On en salive déjà !

Benji Marshall du XIII au Clermont Auvergne ?

La ligue a publié hier avec un peu de retard son calendrier pour la saison 2010-2011 du TOP 14. L’instance chargée du rugby professionnel français a quelque peu tardé à publier ce calendrier, mais il est vrai que les paramètres à prendre en compte étaient presque infinis : Eviter les doublons Coupe d’Europe-Championnat, les gros clubs qui ne voulaient pas jouer entre eux lors des matchs du XV de France, des délocalisations de plus en plus nombreuses, des stades en rénovation de certains clubs. A défaut de nous proposer le calendrier parfait, la LNR offre un calendrier qui plaira au plus grand nombre.

Toujours autant de stars

Ce championnat de France, qui depuis deux ou trois ans a connu une ascension exceptionnelle et est devenu une référence en matière de compétitions domestiques, pour ne pas dire LA référence du rugby à XV, un peu comme la NRL est celle du XIII. Certes, plusieurs stars sudistes sont retournées dans leurs pays avec en point de mire la Coupe du Monde 2011. Ainsi Sonny Bill Williams est parti vers la Nouvelle-Zélande et les Canterburry Crusaders. Compte tenu de ces bonnes prestations en Top 14, on peut imaginer que SBW sera intégré dans le XV des All Blacks. Arrivée le même été l’Australien Mark Gasnier a effectué deux saisons plus discrètes dans le Top 14 (N’oublions tout de même pas qu’il fut l’un des meilleurs marqueurs de la saison), par conséquent il retournera chez les treizistes et réintégrera son club de toujours, le Saint-Georges Illawara. C’est une demi-surprise, car on pensait que la fédération australienne allait faire pression pour récupérer cet élément et l’intégrer dans la future franchise de Super 15, des Melbourne Rebels. Quant à Karmichael Hunt va s’engager dans la nouvelle franchise de footy de la Golden Coast.

Sione Lauaki troquera son maillot des Chiefs pour celui de l'ASM

Mais tous ces départs seront largement compensées : l’ailier du XV de la Rose, Paul Sackey, le pilier néo-zélandais Carl Hayman, référence mondiale à son poste porteront les couleurs rouges et noires du RCT, l’ailier des All Blacks et des Auckland Blues, Rudi Wulf devrait les rejoindre sur le bord de la rade.. Après une escapade sud-africaine, le numéro 10 argentin, Juan Martin Hernandez reviendra à Paris pour porter les couleurs… du Racing ! Voilà qui devrait pimenter le derby entre les deux clubs franciliens ! Les Champions clermontois ont fait signer l’une des attractions de l’hémisphère sud : Sione Lauaki, le Maori connaît déjà la région puisqu’il a déjà joué à Nevers en Fédérale II l’espace d’une saison quand il était encore junior. Alors qu’il était annoncé du côté des Melbourne Rebels le facétieux Caucaunibuca sera toujours agenais l’année prochaine. Le club Lot-et-Garonnais lorgne également le Gallois Andy Powell, ce qui serait un énorme coup. Les Champions de France ont également approché l’ouvreur des West Tigers et des Kiwis, Benji Marshall. Ce serait un énorme coup, puisque depuis les départs des SBW et de Mark Gasnier Benji Marshall est considéré comme la nouvelle star du XIII.

Pourtant cette saison 2010-2011 n’est annoncée que comme une simple saison de transition, les sergents recruteurs des clubs du Top 14 auraient déjà les yeux sur la saison suivante afin de se disputer les plus belles stars de ce jeu.

Plus de délocalisations

Ce qui était considéré comme un événement exceptionnel devient monnaie courante. Pratiquement tous les clubs du Top 14 Orange délocaliseront leurs plus belles affiches dans les plus grandes arènes de France. Ainsi le RC Toulon jouera 3 clubs au Stade Vélodrome de Marseille (Toulouse, Clermont et le Racing), le Stade toulousain ira quatre fois au Stadium, les dirigeants du CO ont eu la bonne idée de s’exporter au Stade de la Méditerranée de Béziers, ce sera le grand retour du rugby d’élite à Béziers. En revanche les joutes contre Perpignan et Toulon, un temps envisagées au Stade de la Méditerranée, se feront finalement à Castres. Agen recevra deux fois au Stade Chaban-Delmas de Bordeaux. Le CSBJ continuera de délocaliser au Stade des Alpes et le Stade français au Stade de France. Le club parisien sera imité par le Racing qui jouera également dans l’enceinte dionysienne. Les clubs basques joueront à plusieurs reprises du côté d’Anoeta. On peut regretter que Montpellier et La Rochelle ne les imitent pas en profitant du Stade de la Mosson et de la Beaujoire. Le rugby en terre nantaise, voilà qui aurait été un véritable scoop tandis que le FC Nantes-Atlantique sombre en queue de Ligue 2.

A quand un match de Top 14 à Nantes ?

150 millions de raisons de rêver et un télérugby ?

Si la ligue a tant cherché à faire plaisir à ces clubs, c’est aussi qu’elle à l’intention d’en mettre plein les yeux au diffuseur Canal +. En effet, selon Midi-Olympique plusieurs présidents du Top 14 parmi lesquels Mourad Boudjellal et Paul Goze entendent bien voir le rugby toucher le jackpot. Nos deux champions de la règle de trois ne comprennent pas pourquoi le rugby fait un tiers de l’audience des matchs de Ligue 1 et que le Top 14 ne touche que le dixième de ce qui est offert au foot. Ces prétentions n’affolent cependant pas Eric Bayle, responsable du service rugby chez Canal +, car le concurrent de la chaîne cryptée qui serait prêt à faire monter les enchères aussi haut pour le Top 14 ne semble pas exister. Toutefois, il semble évident que la LNR pourra au moins multiplier par 3 ou 4 ses revenus télévisuels qui sont actuellement de 25 millions d’euros annuels. La proposition du président de l’USAP, Paul Goze, de découper l’offre en plusieurs parties. Ainsi nous pourrions avoir la création d’un « télérugby » sur une chaîne gratuite. Cette idée semble intéressante, car au-delà du fait qu’elle doperait les tirelires des clubs du Top 14 elle contribuerait à populariser le championnat dans les régions nord, et dans les milieux populaire, là où le rugby ne fait pas encore recette. Là aussi il s’agit de trouver les annonceurs prêts à casser les œufs pour le ballon ovale, compte tenu du succès grandissant du championnat on est en droit de rêver.

Une telle manne serait une aubaine pour les petits clubs, comme le CSBJ. Les Isérois sont encore une fois menacés de relégation  en Fédérale I. Mais qui peut croire qu’Albi qui a effectué un recrutement et un prévisionnel de ProD2 pourrait s’engager dans le meilleur des championnats du monde ?

Publicités

Le Top 14 perdu sur la toile

Le site de l'Australian football league, un exemple de site moderne

Pierre-Yves Revol l’a dit, il l’a répété inlassablement : Depuis qu’il est arrivé à la tête de la Ligue le Top 14 ne s’est jamais aussi bien porté : Plus de stars, plus de monde dans les stades, plus d’audience télévisée, et bientôt c’est promis grâce à la bonté de Canal +, plus d’argent ! Pourtant quelque chose chagrine l’internaute et le blogueur que je suis. Je suis certains que je ne suis pas le seul dans cette position et que d’autres auront remarqué cette anomalie. Je veux parler de l’inexistence d’un site officiel du Top 14. Il y a bien sûr le site de la LNR mais ce dernier est très loin du standard des autres grandes ligues du sport professionnel. De plus, après avoir jeté un coup d’œil on peut se demander à qui s’adresse ce site ? Aux partenaires ? au grand public ? au passionné de rugby ? aux clubs qui y trouveront la documentation officielle ? aux médias ? Il semblerait qu’il s’agit d’un site valise où on y fourre un peu tout type d’informations sans vraiment savoir à qui on s’adresse.

Le site de la Ligue Canadienne de Football propose des résumés vidéos

Un site top14orange.fr ?

Ne vaudrait-il mieux pas que ce site devienne le site institutionnel de la LNR et qu’apparaisse un top14orange.fr qui serait sur le format des autres championnats destiné au grand public et aux fans ? Avant de commencer à écrire cette article je suis allé voir les sites d’autres championnats pro de sports et de nationalités diverses. La première chose qui saute aux yeux lorsqu’on va sur le site de la LNR, c’est sa morosité évidente, très loin de représenter le côté sexy du Top 14. Ce qui est frappant c’est la similarité  des sites  des grandes ligues de ce monde dont la mise en page est parfaite, très interactifs, on y retrouve des photos, vidéos, l’actualité, les résultats, les scores en direct, des liens vers leurs pages Facebook et Twitter dont la LNR semble ignorer l’existence. Beaucoup de sites  proposent un lien direct vers les pages web des clubs qui les composent : Il suffit de cliquer sur le blason de votre club préféré se trouvant sur un bandeau situé en général sur la partie supérieure de la page d’accueil (alors que du côté de la LNR. Il faut d’abord télécharger un document pdf. pour avoir accès à l’adresse internet du club ! ). Ce sont des pages à la fois fonctionnels et séduisants tandis que le  triste lnr.fr n’est ni l’un ni l’autre. Je remarque par ailleurs que la majorité des sites précédemment cités possèdent une version en plusieurs langues, compte tenu du nombre de joueurs hispanophones et anglophones jouant dans le Top 14 une version dans ces deux idiomes ne serait pas un luxe pour que notre championnat puisse s’ouvrir sur de nouveaux horizons.  Je voudrais savoir combien de fans vont sur ce site pour suivre l’actualité du championnat ? Je pense que la plupart des passionnés lui préféreront des adresses telles que rugbyrama.fr ou rugby365.fr.

La page Twitter de la Guinness Premiership, une ligue à la page...

Une très mauvaise vitrine pour Orange

Le plus surprenant dans cette histoire c’est que Orange, ventant à longueur de journée la qualité de son offre Internet, est le principal parraineur du championnat et a même juxtaposé son nom à celui du Top 14. Il serait peut être temps pour la filiale de France Telecom de donner au Top 14 un vrai site digne de ce nom. A ceux qui pensent que cela n’est pas très important je leur répondrai qu’Internet est devenu le premier des médias de communication et qu’il ne fait pas très sérieux de la part d’un sport professionnel de ne pas posséder un site digne de ce nom. En effet, aujourd’hui le site Internet est devenu la vitrine de toute société, comment la Ligue peut elle prétendre mettre en avant les marques de ses partenaires si elle-même n’est pas capable de vendre correctement ses propres produits ? Quant à la ProD2, elle pourrait être dotée d’un site prod2.fr qui serait le verso de Top14orange.fr. Heureusement que des clubs, eux, disposent de site Internet de très bonne qualité (je pense entre autres à ceux du Stade toulousain, du Racing, ou de l’USAP), ce qui a pour effet d’atténuer un peu ce manque de sérieux du rugby pro français.

120 000 personnes suivent tous les jours l'actu de l'AFL sur Facebook

Un petit tour sur la toile du sport pro

Pour terminer je vous propose de faire un petit tour des sites d’autres ligues professionnelles parmi ceux que j’ai bien aimé je vous laisse ceux de la NBA, ou de l’Euroligue en Basket, celui de la Bundesliga (championnat de foot allemand), de la ligue de football australien (AFL), de rugby à XIII (NRL) ou bien encore la Ligue Canadienne de football. Les sites britanniques de la Guinness Premiership ou de la Superleague sont aussi plutôt réussis. Je vous laisse apprécier leur fonctionnalité et leur qualité graphique. Les sites des autres sport pro français sont également un peu à la traine (si on excepte celui d’événement tel que le Tour de France) la LNR devrait donc saisir l’occasion pour prendre de l’avance dans ce domaine sur ses concurrents directs que sont la LNB et la LFP, comme elle a su intelligemment le faire dans d’autres domaines.

Un Grenelle du Rugby ! Vite !

Tournoi des 6 Nations, Coupe du Monde de Rugby à 7, Top 14, lancement de la Superligue, grands débuts du Toulouse Olympique en League One, Super 14, l’activité rugbystique fut très riche ces dernières semaines ! Malheureusement, un déménagement (avec au programme un changement de pays et de continent) et un nouveau travail m’ont tenu éloigné de ce blogue. Je remercie les lecteurs, toujours aussi fidèles et aussi certains posteurs (je pense en particulier à Paul Brousse et Castaignède, LE joueur) d’avoir donné vie à ce blogue durant mon absence. A ce sujet je cherche toujours des volontaires pour m’envoyer des articles concernant l’ovale, cela permettrait d’avoir un peu d’actualité et de maintenir ce blogue à jour.

 

 

Résumé du match France-Pays de Galles (France 2)

 

Par quoi donc commencer ?

 

Par cette magnifique victoire du XV de France sur les champions d’Europe Gallois bien sûr ! Que de plaisir ! La France tient-elle là enfin son match référence ? Très sincèrement, je ne vis pas à l’intérieur de ce XV de France. On a juste appris que ces Bleus avaient du cœur, beaucoup de cœur, et que cette équipe était capable de se rebeller… mais est-ce bien là une surprise ? Une équipe de rugby qui est incapable de s’effrontée, n’est plus vraiment une équipe de rugby. Même en 3ème série, il existe des gars assez fous pour sonner la charge de la rébellion, c’est là toute la beauté de ce sport. Nous n’en attendions donc pas moins d’un XV de France. On pourra toujours néanmoins souligner la très (mais alors très !) haute performance de Thierry Dusautoir, qui est peut être en passe de devenir l’un des plus grand flanker de l’histoire de ce sport, l’entrée tonitruante de Bastareaud, pas vraiment dans la tradition des frères Bonies, Cordoniou et autres Castaignèdes, mais tout aussi efficace. Il semblerait que le joueur antillais fasse parti de ces très rares joueurs dont le niveau de jeu augmente en fonction de l’importance de l’événement. Il serait malhonnête aussi de ne pas vouloir souligner l’intelligence tactique des entraîneurs français et de leur capacité à mettre en place une défense inversée en moins de 4 jours ! Pour terminer je voudrais féliciter tous les joueurs de ce groupe France qui ont pris les Gallois, là où on pensait qu’ils seraient difficiles à prendre, sur leur état de fraîcheur !  Ce fut-là notre plus grande surprise. Pour le reste, ne crions pas victoire trop hâtivement ! Les journaleux ont cette capacité à faire la pluie et le beau temps. Il me semble que cette victoire face aux Gallois est dans la logique des choses, dans la logique des bonnes performances de ce quinze contre les Wallabies ou contre l’Irlande, des joutes laborieuses mais victorieuses contre les Ecossais ou contre les Pumas, de cette tournée prometteuse bien que peu fructueuse en victoires dans l’Hémisphère sud contre l’Australie. Pour le reste je retiendrai surtout que malgré cette archi-domination des Bleus, les Dragons rouges furent dangereux jusqu’à la dernière minute, les nôtres ont donc du mal à concrétiser leur supériorité : Ce quinze de France reste plus que jamais une équipe en chantier. D’ailleurs le fait que les entraîneurs continuent de faire tourner leur effectif semble bien confirmer que dans leur esprit ce chantier est très loin d’être terminé.

 

Cette victoire est celle des hommes, pas celle du système !

 

 Pendant ce temps-là, le rugby français continue de marcher sur la tête ! On nous promet une Revol-ution dans notre Top 14, celle-ci consisterait à rajouter une journée supplémentaire à un calendrier déjà surchargé, avec l’instauration de phases finales pour les clubs classés de la 6ème à la 4ème place. Les clubs classés premier et deuxième auront l’immense privilège d’arriver en demie après deux semaines sans compétitions ! Comme ça, Castres pourra être Champion de France sur un malentendu ! On nous parle d’instauration d’un plafond des salaires du Top 14 qui aurait le mérite d’homogénéiser le niveau du Top 14… par le bas ! Car soyons clair, le problème du Top 14 n’est pas son trop grand nombre de joueurs étrangers. Car de toute façon il n’existe pas de joueurs en France ayant la classe d’un Kelleher, d’un Carter ou d’un Hernandez, et ces derniers remplissent les stades et élèvent le niveau du Top 14. Non, le vrai problème, c’est le trop grand nombre de joueurs non sélectionnables dont le niveau n’est pas exceptionnel. Le jour où Dax sera champion de France on sera vachement avancé ! (Que les Landais ne m’en veulent pas !). Pendant ce temps-là, les équipes féminines et masculines de 7 sont partis disputer le mondial de Dubaï, sans que les moyens soient mis à leur disposition pour faire avancer en France un sport qui sera vraisemblablement olympique d’ici peu. Pendant ce temps-là, les Bleus sont concurrencés par des sélections issues de fédérations parfois 10 fois plus petites que la FFR et disposant de 20 fois moins de moyens financiers. Pendant ce temps-là des joueurs champions du Monde des – de 21 ans essuient les bancs de formations de ProD2. Pendant ce temps-là Russes et Américains professionnalisent leur rugby et le 7 vient de faire son apparition sur une grande chaîne télévisée étasunienne. Pendant ce temps-là on a mis un paquet de fric dans un centre comme Marcoussis qui visiblement ne sert pas à grand-chose, puisqu’il manque une politique globale au rugby français.

 

Alors finalement, oublions un peu cette belle victoire contre le Pays de Galles, mettons-nous une bonne fois pour toute autour d’une table ronde, syndicats des joueurs, médecins du sport, Fédération, LNR, représentants du Ministère de la santé, de la Jeunesse et des Sports, journalistes et partenaires du rugby. Un véritable Grenelle du Rugby ! Et sortons seulement une fois qu’un vrai projet viable pour notre rugby sera trouvé !

LNR Une équipe de rêve pour succéder à Serge Blanco !

C’est un véritable plébiscite qu’ont accordé les clubs professionnels au dirigeant tarnais. 66 voix en sa faveur sur les 68 existantes ! Le plus ironique de cette histoire c’est que Pierre-Yves Revol n’était même pas candidat à la succession de Serge Blanco initialement. C’est pourtant lui que de nombreux présidents de clubs ont vu comme le porteur de la synthèse des deux clans qui s’affrontaient jusque là. Pierre-Yves Revol possède donc l’une des premières qualités demandée à un président : celle de rassembleur. Le nouveau président de la Ligue Nationale de Rugby, par ailleurs directeur du groupe de presse Sud Communication,  est particulièrement conscient de la tâche qui l’incombe : « Je succède à un monstre du rugby (Serge Blanco) qui a une légitimité sportive très largement supérieure à la mienne ». L’heureux élu fixe d’entrée les priorités, parmi lesquelles on retiendra celle de vouloir maintenir le cap déjà de fixé par Serge Blanco pour le développement du rugby professionnel dans un contexte actuel particulièrement complexe, qui est celui de la crise économique et financière. Selon lui les clubs les plus riches, ceux des grandes métropoles, vont devoir savoir faire preuve d’encore plus de générosité afin de permettre aux plus modestes de passer le difficile cap qui se profile à l’horizon. Mais les amoureux du rugby ne pourront pas être insensible aux idéaux de monsieur Revol « Il y a des valeurs dans le rugby et le professionnalisme ne nous autorise pas à en déroger ! » Conclue t’il devant les micros. Mais Pierre Yves Revol ne sera pas seul, pour succéder au « monstre » Blanco, une sorte d’ « équipe de rêve »  des dirigeants ne sera pas de trop. Jean Pierre Lux, ancien bras droit de Blanco devrait continuer à jouer un papier important dans l’institution chargée du rugby professionnelle en France, Monsieur Perez, ex-candidat à la succession de Blanco et président du Montpellier Hérault Rugby Club qui prétend avoir des idées pour le rugby fera parti de l’équipe des représentants du Top 14. Équipe dans laquelle on retrouve un certains Max Guazzini, un précurseur dont le rugby pro avait bien besoin au sein de son organe central. Monsieur Revol, vous devrez pérenniser les avancés du rugby professionnel acquises sous l’ère Blanco, proposer un plan pour le futur calendrier international qui fasse l’unanimité (seul « échec » de Serge Blanco), et peut être passer à l’étape supérieure, faire du Top 14 un grand événement sportif national,  et cela passe nécessairement par la création de grands clubs dans les grandes métropoles françaises (Bordeaux, Lyon, Marseille, Nice, etc.) ainsi que dans la moitié nord de l’hexagone (Arras, Strasbourg, Nantes). Grandir tout en restant nous même, pérenniser les valeurs du rugby. Dans notre sport on voit des attitudes que beaucoup de sports professionnels nous envient. Peut être faudrait-ils aller encore plus loin en faisant une grande campagne de sensibilisation dans tous les stades du Top 14 et de la ProD2 en demandant au public, qui est en général respectueux, de ne plus siffler les buteurs. Cela existe déjà, mais peut être faudrait-il impliquer directement les joueurs de chaque clubs, eux même pourraient demander à leur public de ne pas siffler l’adversaire. La première analyse de Revol est la bonne : Si des mécènes viennent dans notre sport, c’est justement parce qu’il est différent, parce qu’il véhicule des valeurs. Le rugby doit son succès grâce à ses valeurs, à son esprit famille et convivial. Beaucoup de gens, qui n’appartenaient pas initialement à la famille du rugby, se tourne aujourd’hui vers notre sport parce qu’il leur semble que c’est un sport plus « vrai », plus « authentique ». Quand on voit la crise qui se profile à l’horizon, on se disait qu’il fallait une telle équipe à la tête de la LNR pour pérenniser la croissance du rugby professionnel et pour continuer à nous faire apporter un peu de rêve…   

Pierre-Yves Revol, le nouvel homme fort du rugby professionnel français

Le Nouveau Bureau de la Ligue professionnelle :

 

 

Représentants RUGBY TOP 14 Orange (5)

– Pierre-Yves REVOL (Castres)
– Alain PECASTAING (Dax)
– Thierry PEREZ (Montpellier)
– Max GUAZZINI (Paris)
– René BOUSCATEL (Toulouse)
 
Représentants PRO D2 (3)
– Marc CHEREQUE (Grenoble)
– Vincent MERLING (La Rochelle)
– Jean-Marc MANDUCHER (Oyonnax)
 

Représentants personnalités extérieures (4)

– Laurent LUBRANO
– Jean-Pierre LUX
– Patrick WOLFF
– Jean-Paul DUMOND
 
Représentants Fédération française de rugby (2)
– Bernard GODET
– Michel PALMIE
 
Représentant du syndicat des clubs (UCPR)
– Marcel MARTIN
 
Représentant Syndicat des entraîneurs (TechXV)
– Jean-Louis LUNEAU
 
Représentant Syndicat des joueurs (Provale)
– Sylvain DEROEUX

Au revoir, Monsieur Blanco

Serge Blanco aux côtés de Bernard Laporte

 

 

« Des matchs joués par de véritables athlètes dans des maillots « sexy » et près du corps dont la gente féminine raffole. Un public de plus en plus nombreux, pouvant atteindre parfois plusieurs dizaines de milliers de spectateurs dans des stades agrandis et supermodernes, avec des restaurants, des bars, des télévisions et même des écrans géants qui permettent à l’arbitre d’être assisté par la vidéo en cas de litige dans la zone d’essai. Arbitre, par ailleurs, muni de micro et d’oreilletes lui donnant la possibilité de parler avec ses juges de touches lorsqu’il en ressent le besoin. Tous les spectateurs et téléspectateurs peuvent ainsi écouter ses décisions. Certains matchs offrent même de vrais spectacles à l’américaine avec des pom-pom girls, des concerts, des feux d’artifice, et même Miss France qui sort miraculeusement d’une fleur géante pour offrir la balle de match ! Chaque joute du championnat est retransmise en direct sur la télévision par sattelite. Les clubs sont devenus de véritables multinationales aux budgets pharaonesques. Tous possèdent leurs propres boutiques et vendent bien plus que de simples maillots, il est possible d’y trouver tous les articles aux couleurs de son club. Il n’est alors jamais très compliqué pour eux d’acheter les plus grandes stars mondiales de ce sport à coup de quelques millions d’euros. »

 

Si vous aviez lu, au milieu des années 90, ces quelques lignes, vous auriez probablement cru à une oeuvre de rugby fiction ou alors pensé qu’il s’agissait de la ligue de rugby à XIII australienne. Pourtant, il s’agit bien d’une réalité très locale, celle de notre Top 14. Que beaucoup, et pas seulement en France, présentent comme le championnat le plus exitant du monde !  

 

C’est incroyable quand on pense à tous les changements qu’a subis notre sport en l’espace d’à peine dix ans ! En très peu de temps le rugby est devenu le deuxième grand sport professionnel français surclassant ainsi le basket, le cyclisme, le volley ou le hand. Seul le football reste encore devant, mais semble de moins en moins intouchable si bien que certains spécialistes prévoient que si le rugby continue de connaître la même croissance alors dans dix ans l’ovale depassera le ballon rond. Mais vous en conviendrez tous, nous n’en sommes pas encore là.

 

Avec ces quelques lignes, je voudrais rendre hommage à un grand monsieur du rugby : Serge Blanco, sans qui, tout cela ne serait jamais arrivé. Bien sûr il n’a pas fait tout  tout seul, mais j’aimerais que chacun reconnaisse l’excellent travail qu’il a effectué à la présidence de la Ligue Nationale de Rugby de la même manière que chacun a bien voulu reconnaitre sa formidable carrière de joueur.

 

 Pourtant au départ, rien n’était facile : Notre sport se trouvait à des années lumière des grands sports professionnels, il y avait des querelles intestines entre joueurs, présidents de clubs, et la fédération, chacun voulant tirer la couverture de son côté. Certains disaient que seuls deux ou trois clubs pourraient passer professionnels, avec en tout et pour tout une soixantaine de joueurs français sous contrats, d’autres disaient carrément que c’était impossible et qu’il n’y avait pas de place pour le rugby pro en France. Il existait des projets parallèles avec la création d’un tournoi de franchises mondiale à la façon du Super 14,  ou encore la France Rugby League de Jacques Fourroux. Les stades étaient vétustes, les joueurs n’étaient pas prêts à abandonner leur travail. Impossibilité, pour des raisons évidentes, de faire comme en foot ou en basket, jouer les rugbymen deux fois par semaine. Donc moins de matchs mais aussi beaucoup plus de joueurs à prendre en charge. Souvenez-vous aussi que le rugby était à l’époque un sport un peu ringard, avec des gros qui se mettaient du scotch sur les oreilles et qui parlaient avec un fort accent du Sud-Ouest. Beaucoup moins sexy, que les Mickael Jordan, Scottie Pippen et toute la clique ! Oui, mais voilà une poignée d’hommes, de passionnés, eux avaient une conviction plus forte que tout, celle d’avoir entre leurs mains un véritable rubis, un sport formidable et extraordinaire. J’ai toujours pensé que l’histoire du rugby pro, c’est un peu l’histoire d’une jolie jeune fille, d’ordinaire un peu maladroite, qui un beau jour arrive au bal superbement maquillée et dans une robe sensuelle et tout à coup attire tous les regards de convoitise et de jalousie.

 

Alors, Serge Blanco, comme hélas chaque personne qui a réussi dans ce pays, attire lui aussi les regards de convoitise et de jalousie. Que peut-on lui reprocher ? Sa fidélité au Biarritz Olympique ? Pourtant ce parcours d’un petit garçon venant du Venezuela et débarquant sur la Côte basque, plus tard ouvrier chez Dassault, capable des coups les plus magiques sur un terrain, 6 ou 7 fois élus Oscar d’Or Midi-Olympique, aujourd’hui grand patron d’un centre de thalassothérapie mondialement connu et d’une marque de vêtement griffée de son nom, mérite plus d’un coup de chapeau.

 

Merci pour tout, Monsieur Blanco, bonne continuation dans vos affaires, et surtout ne restez pas trop longtemps loin du formidable monde de l’ovale !