Le Carrefour du rugby sur le Blogue de Mister Rugby

Vous venez régulièrement sur ce blogue, mais le connaissez-vous bien ? Êtes-vous déjà allé sur le Carrefour du Rugby ? Le plus grand répertoire du monde du rugby professionnel et amateur ! Vous y trouverez des liens vers tous les sites des clubs professionnels (le Top 14 bien sûr, mais aussi la Pro D2, l’Aviva Premiership anglaise, le RaboDirect Pro 12, le Super 15, La Lega di Eccelenza italienne, la Liga RENFE espagnole, la Top League japonnaise) vous y trouverez également les adresses internet de toutes les fédérations. Mais ce n’est pas tout : il y a aussi les liens vers les pages officielles Facebook, twitter, dailymotion ou Youtube de tous les clubs pro et des fédération ! Bon surf !

Mister Rugby

PS : Le répertoire n’est pas terminé, tout simplement car un tel répertoire n’est jamais terminé, il sera en évolution constante.

Publicités

Une publicité néo-zélandaise chambre les joueurs du XV de France

Je vous ai déjà présenté une série de publicités sur le rugby venant d’Argentine ou du Brésil. Cette fois-ci je vous présente une pub néo-zélandaise pour une marque de déodorant qui a été diffusée après le sacre des All Blacks en finale de la Coupe du Monde face aux joueurs du XV de France, sur un petit air d’accordéon et avec un entraîneur qui ressemble étrangement à Marc Lièvremont.

Toute ressemblance avec des joueurs de rugby existant ou ayant existé ne serait purement pas fortuite du tout !

 

Le rugby au Venezuela

J’avais publié il y a quelques années un article sur mon expérience du rugby vénézuélien que vous pouvez lire ou relire en cliquant ici. C’est donc avec une certaine émotion que je vous présente aujourd’hui le dernier Total Rugby (programme télévisé de l’IRB diffusé sur des chaînes sportives, un peu partout dans le monde) sur le rugby vénézuélien. C’est avec joie que je retrouve certaines têtes connues dans ce reportage. Notamment celle du capitaine de la sélection ou l’actuel président de la fédération qui ont joué avec moi dans le club de l’Université Centrale du Venezuela. Pour plus d’informations sur le rugby au Venezuela je vous recommande également la page Wikipedia  (dont je ne suis pas le rédacteur) que je trouve très intéressante.

Le rugby deviendra grand au Brésil !

L’équipe brésilienne de rugby à XV

Quelques jours après la fête nationale brésilienne (le 7 septembre), je me suis intéressé au rugby aux pays des Tupis.

En me baladant sur les différents réseaux sociaux à travers les comptes Facebook et Twitter du Blogue de Mister Rugby, j’ai été surpris de voir le grand nombre de clubs de rugby brésiliens existants ou en train de se créer. Après les bons résultats obtenus depuis une dizaine d’années par les voisins argentins, le géant sud-américain, 6ème puissance économique mondiale, juste derrière la France mais devant la Grande Bretagne pourrait bien devenir à son tour une puissance de l’ovale.

Maillot de la sélection nationale brésilienne

Le premier constat que l’on fait que l’on se penche sur le cas du rugby brésilien, c’est que ce dernier est bien vivant et qu’il compte de nombreux clubs répartis un peu partout dans le pays. Il y aurait, selon le site Internet de l’IRB environ 160 clubs regroupant 16 000 licenciés. Compte tenu de la forte croissance du ballon ovale sur le territoire brésilien on peut imaginer qu’il faut largement revoir ce chiffre à la hausse. La CBR (Confédération Brésilienne de Rugby) peut désormais s’appuyer sur le soutien du Ministère des Sports et du Comité Olympique Brésilien. En effet avec à l’horizon les Jeux Olympiques de Rio 2016, la fédé de rugby fait maintenant partie des privilégiées, même si beaucoup reste à faire.

Il existe plusieurs niveaux de compétitions entre clubs, une à deux divisions dans chaque état au dessus desquelles ont retrouve les grandes ligues régionales et enfin le Super 10. Le championnat d’élite local regroupant les 10 meilleurs clubs du pays dont 4 sont basés dans la gigantesque ville de São Paulo (dont celle du Lycée Pasteur). Les clubs sont divisés en deux groupes (aux couleurs nationales) « jaune » et « vert ». Puis vient ensuite une phase finale. Les matchs sont retransmis sur la chaîne Sport TV appartenant au groupe Globo (sorte de TF1 brésilien). La télévision brésilienne s’intéresse d’ailleurs de plus en plus au phénomène rugby, ainsi ESPN Brasil retransmet les matchs du tournoi des 4 Nations quant à Band Sport, elle, a choisi comme produit d’appel notre Top 14 présenté comme le meilleur tournoi d’Europe avec les meilleures équipes et les plus grandes stars (!).

Le nouveau logo des Tupis

En haut de la pyramide on retrouve la sélection nationale qui se fait désormais appeler Os Tupis, du nom d’une tribu qui se vivaient le long des côtes brésiliennes. Os Tupis ont encore beaucoup de retard sur les nations du Conosur (le Chili, l’Uruguay et bien sûr l’Argentine) qui sont historiquement les nations possédant une forte culture rugby. La sélection devrait intégrer dès 2013 le championnat inter-provincial argentin aux côtés des nations précédemment citées et du Paraguay. La célèbre marque Topper, mécontente de voir que toutes les autres grandes fédérations de sports collectifs ont choisi des équipementiers étrangers, a décidé d’axer toute sa communication sur Les Tupis en publiant par exemple de courtes publicités humoristiques, comme celle d’une femme qui fait signer un autographe à son mari joueur de rugby, ou celle où un commentateur prétend que les superchampions français et néo-zélandais n’ont jamais battu le Brésil dans un tournoi sud-américain (!), les pubs terminent toujours avec un même slogan Rugby. Isso ainda vai ser grande no Brasil (le rugby deviendra grand au Brésil). Dernièrement Os Tupis ont perdu très lourdement contre les Pumas, mais maintenant que le rugby à le vent en poupe et avec son potentiel humain et économique ont se dit que cette équipe pourrait prendre petit à petit le chemin de leurs voisins et rivaux argentins.

La Dépêche du Midi sort les vrais chiffres du Top 14

L’événement

Le Top 14 qui a repris hier soir avec le choc Stade Toulousain-Castres est une entreprise qui ne connaît pas la crise. Une croissance continue. De sorte qu’il est de nature à rendre envieux le premier chef d’entreprise venu. Les raisons d’un succès.

Tous les clignotants sont donc au vert comme l’indiquent nos infographies : les budgets des clubs qui ont triplé en dix ans et le nombre des spectateurs qui a augmenté de 50 % en cinq ans. Nous y ajouterons les audiences télévision sur Canal + : la dernière demi-finale Stade Toulousain – Castres au mois de mai dernier a ainsi réuni 1,2 million de spectateurs en moyenne. Un record d’audience pour le ballon ovale sur la chaîne cryptée.

De fait, le produit Top 14 est en pleine croissance depuis l’avènement de la ligue nationale en 1998.

Les raisons du succès sont multiples. Il tient d’abord dans la bonne image de ce sport qui a su attirer beaucoup d’entreprises qui se reconnaissaient dans les fameuses valeurs du rugby.

Aujourd’hui encore, le rugby joue beaucoup sur cette corde mais il devra faire attention à ne pas tarir la source ; certains comportements ces dernières saisons laissant craindre une certaine dérive selon le principe suivant : «Plus on attire du monde, plus on a de chance d’avoir des c…».

Ensuite, sportivement, le rugby a su mettre une place une compétition lisible (16 puis 14 clubs en poule unique) de tous et pas uniquement des initiés, à des années lumière des longues phases de poules du rugby de papa.

Et économiquement, la Ligue a veillé à ne pas creuser les disparités grâce à un système équitable de répartition de ses revenus et principalement des droits TV. Même s’il existe des écarts de budgets, la compétition est somme toute homogène ces dernières années avec notamment cinq champions de France différents en cinq saisons de 2006 à 2010.

Il faut bien reconnaître également que la compétition a été boostée par l’arrivée dans ce sport de chefs d’entreprise comme le président toulonnais Mourad Boudjelal qui ont permis l’arrivée de stars de la planète rugby dans notre championnat.

Les bastions du rugby, qui ne pouvaient suivre financièrement, ont trouvé une nouvelle raison de vivre dans le championnat de Pro D 2 qui regroupe seize équipes, une véritable antichambre qui permet de se préparer au grand saut dans l’élite.

Dans le même ordre d’idées, la croissance du Top 14 a permis de tirer vers le haut le rugby amateur. Son premier échelon, la Fédérale 1, intègre désormais des budgets qui eux aussi ont été multipliés par deux ou trois ces dernières années. Cette division accueille également quelques vieux soldats du Top 14 qui monnaient ainsi leurs dernières courses ou poussées en mêlées, profitant de la période dorée de ce sport. Jusqu’à quand ?

Fred Michalak l’une des stars du Top 14 gagnera bien plus des 10 000 euros, salaire moyen d’un joueur du Top 14 (photo : lemonde.fr)

10 000 € : le salaire moyen d’un joueur de Top 14

Le Top 14 est le championnat le plus attractif au monde. Ce constat s’explique d’un point de vue sportif mais surtout d’un point de vue financier ! Les budgets en France sont bien plus élevés que partout ailleurs. Du coup, le championnat français attire les «stars» étrangères.

Le club de Toulon en est l’exemple. Finaliste la saison passée, il possède dans ses rangs trois des plus gros salaires de l’Hexagone : l’Anglais Jonny Wilkinson est sans doute le joueur le mieux payé du Top 14 (il toucherait environ 1 million d’euros par an), l’Australien Matt Giteau fait aussi belle figure (environ 600 000€), sans oublier l’ancien Toulousain Frédéric Michalak (on parle de 700 000 €). Au Racing-Métro, c’est l’Argentin Juan-Martin Hernandez qui aurait le plus beau contrat, avec un revenu de 800000€ annuels – comparable à celui que touchait Sébastien Chabal qui, désormais, ne fait plus partie des bataillons du Trop 14.

Mais la moyenne des trente plus gros salaires du rugby de l’élite française paraît dérisoire si on la compare au football : elle est de 240 000 € annuels net.

Quant au salaire mensuel moyen tous joueurs compris, il a triplé en 10 ans, et tourne aujourd’hui autour de 10 000 € même s’il est en léger recul. Une baisse qui est une conséquence logique de la politique de Salary Cap instaurée en 2010, qui fixe à 9 millions l’enveloppe par club en Top14.

C’est ainsi que Clermont a abaissé son effectif de 38 à 34 joueurs en privilégiant son centre de formation. D’autres, à l’image de Paris ou Montpellier préfèrent faire appel aux étrangers, dans l’ensemble moins chers (un Argentin coûte en moyenne 6 000 € contre 30 000 pour un Français, et les Georgiens commencent à apparaître depuis quelque temps sur nos terrains).

Ces disparités s’expliquent par une contrainte d’avoir 50 % des joueurs de chaque effectif formés en France (40 % en 2011-12, 60 % en 2 013-14). Une mesure lourde de conséquences pour un club comme Toulon, qui mise beaucoup sur des stars étrangères et qui, un jour ou l’autre, devra sûrement changer son chéquier d’épaule.

Bien sûr, au-delà des recettes télés et des entrées au stade, chaque club compte sur des sponsors. C’était le cas sans doute dans le rugby d’autrefois, celui des champs, où les petites villes alignaient une équipe que finançait le plus gros employeur local.

Désormais, les gros budgets sont soutenus par des groupes industriels puissants. Pour prendre l’exemple du premier match de la saison entre le Stade toulousain et Castres Olympique, il est évident que ces clubs performants représentent une bonne image pour ceux qui les sponsorisent : Peugeot et EADS font confiance au Stade, et il n’est un secret pour personne que Pierre Fabre et son groupe pharmaceutique constituent le socle de l’équipe tarnaise.

H.L.

Expert : « Un modèle fait de diversité »

Quelle est la recette pour que le modèle économique du Top 14 fonctionne ?

Je ne pense pas qu’il y ait une recette. C’est un modèle fait de diversités. Aucun club ne ressemble à un autre. Il y a des clubs qui ont des structures budgétaires diversifiées, d’autres plus dépendantes de mécènes ou actionnaires puissants comme Biarritz ou Castres ; d’autres plus aidés par les collectivités. Au final, c’est un ensemble de clubs où la concurrence est importante.

Le développement futur du Top 14 passe-t-il par l’agrandissement ou la construction de stades ?

Le budget moyen des clubs est passé de 17,9 à 18,2. Une progression qui s’est ralentie par rapport aux années précédentes. La croissance du Top 14 est liée à deux facteurs principaux. Tout d’abord, l’agrandissement des stades. La Ligue a instauré un label Stade pour inciter les clubs à construire des infrastructures. N’oublions pas qu’au rugby, les recettes représentent 20 % des budgets. C’est beaucoup plus que dans d’autres sports professionnels. La progression de la fréquentation dans les stades est de l’ordre de 50 % en cinq ans. C’est la progression la plus importante dans un sport collectif. L’autre facteur de croissance concerne les droits télévision. Mais le dernier contrat avec des droits passant de 27,8 à 31,8 a été obtenu dans un contexte de non-concurrence.

Justement, on imagine volontiers que vous regrettez que la chaîne Al Jazira n’ait pas été présente au moment de la renégociation des droits télévision ?

Dans un environnement plus concurrentiel, il est probable que le rugby ait obtenu des droits télévision plus élevés conformes à ses performances récentes et à son attractivité.

Propos recueillis par Philippe Lauga

Les stades, vecteur de développement

Le Stade Aimé Giral de Perpignan, un stade qui a subi de nombreuses rénovations. Photo : Le10sport.com

Hier soir, le club de football de Lille a disputé face à Nancy son premier match dans son nouvel écrin. Une enceinte ultramoderne de 50 000 places avec un toit amovible et une pelouse rétractable. Et on vous laisse imaginer le confort réservé aux spectateurs loin des sièges poussiéreux ou sinistrés par les fientes de pigeons que réservent encore quelques stades de rugby aux supporters de leurs équipes.

À Bordeaux et à Lyon, les permis de construire ont été délivrés pour une livraison prévue en 2015. Ailleurs, sur la planète football de France, d’autres chantiers avancent dans la perspective de l’organisation de l’Euro 2016.

Le rugby profitera certainement de ces grands stades (Marseille, Lyon, Bordeaux) à l’occasion des demi-finales du Top 14 ou d’éventuelles délocalisations. Mais il doit aussi bâtir son avenir. Sans compter sur son voisin du football.

L’évolution du nombre de spectateurs depuis quelques années (voir infographie) l’impose. Mais pas seulement. Un stade moderne, c’est aujourd’hui, un stade qui permet de générer des ressources autres que la billetterie. Un club doit maintenant vendre des prestations et doit donc disposer de loges susceptibles de recevoir un grand nombre d’entreprises de plus en plus intéressées par le produit rugby, et les valeurs qu’il véhicule dans l’imaginaire collectif. L’an dernier, dans le cadre des barrages du Top 14, le club de Castres a choqué nombre de ses fidèles supporters puisqu’il a délocalisé cette rencontre face à Montpellier au stade Ernest-Wallon à Toulouse. La raison principale tient dans le fait que les dirigeants tarnais, bénéficiant à Toulouse d’un des meilleurs réceptifs de France ont pu vendre des prestations et engranger d’autres revenus, différents de ceux de la billetterie classique du stade Pierre-Antoine à Castres. Dans cet ordre d’idées, le secteur économie prend le pas sur le sportif (les deux entraîneurs Laurent Travers et Laurent Labit préférant évoluer dans leur jardin naturel plutôt qu’à Toulouse, alors considéré comme un terrain neutre). Au final, Castres ayant battu Montpellier : le «sportif» et «l’économie» se sont révélés gagnants. On appelle cela une délocalisation.

C’est la tendance à la mode dans le Top 14 depuis quelques années : le Stade Toulousain (au Stadium), Toulon (au stade Vélodrome de Marseille), le Stade Français et le Racing-Métro (au Stade de France), Bordeaux-Bègles (au stade Jacques-Chaban-Delmas). La saison dernière, pas moins de 21 rencontres du Top 14 ont été délocalisées, établissant un nouveau record (16 en 2010/2011 et 2009/2010). Certaines équipes n’hésitent pas à délocaliser dans un pays étranger : c’est le cas de Bayonne et Biarritz à Saint-Sebastien (Espagne) et de Perpignan qui recevra Toulouse à Barcelone.

Mais la solution à long terme réside dans la construction de stades. Montpellier a inauguré le sien en 2007. Le Racing-Métro aura le sien en 2014, l’Arena 92 où la vie du stade sera également assurée en dehors des jours de match avec des spectacles. La diversification au service du rugby.

Ph.L.

Ovalie Communication avec Biarritz

Pour cette rentrée du Top 14, le Biarritz Olympique (BO) a décidé de se faire accompagner par Ovalie Communication. La filiale du groupe Dépêche dédiée au marketing et à la communication spécialisée dans le rugby a remporté un contrat de dix ans auprès du club biarrot. Elle assurera la gestion de tous les contrats de sponsoring, la commercialisation des hospitalités, de la panneautique et de l’affichage maillot (régie). «Nous aurons à cœur à Biarritz de démontrer notre savoir-faire unique et notre plus-value en matière de marketing et de sponsoring afin d’accompagner le club dans ses projets de développement» a commenté Jean-Luc Gripond, vice-président exécutif d’Ovalie Communication.

Eclairage, droits TV : peut mieux faire

Avec des si… La croissance du Top 14 aurait pu être beaucoup plus importante.

Le rugby a, en effet, renégocié les droits TV avec le principal diffuseur Canal + dans un contexte de non-concurrence puisque la chaîne sportive Be In sport d’Al Jazira n’est apparue que quelques mois plus tard dans le paysage audiovisuel français. C’est alors le football qui a pu bénéficier de cette concurrence entre chaînes pour sauvegarder son pactole qu’on disait menacé.

L’arrivée de BeIn Sport dans le PAF risque de changer la donne dans les années qui viennent. Le Top 14 espère pouvoir en tirer des bénéfices.

Le mirage des 100 millions d’euros

S’il avait connu le même contexte, le rugby aurait pu lui tirer profit de cette «guéguerre» entre diffuseurs pour connaître une augmentation importante eu egard à sa montée en puissance ces dernières années. Le président Pierre-Yves Revol en avait d’ailleurs fait l’un de ses dossiers prioritaires au début de son mandat.

Avant le début des renégociations, les présidents les plus optimistes avaient alors tablé sur une offre financière de 100 millions d’euros. D’autres plus réalistes se seraient «contentés» de 50 millions d’euros. Au lieu de cela, la transaction s’est arrêtée à 31,7 millions d’euros sur une période de cinq ans, soit une petite augmentation de plus d’un million d’euros et une manne financière de 160 millions d’euros durant les cinq années du contrat.

Le juste prix ?

Au regard de l’exposition médiatique moins importante d’autres sports collectifs, le rugby pourrait tout de même s’estimer satisfait. Mais la Ligue pense que le développement du rugby français n’est pas reconnu à sa juste valeur par le diffuseur. Notamment si l’on compare par rapport au football (510 millions d’euros jusqu’en 2016). Mais le rugby peut toutefois s’enorgueillir de ne pas être dépendant des droits TV contrairement au football. En effet, pour exemple, Marseille qui avance un budget de 110 millions d’euros perçoit 50 millions de droits TV, soit près de l’équivalent de la moitié du budget…

Ph.L.

Source : ladépeche.fr

Dépôt de bilan pour le Rugby Nice Côte d’Azur

Jeff Tordo et Christophe Moni, deux flankers de l’école niçoise !

Le tribunal de grande instance de Nice a prononcé lundi la liquidation judiciaire du Rugby Nice Côte d’Azur. Un trou de plus d’un million d’euros dans la comptabilité avait déjà rétrogradé le club azuréen de la Fédérale I à la Fédérale III. Le RNCA né de la fusion du mythique RRCNCA (Racing Rugby Club de Nice Côte d’Azur) et du NUC (Nice Université Club) avait été créé justement à la suite d’une première liquidation judiciaire qui envoya le glorieux club azur-et-or (vice champion de France en 83 et vainqueur d’un Challenge Du Manoir en 85) aux oubliettes. Dommage car le club et la région dispose d’un potentiel hors-normes. L’équipe a compté dans ses rangs de célèbres rugbymen dont l’ancien capitaine du XV de France Jeff Tordo. Il retrouvera peut-être la route du voisin Cannois : Le Rugby-Club de Cannes Mandelieu qui lui aussi avait connu les honneurs de la première division dans les années 90 et qui a également été renvoyé en division honneur après avoir remboursé son passif avec les subventions municipales accordées par la mairie de Mandelieu). Il faudrait peut-être offrir La bonne gestion d’un club de rugby pour les nuls aux présidents de clubs de la région.

Des projets de relance se sont faits connaître, selon C. Estrosi

Le Député Maire de Nice, par ailleurs Président de la Métropole Nice Côte d’Azur a publié dans un communiqué : « C’est évidemment un moment difficile pour le rugby niçois et pour le sport azuréen, mais il nous faut désormais envisager l’avenir« . Selon l’élu, « des projets de relance se sont déjà fait connaitre » et « la Ville de Nice est prête à accompagner, en relation avec les instances fédérales, le projet qui offrira les meilleures garanties: sur la formation de nos jeunes, en matière de gestion, mais aussi des sur la capacité des nouveaux dirigeants à mobiliser des partenaires privés sur la durée ». Le maire n’a pas pour autant de rendre hommage à la qualité de l’école de rugby du club qui est, dit-il « pleinement reconnue au plan national et mérite qu’une nouvelle association permette à ce potentiel de s’épanouir. ». Voilà enfin une nouvelle un peu rassurante et j’espère voir le retour d’un grand club niçois au plus haut niveau amateur avant, pourquoi pas, de s’inspirer de ce qu’a fait le voisin toulonnais.

Le modèle allemand est-il transposable au rugby français ?

Les élections présidentielles sont derrières nous et pourtant j’ai fortement envie de vous parler du modèle allemand. Oui, même dans le rugby nous avons des leçons à tirer de nos voisins d’Outre-Rhin ! Je ne m’intéresse pas trop au football mais j’ai tout de même observé que depuis quelques années le championnat allemand a le vent en poupe. Je me suis donc penché sur ce système qui a suivi une mutation il y a une dizaine d’années sous l’impulsion des dirigeants de la ligue professionnelle (DFL).

Le modèle allemand repose sur quelques grands principes plein de bon sens :

1/ Une comptabilité saine 

La fameuse règle d’or chère à Angela Merkel se retrouve même dans le sport. Là-bas, pas de clubs multimillionnaires croulés de dettes comme peuvent l’être le Barça ou le Real Madrid. «La Ligue allemande a mis en place un système de licence très stricte pour surveiller les comptes des clubs. Il faut prouver à chaque début de saison que vous pourrez arriver à son terme sans faire faillite, sous peine de voir votre licence retirée. » expliquait, il y a deux ans au Figaro,Karl-Heinz Rummenigge, président du Bayern Munich.

2/ La formation, pierre angulaire du modèle germanique

Le rugby allemand possède de nombreux talents et certains ne manque pas de charme !

Début des années 2000, alors que le monde du ballon rond n’a d’yeux que pour la formation à la française, nos voisins réinventent complètement leur modèle avec pour point d’orgue la création d’une toute nouvelle ligue professionnelle (DFL) chargée de chapoter les deux premières divisions. La Ligue contraint les 32 clubs pro à investir massivement dans la formation : A partir des moins de 16 ans chaque équipe « jeune » doit disposer au moins de 12 joueurs éligibles pour la sélection allemande. Rien qu’en 2011, 90 millions d’euros ont été investis dans la formation. Résultat des courses : 60 % des joueurs de la Bundesliga (championnat allemand de football) sont de nationalité allemande. Ce qui évite aux clubs locaux de se lancer dans une course folle à l’armement menée tambours battants par espagnols, italiens et anglais.

3/ Un modèle qui favorise la concurrence entre les clubs

Sur ce troisième point, le rugby français et le foot allemand sont tout à fait comparables. L’argent généré par le championnat est équitablement réparti entre les clubs. Là encore le système choisi diffère complètement du système espagnol où les droits télé ne sont pas centralisées. Quand la Liga se résume à une domination sans partage des clubs catalan et madrilène, la Bundesliga est beaucoup plus disputée ce qui a pour effet de maintenir le suspens et de se retrouver à chaque saison avec 5 ou 6 clubs qui se disputent le titre : le public répond donc présent pour soutenir leur club.

Le géant allemand du courrier express s’intéresse de près au rugby, si bien qu’il était annoncé il y a peu comme partenaire maillot d’un grand club professionnel du Top 14

4/ Des équipements hors-normes

L’Allemagne a complètement profité du mondial de football 2006 pour investir massivement dans des stades hauts de gamme. Là où la France ne compte qu’un seul stade 5 étoiles selon les normes de l’UEFA, l’Allemagne en dispose de 6. Le championnat dispose d’une dizaine de stades  d’au moins 50 000 places. Des stades plus grands et surtout plus modernes, avec tout le confort imaginable. Et aujourd’hui les matchs se jouent à guichet fermé et la Bundesliga est devenu en l’espace de quelques années le championnat de football le plus populaire du monde ! En effet, l’augmentation du nombre de places à permis de baisser considérablement le prix de celles-ci et donc d’attirer un public nouveau. En revanche, si le prix du billet et moins cher, les stades sont savamment pensés pour que les supporteurs dépensent à l’intérieur du stade : En moyenne, le supporteur de foot allemand dépense cinq fois plus que son homologue français. Autant d’argent qui rentre dans les caisses du club !

5/ Un jeu positif

Les clubs d’Outre-Rhin sont devenus des adeptes du 4-2-3-1. Ceux qui connaissent quelque peu la balle ronde savent qu’il s’agit d’un modèle résolument offensif qui visiblement plait au spectateur.

Le modèle allemand, c’est le choix d’investir dans des équipements plutôt que dans des salaires mirobolants. J’entends déjà crier certains : « La France n’est pas l’Allemagne (fort heureusement) et le rugby n’est pas le foot ! ». Force est de constater que ce modèle s’appuie sur quelques principes de bon-sens. Nous pouvons aussi noter qu’avec la mise en place d’un plafond salariale, du règlement des JIFF, de l’équitable répartition des bénéfices, et de la présence permanente du gendarme financier qu’est la DNACG, la LNR a repris quelques bons principes qui ont fait la réussite du système germanique. Il ne reste plus qu’aux clubs à investir dans des stades dernières générations (certains clubs comme le Stade français ou le Racing pourront compter sur de tels écrins d’ici quelques temps) et à se lancer dans un jeu un petit peu plus positif et on citera peut-être dans quelques années le modèle du rugby à la française !