XV de France : Sur un air d’Argentine

Pour affronter l’Australie, samedi au Stade de France, Philippe Saint-André a décidé de confier les rênes du jeu à la charnière Machenaud-Michalak. Les deux joueurs avaient déjà fait la paire en Argentine, lors de la dernière tournée d’été. Avec brio.

Morgan Parra et François Trinh-Duc commenceront sur le banc, le test-match programmé samedi face à l’Australie. Le staff tricolore a opté pour une solution plus innovante en associant le jeune Maxime Machenaud à la mêlée (23 ans, 1 sélection) et Frédéric Michalak à l’ouverture (30 ans, 56 sélections). Comme à Tucuman où la France s’est imposée face aux Pumas 49 à 10.

Samedi, l’opposition face aux Wallabies sera d’un autre calibre. Mais ce choix reste dicté par « la logique du dernier test en Argentine où on a été content de Maxime et Frédéric Michalak .En plus, avec le fait que Morgan n’a pas pu s’entraîner pendant trois jours, le choix a été plus simple », a déclaré le manageur du XV de France, Philippe Saint-André.

Brice Dulin lui aussi sur le pré

Mais la béquille reçue à la cuisse droite, qui l’a privé du début du stage de préparation, n’explique pas tout. Le Clermontois, 24 ans dans une semaine, fait surtout les frais de la forme étincelante de Machenaud.

Le Racingman qui a honoré sa toute première sélection lors du second test-match contre les Pumas et marqué un des six essais français est sur la bonne dynamique, y compris avec son club. A l’instar de Brice Dulin, également titulaire en Argentine et qui sera réaligné à l’arrière ( Huget débutant sur le banc, où il couvrira les postes d’ailier et d’arrière).

Marqué par la râclée historique infligée par les Wallabies en 2010 au Stade de France (16-59), Philippe Saint-André garde dans sa manche un atout : une charnière opérationnelle Parra-Trinh-Duc, bien au chaud sur le banc, au cas où.

Le 15 titulaire face à l’Australie : Dulin (Castres) – Fofana (Clermont), Fritz (Stade Toulousain), Mermoz (Toulon), Clerc (Stade Toulousain) – (o) Michalak (Toulon), (m) Machenaud (Racing-Métro) – Ouedraogo (Montpellier), Picamoles (Stade Toulousain), Nyanga (Stade Toulousain) – Maestri (Stade Toulousain), Papé (Stade Français, cap.) – Mas (Perpignan), Szarzewski (Racing-Métro), Forestier (Castres)

Remplaçants: Kayser (Clermont), Domingo (Clermont), Debaty (Clermont), Suta (Toulon), Chouly (Clermont), Parra (Clermont), Trinh-Duc (Montpellier), Huget (Stade Toulousain).

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XV de France : Un vent de jeunesse pour la tournée d’automne

Philippe Saint-André a choisi d’ouvrir la sélection du XV de France à huit novices pour la tournée automnale contre l’Australie (10 novembre au Stade de France), l’Argentine (17 novembre à Lille), et les Samoa (24 novembre au SDF). Eddy Ben Arous (22 ans), Sébastien Vahaamahina (20 ans), Pierrick Gunther (23 ans), Jules Plisson (21 ans), Gaël Fickou (18 ans), Vincent Martin (20 ans), mais aussi Yannick Forestier (30 ans) et Jocelino Suta (29 ans) sont appelés.

« Ces tests-matches sont plus importants que jamais. » Philippe Saint-André, le manageur du XV de France, a rapidement planté le décors de sa première liste de la saison 2012-2013. L’Australie, l’Argentine puis les Samoa, voilà le programme proposé à son équipe, avec en toile de fond, le tirage au sort de la Coupe du monde 2015. « Nous sommes 5e au classement IRB, et si on peut gagner une place, on deviendrait tête de série pour le tirage au sort des poules. C’est rarement arrivé à la France. »

Les 33 joueurs appelés pour le premier regroupement savent ce qui les attend. Et si le groupe atteint le chiffre de 33, il descendra à 23 après trois jours, les dix partants rejoignant leur club pour faire face aux échéances domestiques du Top 14. Mais ils auront eu droit à une vraie séance d’opposition le dimanche, veille de leur départ. « Si un jeune traverse le terrain trois fois dans la journée, on ne se gênera pas pour le prendre », sourit le manageur de l’équipe.

Rougerie absent

Comme il en a pris l’habitude lors de ces grands rassemblements, le staff de l’équipe de France a balayé au large. Eddy Ben Arous (Racing), Yannick Forestier (Castres), Jocelino Suta (Toulon), Sébastien Vahaamahina (USAP), Pierrick Gunther (Toulon), Jules Plisson (Stade Français), Gaël Fickou (Toulouse) et Vincent Martin (Toulon) vont découvrir Marcoussis avec les « grands ». A leurs côtés, les cadres que sont Szarzewski, Mas, Pape, Dusautoir, Ouedraogo, Parra, Trinh-Duc, Clerc… « Il y a encore des joueurs-cadres blessés comme Malzieu, Méédard, Palisson, Yachvili ou Harinordoquy », rappelle PSA, qui « continue à avoir un jeune joueur à gros potentiel par ligne ». Et si Aurélien Rougerie n’est pas présent, c’est que le staff a « été très content des trois-quarts en Argentine (Fofana, Fritz, Mermoz) », mais il ne « ferme pas la porte » au Clermontois, opéré à l’été de sa cheville.

Michalak plus ouvreur qu’à la mêlée

Dans les petites attraction de cette liste, Frédéric Michalak, « dans notre esprit il est plus demi d’ouverture même si sa polyvalence est toujours intéressante », Jocelino Suta qui « démontre à chaque match qu’il est devenu l’un des meilleurs 2e ligne de France », Vincent Martin, « qui est propre, qui ne fait pas d’erreur », Gaël Fickou que l’encadrement « ne veut pas griller mais il a été impressionnant contre Leicester » ou encore Jules Plisson qui « s’impose au Stade Français et devient N.1 devant Contepomi ».

Pour tous, anciens comme nouveaux, Philippe Saint-André a rappelé que « la dimension physique est primordiale au niveau international ». L’Australie et l’Argentine, qui ont disputé le Four Nations durant l’été et donc passé 4 mois ensemble, représenteront un test majeur : « On va passer au révélateur », a-t-il lancé, avant d’annoncer que la victoire contre les wallabies sera l’objectif.

Vidéo : Interview de Philippe Saint-André

Le groupe France:
Avants (19): Eddy Ben Arous (Racing-Métro), Thomas Domingo (Clermont), Yannick Forestier (Castres), Benjamin Kayser (Clermont), Christopher Tolofua (Stade Toulousain), Dimitri Szarzewski (Racing-Métro), David Attoub (Stade Français), Vincent Debaty (Clermont), Nicolas Mas (Perpignan), Yoann Maestri (Stade Toulousain), Pascal Papé (Stade Français), Jocelino Suta (Toulon), Sébastien Vahaamahina (Perpignan), Damien Chouly (Clermont), Thierry Dusautoir (Stade Toulousain, cap.), Pierrick Gunther (Toulon), Wenceslas Lauret (Biarritz), Fulgence Ouedraogo (Montpellier), Louis Picamoles (Stade Toulousain)
Arrières (14): Maxime Machenaud (Racing-Métro), Morgan Parra (Clermont), Frédéric Michalak (Toulon), Jules Plisson (Stade Français), François Trinh-Duc (Montpellier), Vincent Clerc (Stade Toulousain), Brice Dulin (Castres), Benjamin Fall (Racing-Métro), Gaël Fickou (Stade Toulousain), Wesley Fofana (Clermont), Florian Fritz (Stade Toulousain), Yoann Huget (Stade Toulousain), Vincent Martin (Toulon), Maxime Mermoz (Toulon)

XV de France : cruelle désillusion !

L’essai du géant ailier argentin Manuel Montero à la 77ème minute crucifia les Bleus !

Cordoba – Crucifié par un essai à la 77ème minute les Bleus perdent ainsi une occasion unique de mettre fin à une série de 5 matchs sans victoire sur les terres australes d’Amérique. Malgré un match très brouillon nous pouvons retenir quelques satisfactions. 

Nombre de touches gagnées, occupation du terrain, possession du ballon, nombre de placages réussis, nombre de mètres gagnés ballon en main : les statistiques mentent car finalement ce sont bien les Pumas, qui encore une fois, se sont imposés sur leur terre. Pourtant la mêlée bleue semblait bien supérieure à celle des adversaires du jour, pourtant, il y eut très peu de faute défensive… hormis sur ces deux essais argentins en tout début et en toute fin de match.  Les Français dominant dans toutes les phases de jeu n’ont pu se défaire de ces jeunes Pumas. Pourtant cette équipe d’Argentine ressemblait presque à une équipe B. C’était une occasion rêvée de remettre les pendules à l’heure. Depuis 1998, on ne bat plus l’Argentine : 11 matchs, 8 victoires sud-américaines. Ce match, boudé par les télévisions, revêtait une importance particulière car à l’issu de ces deux tests en Argentine s’attribueront les poules pour le prochain mondial en Angleterre en fonction du classement IRB. Or, depuis que Philippe Saint-André a pris le relais cette équipe de France n’a cessé de reculer : passant de la troisième place mondiale  à la sixième place juste devant… l’Argentine.

Quelques satisfactions toutefois

Cependant, tout n’a pas été négatif dans cette confrontation : je pense notamment que les nouveaux joueurs essayés auront donné satisfaction. Watremez a tenu en mêlé, Lauret a donné du répondant à l’agressivité argentine, la paire Fritz-Fofana sera sans doute à revoir, Huget, Dulin et Buttin auront montré des choses intéressante même si je reste sceptique sur le positionnement à l’aile de ce dernier. Enfin les entrées de Tolofua et surtout de Fred Michalak furent plus qu’intéressantes. Finalement, ce sont surtout ceux qu’on attendait comme les leaders qui auront failli : Ouedraogo, Trinh-Duc, Picamoles ont semblé hors de forme, multipliant les bourdes. Je reste persuadé que cette équipe a malgré tout de l’avenir, elle ne manque pas de talent mais plutôt d’intelligence collective, je suis même convaincu que nous avons avec cette nouvelle génération montante l’une des plus belles générations que la France n’ait jamais eu. N’oublions pas que c’est parce que les Bleus n’étaient pas satisfait de ce score de 20 à 16 qu’ils tentèrent de marquer un ultime essai dans les dernières minutes, les remplaçants voulaient faire bonne figure, en lieu de ça, l’équipe s’est fait contrée et à encaissé un essai d’une ultime relance argentine. Puis les Pumas, eux, ce sont contenté de la victoire multipliant les petits tas et pratiquant le rugby à une passe. Les tests à Tucuman sont toujours d’un engagement extrême. Ces Français ont vraiment les moyens de mettre fin à cette série de victoire argentine.

La réaction de Philippe Saint-André

« Il faut féliciter les Argentins qui n’ont rien lâché pendant 80 minutes. Et nous… Il faut respecter le jeu. Quand tu donnes treize points en première mi-temps, c’est difficile de gagner un match international », a fulminé Saint-André avant de lâcher: « On a dominé mais on n’a pas gagné. Il faut que la France apprenne à ne pas dominer mais à gagner. »

Mister Rugby

Le XV de France débute bien son Tournoi face à l’Italie

Aurélien Rougerie associé à Wesley Fofana, la première paire de centre clermontoise de l'histoire du XV de France aura marqué les esprits

L’attente du public français était énorme après cette finale de Coupe du Monde perdue d’un petit point. Le XV de France a montré au monde entier que cette compétition mondiale est à sa portée. Ainsi ces trois derniers moins ont semblé durer une éternité.  Le moins qu’on puisse dire c’est que ces Bleus (vêtus de blanc pour recevoir les Azzuri) n’auront pas déçu. Bien sûr, tout n’aura pas été parfait, la victoire aura mis du temps à se dessiner, mais le réalisme des Bleus sera à mettre au rayon des satisfactions. Il en va de même pour les nouveaux joueurs lancés dans le grand bain par Philippe Saint-André : ces essais se sont avérés concluants. Timide lors de la première demi-heure Wesley Fofana aura su trouver de nombreux intervalles dès que des petits espaces se sont ouverts. Il  vient de nous montrer qu’il a tous les éléments pour réussir au niveau international, maintenant il lui faudra faire le plus dur : confirmer. Sa technique et ses accélérations furent véritablement une pure merveille, ce joueur respire le rugby. Son compère de club, Julien Malzieu, a été nommé « homme du match ». C’est une très grande satisfaction car les ailes furent longtemps le maillon faible sous l’ère Lièvremont. Au-delà du magnifique essai marqué par le Clermontois, retenons également ces nombreuses solicitations dans la ligne d’attaque, essayant d’apporter des solutions. Son entente avec les deux joueurs toulousains que son Maxime Médard et Vincent Clerc est de bonne augure pour l’avenir.  La sélection du « Belge », Debaty aura été moins étincelante ses duels dans la mêlée auront souvent tourné à l’avantage de son adversaire du jour Castrogiovani. Mais il n’est probablement pas le seul fautif. En effet, la déception vient de ce côté-là. Le 5 de devant ne s’est pas montré impérial comme il l’avait été à l’époque du mondial. Face à une référence mondiale, notre mêlée a été sur le reculoir presque toute la partie, notre alignement en touche s’est fait contrer plus d’une fois. A cela, il faut ajouter quelques fautes stupides qui auraient couté très cher face à une équipe d’un autre calibre, comme ces renvois de François Trinh-Duc qui ne font pas 10 mètres. Néanmoins, ne crachons pas dans la soupe. Cette première sortie du XV de France façon Saint-André fut plutôt plaisante. L’équipe s’en tire avec un bon 12/20 et une mention « Assez bien, peut mieux faire ».  Nous avons vraiment le sentiment que ce XV de France est une grosse cylindré, avec des chevaux sous le capot, reste à trouver la bonne carburation. Nous pouvons retenir également la bonne prestation italienne qui, avec un peu plus de réussite, aurait pu faire douter ces Français. Cette équipe n’arrête pas de progresser et elle devrait poser des problèmes aux britanniques. A commencer par cet Italie – Angleterre qui se jouera au Stadio Olimpico de Rome devant 72 000 tifosi et qui devrait valoir son pesant d’or !

Résumé : France vs. Italie 2012

Saint-André, une bonne recrue pour le XV de France ?

Philippe Saint-André le nouvel homme fort du XV de France

Samedi, face à l’Italie, l’ancien ailier tricolore fera ses grands débuts à la tête de l’équipe de France.

En nommant Philippe Saint-André à la tête du XV de France, Pierre Camou, le président de la FFR, espère en terminer avec douze saisons marquées par les excès et les polémiques. De 1999 à 2007, Bernard Laporte avait confisqué la lumière avec ses emportements et ses mots crus. Choisi pour sa mesure, son successeur, Marc Lièvremont, a péché par naïveté, n’hésitant jamais à confier publiquement ses attentes un peu folles puis ses violentes déceptions. Le premier n’avait pas porté le maillot bleu mais mené le Stade Français au titre de champion de France. Le second, 25 sélections comme joueur, n’avait qu’une très mince expérience d’entraîneur. «PSA», lui, n’a pas de trou dans son CV: 69 sélections (dont 34 comme capitaine) et douze saisons comme manager (Gloucester, Bourgoin, Sale, Toulon)…

Le patient anglais

Saint-André a débuté sa carrière d’entraîneur en Angleterre. Un défi pour le Drômois qui, deux ans plus tôt, ne maîtrisait pas la langue de Shakespeare quand il a débarqué outre-Manche pour y terminer sa carrière de joueur. Marqué par le professionnalisme anglo-saxon, entre respect du coach et ambiance feutrée, il a appris à diriger sans effets de manche. Ne haussant le ton qu’en dernière extrémité. Une solide amitié lie Laurent Seigne et Philippe Saint-André depuis leur rencontre il y a plus de vingt ans sous le maillot bleu avant d’œuvrer à Gloucester et Bourgoin. « Pour aller du point A au point B, même s’il y a des embûches, Philippe prendra son temps, sera persévérant et souple, confie Seigne au Figaro. Il sait se contenir mais quand ça dépasse l’acceptable, le coup de gueule est terrible…» Peu de risque, cependant, qu’il ne dérape en conférence de presse. Pondéré et roué, PSA ne se laissera pas piéger. À l’inverse, il n’hésitera pas à user des éléments de langage chers aux politiques pour éviter de répondre à une question embarrassante.

Règles de vie

Avertissement aux Bleus. La bonhomie de leur nouveau sélectionneur est trompeuse. L’ancien capitaine du XV de France est exigeant, carré, strict. Il ne transige pas avec les valeurs que son père, en mémoire d’un grand-père résistant exécuté par les SS en 1944, lui a très tôt inoculées. « Je suis à cheval sur certaines règles comme le respect, le travail, le don de soi… » Dès son premier discours, il a prévenu les joueurs: « celui qui ne les respectera s’exclura de lui-même». Mardi encore, lors de sa première annonce d’équipe, il a répété le message. « Face à l’Italie, je peux accepter que les joueurs se trompent sur l’organisation du jeu mais ils n’ont pas le droit de faillir sur les valeurs de ce sport: le combat, l’envie d’avancer. Je veux de l’enthousiasme! »

Association de compétences

Vu sa remarquable carrière de joueur et son vécu d’entraîneur, Saint-André pourrait faire l’affaire tout seul. Le genre de prétention à laquelle il est étranger. « Je suis là pour fédérer les compétences », martèle-t-il depuis sa nomination. Et de le prouver dans les faits en faisant des pieds et des mains pour obtenir que le Stade Toulousain et Biarritz lui «prêtent» Yannick Bru et Patrice Lagisquet. Deux adjoints dont l’expertise ne souffre d’aucune contestation. À l’ancien talonneur du XV de France la charge des avants ; à l’ex-ailier tricolore les lignes arrières et la défense. Avec toute latitude pour mettre en place les organisations élaborées en commun. « Philippe n’a pas de problème d’ego, révèle Seigne. Comme tous les grands joueurs, il est humble et c’est facile de travailler avec lui. »

Respecter le jeu

Pas de révolution, ni d’idées grandiloquentes. Le jeu, pour PSA, commence par «les fondamentaux»: remporter le combat, occuper le terrain, ne pas commettre de faute. Un pragmatisme qui n’exclut pas quelques fantaisies. N’oublions pas que, joueur, il fut impliqué dans les deux plus belles actions du XV de France: à la conclusion de «l’essai du siècle» à Twickenham en 1991, à l’initiative de «l’essai du bout du monde» à Auckland en 1994… « Pour Philippe, on ne joue jamais trop les ballons bons à jouer », précise Seigne. Aux Bleus de faire les bons choix. Ne pas tenter l’impossible. Mais ne pas être trop frileux. En un mot: être pragmatique. « Ma philosophie, c’est d’abord de gagner», résume Philippe Saint-André.

LeFigaro.fr

France – Italie: la surprise Attoub parmi les 23

Philippe Saint André répond aux questions des journalistes

Philippe Saint-André a donné la liste des joueurs retenus pour affronter l’Italie en ouverture du Tournoi des 6 Nations le 4 février. Parmi eux, 17 mondialistes. 

Du solide qui a fait ses preuves et quelques produits nouveaux.Philippe Saint-André a donné ce jeudi la première liste des 23 de sa vie de sélectionneur, pour le match d’ouverture du Tournoi des 6 Nations 2012 contre l’Italie, samedi 4 février. Elle compte une surprise: David Attoub (Stade Français), qui n’a pas pris part au stage des 30, organisé à Marcoussis ce mois-ci. Celui-ci ne compte qu’une unique sélection, contre la Roumanie, en 2006.

« J’avais dit, quand on avait fait la liste des trente, qu’il était possible qu’un joueur en dehors de cette liste » soit sélectionné, a rappelé PSA lors de l’annonce. « Luc Ducalcon, depuis l’annonce, n’a joué que 25 minutes avec son club (Castres, NDLR). On a voulu prendre David Attoub, qui depuis le début de la saison est titulaire à droite avec le Stade Français. Le Stade Français fait une bonne saison, sa mêlée est positive et on connaît le point fort des Italiens en mêlée fermée ».

D’autres joueurs non-mondialistes retrouvent l’équipe de France: Vincent Debaty, qui comme Attoub n’a connu qu’une sélection en 2006 contre la Roumanie, Lionel Beauxis et Julien Malzieu. Seuls le centre Wesley Fofana et le 2e ligne Yoann Maestri n’ont encore jamais porté le maillot du XV de France. En comptant Luc Ducalcon, ils sont sept en tout à quitter Marcoussis, puisque Julien Pierre, Yannick Nyanga, Yann David, Alexis Palisson et Clément Poitrenaud n’ont pas non plus été retenus.

Comme attendu, on retrouve la colonne vertébrale des finalistes de la dernière coupe du monde en Nouvelle-Zélande. Dusautoir reste capitaine et la 1ère ligne garde ses grognards (Mas, Servat, Poux, Szarzewski), tout comme la 3e (Bonnaire, Dusautoir, Harinordoquy et Picamoles) et la 2e (Papé et Nallet, qui a profité du forfait de Millo-Chluski). Parmi les arrières, ils sont sept sur dix à avoir voyagé aux antipodes (Parra, Yachvili, Trinh-Duc, Rougerie, Mermoz, Clerc et Médard).

La liste des 23 joueurs retenus:

Avants (13): Vincent Debaty (Clermont), Nicolas Mas (Perpignan), Jean-Baptiste Poux (Toulouse), David Attoub (Stade Français), William Servat (Toulouse), Dimitri Szarzewski (Stade Français), Pascal Papé (Stade Français), Yoann Maestri (Toulouse), Lionel Nallet (Racing), Julien Bonnaire (Clermont), Thierry Dusautoir (Toulouse, capitaine), Louis Picamoles (Toulouse), Imanol Harinordoquy (Biarritz).

Arrières (10): Morgan Parra (Clermont), Dimitri Yachvili (Biarritz), François Trinh-Duc (Montpellier), Lionel Beauxis (Toulouse), Aurélien Rougerie (Clermont), Wesley Fofana (Clermont), Maxime Mermoz (Perpignan), Vincent Clerc (Toulouse), Julien Malzieu (Clermont), Maxime Médard (Toulouse).

Source : L’Express.fr

Que faut-il retenir de la première liste de Philippe Saint-André?

Yannick Nyanga pourrait faire son grand retour avec les Bleus !

Beauxis rappelé, Maestrie et Fofana convoqués et 22 mondialistes conservés…

Un ancien président de la République parlerait de «changement dans la continuité». Philippe Saint-André n’a pas cherché à surprendre à tout prix avec sa première liste de 30 joueurs retenus pour un stage préparatoire (23, 24 et 25 janvier) au prochain Tournoi des VI Nations. «C’est une liste pour affronter l’Italie le 4 février pas pour les quatre ans à venir», relativise d’ailleurs le nouveau sélectionneur des Bleus.

22 mondialistes, mais pas Nallet

Comme prévu, Philippe Saint-André a décidé de s’appuyer sur les vice-champions du monde en titre. Des 31 joueurs présents lors du séjour en Nouvelle-Zélande, 22 figurent dans la liste donnée par le successeur de Marc Lièvremont.  «On a essayé d’être le plus cohérent possible et donc de construire un groupe avec une grosse coloration de mondialistes», avance «PSA». Avec Damien Traille et David Marty, Lionel Nallet (35 ans) est l’un des neuf oubliés. Le sélectionneur a pris le temps pour lui annoncer la nouvelle ainsi qu’à son copain Sébastien Chabal. Mais Saint-André ne leur ferme pas les portes de la sélection. «Si jamais on a des blessés, tous les joueurs que j’ai contactés sont tous dans les starting-blocks.»

Maestri  et Fofana, deux bizuths attendus

Pas de surprise non plus du côté des nouveaux. Les noms de Yoann Maestrie et Welsey Fofana revenaient avec insistance, le deuxième ligne toulousain et le trois-quarts centre de Clermont sont dans le bon wagon. Mais convocation ne rime pas toujours avec sélection. Maestrie a bien noté que le sélectionneur doit encore retrancher sept joueurs à cette première liste, le 25 janvier. «Je suis très heureux bien sûr de faire partie du groupe qui fera le stage à Marcoussis. Après c’est autre chose de faire partie des 23», met-il en garde. Autre bizuth ou presque, le Clermontois Vincent Debaty. Cinq ans après sa seule cape, le pilier d’origine belge va peut-être avoir l’occasion de lever les doutes qui pèsent sur sa tenue en mêlée.

Beauxis de retour en grâce mais toujours pas de Fritz

Lionel Beauxis retrouvera-t-il les Bleus ?

Après quatre ans de purgatoire, il a suffi de deux matchs et de 55 points à Lionel Beauxis pour redevenir l’ouvreur en puissance du XV de France. «J’ai assisté à Montpellier-Toulouse (45-25), il a fait tout ce qu’un grand demi d’ouverture peut faire: pénalités, drop-goals, passes au pied, feintes de passe, percées», énumère Saint-André. Avec Beauxis, ils sont douze Toulousains présents mais toujours pas de Florian Fritz. Banni sous l’ère Lièvremont, Fritz voit cette fois son partenaire de club Yann David lui griller la politesse. Même constat pour Mathieu Bastareaud.  «Je n’élimine personne, tient à rassurer Saint-André. La vérité du moment ne sera peut-être pas la même dans trois semaines.»

 Alexandre Pedro, 20Mintues.fr