Challenge européen : Le Stade Français et l’Usap déroulent

Après les écrasantes victoires de Grenoble et Bayonne la veille, le Stade Français et Perpignan n’ont pas fait dans la demi-mesure lors de cette première journée du Challenge européen. Le Stade Français est allé corriger les London Welsh 19-68. De son côté, l’Usap a fait encore plus fort en inscrivant pas moins de onze essais face à la modeste équipe italienne de Rovigo 79-12. En revanche, Bordeaux-Bègles s’est lourdement incliné face aux London Irish (16-43).

Bordeaux-Bègles, sans ses titulaires laissés au repos, n’a rien pu faire face à la puissance des London Irish. Les Girondins, qui ont rapidement perdu sur K.O. leur ouvreur Lachie Munro (23), ont subi dans tous les secteurs et encaissé six essais (pour un inscrit). Les Londoniens prennent la tête de la poule 1 devant leurs compatriotes de Gloucester. Face à des adversaires de moindre calibre, les autres clubs français engagés samedi n’ont guère éprouvé de difficultés. Chez les Italiens de Rovigo, Perpignan a déroulé (79-12) avec pas moins de onze essais inscrits. Avec 15 points d’avance à la mi-temps (27-12), ils ont ensuite enchaîné un 52-0. Quatre joueurs se sont offert un doublé: Mafi, Michel, Vahaamahina et Battle.

Les Catalans partagent la tête de la poule 2 avec les Anglais de Worcester qui ont signé le carton du jour chez les novices espagnols de Guernica (85-5). Chez le promu anglais des London Welsh, le Stade Français avec une équipe « mixte » comprenant quelques joueurs d’expérience (Rabadan, Contepomi, Arias…) a, lui, franchi la ligne à neuf reprises (68-19). Les Parisiens disputeront la première place de la poule 5 à Grenoble, samedi prochain au Havre. A Calvisano, Agen s’est fait une petite frayeur. Confortablement en tête à la pause (31-17), les Lot-et-Garonnais se sont ensuite arrêtés. Ils n’ont inscrit que cinq points en deuxième période et en ont surtout encaissé 16 pour voir finalement les Italiens mourir à 5 points d’eux (36-31). Les Lot-et-Garonnais sont à égalité de points en tête de la poule 4 avec les Anglais de Bath, également vainqueur avec bonus (40-17) à Bucarest.
Les Wasps, qui se sont imposés avec bonus face aux Gallois de Newport (38-25), ont rejoint Bayonne à la première place de la poule 3.

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Top 14 : Clermont est insubmersible à domicile

Fofana trouve la brèche dans la défense parisienne (photo: rugbyrama.fr)

Clermont est revenu de nul par face à un brillant Stade Français pour s’imposer (28-25) sur un drop de James à la sirène. Le record d’invincibilité à domicile tient toujours en Auvergne, mais il a vacillé.

Invaincu à domicile depuis 47 rencontres, Clermont a bien cru voir sa série s’arrêtée ce vendredi soir face au Stade Français lorsqu’à la mi-temps les Jaunards étaient menés 22 à 10 par les Roses parisiens. Pourtant au coup d’envoi, le duel paraissait inégal entre Clermont facile à domicile, dauphin du leader Toulon et au jeu tout à fait convaincant depuis le début de saison. En face le Stade Français avait plié sur chacun de ses déplacements depuis le début de la saison. Richard Pool-Jones, le coach parisien, avait d’ailleurs affiché peu d’ambition sur ce match en offrant une place de titulaire à la jeune garde représentée par Bonneval, Doumayrou, Sinzelles et le Fidjiens Vuidrawalu. Ce dernier, sans complexe, prenait le jeu à son compte en offrant le premier essai à Warwick en réceptionnant le coup d’envoi, relançant en puissance, tapant à suivre pour lui même et allant jusqu’à un mètre de la ligne des Jaunards. Les gros de Paris faisaient le reste pour pousser Warwick (1r). Clermont répondait rapidement, Parra trouvant Domingo en bout de ligne d’une double sautée (9e). Mais le jeune Vuidrawalu avait décider de faire de la défense de Clermont sa chose, Fofana et Stanley explosés sur leur ligne pouvaient en témoigner (7-15, 21e). Puis le jeune Parisien profitait d’un nettoyage à la mode de Papé sur Kotze pour aplatir un ballon qui roulait à porter de bras (7-20, 30e).

Une défense et un Parra

Mais Clermont n’allait pas abandonner sa série sans combattre. Au retour des vestiaires, on sert les lignes en Auvergne et la jeunesse parisienne commence à multiplier les fautes. Mauvaise idée lorsqu’en face on dispose d’un sniper de la qualité de Morgan Parra. L’international tricolore plantait quatre pénalités alors qu’en face Porical se limitait à une seule. A la 78e minute les deux équipes se retrouvaient dos à dos (25-25). Le jeu se crispait, la moindre faute pouvant offrir la victoire à l’adversaire. Fofana a bien cru ouvrir la voie pour les locaux, créant le décalage dans les 22 mètres de la capitale, il tentait une passe au large qui ne trouvait que le gazon du stade Michelin. Les parisiens, tant sanctionnés dans cette seconde période restaient très sage. Mais il était dit que Clermont devait remporter ce match dans la foulée de sa remontée fantastique. Et c’est Brock James qui se chargeait de faire exploser le stade d’un drop à la sirène (28-25). Même si défaite il y a, le Stade Français pourra s’appuyer sur cette partie comme match référence pour le futur. Pour Clermont, dont la victoire à domicile est devenu une routine, ce match vaudra surtout pour la solidarité et l’émotion.

Top 14: Toulon passe la sixième, le Stade Français redémarre

Matt Giteau plonge vers l’en-but castrais et offre une sixième victoire de rang à Toulon. ‘source : espnscrum.com

Avec 27 points glanés sur 30 possibles, les Toulonnais comptent quatre longueurs d’avance sur Clermont, vainqueur avec bonus (44-20) de Grenoble et sept sur le double champion en titre Toulouse, chez qui ils se déplacent samedi prochain.

Biarritz peut s’intercaler entre les deux poursuivants en cas de victoire au Racing-Métro dans le dernier match (coup d’envoi 20H40).

Le RCT n’en finit pas d’impressionner. Emmenés par une charnière Michalak-Wilkinson inédite et prometteuse, les Varois ont affiché leur maîtrise et leur efficacité pour disposer de Castrais volontaires mais maladroits. Des essais de Giteau (6), Orioli (28) et Smith (72) ont offert aux Varois leur troisième bonus offensif de la saison.

Derrière, Clermont a gardé le rythme en prenant les cinq points de la victoire bonifiée (5 essais à 2) contre Grenoble après avoir balbutié son rugby chez l’autre promu, Mont-de-Marsan, la semaine dernière.

Montpellier s’est rapproché du peloton des poursuivants avec sa victoire bonifiée (23-15) à Bordeaux-Bègles.

Au bord de la crise après quatre matches sans victoire (3 défaites, 1 nul), le Stade Français s’est offert un peu de répit avec sa victoire arrachée à l’orgueil contre Perpignan. Avec 23 points (8 sur 9 au pied), l’ancien arrière de l’Usap Jérôme Porical a grandement contribué à la victoire parisienne.

Les Parisiens décollent un peu du bas de tableau toujours occupé par Mont-de-Marsan (14e), toujours sans point après sa défaite (28-16) à domicile contre Agen, Bayonne (13e) et Bordeaux-Bègles (12e).

Source : directmatin.fr

Le Racing bat les biarrots qui voient le RCT prendre le large. Photo : livesport.fr

Le Racing-Métro 92 stoppe Biarritz

Le Racing Metro a tenu bon à domicile face à Biarrtiz (13-12) dans un match très défensif. Les deux équipes se sont beaucoup données, l’envie prenant bien souvent le dessus sur la technique. Mais la rencontre ne fut pas sans intérêt, toujours intense, elle fût parfois crispante. La Racing ouvrait rapidement le compteur essai. Sur une passe manquée de Peyrelongue, Baby ramassait en bout de ligne et tentait le coup de pied par-dessus. Saubade à la tombée s’en allait aplatir (10-0, 10e). Le seul essai de la partie sur une balle perdue, comme symbole de ce match où les défenseurs ont fait beaucoup de mal aux offensifs. Pour le reste, c’était un duel de buteur, Germain d’un côté et Peyrelongue de l’autre et Biarritz qui recollait au score à la 43e minute sur une ultime tentative réussie du buteur maison. Peyrlongue à mi-distance puis Traille de loin auront l’occasion de faire passer les Basques devant, raté. Les Biarrots repartent donc avec le point du bonus défensif et des certitudes en défense. Ils repartent aussi avec le Racing qui leur recolle au derrière, à une semaine du derby Basque face à Bayonne.

source : metrofrance.fr

Le XV pour l’Argentine

Marc Lièvremont a annoncé la composition du XV de France qui affrontera samedi à Buenos Aires (stade du Velez Sarsfield) la sélection des Pumas. Comme à son habitude l’entraîneur national nous a réservé quelques petites surprises. La première d’entre elles est la sélection du Castrais Lionel Mazars qui profite directement des contre performances de la paire de centre de l’USAP, Maxime Mermoz et David Marty. Le Tarnais sera associé au Toulousain Florian Fritz qui après un parcours en dent de scie devra prouver aux sélectionneurs qu’il est digne du maillot bleu. Alors qu’on aurait pu penser que la prestation de Clément Poitrenaud avait été jugée satisfaisante, Marc Lièvremont a décidé de donner sa première cap au Perpignanais Jérôme Porical qui, il est vrai, a livré un match intéressant face à la sélection argentine le week-end dernier. C’est à mon sens la plus grosse surprise, mais la sélection du Catalan est loin d’être injustifiée compte tenu du travail qu’il fournit depuis bientôt deux ans. Barcella encore convalescent a été préféré au Clermontois Thomas Domingo. Pascal Papé, lui, profite du recul de Millo-Chluski pour se refaire une place dans le 5 de devant. La troisième ligne sera encore une fois impériale avec d’un côté de capitaine Thierry Dusautoir et Julien Bonnaire de l’autre. Louis Picamoles devrait apporter de la puissance à une troisième ligne dont la principale force est la mobilité. Vincent Clerc, auteur d’un bon match en Afrique du Sud sera reconduit à une aile. Le grand déçu est probablement Marc Andreu, alors qu’il était pressenti pour faire partir du XV de départ il ne sera même pas sur le banc des remplaçants et termine donc sa saison plus tôt que prévu. Le match sera retransmis sur Direct8 qui a réussi un grand coup face aux grandes chaînes historiques. Le XV de France se voit offrir une occasion en or de faire parler de lui de manière positive et de montrer aux Hexagonaux  une autre image du sport français que celle qu’ils ont pu constater ces derniers jours. Il ne faudrait surtout pas que notre sport perde cette magnifique opportunité, cela dépendra de la performance de nos Bleus.

Le XV français : Jerome Porical (Perpignan); Vincent Clerc (Toulouse), Florian Fritz (Toulouse), Lionel Mazars (Bayonne), Julien Malzieu (Clermont); Francois Trinh-Duc (Montpellier), Morgan Parra (Clermont); Louis Picamoles (Montpellier), Julien Bonnaire (Clermont), Thierry Dusautoir (Toulouse, cap), Lionel Nallet (Racing-Metro), Pascal Pape (Stade Francais), Nicolas Mas (Perpignan), Dimitri Szarzewski (Stade Francais), Fabien Barcella (Biarritz)

Replacements: Guillem Guirado (Perpignan), Jean-Baptiste Poux (Toulouse), Julien Pierre (Clermont), Gregory Lamboley (Toulouse), Dimitri Yachvili (Biarritz), David Skrela (Toulouse), Aurelien Rougerie (Clermont)

XV Argentin : 15. Rodriguez-Gurruchaga; 14. Amorosino, 13. Tiesi, 12. Fernandez, 11. Carbello ; 10. Contepomi (cap.), 9. Vergallo; 7. Campos, 8. Fernandez-Lobbe, 6. Fessia ; 5. Albacete, 4. Carizza; 3. Scelzo, 2. Ledesma, 1. Roncero.

Remplaçants : 16. Creevy, 17. Ayerza, 18. Figallo, 19. Galarza, 20. Leguizamon, 21. Figuerola, 22. Agulla

Merci à Castaignède, LE, joueur 🙂

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Un si beau champion !

Les deux clubs qui se retrouvent demain en finale du championnat de France de rugby fondent leur performance sur une cohérence et une stabilité remarquables

À quoi peut tenir un match quand on prend quasiment les mêmes et qu’on recommence ? Bien malin qui pourrait écrire à l’avance le scénario de la finale du championnat de France de rugby de samedi 29 mai au Stade de France.

Car, davantage que leurs différences, n’est-ce pas les points communs entre les clubs de Perpignan et de Clermont-Ferrand qui frappent plus que tout ? Auvergnats et Catalans sont devenus deux ogres du rugby hexagonal, dotés d’une formidable capacité de digestion.

Reconnaissons qu’en la matière, les « Jaunards » de Clermont sont passés maîtres dans l’art de remettre l’ouvrage sur le métier, sans hauts le cœur, et sans barguigner. Dix finales perdues, un héritage qui pèse des tonnes. D’autant que les trois dernières furent à avaler consécutivement. N’empêche. Les Clermontois ont un estomac en béton, aiguisent encore et toujours leur appétit, et les revoilà présents au rendez-vous. Incroyable constance, invraisemblable volonté de rebondir après l’échec.

Pas de grands chambardements, pas d’emballements enflammés

Pour Perpignan, le défi de revenir à la charge paraît certes moins rude. La reconquête du titre l’an dernier, le premier depuis 1955 après les désillusions de 1977, 1998 et 2004, parachevait le superbe travail d’un club au budget moyen (12 millions d’euros), deux fois moins gonflé que les portefeuilles des monstres stadistes, qu’ils soient toulousain ou parisien. La récompense suprême d’une politique mesurée mais au service d’une belle ambition.

C’était bon, et peut-être suffisant. Mais que nenni ! « Nous avons un titre, il nous reste à construire un palmarès », résume l’entraîneur Jacques Brunel. Bien dit, et surtout bien fait.

Enchaîner cette année comme la précédente n’était pas gagné d’avance. Clermont et Perpignan ont donc traversé cette saison comme deux paquebots à la stabilité quasiment sans faille. Fondée d’abord sur la stabilité des troupes. Pas de grands chambardements, pas d’emballements enflammés comme ceux auxquels s’abonnent les clubs de football.

Perpignan s’imagine volontiers en équivalent rugbystique de Barcelone

Perpignan, surtout, s’est distingué dans la stabilité de son effectif : deux recrutements seulement contre sept pour Clermont. On ne change pas une équipe qui gagne. Et les adaptations, par petites touches, se sont révélées d’une grande intelligence. L’arrivée en Auvergne du demi de mêlée international Morgan Parra, en provenance de Bourgoin-Jallieu (Isère), est sans aucun doute un des « plus » des Jaunards cette année. Par ses orientations de jeu souvent inspirées et par sa précision sur les coups de pieds de pénalités, ce jeune (21 ans) meneur d’hommes apporte une sérénité nouvelle aux Auvergnats.

Mais cette stabilité, les deux clubs peuvent aussi la construire grâce à leur investissement sur la formation. Tous ne seront pas samedi sur la feuille de match, mais Clermont compte dans son effectif neuf joueurs issus de son centre de formation, comme les emblématiques et fidèles Aurélien Rougerie et Julien Malzieu. Un vivier qui n’est pas prêt de se tarir, les Espoirs et les Crabos (moins de 19 ans) du club venant d’être sacrés champion de France.

Côté Perpignan, pas moins de onze joueurs sont passés par les structures de formation locales, dont le centre David Marty (arrivé en junior) et l’arrière buteur Jérome Porical. Un effort sur les jeunes que les dirigeants du club entendent poursuivre, en privilégiant encore plus la dimension identitaire d’un recrutement élargi à la Catalogne du côté espagnol. En pays catalan, Perpignan s’imagine volontiers en équivalent rugbystique du cousin du ballon rond de Barcelone. Cela en dit long sur les projets à long terme du club.

Le bouclier de Brennus tombera dans les bras d’un beau champion

Au petit jeu des similitudes, et pour revenir au terrain, on peut également noter le travail des deux équipes sur la mêlée, phase clé du rugby d’aujourd’hui. Les avants de Perpignan, déterminants l’an dernier, ont été les piliers de la victoire en demi-finale contre Toulouse, dont les gros bras, pourtant, ne se bougent pas facilement.

Même rôle déterminant pour les gaillards clermontois, dont la besogne fut essentielle face au pack toulonnais dans l’autre demi-finale. Enfin, dans un ultime duel où la régularité des buteurs s’avère de plus en plus incontournable, les forces en présence, là encore, n’offrent guère d’avantage décisif à l’une ou à l’autre des deux équipes.

Morgan Parra pour Clermont et Jérôme Porical jouent ces derniers temps les métronomes du coup de pied. À la veille du coup d’envoi, les deux équipes sont d’ailleurs d’accord sur un dernier point : aucune ne veut assumer le statut de favori.

L’affaire s’annonce « équilibrée », jurent tous les protagonistes. Alors pour ne pas rompre cette unanimité, assurons-le : samedi soir, le bouclier de Brennus tombera dans les bras d’un beau champion.

Jean-Luc FERRÉ
Source : La Croix

Le XV clermontois : Floch – Nalaga, Rougerie (cap), Joubert, Malzieu – (o) James, (m) Parra – Lapandry, Vermeulen, Bonnaire – Privat, Cudmore – Scelzo, Ledesma, Domingo

Remplaçants : Cabello, Zirakashvili, Pierre, Audebert, Senio, Lavea, Canale, Debaty

Le XV perpignanais : Porical – Planté, Marty, Mermoz, Manas – (o) Hume ou Laharrague, (m) Durand – Tuilagi, Perez, Tonita – Tchale-Watchou, Olibeau – Mas (cap), Guirado, Freshwater

Remplaçants : Tincu, Schuster, Vilacéca, Le Corvec, Mélé, Laharrague ou Burger, Mélé, Pulu