400 000 !

Le rugby n'a pas fini de faire des adeptes : Ici, les petits rugbymans de Bobigny

Le président du RC Toulon, Mourad Boudjellal vient publiquement d’accuser le rugby de « racisme » et de « franchouillard ». Loin de cette image de sport replié sur lui-même, le rugby continue sans cesse de gagner de nouveaux territoires et de nouveaux adhérents…

Entre le divorce de Sébastien Chabal et du Racing et les déclarations tapageuses de Mourad Boudjellal relayées en boucle une semaine durant sur les chaines d’information continue, on pourrait être tenté de croire que notre sport va mal. Pourtant la bonne nouvelle tient en quelques lignes discrètes en page 3 du dernier Midi-Olympique : La FFR est sur le point de recevoir son 400 000ème licencié après avoir connu une augmentation vertigineuse de 68 000 pratiquants en 2011 (soit+20%). Le rugby va si bien que nous trouvons le moyen de grimacer quand un match entre le Racing et le Stade Toulousain n’attire plus que 55 000 spectateurs, alors que le Stade de France sera, une semaine après, encore une fois archi comble pour voir les héros du Mondial 2011. Ces chiffres devraient faire taire monsieur Boudjellal qui vient d’accuser le rugby de sport « raciste et franchouillard ». Le rugby, contrairement au président toulonnais, ne fait pas la distinction entre une France « franchouillarde » d’un côté, et une France « black-blanc-beur » de l’autre. Le raciste, c’est celui qui veut séparer les êtres humains en fonction de leurs apparences, comme voudrait le faire monsieur Boudjellal. Le rugby est désormais le sport de tous les Français et n’a nullement besoin d’un président vulgaire en manque de résultats pour faire sa révolution. Tous les chiffres montrent que le rugby est en pleine mutation, car c’est bien en-dehors des terres traditionnelles de l’ovalie que le rugby est en pleine progression. Les deux petits nouveaux qui intégreront demain le XV de France illustrent parfaitement ce nouveau rugby français : Vincent Debaty, né en Belgique et naturalisé français sur le tard et Wesley Fofana, un pur titi parisien dont le papa est né au Mali. Ce ne sont que les prémices d’une nouvelle tendance. Nos petits gars des Dom-Tom devraient eux aussi, à leur tour, faire une entrée tonitruante sous le maillot bleu frappé du Coq : Le grand public connaît déjà le Biarrot Raphaël Lakafia ou la nouvelle coqueluche toulousaine Christopher Tolofua, il ne tardera pas à découvrir Romain Taofifenua ou Sébastien Vahaamahina.

Thierry Dusautoir capitaine du XV de France, Anima Sana In Corpore Sano

La diversité, la force de notre pays, la force de notre rugby

Mourad Boudjellal pense sans doute être un président atypique dans le milieu rugbystique professionnel, Serge Blanco est né au Venezuela, Mohed Altrad en Syrie, Alain Afflelou en Algérie, liste à laquelle je pourrais ajouter Max Guazzini ou Jacky Lorenzetti dont les noms n’ont rien de « franchouillards ». Eux aussi sont des hommes de talent, eux aussi sont le rugby français.

 

Le rugby, une autre culture que celle du basket, du foot et de l’athlétisme

Bien sûr le rugby français n’est ni le foot, ni l’athlé, ni le basket. Notre sport doit grandir en suivant son propre modèle. Le rugby est en train de conquérir de nouveaux territoires, il ne doit pas chercher à copier la culture foot, hip-hop, coca et McDo, il doit justement apporter un nouveau message aux jeunes. Il ne faut surtout pas enfermer la jeunesse dans son propre ghetto, il faut lui montrer autre chose. A ce titre Thierry Dusautoir, capitaine du XV de France, élu meilleur joueur du monde par l’International Rugby Board, est un joueur exemplaire. Il est à l’opposé de cette culture bling-bling, c’est une tête bien faite, diplômé de l’Ecole Nationale Supérieure de Chimie et de Physique, qui s’exprime dans un bon français face aux médias. C’est ce message que doit apporter le rugby et c’est comme ça qu’il continuera de grandir à conquérir de nouveaux territoires.

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