Be in Sport : Une révolution dans le sport français

Robert Lui lors d'un match entre Tigers et Saint George, la NRL devrait devenir l'un des produits phares de Be In Sport la nouvelle chaîne sportive.

L’arrivée de deux nouvelles chaînes sportives payantes dans le paysage audiovisuel français appartenant au groupe qatari Al Jazeera font grand bruit dans le monde du sport professionnel. Le Blogue de Mister Rugby essaie aujourd’hui de prévoir les conséquences de cette concurrence nouvelle entre le groupe français Canal + et les deux petites nouvelles. Le rugby peut espérer tirer son épingle du jeu… à l’unique condition de savoir se réformer en profondeur :

Be in Sport, et Be in Sport 2 ainsi devraient s’appeler les deux nouvelles chaînes sportives appartenant au groupe audiovisuel qatari Al Jazeera. On nous annonce déjà que l’arrivée de ces deux chaînes payantes gérées par Charles Biétry va considérablement bouleverser le paysage du sport professionnel français. C’est déjà vrai dans le milieu du football où les deux chaînes sont en train de faire une razzia : ils ont d’ores et déjà acquis une partie des droits de la Ligue 1, la Ligue des Champions, de la Ligue Europa et même des Euro 2012 et 2016 ! Quelles pourraient-être les conséquences pour le rugby ?

Aux dires de Charles Biétry, le rugby à XV ne l’intéresse pas pour l’instant. En revanche, l’ancien président du PSG Omnisport qui a déjà connu l’expérience du PSG Rugby League a décidé de mettre le paquet sur le rugby à XIII qui devrait être l’un des produits phares de ses nouvelles chaînes. Le nouveau directeur de la chaîne a annoncé au journal L’Indépendant «Ce sera l’un de nos produits majeurs. Je sais que le rugby à XIII est un superbe sport. Sans vouloir dénigrer le XV, on se rend compte que 15 joueurs par équipe sur un terrain, ça fait beaucoup. »  La chaîne devrait suivre tous les matchs des Dragons Catalans et un ou deux matchs de Superligue supplémentaire chaque semaine. « Mais on aura aussi la NRL (championnat australien) et le State of Origin » ajoute Biétry. Par ailleurs, les dirigeants de la chaîne sont en pourparler avec les dirigeants de la FFR13 pour diffuser les matchs de l’équipe de France. Pas question pour Charles Biétry de filmer les matchs de XIII avec 4 caméras seulement comme le faisait les équipes d’Orange Sport : « On aura les mêmes moyens que ceux que je mettrai sur le foot. » conclue-t-il.

Et le rugby à XV dans tout ça ?

Le Top 14 peut profiter de cette concurrence nouvelle à condition de se réformer.

Pour l’instant il n’intéresse pas la nouvelle venue. Et pour cause, tous les droits : 6 Nations, Coupe du Monde, Coupe d’Europe et Top 14 sont déjà distribués. En revanche, le rugby n’est pas vu comme un sport de seconde zone du côté des Qatar qui investissent actuellement tous azimuts (immobilier, mode, tourisme, sports, etc.), certains qataris aimeraient d’ailleurs créer un championnat du monde des clubs entre les meilleures formations des deux hémisphères. Cette compétition à toutefois peut la chance d’exister. Il ne serait pas surprenant de voir Be in Sport se lancer sur le rugby au moment de renégocier les droits. Pour le Top 14 Orange, l’arrivée de la chaîne qatarie arrive une année trop tard. Les clubs français auraient pu espérer une meilleure proposition et une meilleure exposition en jouant sur la concurrence entre les deux groupes Canal + et Al Jazeera.

L’enjeu du côté de Charles Biétry sera de prouver qu’il y a de la place pour un autre groupe d’envergure dans un paysage audiovisuel français au marché limité. Orange Sport et CFoot se sont cassé les dents. Eurosport n’a jamais pu faire une concurrence sérieuse au groupe Canal plus qui règne en maître. Mais les moyens d’Al Jazeera sont, eux, considérables.

Ce qui est certains, c’est que l’arrivée d’un tel groupe devrait changer la donne. On peut imaginer, par exemple, que la Ligue 1, avec l’arrivée de la nouvelle manne financière que devraient lui apporter Al Jazeera et ces nouveaux stades, qui faisait clairement figure de sous championnat prennent une nouvelle dimension plus proche des championnats allemand, anglais, espagnol ou italien. A priori, les deux nouvelles venues devraient bénéficier au rugby français, mais les résultats escomptés ne sont pas toujours au rendez-vous. Il faudra finement jouer. Il est peut être temps pour le rugby français de faire une vraie réforme en profondeur (calendrier, rénovation des stades, conquête de nouveaux territoires, etc.) pour pouvoir bénéficier pleinement de cette concurrence nouvelle. Si le rugby ne le fait pas, d’autres sports sauront saisir cette énorme opportunité.

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Sébastien Chabal passe à XIII ? Chiche !

Un match entre les South Sydney Rabbitohs et les Western Tigers

Les paroles de Sébastien Chabal, invité du Moscato Show hier sur RMC, ont fait l’effet d’une bombe dont l’onde de choc a atteint ce matin les côtes australiennes. L’homme qui valait un millions d’euros (montant annuel de son dernier contrat avec le Racing Métro) a fait connaître son intention de jouer sur l’île-continent. A la question de l’animateur Vincent Moscato « c’est pour changer de code » (sous-entendu pour passer à XIII) la star du rugby français à marquer une pause avant d’ajouter « Je ne peux vous en dire plus pour l’instant ». Pour l’instant on sait juste que l’homme des cavernes jouera un match de rugby à XV avec Balmain, un club de troisième division australienne de la banlieue de Sydney. Puis ? Tout est possible. Sébastien Chabal pourrait revenir à Paris pour jouer pour le Stade Français avec le statut de joker médical. Il pourrait intégrer une franchise de Super Rugby car la saison est sur le point de commencer. Problème le joueur est très cher pour le XV australien. Officiellement aucune franchise ne s’est montrée intéressée. Alors forcément on pense au XIII, sport roi en Australie. Il y a quelques années le club des South Sydney Rabbitohs avait manifesté son intérêt pour le joueur. Pour la NRL ce serait une excellente nouvelle, en effet le rugby à XIII a vu de nombreuses stars changer de code ces derniers temps. Ces meilleurs joueurs, comme Sonny Bill Williams, Mark Gasnier, Karmichael Hunt, Luke Rooney, fuyant le plafond salarial instauré par la ligue locale, sont d’ailleurs souvent partis vers le Top 14 français. L’arrivée de Sébastien Chabal, une star du XV  français, serait une forme de revanche.

Le XIII serait un excellent défi pour Sébastien Chabal selon Bernard Laporte

Selon Bernard Laporte, lui aussi sur le plateau de RMC hier soir, ce serait une excellente nouvelle. Nous ne doutons pas qu’avec ses charges dévastatrices et ses placages tonitruants le barbu a toutes les qualités pour ce sport. Néanmoins si tel était le cas, le rugbyman français n’aurait pas choisi la facilité : changer de code après 30 ans et souvent très difficile. Demandez plutôt à Willie Mason, ancienne star du XIII qui essuie les bancs aujourd’hui à Toulon, ou au prodigieux joueur gallois des années 80 Jonathan Davies dont le retour à XV a été un véritable fiasco. Ce qui est vrai dans un sens, l’est au moins tout autant dans l’autre sens. La NRL est un championnat très relevé où jouent les meilleurs joueurs de rugby à XIII du monde. Toutes les actions sont très disputées, les provocations physiques sont nombreuses. La NRL, c’est le paroxysme de l’engagement.

En laissant sous-entendre qu’il pourrait rejoindre ce championnat, en tout cas en ne le démentant pas, Sébastien Chabal prend un risque énorme. S’il ne le fait pas, l’homme aura perdu l’occasion de se taire, et passera pour un charlot. Nous comprendrons qu’il n’est plus bon qu’à animer des plateau télé, donnant du crédit ainsi à son ancien manager Philippe Berbizier. S’il le fait, alors nous pourrons lui tirer notre chapeau, quel que soit les résultats obtenus, l’aventure de la NRL, c’est s’attaquer à un océan. Cela aurait le mérite qui plus est de faire de la lumière sur le XIII français qui en aurait grandement besoin.

Podcastez l’Interview de Sébastien Chabal

Rugby à XIII : Un week-end, deux finales…

Jamie Soward de l'équipe Saint Georges

Après plusieurs mois sans avoir écrit sur le rugby à XIII, je profite de ce week-end de finales en Angleterre (Superleague)  et en Australie (NRL) pour me rattraper. Cette saison qui fut particulièrement catastrophique pour les treizistes français s’achèvent avec la victoire de deux clubs mythiques de nos cousins treizistes. Les Wigan Warriors, club qui a dominé le championnat anglais lors des années 90 ont remporté leur match face à Saint Helen sur le terrain du légendaire Old Trafford.

En Australie, la finale eu lieu à l’ANZ Stadium de Sydney. Les Saint-Georges Illawara de l’ancien parisien Mark Gasnier affrontèrent les Roosters de la banlieue chic de Sydney. Les Dragons remportèrent leur match et firent la une de la presse australienne malgré une information riche en sport au pays des aussies ce week-end : avec la finale de l’AFL (de footy, suite au match nul entre les Collingwood Magpies et Saint-Kilda FC) et les championnats du monde de cyclisme à Geelong, dans l’état du Victoria. Après deux saisons en demi-teinte au Stade français l’Australien savoura probablement cette finale, d’autant qu’il fut l’auteur d’un essai.

Côté français, la piètre saison des Dragons Catalan en Superleague et du Toulouse Olympique XIII en Co-operative Championship ne prête guère à l’optimisme. On peut aisément imaginer que les résultats de nos deux clubs hexagonaux dissuaderont les dirigeants de la Superleague à engagé une deuxième franchise tricolore (le TO XIII et peut-être le Stade français seraient candidats) dans leur compétition phare. Le rugby à XIII français aura l’occasion de se rattraper lors de la prochaine Coupe d’Europe des Nations face aux Gallois, Irlandais et Ecossais avec en point de mire le Four Nations Series 2011.

Vidéo de la grande finale de NRL 2010.