Un Castres olympique assomme Clermont !

C’est finalement Castres qui aura l’honneur de « monter » à Paris pour essayer de décrocher le précieux bouclier de Brennus. Les Toulonnais, fort d’un nouveau titre de champion d’Europe, seront bien sûr favoris de la finale. Cependant, les Varois devront se méfier grandement de leurs adversaires tarnais. Les Castrais ne sont pas arrivés en finale du Top 14 par hasard. L’année dernière déjà le CO avait été sur le point de rejoindre les Toulonnais en finale. Les joueurs castrais avaient bien failli faire sortir l’ogre toulousain sur les terres de ce dernier.

Une domination outrageuse de la mêlée tarnaise

La domination des Tarnais sur les Auvergnats fut sans conteste. A l’image du Stade Toulousain hier, Clermont était méconnaissable, on a du mal à imaginer que cette même équipe a malmené tous ces adversaires 9 mois durant. Visiblement, les joueurs du Puy-de-Dôme ont eu du mal à encaisser leur courte défaite en finale de Coupe d’Europe. La victoire des Castrais a été nette et sans bavure, la domination fut totale. L’aspect le plus frappant fut bien sûr l’outrageuse domination du paquet d’avant tarnais en mêlée sur sa rivale du jour.

Un Rory Kockott étincellement 

Le match dans le match entre les deux numéro 9, Rory Kockott et Morgan Parra, tourna très largement en faveur du demi-de-mêlée sud-africain, auteur de 20 points ce samedi. Comme un symbole le centre Wesley Fofana, brillant toute la saison, a commis une grossière erreur en récupérant un ballon qui n’était plus jouable suite à un en-avant commis par l’un de ses équipiers sous les poteaux ; ce qui permit au Castres Olympique de maintenir son adversaire à distance. La prestation du vis-à-vis de Wesley Fofana a été en revanche impeccable : Romain Cabanes chipa un ballon qui était adressé au centre international français pour marquer un essai en contre de 80 mètres. Un coup de poignard dont les Jaunards n’auront pu se remettre.

Cette équipe de Castres composée de joueurs aussi talentueux que Forrestier, Samson, Capo-Ortega, Diarra, Claassen, Kockott, Talès, Andreu ou Dulin, pour n’en citer que quelques uns à fière allure. De là à faire tomber en finale le Rugby-Club Toulonnais ?

Mister Rugby

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Top 14 : Toulon, le champion des champions

Si on devait trouver un équivalent de la Ligue des Champions en rugby, ça serait probablement le Top 14 : stades archicombles, ambiance festive malgré la météo qui n’est pas au rendez-vous, pluie de joueurs vedettes et surtout matchs entre clubs champions. Hier s’affrontait en demi-finale le tout nouveau champion d’Europe, Toulon, au champion de France Toulouse !

Sincèrement, je pensais que les Toulousains allaient remporter ce match. Je croyais qu’il était trop difficile de remporter une demi-finale face au grand Stade Toulousain, une semaine après avoir disputé une finale de Coupe d’Europe aussi âpre. Les organismes n’ont en général pas le temps de se remettre des stigmates de ce genre de match a fortiori lorsque la demi-finale en question se joue le vendredi. Après un titre continental, les esprits auraient dû être davantage tournés vers les plages de sable chaud. Mais les Toulonnais font preuve d’une fraîcheur physique et mentale déconcertante. Je m’étais dit qu’à partir de la 60ème minute, les Toulousains prendraient le dessus. Il n’en fut rien. 

A l’image de ce qui s’est passé la semaine dernière, les Toulonnais ont remporté leur match grâce à une défense hors-norme, à la fois intelligente et agressive. Très similaire à celle du XV de France sous l’ère d’un certain Bernard Laporte. Comme les Clermontois, les Toulousains ont multiplié les temps de jeu en première période, se faisant systématiquement contrer au moment clé. Finalement, on se dit qu’avec un Jonny Wilkinson toujours aussi percutant, il sera difficile d’empêcher les Varois d’aller chercher un deuxième titre majeur en moins de quinze jour. 

Ce match s’est apparenté à une passation de pouvoir entre le champion des années 90 et 2000 avec le RCT qui a semblé, hier soir plus que jamais, incarner le futur. Reconnaissons que le champion toulousain est passé complètement à côté de son sujet lors de cette demi-finale. Le club midi-pyrénéen était méconnaissable : série de fautes de mains, alignement en touche non-maîtrisé, mêlé bousculée, jeu au pied défaillant, incapacité à changer de stratégie et encore plus grave les Toulousains ont semble-t-il abandonné toute ambition offensive en deuxième mi-temps. Une saison, à oublier pour les Toulousains. Il sera intéressant de voir si le club aura les moyens de rebondir les prochaines saisons où s’il s’agit vraiment de la fin d’un règne qui aura duré presque vingt ans. 

Mister Rugby

Remaniement gagnant !


David Marty félicité pour sa roublardise par Ouedraogo et Estebanez

Il s’agit d’un homme qui a perdu une grande partie de sa crédibilité auprès du grand public cet été, dont les successeurs commencent à se frotter les mains, et qui tente un dernier coup de poker avec un petit remaniement ce mois de novembre… Vous l’aurez deviné je veux parler de notre entraineur national : Marc Lièvremont ! Il fallait oser à un an du mondial lancer dans le grand bain une série de nouveaux joueurs (Ducalcon, Schuster Guirado, Estebanez, Arias, Porical), en relancer d’autres (Traille, Yachvili, Marty, Médard). Il fallait aussi tirer les conclusions du manque de fraîcheur et du manque d’envie observés lors de la dernière tournée d’été 2010, ne pas donner le sentiment aux joueurs qu’ils étaient déjà installés et que leur avenir en bleu était assuré.

On peut dire que ce fut un coup gagnant pour notre trio d’entraineurs.

C’est sous une pluie battante que commença ce huitième match entre la France et les Îles Fidji. Quand on connaît la puissance de la mêlé française et le jeu envolé des Océaniens il était facile d’imaginer, qu’avec de telles conditions météorologiques,  que ce test allait tourner en faveur du quinze tricolore. Ce fut en effet le cas. A notre grande surprise ce sont les Français qui tentèrent le plus et qui déployèrent leur jeu. Quant aux Îliens ils nous proposèrent un jeu triste, bien loin de ce qui nous avaient déjà montré dans ce même stade de la Beaujoire en 2007 lors d’un match de Coupe du Monde face aux Gallois. Face à de si pâles Fidjiens il serait dangereux de tirer des conclusions trop hâtives. On pourra remarquer qu’après deux ou trois temps de jeu, les Bleus ont toujours autant de mal à trouver une solution et que souvent la solution passe par du petit jeu au pied. Néanmoins, il existe des satisfactions :

La première fut la titularisation du Catalan Jérôme Porical à l’arrière qui nous présenta une bonne prestation. Ce dernier intervint à plusieurs reprises dans la ligne de trois-quarts, n’hésita jamais à relancer, et joua justement au pied. Quant à son équipier de club Jérôme Schuster aux côtés de Ducalcon se porta bien en mêlé. Même si le pilier castrais répéta les erreurs en première mi-temps ce qui « nous » coûta 6 points. Les ailiers, Maxime Médard et Julien Arias furent un peu plus discrets, loin de résoudre le problème déjà observé depuis plus d’un an à ce poste. Cependant, le Toulousain et le Parisien ne sont pas restés sur leurs ailes et sont, eux aussi, venus apporter des solutions dans les phases offensives. L’autre satisfaction est la prestation de notre paire de centre. Certes, elle ne fut pas flamboyante, mais elle joua juste tout au long de la partie. La prestation de Fabrice Estebanez et de David Marty en défense fut remarquable même si le Briviste manqua un placage qui failli coûter un essai aux Français. Surtout, ils y sont pour beaucoup dans la pauvreté du jeu et le manque d’ambition des Fidjiens, car ils empêchèrent les ballons Fidjiens de circuler. Ne pas se prendre d’essai face aux joueurs du Pacifique reste un authentique exploit. Bonne prestation également de la paire de demis biarrote, ce que j’apprécie le plus dans le jeu de Damien Traille et de Dimitri Yachvili c’est la confiance et le sang froid qui règne tout au long de la partie, même dans les temps faibles. Ma conclusion est la suivante : compte tenu de notre force en mêlé, l’équipe de France aurait peut être tout à gagner à utiliser la puissance aux dépens du beau jeu, avec une paire de demi Traille-Yachvili. On y perdrait en beau jeu, mais on y gagnerait peut être en efficacité. Avec  des joueurs comme Mathieu Bastareaud et Yannick Jauzion au centre ce jeu est vraiment réalisable. Je sais que cela peut choquer, mais le jeu basé sur la vitesse voulu par les entraîneurs du XV de France exige un pack un peu plus léger et mobile avec des ailiers électriques et tranchants que nous ne possédons pas actuellement. Affaire à suivre.

La dernière satisfaction sera pour moi, la réponse du public nantais malgré la pluie. Les mauvaises langues diront qu’ils sont de toute façon les  habitués à de telles conditions. Le stade était plein et la fête fut belle, plusieurs olas et Marseillaises à l’appui prouvant ainsi que le rugby et un véritable sport national et que le Top 14 n’a nullement fait de l’ombre à notre quinze national, il semblerait que ce soit plutôt le contraire. Il serait bon que la Ligue, au moment d’attribuer les demi-finales de la prochaine édition du Top 14, pense à ce stade et à ce public en manque d’événements sportifs de très haut niveau depuis la rétrogradation du FC Nantes Atlantique en Ligue 2.

Résumé : France – Fidji sur Youtube (En Anglais)