XV de France : Un vent de jeunesse pour la tournée d’automne

Philippe Saint-André a choisi d’ouvrir la sélection du XV de France à huit novices pour la tournée automnale contre l’Australie (10 novembre au Stade de France), l’Argentine (17 novembre à Lille), et les Samoa (24 novembre au SDF). Eddy Ben Arous (22 ans), Sébastien Vahaamahina (20 ans), Pierrick Gunther (23 ans), Jules Plisson (21 ans), Gaël Fickou (18 ans), Vincent Martin (20 ans), mais aussi Yannick Forestier (30 ans) et Jocelino Suta (29 ans) sont appelés.

« Ces tests-matches sont plus importants que jamais. » Philippe Saint-André, le manageur du XV de France, a rapidement planté le décors de sa première liste de la saison 2012-2013. L’Australie, l’Argentine puis les Samoa, voilà le programme proposé à son équipe, avec en toile de fond, le tirage au sort de la Coupe du monde 2015. « Nous sommes 5e au classement IRB, et si on peut gagner une place, on deviendrait tête de série pour le tirage au sort des poules. C’est rarement arrivé à la France. »

Les 33 joueurs appelés pour le premier regroupement savent ce qui les attend. Et si le groupe atteint le chiffre de 33, il descendra à 23 après trois jours, les dix partants rejoignant leur club pour faire face aux échéances domestiques du Top 14. Mais ils auront eu droit à une vraie séance d’opposition le dimanche, veille de leur départ. « Si un jeune traverse le terrain trois fois dans la journée, on ne se gênera pas pour le prendre », sourit le manageur de l’équipe.

Rougerie absent

Comme il en a pris l’habitude lors de ces grands rassemblements, le staff de l’équipe de France a balayé au large. Eddy Ben Arous (Racing), Yannick Forestier (Castres), Jocelino Suta (Toulon), Sébastien Vahaamahina (USAP), Pierrick Gunther (Toulon), Jules Plisson (Stade Français), Gaël Fickou (Toulouse) et Vincent Martin (Toulon) vont découvrir Marcoussis avec les « grands ». A leurs côtés, les cadres que sont Szarzewski, Mas, Pape, Dusautoir, Ouedraogo, Parra, Trinh-Duc, Clerc… « Il y a encore des joueurs-cadres blessés comme Malzieu, Méédard, Palisson, Yachvili ou Harinordoquy », rappelle PSA, qui « continue à avoir un jeune joueur à gros potentiel par ligne ». Et si Aurélien Rougerie n’est pas présent, c’est que le staff a « été très content des trois-quarts en Argentine (Fofana, Fritz, Mermoz) », mais il ne « ferme pas la porte » au Clermontois, opéré à l’été de sa cheville.

Michalak plus ouvreur qu’à la mêlée

Dans les petites attraction de cette liste, Frédéric Michalak, « dans notre esprit il est plus demi d’ouverture même si sa polyvalence est toujours intéressante », Jocelino Suta qui « démontre à chaque match qu’il est devenu l’un des meilleurs 2e ligne de France », Vincent Martin, « qui est propre, qui ne fait pas d’erreur », Gaël Fickou que l’encadrement « ne veut pas griller mais il a été impressionnant contre Leicester » ou encore Jules Plisson qui « s’impose au Stade Français et devient N.1 devant Contepomi ».

Pour tous, anciens comme nouveaux, Philippe Saint-André a rappelé que « la dimension physique est primordiale au niveau international ». L’Australie et l’Argentine, qui ont disputé le Four Nations durant l’été et donc passé 4 mois ensemble, représenteront un test majeur : « On va passer au révélateur », a-t-il lancé, avant d’annoncer que la victoire contre les wallabies sera l’objectif.

Vidéo : Interview de Philippe Saint-André

Le groupe France:
Avants (19): Eddy Ben Arous (Racing-Métro), Thomas Domingo (Clermont), Yannick Forestier (Castres), Benjamin Kayser (Clermont), Christopher Tolofua (Stade Toulousain), Dimitri Szarzewski (Racing-Métro), David Attoub (Stade Français), Vincent Debaty (Clermont), Nicolas Mas (Perpignan), Yoann Maestri (Stade Toulousain), Pascal Papé (Stade Français), Jocelino Suta (Toulon), Sébastien Vahaamahina (Perpignan), Damien Chouly (Clermont), Thierry Dusautoir (Stade Toulousain, cap.), Pierrick Gunther (Toulon), Wenceslas Lauret (Biarritz), Fulgence Ouedraogo (Montpellier), Louis Picamoles (Stade Toulousain)
Arrières (14): Maxime Machenaud (Racing-Métro), Morgan Parra (Clermont), Frédéric Michalak (Toulon), Jules Plisson (Stade Français), François Trinh-Duc (Montpellier), Vincent Clerc (Stade Toulousain), Brice Dulin (Castres), Benjamin Fall (Racing-Métro), Gaël Fickou (Stade Toulousain), Wesley Fofana (Clermont), Florian Fritz (Stade Toulousain), Yoann Huget (Stade Toulousain), Vincent Martin (Toulon), Maxime Mermoz (Toulon)

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Le mercato entre dans la mêlée

Coup dur pour Perpignan et coup gagnant pour Toulon avec le transfert de Maxime Mermoz qui devrait être officialisé sur le site Rugbynew.fr ce lundi

La période des mutations estivales du rugby s’est ouverte à minuit. Si le sport est pro depuis 1995, il n’a en revanche pas copié le système des transferts du football. Comment fonctionne ce marché un peu particulier ? Mode d’emploi.
Le rugby d’aujourd’hui n’a pas grand-chose à voir avec celui de « papa », quand il était encore amateur. Salaires, exigence athlétique, exposition médiatique… Tout a changé, ou presque. La façon dont les joueurs changent de club n’a, elle, pratiquement pas évolué. La période des mutations s’est ouverte cette nuit à minuit jusqu’au 15 juin, et ressemblera à s’y méprendre aux périodes de mutations précédentes. Les clubs ne feront leur marché (sauf cas exceptionnel) que parmi les joueurs en fin de contrat. Au rugby, cette notion est presque une question d’honneur ! Un contrat est un contrat qui doit être respecté, et pas question d’entendre parler de « transfert », terme barbare trop lié aux dérives vénales du football.
Dans l’histoire du rugby, à peine une dizaine de cas a dérogé à la règle, les plus connus étant Fabien Galthié (de Colomiers au Stade Français en 2001), Benoit Lecouls (de Biarritz à Toulouse en 2008), Benjamin Fall (de Bayonne au Racing Métro 92 en 2010) ou encore Mathieu Bastareaud (du Stade français à Toulon en 2011). Le paiement de la clause de mobilité de Fall, élevée à 506 000€, est d’ailleurs toujours  la transaction la plus chère de l’histoire de l’ovalie tricolore. Un montant très éloigné des 94 millions d’euros dépensés par le Real Madrid en 2009 pour acquérir Cristiano Ronaldo
La démocratisation des précontrats « confidentiels »
Ce système particulier intègre toutefois une donne commune à tous les sports de haut niveau : les contacts s’établissent lors de la saison en cours. Le joueur en fin de contrat signe un précontrat avec le club qui le courtise. Une valeur d’engagement fort, qui peut même valoir des poursuites judiciaires à celui qui se rétracte (cf. le cas Mamuka Gorgodze). En revanche, si l’argent est tabou dans le monde de l’ovalie, la discrétion est de règle. Il est interdit aux deux parties de communiquer sur un accord avant l’ouverture officielle des mutations, sous peine d’amende.
Ce système sur fond de respect des valeurs morales possède ses ardents défenseurs au sein du rugby français. Des dirigeants de clubs à surfaces financières limitées bien sûr, mais aussi ceux qui misent sur le prestige pour attirer les talents comme Toulouse ou Clermont. L’évolution du sport vers un professionnalisme toujours plus poussé a aussi généré des opposants au système. Des Mourad Boudjellal ou des Jacky Lorenzetti, aux portefeuilles mieux garnis, et bien décidés à faire tomber les barrières pour imposer leur puissance. Une question de temps ?

Delon Armitage rejoint la Côte d'Azur

Ces têtes d’affiches qui changent de maillot

Les effectifs de Top 14 s’apprêtent à connaitre quelques bouleversements, qui concernent également les stars de notre championnat. Le club le plus à même à accueillir du lourd la saison prochaine est le RCT. Avec Michalak (Natal Sharks, AFS), Sheridan (Sale, ANG) D. Armitage (London Irish, ANG), Mermoz (Perpignan), Masoe (Castres), les Varois risquent de faire peur en 2012-2013. Autre locomotive du marché, le Racing Métro 92 va connaitre des modifications significatives, avec les départs de Steyn (retour en Afrique du Sud), Chabal et Nallet (Lyon), et les arrivées des internationaux français Szarzewski (Stade français) et Ducalcon (Castres). Les deux premiers de Top 14, Toulouse et Clermont, sont eux plutôt calmes pour l’instant malgré les arrivées de Huget (Bayonne) dans la ville rose et le retour de Nalaga (Western Force) en Auvergne.

Un mot enfin des entraineurs qui vont eux aussi exercer sous d’autres cieux. Le duo agenais Christophe Deylaud-Christian Lanta, partant pour Bayonne, fait place à un ticket Philippe Sella-Mathieu Blin. Le technicien girondin Marc Delpoux file lui, en Catalogne, à l’USAP, et sera remplacé au poste de manager général de l’UBB par l’ancien capitaine des Bleus Raphaël Ibanez.

Le champion au rendez-vous

Les Catalans ont parfaitement su gérer ce match, et s'impose en champion !

Il y a des joueurs qui, au moment des phases finales, revêtissent leur habit de lumière et remportent des matches à eux seuls. Jérôme Porical fait partie de cette caste. Ce serait faire injure aux Catalans de réduire leur qualification en finale du Top 14 à un seul homme mais force est de constater que l’arrière des Sang et Or est le grand bonhomme du choc remporté face aux Toulousains. Avec 21 points à son actif, l’arrière de l’USAP a puni l’indiscipline des Rouge et Noir et envoie son équipe à Saint-Denis le 29 mai prochain. Pour Toulouse, le calendrier s’allège, au bonheur de son entraîneur, avant le rendez-vous face à Biarritz samedi prochain.

Bonne entame de Toulouse
«On va au Stade de France pour la 2e fois d’affilée, souligne un Jérôme Porical exténué après le coup de sifflet final. On n’a rien gagné encore, il faudra cravacher dur dans 15 jours. On a eu une première mi-temps difficile car on avait moins de rythme. Après la machine s’est mise en route. Il faut maintenant gagner la finale.» Une analyse pertinente qui résume à elle seule le scénario de la rencontre. Après une première période difficile et marquée par une grosse pression des Toulousains, rapidement devant grâce à un essai de Bézy (0-7, 8e), les Catalans sont revenus au vestiaire avec un retard de quatre points (9-13). Mais l’USAP, dominatrice en touche, avait de quoi espérer dans cette demi-finale. Au contraire des Castrais une semaine plus tôt, les partenaires de Maxime Mermoz ont su tenir le coup face à la furia toulousaine et rester à hauteur à la pause.

Une indiscipline punie par Porical
Malgré l’entrée en jeu de Poux et Lecouls à la pause, la domination catalane en mêlée ne bougeait pas d’un fil. Pis, grâce à leur supériorité en mêlée, les hommes de Jacques Brunel ont validé leur succès au terme d’un deuxième acte complètement maîtrisé. «On manquait de rythme après trois semaines d’arrêt en première période, avoue David Marty. La fraicheur et l’envie de jouer une finale a fait la différence.» La fraîcheur, le mot est lancé. Beaucoup plus fringants face à des Toulousains incapables de produire du jeu et trop indisciplinés, les champions de France ont remis leur destin entre les pieds de leur ouvreur, auteur de tous les points de son équipe. A la 52e minute, après une nouvelle faute en mêlée des Rouge et Noir, Jérôme Porical transformait l’offrande pour permettre à Perpignan de passer devant pour la première fois de la soirée (15-13, 52e). Un avantage qui sera définitif. Grâce à deux nouvelles pénalités, l’USAP validait logiquement son billet pour le Stade de France. Et briguera un deuxième bouclier de Brennus.

Résumé du match sur Eurosport 2 (en Anglais)

Ça plane pour Mermoz !

Maxime Mermoz, Oscar d'or 2009

Le Blogue de Mister Rugby tient à souhaiter toutes ses félicitations à Maxime Mermoz qui remporte l’Oscar d’or Midi-Olympique et est ainsi sacré de manière officieuse meilleur joueur français de l’année. Le jeune centre qui a complètement lancé sa carrière en arrivant en Catalogne devance même le capitaine du XV de France, Thierry Dusautoir, et succède ainsi à l’Argentin Juan-Martín Hernandez. Le staff de l’USAP, composé de Jacques Brunel, Bernard Goutta et Franck Azéma, remporte l’Oscar du meilleur entraîneur.