Le rugby deviendra grand au Brésil !

L’équipe brésilienne de rugby à XV

Quelques jours après la fête nationale brésilienne (le 7 septembre), je me suis intéressé au rugby aux pays des Tupis.

En me baladant sur les différents réseaux sociaux à travers les comptes Facebook et Twitter du Blogue de Mister Rugby, j’ai été surpris de voir le grand nombre de clubs de rugby brésiliens existants ou en train de se créer. Après les bons résultats obtenus depuis une dizaine d’années par les voisins argentins, le géant sud-américain, 6ème puissance économique mondiale, juste derrière la France mais devant la Grande Bretagne pourrait bien devenir à son tour une puissance de l’ovale.

Maillot de la sélection nationale brésilienne

Le premier constat que l’on fait que l’on se penche sur le cas du rugby brésilien, c’est que ce dernier est bien vivant et qu’il compte de nombreux clubs répartis un peu partout dans le pays. Il y aurait, selon le site Internet de l’IRB environ 160 clubs regroupant 16 000 licenciés. Compte tenu de la forte croissance du ballon ovale sur le territoire brésilien on peut imaginer qu’il faut largement revoir ce chiffre à la hausse. La CBR (Confédération Brésilienne de Rugby) peut désormais s’appuyer sur le soutien du Ministère des Sports et du Comité Olympique Brésilien. En effet avec à l’horizon les Jeux Olympiques de Rio 2016, la fédé de rugby fait maintenant partie des privilégiées, même si beaucoup reste à faire.

Il existe plusieurs niveaux de compétitions entre clubs, une à deux divisions dans chaque état au dessus desquelles ont retrouve les grandes ligues régionales et enfin le Super 10. Le championnat d’élite local regroupant les 10 meilleurs clubs du pays dont 4 sont basés dans la gigantesque ville de São Paulo (dont celle du Lycée Pasteur). Les clubs sont divisés en deux groupes (aux couleurs nationales) « jaune » et « vert ». Puis vient ensuite une phase finale. Les matchs sont retransmis sur la chaîne Sport TV appartenant au groupe Globo (sorte de TF1 brésilien). La télévision brésilienne s’intéresse d’ailleurs de plus en plus au phénomène rugby, ainsi ESPN Brasil retransmet les matchs du tournoi des 4 Nations quant à Band Sport, elle, a choisi comme produit d’appel notre Top 14 présenté comme le meilleur tournoi d’Europe avec les meilleures équipes et les plus grandes stars (!).

Le nouveau logo des Tupis

En haut de la pyramide on retrouve la sélection nationale qui se fait désormais appeler Os Tupis, du nom d’une tribu qui se vivaient le long des côtes brésiliennes. Os Tupis ont encore beaucoup de retard sur les nations du Conosur (le Chili, l’Uruguay et bien sûr l’Argentine) qui sont historiquement les nations possédant une forte culture rugby. La sélection devrait intégrer dès 2013 le championnat inter-provincial argentin aux côtés des nations précédemment citées et du Paraguay. La célèbre marque Topper, mécontente de voir que toutes les autres grandes fédérations de sports collectifs ont choisi des équipementiers étrangers, a décidé d’axer toute sa communication sur Les Tupis en publiant par exemple de courtes publicités humoristiques, comme celle d’une femme qui fait signer un autographe à son mari joueur de rugby, ou celle où un commentateur prétend que les superchampions français et néo-zélandais n’ont jamais battu le Brésil dans un tournoi sud-américain (!), les pubs terminent toujours avec un même slogan Rugby. Isso ainda vai ser grande no Brasil (le rugby deviendra grand au Brésil). Dernièrement Os Tupis ont perdu très lourdement contre les Pumas, mais maintenant que le rugby à le vent en poupe et avec son potentiel humain et économique ont se dit que cette équipe pourrait prendre petit à petit le chemin de leurs voisins et rivaux argentins.

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Classement IRB : La France 8ème !

Après les « petits exploits » de nos Bleus en terres australes, la France pointe à la huitième places du classement mondial de l’IRB. Ce classement basé sur les matchs entre nations donne une idée assez juste des forces en présence. La France pointe à une historique huitième place. Historique car depuis l’instauration du classement IRB en 2003, jamais la France n’avait été classée en si mauvaise position. Ainsi Marc Lièvremont bat son propre triste record qui datait de la saison 2008, année qui correspond à sa prise de fonction et où la France pointait en 7ème position. Le meilleur classement des Bleus a été obtenu sous l’ère de Bernard Laporte entre juin 2006 et juin 2007 période pendant laquelle la France s’est retrouvée à une honorable 2ème place derrière la Nouvelle-Zélande, mais devant l’Australie, l’Angleterre et l’Afrique du Sud. Aujourd’hui, non seulement la France est positionnée derrière les 4 autres nations majeures mais aussi derrière des nations comme l’Argentine, l’Irlande ou  le Pays-de-Galles. Les Tonga tombeurs des Français se retrouvent eux juste derrières les Bleus en 9ème position. L’Ecosse complète ce Top 10.

Operação Rio 2016

 

 

Clip promotionnel pour les JO de Rio de Janeiro 2016.

Ça y est ! C’est acquis ! Le rugby est redevenu un sport olympique ! Puisque j’ai toujours milité pour une universalisation du rugby je ne peux que me réjouir d’une telle décision. Le rugby à VII fera son apparition lors des JO de Rio de Janeiro en 2016. Saluons d’abord la décision du CIO d’avoir choisi la formidable ville de Rio de Janeiro, l’une des plus belles villes du monde à mon goût, pour ces jeux. Certes, la mode était aux pays émergeants (Pékin 2008 pour la Chine, Afrique du sud 2010, etc.), mais cette fois-ci le Comité International Olympique a eu le bon goût de choisir une démocratie.Reste maintenant à la fédération française à tout mettre en place pour avoir deux équipes (masculine et féminine) capable de jouer l’or olympique dès les jeux de Rio en 2016. Aujourd’hui, la France serait incapable de ramener la moindre médaille (fut-elle de chocolat) à la maison. Néanmoins, forte de 280 000 licenciés la France, 3ème fédération mondiale derrière l’Angleterre et l’Afrique du Sud, possède un énorme potentiel. Il ne manque plus qu’une réelle volonté politique et nous aurons deux équipes compétitives.  Bien-sûr une équipe formée des Julien Malzieu, Marc Andreu, Benjamin Fall, Julien Saubade, Alexis Palisson, Vincent Clerc et Cédric Heymans auraient fière allure. Cependant, rien ne semble indiquer que les internationaux auront plus de disponibilité en 2016 qu’en 2009. Surtout que ces olympiades demanderont à coup sûr une préparation spécifique. Mieux vaut former un groupe d’une vingtaine de joueurs professionnels donnant la priorité au « seven » et disputant ainsi tous les tournois des Séries Mondiales. Ces joueurs pourraient en revanche être mis à disposition des clubs de Top 14, ProD2 ou Fédérale 1, le reste de l’année. Espérons aussi, que la FFR arrivera d’ici-là à mettre en place un tournoi des Séries Mondiales dans une grande ville française (Je vois bien une grande ville de province telle que Marseille, Lyon, Bordeaux ou Lille). C’est d’autant plus réalisable qu’il n’existe pas encore de tournoi de ce type en Europe continentale. Il y a bien eu les tentatives bordelaises et de Charléty mais ce fut un coup d’épée dans l’eau. En revanche avec son nouveau label de sport olympique soyons du succès. Le plus important est surtout de détecter dès aujourd’hui les futurs champions de demain. C’est-à-dire les joueurs qui sont actuellement en catégories minimes et cadets. Le rugby à sept me semble aussi la meilleure solution pour introduire le rugby à l’école, il semble même un sport scolaire par excellence. Mais Pierre Camou se projette déjà sur ces olympiades et c’est une bonne chose. Le journal Midi-Olympique a affirmé que les fédérations suédoise et mexicaine  lorgne déjà du côté de la Nouvelle-Zélande afin d’être présent au Jeux de Rio et aux suivants.

Pour terminer, il faut espérer que l’IRB (qui a vraiment pris un sérieux coup de jeune avec l’arrivée de Bernard Lapasset aux commandes) cherche à développer le rugby dans les pays émergeants de l’ovale (Russie, Italie, Espagne) s’il veut continuer au-delà des olympiades de 2020. Pour ne pas avoir su conquérir de nouveau marché le baseball (sport roi aux Etats-Unis, au Canada, à Cuba, au Venezuela, au Japon et en Corée) n’a fait qu’un petit tour par la case olympique. Ainsi mettre en ligne une version française (langue officielle de l’olympisme) du site de l’IRB serait un premier petit pas. Il faut dès maintenant mener une réflexion sur le devenir de notre sport. L’arrivée certaine de nouveau pays (Allemagne, Chine, Russie) sur le devant de la scène du rugby à sept changera probablement la donne à 15 !  Effectivement, comme c’est déjà le cas les petites fédérations risques de concentrer leurs efforts sur le rugby à sept. Au dépend du quinze ? Pas forcément. On peut imaginer que nombreuses seront ses fédérations qui une fois qu’elles auront une trentaine de joueurs compétitifs, tenteront de constituer un quinze qui tienne la route. Quoi qu’il en soit, cette nouvelle donne risque de changer complètement la phase des choses. Il appartient à l’IRB maintenant d’anticiper ce que pourra être le rugby de l’année 2020, avec pourquoi pas par exemple une Coupe du Monde (à quinze) à 24 nations et 12 manches des IRB Sevens Wolrd Series au lieu des huit compétitions actuelles.

L'équipe du Brésil féminine -Ici face à la Colombie-