreur toulonnais. C’est d’ailleurs sur son action de relance depuis l’en-but que l’essai de Gunther est parti.

Pour conclure, on peut dire que journée après journée les joueurs s’adaptent aux nouvelles règles et on retrouve tout de même un jeu assez plaisant.