Un XV de la Rose de gala

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Après deux défaites contre l’Afrique du Sud et l’Australie, l’Angleterre a parfaitement réagi en s’offrant la Nouvelle-Zélande, samedi en test-match à Twickenham (38-21). Grâce à trois essais de Barritt, Ashton et Tuilagi, les joueurs de Stuart Lancaster ont fait forte impression face à des All Blacks qui ont raté leur première période. De son côté, l’Australie l’a emporté au Pays de Galles (14-12). 

A ce niveau-là, il serait presque réducteur d’évoquer un simple tremblement de terre. Car si séisme il y a eu à Twickenham, il a traversé les âges. Le succès retentissant des Anglais face aux Blacks (38-21) fait tomber un nombre incalculable de barrières, d’un strict point de vue statistique mais aussi – et surtout – psychologique. Comme chez les Gallois la semaine dernière, il aurait pu être écrit qu’une soudaine accélération suffirait. Menés 12-0 à la pause, sans point à la mi-temps pour la première fois du 21e siècle, les Blacks ont inscrit 2 essais en 3 minutes peu après le retour des vestiaires. Mais la Rose a décidé d’être vénéneuse. « Je n’y croyais pas vraiment avant le match, admettait Chris Robshaw à la BBC. Pour battre les champions du monde, vous avez besoin d’un peu de chance. Et on en a eu. »

Richie McCaw comptait à lui seul plus de sélections que le pack anglais. Le capitaine et Dan Carter étaient même plus capés à eux deux que l’ensemble des titulaires adverses. Seulement, il est certains matches où l’expérience ne peut pas tout faire. Et cette pénalité inhabituellement manquée par l’ancien Perpignanais à 40 mètres en face des poteaux, après 16 minutes de jeu, était bien un signe. L’Angleterre met fin à une série de 9 défaites de suite contre la Nouvelle-Zélande (sa dernière victoire avait eu lieu à Wellington, 15-13), de même qu’elle stoppe celle de 20 victoires d’affilée des champions du monde. Ce septième succès anglais sur les 35 dernières rencontres entre les deux équipes scelle aussi la deuxième plus lourde défaite de l’histoire des Blacks en tests.

McCaw: « Nous serons de retour »

Jamais la Rose n’avait inscrit autant de points contre les Kiwis, qui n’ont pas subi un écart aussi important face à leurs adversaires du jour depuis 1936 et un 13-0. Les courtes défaites contre l’Australie et l’Afrique du Sud sont oubliées, effacées, balayées. Pourtant, 76 ans plus tard et à la 51e minute du match, qui aurait pu croire à un tel scénario ? Après les essais de Savea (48e) et Kieran Read (51e), qui permettaient aux Néo-Zélandais de revenir à un point suite à cinq coups de pied d’Owen Farrell – qui était de retour à l’ouverture – la messe semblait dite. Les Néo-Zélandais ne recollaient qu’à 15-14 mais comme d’habitude, la machine était enclenchée… Le problème, c’est que justement, les Anglais ne voulaient pas faire comme d’habitude.

Les trois essais de Barritt (20-14, 54e), Ashton (25-14, 58e) et Manu Tuilagi sur une interception (32-14, 63e) ont transporté Twickenham dans une sphère démente. « Je suis juste impressionné par les garçons, déclarait Stuart Lancaster, sélectionneur ébahi du XV de la Rose, à la BBC. On a tous souffert mais on est restés soudés, et c’est juste plaisant qu’ils aient leur rayon de soleil. » Ces 10 petites minutes autour de l’heure de jeu comptent déjà parmi les plus belles de l’histoire du rugby anglais, un tour des réseaux sociaux suffisant à s’en assurer. Les deux équipes finiront à trois essais partout, après un dernier passage dans l’en-but de Savea à six minutes du terme. Mais avec deux autres pénalités de Freddie Burns (67e, 73e), le pied aura creusé un écart béant (38-21).

« On a lutté pour revenir, mais l’Angleterre a particulièrement bien joué, concédait un Richie McCaw beau joueur. C’est tout à leur honneur. On s’était préparés pour une grosse bataille et c’est ce qu’il s’est passé, ils nous ont fait sauter. C’est une bonne équipe et ils ont saisi leur chance, on a lâché à un moment vital. C’est décevant, mais nous serons de retour. » La fameuse thèse de la claque salvatrice… On peut faire confiance à McCaw et ses hommes, car le dernier revers aussi lourd remontait à août 1999 et un 28-7 contre l’Australie. Quant au nombre de points encaissés, le 40-26 d’août 2004 contre l’Afrique du Sud était la dernière référence négative. A ce rythme, il faudra au moins attendre 2017 avant la prochaine rouste.

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Les All Blacks font le coup de la panne

L’Australie a créé la surprise en neutralisant la Nouvelle-Zélande (18-18), ce samedi, à Brisbane, privant au passage les Blacks du record de victoires consécutives pour une nation majeure. Le XV de France, qui affrontera les Wallabies, le 10 novembre prochain, n’a qu’à bien se tenir.

Cela n’aura pas échapper à Philippe Saint-André, dont les Bleus ouvriront leur série de tests d’automne face à l’Australie le 10 novembre, au Stade de France : on a retrouvé les Wallabies ce samedi, à Brisbane, où l’équipe de Robbie Deans, malgré l’absence d’un quinze titulaire, ou presque, à l’infirmerie, et dix ans de disette dans la quête de cette Bledisloe Cup, acquise avant ce match aux rivaux néo-zélandais, vainqueurs sans appel des deux premières confrontations de la saison entre les deux formations, aura été capable de tenir en échec les All Blacks (18-18). Un nul inespéré et rare –le dernier datait de 1988- qui n’a rien d’anecdotique.

S’il relance l’Australie, ce score de parité prive les champions du monde d’un record de victoires consécutives pour une nation majeure (*), qui semblait tendre leur tendre les bras après un Four Nations immaculé. Un dix-septième succès de rang que les Néo-Zélandais de 1969 et les Springboks de 1998, entraînés par Nick Mallett, qui s’est dérobé à l’occasion du plus mauvais match, sans conteste, des joueurs de Steve Hansen en cette saison post-Coupe du monde. Un seul marqueur pour illustrer cette contre-performance : il faut remonter dix ans en arrière pour trouver la trace d’une rencontre sans essai de la part de Richie McCaw et ses coéquipiers (victoire 12-6, le 13 juillet 2002, ndlr) ! Et l’acharnement mis par ces Blacks dans le temps additionnel pour mettre Dan Carter en position de décocher un drop, finalement mal ajusté, suffit à mesurer la portée de ce coup d’arrêt.

Des Blacks sans essai

La perspective d’un tel record ne semble pas de nature au coup d’envoi à survolter des All Blacks un brin empruntés et coupables surtout d’une indiscipline récurrente au cours de ce premier acte. Une certaine apathie dont les doublures australiennes ne profitent pourtant pas pleinement. Si la botte de Mike Harris est impeccable pour compiler quatre coups de pied gagnants (3e, 28e, 32e, 40e), le réalisme fait défaut à des Wallabies qui ne s’en laissent pas compter par ailleurs, à l’image de ce tête à tête musclé entre Richie McCaw et le flanker Scott Higginbotham. Leur domination tant du point de vue territorial que dans la possession est évidente, mais à l’heure de concrétiser, le bât blesse, à l’image de cet en-avant fatal du talonneur Tatafu Polota-Nau à un mètre de la ligne d’essai adverse (19e). Les champions du monde balbutient leur rugby que viennent gâter des fautes de main inhabituelles. Comme sur ce ballon d’essai qu’échappe Aaron Smith à l’heure d’aplatir sous les poteaux australiens (10e). Un rare temps fort que Dan Carter se charge d’illustrer au tableau d’affichage (7e, 11e). Pour un avantage de six points (12-6) logique en faveur des Australiens à la pause, qui se double d’une supériorité numérique suite au carton jaune de Tony Woodcock (40e).

Ces Blacks n’y sont pas et le deuxième échec de Carter au retour des vestiaires n’indique rien de bon (44e). D’autant qu’un Kurtley Beale très à son avantage et, relais de Harris au but, signe un premier break (15-6, 51e). Ce test bascule sur ce plaquage à l’épaule de Mike Hooper sur Aaron Smith, toujours aussi entreprenant et qui s’échappait sur l’aile. Le carton jaune est inévitable et Carter, après avoir déjà réglé une première fois la mire dans cette seconde période, ne se fait pas prier pour ramener son équipe au contact (15-12, 55e). Beale est en échec à son tour sur une nouvelle tentative longue distance (59e), mais les Néo-Zélandais ne profitent pas de cette supériorité numérique. Cory Jane, tel un funambule sur la ligne de touche, aurait mérité d’inscrire un essai d’exception, mais M. Joubert, convaincu, se passe de la vidéo et refuse de valider l’action (65e). Mais cette équipe-bis de l’Australie gâche sa superbe résistance dans les ultimes minutes, trop fébrile pour concéder l’égalisation à Carter dans un premier temps (15-15, 67e), puis pour la première fois du match, l’avantage au score pour les Blacks, consécutif à ce grossier en-avant d’Adam Ashley-Cooper dans ses 22 mètres (15-18, 70e). Mais cette équipe d’Australie, malgré la fatigue qui accable les deux formations, a des ressources et Harris, en préservant son 100% au pied du jour, offre un nul (18-18, 74e) auquel la tentative de drop de Carter, ratant sa cible au bout du suspense, ne changera rien.

Résumé Wallabies vs. All Blacks

Championnat du sud : Sans faute pour les All Blacks, l’Argentine apprend douloureusement

La Nouvelle-Zélande en championne du monde

La Nouvelle-Zélande, déjà assurée de remporter le Four nations de rugby, s’est offert un sans-faute en battant l’Afrique du Sud 32 à 16, bonus offensif à la clef, samedi au Soccer City de Johannesburg lors de la 6e et dernière journée.

Menés 16 à 12 à la pause, les All Blacks ont accéléré en seconde période, inscrivant 20 points pour glaner un sixième succès en six matches et parachever leur triomphe dans cette première édition à quatre nations du tournoi phare de l’hémisphère sud.

« Notre deuxième mi-temps a été bien meilleure et les gars ont réussi à mettre la pression. Nous avions travaillé dur durant toute la semaine et ça a payé aujourd’hui », s’est félicité le capitaine néo-zélandais Richie McCaw, qui a fêté de la meilleure des manières sa 100e sélection.

Le capitaine sud-africain Jean de Villiers a lui regretté que les Boks « aient dû courir après le score. Notre jeune équipe a parfois paniqué et concédé des pénalités stupides ».

Auteurs d’une bonne entame et maîtres du ballon, les Springboks se sont montrés bien trop maladroits, étant par exemple incapables d’exploiter leur supériorité numérique en fin de match après l’exclusion temporaire d’Israel Dagg.

Quelque peu bousculés en conquête, les champions du monde s’en sont remis au talent de l’ouvreur Dan Carter (12 points) et à l’inspiration des trois-quarts, impressionnants de vitesse.

Dans un match sans autre enjeu que l’honneur, les Sud-Africains avaient pourtant pris un meilleur départ, menant rapidement 10 à 0 grâce à un essai de l’ailier Bryan Habana (12e), transformé par le jeune ouvreur Jonathan Goosen (20 ans), qui ajoutait également une pénalité (20e).

Les Blacks réagissaient sous l’impulsion de leur virevoltant ailier Hosea Gear. A l’origine de l’essai du 2e ligne Sam Whitelock (25e) en perçant le rideau défensif sud-africain, Gear servait ensuite sur un plateau Aaron Smith (33e) pour mettre les Néo-Zélandais en tête (12-10).

Les Sud-Africains reprenaient toutefois la main avant la pause, grâce à deux pénalités d’Elton Jantjies (22 ans), entré à la place de Goosen, visiblement touché à un genou.

Les espoirs des 80.000 spectateurs ont cependant été douchés dès le coup d’envoi de la seconde période. Ma’a Nonu concluait une belle action dont le détonateur fut Israel Dagg, capable de se débarrasser de quatre Sud-Africains pour percer.

Onze minutes plus tard, Conrad Smith enfonçait le clou, bien décalé par Carter lors d’une attaque en première main dans les 22 mètres sud-africains. L’ouvreur gonflait ensuite le score par une transformation, un drop et une pénalité.

L’équipe d’Argentine a enregistré son 5e revers dans le Four Nations, en étant battu à domicile par l’Australie (25-19). Rodrigo Roncero y a fêté sa 55e et dernière sélection sous le maillot des Pumas. Pour ce premier Four Nations de l’histoire, les Wallabies terminent donc 2e derrière les All Blacks, qui ont fini l’épreuve par une 6e victoire, en Afrique du Sud (32-16).

Résumé Afrique du Sud vs. Nouvelle-Zélande

 

L’Argentine n’y arrive toujours pas

L’Australie a remporté une victoire capitale (25-18) en Argentine, qui lui permet de terminer le Four Nations à une deuxième place inespérée après une campagne décevante dans le jeu. Les Wallabies devancent l’Afrique du Sud au bénéfice du nombre de victoires (3 victoires, 3 défaites contre 2 victoires, 1 nul, 3 défaites). Pour leur première participation au prestigieux tournoi de l’hémisphère Sud, les Pumas terminent sans aucune victoire, mais avec un match nul contre l’Afrique du Sud (16-16, 2e journée).

Sous le feu des critiques après de très ternes prestations, les Australiens ont décroché ce précieux succès sans briller, si ce n’est sur une combinaison limpide qui a envoyé Digby Ioane à l’essai à un quart d’heure de la fin. Ils ont capitalisé sur l’indiscipline argentine par la botte de Mike Harris (18 points). Les Pumas, qui rêvaient de décrocher un premier succès après avoir malmené plusieurs de leurs adversaires dans les matches précédents, ont été cette fois en panne d’inspiration devant leur public de Rosario. Ils ont finalement réussi à marquer en force par Juan Imhoff un essai pour l’honneur (76e).

La rencontre a marqué les adieux du pilier historique des Pumas, Rodrigo Roncero (35 ans), après 55 sélections en 14 ans de carrière internationale.

Argentine vs. Australie

Source : Sport.francetv.fr, 20minutes.fr photos :espnscrum.com

Championnat du sud : les Blacks sacrés, les Pumas adoptés, les Wallabies déprimés

La Nouvelle-Zélande, en démonstration samedi en Argentine (54-15), a survolé la 1re édition du Four Nations de rugby, compétition des grandes nations de l’hémisphère Sud marquée par l’intégration réussie des Argentins et la crise menaçante en Australie.

Les All Blacks, champions du monde à domicile en octobre 2011, ajoutent une nouvelle ligne à leur palmarès après avoir remporté le Tri-Nations à dix reprises depuis 1996, avant l’intégration des Argentins cette année.

Après la dernière journée samedi prochain, qui établira le classement définitif derrière les All Blacks pour l’Afrique du Sud (2e), l’Australie (3e) et l’Argentine (4e), ces quatre nations auront un mois pour préparer la tournée de novembre dans l’hémisphère Nord.

Elles affronteront des nations européennes en lutte pour une place de tête de série lors du tirage au sort du Mondial-2015, le 3 décembre à Londres.

Auparavant, All Blacks et Wallabies s’affronteront une dernière fois le 20 octobre à Brisbane, en Australie. En Europe, les All Blacks éviteront la France, leur victime de la finale du Mondial-2011 (8-7). L’Australie, puis l’Argentine sont en revanche attendues en France les 10 et 17 novembre.

En attendant, la transition chez les All Blacks est une réussite. Leur nouvel entraîneur Steve Hansen, ex-adjoint de Graham Henry parti après le sacre mondial, débute son mandat par un trophée.

Les Néo-Zélandais n’ont plus perdu depuis août 2011 (15 victoires consécutives). Et s’ils ont été quelque peu bousculés à domicile par les Sud-Africains (21-11) et même par les Argentins (21-5), leur performance samedi à La Plata, avec sept essais inscrits aux Pumas, a clairement rappelé la hiérarchie.

L’année 2013 sera aussi riche en défis côté néo-zélandais avec la triple réception du XV de France en juin, probablement sans le capitaine Richie McCaw, qui devrait prendre un « congé sabbatique » d’au moins six mois après la tournée de novembre.

Les Springboks en chantier

Malgré la correction reçue à La Plata, l’Argentine a globalement réussi son intégration à la compétition, véritable révolution pensée par les dirigeants du rugby mondial après sa 3e place au Mondial-2007 et mise en pratique cette année.

Un manque d’expérience et de ressources physiques, inévitables pour une première, expliquent les résultats des Pumas qui doivent pour l’heure se contenter d’un match nul face aux Springboks. Avant une dernière tentative samedi face à l’Australie pour marcher dans les traces de l’Italie, qui avait gagné un match dès l’année de son admission dans le Tournoi des six nations en 2000.

Ce premier Four Nations fut aussi l’occasion d’un délicat baptême du feu pour l’entraîneur des Springboks Heyneke Meyer. Le successeur de Peter de Villiers a encore un match face aux All Blacks samedi à Soweto pour rehausser son bilan.

Après la retraite de plusieurs cadres (Smit, Matfield, Botha) et les blessures de nombreux joueurs (Burger, Fourie, Brussow), Meyer a lancé plusieurs jeunes pousses y compris au poste d’ouvreur, le jeune Greg Goosen ayant suppléé le critiqué Morné Steyn samedi face aux Wallabies. Le chantier est en cours.

L’Australie, balayée samedi à Pretoria (31-8), sort de nouveau affaiblie de la compétition. Deux nouvelles désillusions face aux All Blacks, une catastrophe évitée de peu à domicile face à l’Argentine et une seule victoire face aux Springboks forment le bilan de Robbie Deans.

En poste depuis 2008, l’entraîneur néo-zélandais est fortement critiqué et les déclarations au vitriol tenues cette semaine par l’ouvreur Quade Cooper contre sa Fédération et chargeant implicitement son entraîneur, auquel il préfère son mentor des Queensland Reds Ewen McKenzie, ont singulièrement plombé l’ambiance australe.