Top 14 : Toulon, le champion des champions

Si on devait trouver un équivalent de la Ligue des Champions en rugby, ça serait probablement le Top 14 : stades archicombles, ambiance festive malgré la météo qui n’est pas au rendez-vous, pluie de joueurs vedettes et surtout matchs entre clubs champions. Hier s’affrontait en demi-finale le tout nouveau champion d’Europe, Toulon, au champion de France Toulouse !

Sincèrement, je pensais que les Toulousains allaient remporter ce match. Je croyais qu’il était trop difficile de remporter une demi-finale face au grand Stade Toulousain, une semaine après avoir disputé une finale de Coupe d’Europe aussi âpre. Les organismes n’ont en général pas le temps de se remettre des stigmates de ce genre de match a fortiori lorsque la demi-finale en question se joue le vendredi. Après un titre continental, les esprits auraient dû être davantage tournés vers les plages de sable chaud. Mais les Toulonnais font preuve d’une fraîcheur physique et mentale déconcertante. Je m’étais dit qu’à partir de la 60ème minute, les Toulousains prendraient le dessus. Il n’en fut rien. 

A l’image de ce qui s’est passé la semaine dernière, les Toulonnais ont remporté leur match grâce à une défense hors-norme, à la fois intelligente et agressive. Très similaire à celle du XV de France sous l’ère d’un certain Bernard Laporte. Comme les Clermontois, les Toulousains ont multiplié les temps de jeu en première période, se faisant systématiquement contrer au moment clé. Finalement, on se dit qu’avec un Jonny Wilkinson toujours aussi percutant, il sera difficile d’empêcher les Varois d’aller chercher un deuxième titre majeur en moins de quinze jour. 

Ce match s’est apparenté à une passation de pouvoir entre le champion des années 90 et 2000 avec le RCT qui a semblé, hier soir plus que jamais, incarner le futur. Reconnaissons que le champion toulousain est passé complètement à côté de son sujet lors de cette demi-finale. Le club midi-pyrénéen était méconnaissable : série de fautes de mains, alignement en touche non-maîtrisé, mêlé bousculée, jeu au pied défaillant, incapacité à changer de stratégie et encore plus grave les Toulousains ont semble-t-il abandonné toute ambition offensive en deuxième mi-temps. Une saison, à oublier pour les Toulousains. Il sera intéressant de voir si le club aura les moyens de rebondir les prochaines saisons où s’il s’agit vraiment de la fin d’un règne qui aura duré presque vingt ans. 

Mister Rugby

Publicités

Coupe d’Europe : Estampillée Top 14 !

Cette quatrième finale de Coupe d’Europe 100% française entre les deux nouveaux géants du championnat avait des allures de matchs de Top 14 : Malgré les trois essais inscrits les défenses et les buteurs ont pris le pas sur l’attaque. Même si la victoire toulonnaise s’est dessinée dans les vingt dernières minutes, les rouges et noirs de la rade ont vraisemblablement construit leur victoire en première mi-temps durant laquelle la défense toulonnaise fut intraitable. Je suis surpris d’entendre un commentaire d’une personne aussi avisée que ne devrait l’être Pierre Villepreux qui prétendait que l’ASM Clermont-Auvergne aurait dû jouer d’avantage en première mi-temps ! Comme si les jaunards n’avaient pas essayé ! Ils se sont heurté à une redoutable défense varoise qui n’était pas sans me rappeler celle du XV de France sous l’ère Laporte.

Cette finale s’est apparentée à une joute du championnat domestique aussi parce que les score entre les deux équipes était très serré et que comme en Top 14, tout s’est joué dans le money time. Sur l’action de la dernière seconde j’ai même vu dans ma tête les Clermontois filer à l’essai, les supporteurs clermontois exploser de joie  et Aurélien Rougerie soulever cette Coupe d’Europe. Avant de me rendre compte que la passe de Sivivatu était mal ajustée et que finalement ce sont les Toulonnais qui peuvent exulter !

On ne peut qu’applaudir ces toulonnais qui ont réalisé une très belle prestation dans la compétition continentale et qui ont su déjouer les pronostiques. Il s’agit du premier titre des Varois qui avaient échoué à maintes reprises. Certains pourront décrier la victoire d’un rugby commercial, d’une vision friquée de notre sport au dépend de notre XV national. Je ne partage pas ce point de vue. Le rugby est devenu un sport professionnel. Je puis vous assurer en écoutant les commentaires des speakers des télévisions britanniques qu’on nous envie ces effectifs pléthoriques des clubs français. En foot, le Barça, le Real Madrid, Manchester United et le Milan AC n’auraient pas un tel palmarès sans avoir eu recours à la main d’œuvre étrangère. Même les franchises NBA qui ont très longtemps fonctionné avec des effectifs essentiellement composés de joueurs américains font désormais appel à des joueurs venus des quatre coin du monde (avec notamment une belle colonie de joueurs tricolores). Le rugby vit avec son temps et le XXIème siècle est celui de la mondialisation. Cela sera-t-il défavorable au XV de France ? Pas forcément ! Pour continuer le parallèle avec les autres sports, je soulignerai que les États-Unis continuent de dominer la planète de la grosse balle orange et les Espagnols sont rois au pays des manchots ! Certains me disent qu’il y a peu de joueurs français sur la feuille de match mais avec Toulon, Clermont et Montpellier qui ont disputé les phases finales de la Coupe d’Europe un grand nombre d’hexagonaux ont connu le très haut niveau. Cependant, la Ligue doit continuer son travail en renforçant les quotas de JIFF, je pense qu’on arrivera ainsi à un bel équilibre !

Je ne pourrai pas terminer ce post en ayant une pensée particulière pour les Clermontois qui doivent être aussi déçus que les Toulonnais sont heureux. Ils ont réalisé de très belles choses et auront l’occasion de rebondir, car l’ASM Clermont-Auvergne n’est pas seulement une pléiade d’internationaux, c’est aussi un grand club qui ne cesse de se structurer depuis bientôt 20 ans et dont la démarche n’est pas sans me rappeler celle du Stade Toulousain quadruple champion d’Europe.

Mister Rugby

Toulon arrache sa qualification face au Racing-Métro

La joie des joueurs de Toulon après leur qualification pour les demi-finales du Top 14 de rugby face au Racing-Métro (Photo : lci.tf1.fr)

Au terme d’un match étouffant, et après avoir été largement mené, Toulon s’est qualifié pour les demi-finales du Top 14 de rugby en battant le Racing-Métro 17 à 13.

Toulon a souffert pour l’emporter à domicile. Mais l’essentiel est acquis – à savoir – la qualification pour les demi-finales du Top 14 de rugby, à l’issue d’un match de barrage remporté 17 à 13 face au Racing-Métro. En demi-finale, dimanche 3 juin à Toulouse, Toulon affrontera Clermont. L’autre demi-finale opposera la veille le Stade Toulousain à Castres, vainqueur de Montpellier (31-15) vendredi en match de barrages. « Bravo au Racing qui a fait un très gros match. Cela a basculé pour nous. Cela aurait pu basculer pour eux sur une dernière pénalité. C’est la loi du sport« , a reconnu le manageur de Toulon Bernard Laporte au micro de Canal+, après cette rencontre à rebondissements.

Il est vrai qu’après un début de rencontre équilibré, le Racing s’était rapidement détaché, de sorte qu’il menait 13 à 3 à la pause grâce à un essai de Benjamin Fall et 8 points au pied de Sébastien Descons et François Steyn, contre une seule pénalité réussie par l’ouvreur toulonnais Jonny Wilkinson en quatre tentatives. L’Australien Matt Giteau suppléait son buteur défaillant pour inscrire les six premiers points de la reprise, ramenant les Varois dans les cordes à l’heure de jeu (9-13, 62) avant l’essai du 3e ligne Steffon Armitage, servi par Smith au terme d’une course de cinquante mètres (11-13, 66).

Mené au score pour la première fois de la partie après 66 minutes, le Racing perdait l’occasion de reprendre le score en fin de match, Hernandez puis Wisniewski manquant chacun une pénalité. Une ultime mêlée victorieuse permettait à Matt Giteau de parachever son oeuvre après la sirène. Après un tel scénario, les Toulonnais ne veulent pas s’arrêter là. « Il faudra faire moins de fautes » contre Clermont, en demi-finale, a reconnu Bastareaud. « On y va en outsider mais on a notre carte à jouer. »

Affaire Bastareaud : Deuxième du nom

Mathieu Bastareaud devrait rester au Stade français

J’avais décidé il y a deux ans de ne pas écrire un seul post sur ce qu’on appelait alors l’Affaire Bastareaud. Une sombre histoire de table de nuit Néo-Zélandaise à laquelle personne d’intellectuellement bien constitué ne peut croire. Voici que deux ans plus tard nous avons le droit à une deuxième affaire Bastareaud : Pressenti depuis près d’un an du côté du RC Toulon, Mathieu Bastareaud devrait finalement encore jouer avec le maillot bariolé du Stade français car le nouveau manager général du club parisien, Bernard Laporte, ne souhaite absolument pas le laisser filer chez un concurrent direct : « Je préfère le voir jouer en Fédéral B chez nous que de le voir en rouge et noir ! ». Seulement l’entourage du champion aurait fait savoir que Mathieu serait prêt à ne pas se présenter aux entrainements de son club : à la mode des footballeurs !

Je ne souhaite pas prendre de parti dans cette histoire. Mais si tel était le cas ce jeune homme ne serait-il pas en train de gâcher une belle carrière avec des enfantillages ? Le mensonge néo-zélandais d’abord, le caprice toulonnais ensuite. Je peux me tromper mais il me semble que lorsqu’on signe un contrat cela devrait avoir une valeur. C’est une question de respect envers soi-même. Non ? Que notre trois-quart centre se concentre sur le rugby plutôt que de se laisser influencer par son entourage. La seule chose qui m’attriste, en fait, c’est que Mathieu Bastareaud est un très grand joueur, preuve en est ses dernières prestations en finale du Challenge européen et sa sélection avec les Barbarians britanniques et le XV de France aura besoin de lui dans les années qui viennent pour se reconstruire.

Castres stoppé, le Stade Français se relance

Les Biarrots se sont heurtés à de solides Parisiens lors de la 18e journée du Top 14.

PARIS — Le leader Castres, battu sans inscrire un point à Montpellier (15-0), a connu un coup d’arrêt en tête du Top 14, tandis que le Stade Français s’est relancé dans la course à la phase finale en s’imposant (25-15) sur Biarritz, samedi lors de la 18e journée.

Castres, qui restait sur deux succès bonifiés contre Montauban et Albi, peut être rejoint en tête, voire dépassé, par Clermont en cas de succès des Auvergnats à Toulouse dimanche (20H45) lors du choc de clôture de la journée.

Le champion de France, Perpignan, qui restait sur deux défaites en Top 14, s’est replacé dans ce peloton de tête grâce à sa victoire bonifiée (31-12) vendredi sur le Racing-Métro, candidat potentiel à la phase finale.

Ce résultat, combiné au succès capital du Stade Français face à un autre concurrent, Biarritz, entretient le suspense pour la course aux barrages.

Après une défaite à Montpellier et un nul à Montauban, les Parisiens ont recollé à la 7e place, trois points devant les Biarrots mais une longueur derrière Toulon, qui s’est imposé (18-7) sans bonus contre Montauban.

Prive a également entretenu ses espoirs de barrages en arrachant la victoire (17-15) dans les dernières minutes à Albi.

L’espoir est en revanche en berne à Albi, battu pour la quinzième fois de la saison. La relégation en Pro D2 semble inévitable pour les Tarnais.

Le report du « match de la peur » entre le premier relégation, Bayonne, et le premier non-relégation, Bourgoing, en raison de la neige en Isère, a permis aux Montpelliérains de se donner un peu d’air en bas de tableau. Ils comptent provisoirement 12 points d’avance sur les Basques.

Montauban, qui n’a pas décroché le bonus défensif, est en position précaire. Les Tarn-et-Garonnais n’ont pris que deux points lors des trois derniers matches.

Source : AFP

Essai de M. Bastareaud (Eurosport 2)