XV de France : huit novices dans un groupe de 35 Bleus pour la Nouvelle-Zélande

Le manager du XV de France Philippe Saint-André a convoqué mardi huit joueurs jamais encore sélectionnés dans un groupe de 35 en vue de la tournée en Nouvelle-Zélande, en juin.
Eddy Ben Arous, Alexandre Flanquart, Camille Lopez, Remi Talès, Adrien Planté tenteront de décrocher une première sélection, tout comme les Sud-Africains Daniel Kötze et Bernard Le Roux ainsi que le Fidjien Noa Nakaitaci.

 Le XV de France disputera trois test-matches face aux All Blacks (8, 15, 22 juin) et une rencontre face à la franchise des Auckland Blues (11 juin).

La principale absence de la liste est celle du demi d’ouverture de Montpellier François Trinh-Duc, mis au repos après avoir été beaucoup sollicité ces dernières années » et à qui Saint-André a préféré le Castrais Rémi Talès, « l’homme en forme du moment ».
Comme attendu, le troisième ligne de Toulouse Thierry Dusautoir sera le capitaine de cette tournée, en l’absence du deuxième ligne Pascal Papé, blessé au dos depuis le 3 février et le premier match du Tournoi face à l’Italie.
Saint-André a donc conservé une forte ossature du Tournoi des six nations, en appelant des cadres tels que Dimitri Szarzewski, Nicolas Mas, Yoann Maestri, Louis Picamoles, Morgan Parra, Frédéric Michalak ou encore Wesley Fofana et Yoann Huget.
Cette liste marque aussi le retour de certains joueurs écartés et/ou blessés au cours du Tournoi, comme Maxime Mermoz et Fulgence Ouedraogo, ou jamais utilisés cette année comme l’ailier de Toulon Alexis Palisson ou l’arrière de Castres Brice Dulin.
De jeunes pousses auront donc l’occasion de faire leurs preuves, comme le centre de Toulouse Gaël Fickou (19 ans, 1 sél), le deuxième ligne du Stade Français Alexandre Flanquart (24 ans), le pilier du Racing-Métro Eddy Ben Arous (22 ans) et le demi d’ouverture de Bordeaux Camille Lopez (24 ans).
Après avoir convoqué le troisième ligne sud-africain de Castres Antonie Claassen au cours du Tournoi, Saint-André a aussi poursuivi sa politique d’ouverture en appelant le pilier droit de Clermont Kotze, l’ailier de l’ASM Nakaitaci ou le troisième ligne du Racing-Métro Le Roux.
Le manager devra jongler avec le calendrier et les états de fraîcheur puisqu’un premier groupe de joueurs partira le 25 mai, sans les finalistes du Top 14, et qu’une deuxième fournée s’envolera le 2 juin, au lendemain de l’épilogue de la saison et à six jours du premier test.
Le groupe:
Avants (19): Eddy Ben Arous (Racing-Métro), Vincent Debaty (Clermont), Thomas Domingo (Clermont), Guilhem Guirado (Perpignan), Benjamin Kayser (Clermont), Dimitri Szarzewski (Racing-Métro), Luc Ducalcon (Racing-Métro), Daniel Kotze (Clermont), Nicolas Mas (Perpignan), Alexandre Flanquart (Stade Français), Yoann Maestri (Toulouse), Christophe Samson (Castres), Sébastien Vahaamahina (Perpignan), Yannick Nyanga (Toulouse), Fulgence Ouedraogo (Montpellier), Thierry Dusautoir (Toulouse, cap.), Bernard Le Roux (Racing-Métro), Antonie Claassen (Castres), Louis Picamoles (Toulouse)
Trois-quarts (16): Maxime Machenaud (Racing-Métro), Morgan Parra (Clermont), Frédéric Michalak (Toulon), Camille Lopez (Bordeaux-Bègles), Rémi Talès (Castres), Mathieu Bastareaud (Toulon), Gaël Fickou (Toulouse), Wesley Fofana (Clermont), Florian Fritz (Toulouse), Maxime Mermoz (Toulon), Maxime Médard (Toulouse), Noa Nakaitaci (Clermont), Alexis Palisson (Toulon), Adrien Planté (Perpignan), Brice Dulin (Castres), Yoann Huget (Toulouse)

XV de France : Doit-on sélectionner Nakaitaci et Vakatawa ?

Philippe Saint-André va annoncer la semaine prochaine les noms des joueurs qui partiront pour la tournée en Nouvelle-Zélande. Même si l’ossature du groupe France semble avoir été trouvée depuis la tournée en Argentine et les tests d’automne, on s’attend à voir de nouvelles têtes. Des jeunes qui vont apporter du sang frais à ce groupe qui semblait à bout de souffle lors du Tournoi. Il se murmure que les trois-quarts fidjiens Noa Nakaitaci (Clermont-Auvergne, centre-ailier, 22 ans, 1,90m/94 kg) et Virimi Vakatawa (Racing, ailier, 21 ans, 1,85m/92kg) seraient sur les tablettes du sélectionneur. On sait que Philippe Saint-André a demandé des précisions à l’IRB pour savoir si les deux étaient sélectionnables. En effet, les deux joueurs sont issus de la formation française. Façonnés aux joutes du Top 14, ils ont ajouté à leur dextérité et à leur pointe de vitesse naturelles des qualités défensives qui en font potentiellement des futurs très grands joueurs. Les deux joueurs ont décliné il y a quelques mois une sélection avec les Îles Fidji ce qui a provoqué la foudre de l’entraîneur Robert Boisvert. Alors faut-il sélectionner ces deux joueurs ?

Malgré le nombre invraisemblable de talents qui sortent de ces îles, les Fidji reste un petit pays qui a du mal à lutter à armes égales avec les grosses nations de l’ovale. Si les joueurs issus des îles pouvaient jouer pour leur sélections d’origines nous aurions des Coupes du Monde beaucoup plus disputées et donc beaucoup plus passionnantes.

D’un autre côté, ces deux joueurs ont été formés par des clubs français, ils sont arrivés il y a trois ans (donc très jeunes). On sait que Vakatawa a une copine française et, après tout, notre pays depuis tout temps a vocation à intégrer.

D’autres joueurs sont concernés le pilier droit de l’ASM d’origine sud-africaine Daniel Kotze (26 ans,1,87m/120kg) est lui aussi sélectionnable et intéresse également les sélectionneur à un poste où la France semble dépourvu, il pourrait rejoindre son compatriote Antonie Claassen qui lui a déjà rejoint le groupe France lors du Tournoi des 6 Nations.

La question de sélectionner ou non des joueurs étrangers dans le XV de France a déjà été posée à maintes reprises. Toutefois avec l’arrivée imminente d’une génération de JIFF issus de pays lointains , la question prend une toute nouvelle dimension. Car si aujourd’hui 4 joueurs sont concernés, demain ils seront plus d’une dizaine. Est-on prêt à voir un XV de France dont 7 ou 8 éléments sont d’origines étrangères ? Le XV de France aurait-il toujours ce supplément d’âme qui lui permet de renverser des montagnes ?

Je serais tenter de répondre que s’ils sont les meilleurs à leur poste, il faut les sélectionner. Nos adversaires anglais, australiens et néo-zélandais n’ont pas ces états d’âmes et sélectionnent depuis longtemps des joueurs étrangers. Toutefois, j’aimerais que dorénavant on se fixe en France la règle suivante : les joueurs sont sélectionnables s’ils ont entamé des démarches auprès des autorités pour acquérir la nationalité française, ce qui suppose qu’ils pourraient la transmettre à leurs enfants et potentiellement s’installer définitivement en France. D’autre part, il me semblerait juste que les joueurs en question passe un test de Français (niveau B1 de CECRL) qui correspond au niveau seuil demandé aux immigrés qui veulent devenir français.

Mister Rugby