Cette formidable équipe des Manu Samoa

 

C’est dans une coquille vide que le XV de France vient de remporter son quatrième match consécutif, face à des nations de l’hémisphère sud (pas un mince exploit). Le Stade de France a en effet enregistré hier la plus petite 36 000 spectateurs, le précédent « record » était un France-Canada en 2002 qui avait tout de même attiré 48 000 spectateurs. Les organisateurs pointent du doigt la crise ? Peut-être aussi que le rugby qui a surfé pendant 10 ans sur une vague de popularité n’a plus la côte. Peut-être qu’il s’agissait d’un effet de mode et qu’il est passé. A moins que l’offre rugby sur la région parisienne soit trop importante entre les matchs du Racing, ceux du Stade français et ceux du XV de France. Il sera intéressant de regarder les audiences télévisées des trois matchs pour se faire une idée précise…

Quoiqu’il en soit ce sont deux belles équipes de rugby qui s’affrontaient hier, même si le match ne nous offrit guère de belles envolées (sauf sur le magnifique premier essai des Samoans) auxquelles on aurait pu s’attendre à voir la composition des deux équipes. Le match fut âpre, rugueux, difficile et les Français ont eu le mérite de relever le défi physique face à des adversaires plus gaillards qu’eux. Les Bleus rendirent une copie sérieuse à défaut d’être géniale.

 

Une fois n’est pas coutume, j’ai envie de rendre hommage à cette équipe des Manu Samoa. Les joueurs du Pacifique n’ont pas battu par hasard les Wallabies à Sydney l’année dernière puis le Pays-de-Galles à Cardiff cette saison. Sans oublier, bien sûr, la spectaculaire prestation en match de poule lors de la dernière Coupe du Monde face aux Springboks bien qu’elle ce soit soldée par une défaite.

Ces Samoans sont des chevaliers des temps modernes, avec leurs prières en début et fin de match, un sens de la fraternité hors du commun, leur Siva tau -chant de guerre- en début de match. Je pense que la prestation des Samoa face au XV de France n’aura surpris personne, premièrement car le XV de France éprouve historiquement des difficultés face aux nations du Pacifique, deuxièmement car il suffisait de regarder les noms qui était alignés sur leur feuille de match pour comprendre que les Français allaient passer un sale quart d’heure. Johnston, Paulo, Tekori, Ole Avei, tous ces joueurs du Top 14 qui font chaque semaine le bonheur de leur club.

Finalement, la France n’aura fait la différence que dans les 15-20 dernières minutes, au moment de faire rentrer les remplaçants. Le talent ne fait pas tout, et même si sur un terrain on est 15 contre 15, n’oublions pas que les Samoa est un pays de moins de 200 000 habitants et que la profondeur de banc ne peut être la même que celle d’un pays qui est 325 fois plus grand ! Les Bleus qui auront subi les impacts et en mêlée 65 minutes durant commencèrent à dominer dans le rapport physique et surtout à être plus lucides que les Samoa qui cumulèrent les fautes dans les dernières minutes. Quoiqu’il en soit cette formidable équipe -magique sur leur premier essai- des Manu Samoa est tombée les armes à la main.

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L’Afrique du Sud s’en sort bien

Les Samoa savourent leur performance malgré la défaite

L’Afrique du Sud a eu toutes les peines du monde à se sortir du piège tendu par les Samoans. Ces derniers abattaient en effet leur dernière carte pour une qualification en quarts et devaient l’emporter ou dans le pire des cas, bonifier leur revers. Très vite, l’on pensait que la rencontre n’allait être qu’une formalité tant les champions du monde en titre faisait preuve de maîtrise. Appliqués sur leurs touches mais aussi très efficaces en contres, dominateurs en mêlée et sur les mauls, et surtout avec une possession de balle outrageuse, ils ne tardaient pas à envoyer Habana en terre promise (7-0, 9e).

Loin d’être sonnés, les Iliens réagissaient mais de façon fort maladroite. Ils se voyaient en effet pénalisés alors qu’ils campaient devant la ligne adverse (13e). Les débats s’équilibraient de plus en plus, la défense agressive des Samoa ne reculant que très rarement. La tension montait d’un cran mais les coéquipiers de Schwalger se montraient toujours aussi indisciplinés. Un « suicide » quand se trouvent en face des buteurs de la trempe de François et Morné Steyn. Le premier nommé s’essayait, certes vent dans le dos mais tout de même, à des tentatives de plus de cinquante-cinq mètres. Après un échec (4e), il réglait la mire (10-0, 24e) avant que son homonyme ne gonfle un peu plus le score, de près (13-0, 27e). Epuisés par le lourd combat mené, les Samoans ne baissaient pas pavillon et se montraient même dangereux, juste avant la pause sur une échappé de Fotuali’i. Malheureusement pour eux, M. Owens se trouvait sur la trajectoire de la passe, arrêtait le jeu et signalait la fin du premier acte. Une décision quelque peu injuste de la part du Gallois qui n’a pas vraiment avantagé la petite équipe.

L’incroyable seconde période des Samoans

Bryan Habana score en coin

Après les citrons et dix grosses minutes sud-africaines improductives, les Samoa prenaient la main sur cette rencontre et réduisaient le score sur une superbe attaque en première main, conclue sur un second temps de jeu par Stowers (13-5, 52e). Dès lors, les Boks n’existeront plus que par leur excellente défense dans cette dernière demi-heure.

Les Samoans ne parvenaient toujours pas à concrétiser leurs temps forts, Lemi se faisant sévèrement pénaliser alors qu’il avait réussi une bien belle chevauchée (57e). Après deux occasions d’essai à défendre (60e, 62e), ils repartaient de plus belle, toujours aussi maladroitement comme cet en-avant commis à quelques centimètres de la ligne (67e).

La fin de match était marquée par les décisions douteuses de M. Owens qui sortait dans un premier temps un carton rouge bien sévère à l’encontre de P. Williams, l’arrière samoan, pour un geste d’énervement certes répréhensible mais peu méchant sur Brussow (69e). Pour compenser, c’était Smit qui écopait d’un jaune deux minutes plus tard, là encore bien sévèrement pour un en-avant volontaire (71e).

La fin de match quelque peu décousue ne permettra pas aux Samoans de revenir dans les clous d’un bonus qui aurait pu les laisser espérer jusqu’à dimanche. Eliminés malgré une seconde période époustouflante, ils quittent malgré tout la compétition la tête haute. En face, l’Afrique du Sud assure sa qualification à la première place et celle des Gallois en suivant. Face à une vaillante formation, les Boks ont reçu un avertissement sans frais qui pourrait leur être salutaire alors que se présentent probablement les Australiens en quarts.

source  : coupe-du-monde.tf1.fr

Coupe du Monde : Les matchs du jour

Lucas Amorosino, le sauveur côté argentin

Argentine 13- Ecosse 12 

Grâce à son succès sur le fil face à l’Ecosse (13-12), l’Argentine a fait un pas de géant vers la qualification pour les quarts de finale de la Coupe du monde de rugby. Les Pumas, auteurs d’une fin de match renversante grâce à un essai de Lucas Gonzalez Amorosino, rencontreront la Géorgie le 2 octobre pour assurer leur place. La situation se complique grandement pour l’Écosse, dans le devoir de battre l’Angleterre le 1er octobre pour continuer la compétition.

Ruaridh Jackson tente le drop

Un match fermé, crispant. Puis une fin de rencontre renversante. Le face-à-face entre l’Ecosse et l’Argentine avait des faux airs de huitièmes de finale dans cette avant-dernière journée de poules dans le groupe B. Malheur aux vaincus pouvait-on presque entendre depuis le Wellington stadium. Pendant 70 minutes, sous le poids de la pression, les deux formations ont offert un spectacle sans beaucoup de relief. C’est au pied que la majeure partie de la rencontre entre Paterson côté écossais et Contepomi côté argentin. Mais à la 74e min, Lucas Gonzalez Amorosino, auteur d’un slalom dans la défense du XV du Chardona offert la libération aux Pumas, troisièmes de l’édition 2007 de la compétition.

L’Ecosse qui a joué de manière plus ambitieuse, essayant de prendre  les Pumas par les extérieurs, a été trop maladroit dans les derniers gestes,  manquant plusieurs occasions de prendre le large au cours de la partie. La suite s’annonce difficile pour les hommes entraînés par l’Anglais Andy  Robinson: ils doivent à tout prix s’imposer face au XV de la Rose le 1er  octobre, à Auckland, pour avoir une chance de se qualifier pour la suite de la  compétition. Depuis la première édition en 1987, les Ecossais sont toujours parvenus à  se qualifier pour les quarts de finale de la Coupe du monde. Les Pumas affronteront la Géorgie pour leur dernier match, le 2 octobre à  Palmerson North (île du nord) et devraient se qualifier pour les quarts.

La Russie célèbre un de ces deux essais

Irlande 62 – Russie 12 

L’Irlande s’est imposée facilement dimanche face à une équipe de Russie combative mais limitée 62-12 (36-0 à la mi-temps) dans la poule C de la Coupe du monde de rugby en Nouvelle-Zélande.

Heaslip, O’Brien et les Irlandais en grande forme

Affublée de son nouveau statut de leader de poule après sa belle victoire contre l’Australie 15-6 le week-end dernier, l’Irlande  s’avançait sur le pré avec l’idée de développer du jeu, chose qu’elle n’avait pas encore entreprise dans cette Coupe du Monde. En une mi-temps face à un adversaire limité et en plein apprentissage du haut niveau, le XV du Trèfle a rempli sa mission. Deux premiers essais de Fergus McFadden et Sean O’Brien avec des passes après contact et du soutien dans l’axe laissaient augurer un score fleuve. Les Irlandais ne tombaient pas dans la facilité et prenaient le point de bonus offensif avec trois nouveaux essais avant la mi-temps. A 36-0, l’Irlande  gérait mais les Russes s’enhardissaient. L’arrière Vasily Artemyev échappait à la défense verte sur un côté fermé bien lancé par le demi de mêlée, Alexander Yanyushkin.

L’Irlande  repartait de l’avant et voulait continuer à se rassurer dans son jeu. Keith Earls, positionné au centre,  inscrivait un doublé dans cette rencontre qui ressemblait fort à un galop d’essai pour les joueur du Trèfle avant la rencontre décisive contre l’Italie dimanche prochain à Dunedin. Un succès permettrait à l’Irlande  de préserver sa première place dans cette poule C et d’être dans une moitié de tableau a priori favorable lors des phases finales avec sans doute la présence d’équipes de l’hémisphère nord comme la France ou l’Angleterre.

Lovobalavu plaque vainement Tuilagi

Samoa 27 – Fidji 7

Les Samoa ont pratiquement enterré les espoirs de qualification des Fidji pour les quarts de finale de la Coupe du monde de rugby après leur victoire (27-7), dimanche dans la poule D.

Les Samoa devront s’imposer dans leur dernier match face aux champions du  monde sud-africains, vendredi 30 septembre, pour éventuellement espérer  atteindre les quarts. Les Fidjiens devront, eux, s’imposer avec le bonus et  priver les Gallois d’un point de bonus lors de leur dernier match dimanche 2  octobre à Hamilton. Les Fidjiens pourront regretter une première période qu’ils n’ont pas su  négocier face à des Samoans dominateurs en mêlée et dans le jeu au sol qui leur  ont imposé leur jeu et les ont acculés dans leur camp. Les Samoans ont capitalisé sur leurs nombreuses fautes par l’ouvreur Tusi  Pisi (4, 9, 26, 44), également auteur d’un drop (13). Au bout de 26 minutes, le « Manu Samoa » menait 12 à 0 après avoir également  vu deux essais refusés à la vidéo aux ailiers Sailosi Tagicakibau (8) et  Alesana Tuilagi (17).

Les Fidjiens n’ont pas su renverser la pression et se sont montrés  incapables de développer le jeu de trois-quarts qui fait leur réputation. Approximatifs, jamais lancés et avec un temps pluvieux qui n’a rien  arrangé, ils se sont très rarement créé des occasions de marquer. Seremaia Bai  a manqué une pénalité de40 mètresface aux poteaux (30), puis ils ont ensuite  échoué à concrétiser au retour des vestiaires une séquence devant la ligne qui  les aurait remis dans le match (48). Pleins de réalisme, les Samoa ont pris le large avec un essai de Kahn  Fotuali’i (62) puis de Geroge Stowers (70), rendant vain celui du troisième  ligne fidjien Netani Edward Talei (67).

Sources : Texte France télévision, Photos : Espnscrum.com 

Coupe du Monde 2011 : Les Samoa

Nom : Samoa

Blason : La Croixdu Sud

Surnom de la sélection : les Manu Samoa

Classement IRB : 10ème

Nombre de participations à la Coupedu Monde : 6ème participation

Poule C :Afrique du Sud, Pays-de-Galles, Fidji et Namibie. Bas bleus, culotte blanche et maillot bleu

Les Manu Samoa, tombeurs des Australiens, rééditeront-ils ce genre d'exploit lors de la Coupe du Monde ?

Les Samoa est un archipel de Polynésie composé de 4 îles (Upolu, Savai’i, Manono et Apolima) qui correspondent à un ancien protectorat de l’Empire colonial allemand. Le terme Samoa Occidental n’est plus d’actualité, car il existe une volonté politique de se rapprocher des quatre autres îles qui complètent l’archipel et qui sont sous administration américaines. Tout comme les Fidji ou les Tonga, le rugby samoan arrive à atteindre un très haut niveau si l’on tient compte de sa très faible population. Le rugby à XV y est aussi LE sport national. Cependant, c’est une appréciation purement personnelle, les Manu Samoa semblent plus complets que leurs « voisins » tongiens ou fidjiens. Certes, ils n’ont pas la puissance et le sens du défi physique des premiers, ni le sens de la prise d’intervalle des seconds, mais proposent justement un savant amalgame de ces deux jeux. En plus de cet excellent rapport puissance vitesse, il semblerait que dans le passé elle soit la seule de ces trois équipes à avoir su structurer son jeu, s’approchant ainsi du standard des équipes européennes. Même si elle n’est pas encore connue, le groupe présent au mondial devrait s’appuyer sur quelques stars dont certaines sont bien sûr estampillées Top 14. On pense bien sûr au pilier toulousain Census Johnston, probablement l’un des meilleurs piliers du monde dont la mobilité est la vitesse est tout simplement ahurissante quand on connaît son poids. Le puissant et athlétique castrais  Joe Tekori et l’énorme perpignanais Henry Tuilagi devrait eux se partager la place de numéro huit (à moins que Tekori prenne la place en deuxième ligne). Ainsi les Manu Samoa est forte d’une multitude de joueurs évoluant notamment dans les championnats français et anglais. Lors de la tournée d’hiver 2010, les joueurs des Samoa avaient tenu tête à toutes les nations britanniques, sans toutefois remporter de match. L’exploit viendra plus tard, en juillet dernier. Le jour où les Samoa ont fait tomber les Wallabies chez eux ! L’équipe se retrouve dans une poule accessible, battre les champions du monde sud-africains serait bien sûr un exploit inédit, en revanche, les autres adversaires semble à leur porter même si le match contre le Pays-de-Galles ne devrait pas non plus être une partie de plaisir. Mais ces joueurs des Samoa, comme tous les joueurs du pacifique, joueront un peu en Nouvelle-Zélande leur mondial…

Le Sivi Tau des Manu Samoa

Mon équipe après France-Samoa.

Depuis 2 ans, Marc Lievremont, Emile N’Tamack et Didier Retière ont fait une large revue d’effectif. Il reste encore deux saisons avant le Mondial 2011, et il faut maintenant confirmer et dégager un XV qui doit acquérir des automatismes et un référentiel commun pour arriver en forme optimale lors de la Coupe du Monde. Pas seulement sur un plan physique (les Français ont toujours su arriver en grande forme lors des mondiaux), mais aussi d’un point de vue tactique, technique et stratégique. La France s’est souvent présentée lors du grand rendez-vous mondial avec plus de doutes que de certitudes.

 

Jouons maintenant au petit jeu des 65 millions de sélectionneurs :

 

Première Ligne : Fabien Barcella et Nicolas Mas au poste de pilier semblent s’imposer. La mêlé contre les Springboks m’a semblé énorme. Les deux joueurs sont dans des clubs habitués au haut-niveau européen et dispose donc d’une expérience nécessaire pour devenir des titulaires indiscutables. Pour ce qui est du poste de talonneur je choisi William Servat, qui prouve avec son retour qu’il s’agit d’un grand champion. Dimitri Szarzewski a lui aussi un profil intéressant et différent de celui de Servat. Ça en fait  pour moi un remplaçant de luxe qui entrerait dans les 20 dernières minutes pour apporter tout son punch dans le jeu. J’insiste toutefois pour dire que Servat semble proposer plus de garantie notamment sur les lancers en touche. 

 

Deuxième ligne : C’est peut être l’un des postes, où les titulaires sont le plus discutables. Mais pour l’instant j’opterai pour un duo Lionel Nallet (certes, un peu en retrait en championnat, mais qui au niveau international continue d’offrir une mobilité rare pour un deuxième ligne) qui reste l’un des leaders du groupe et qui est fort d’une expérience certaine. Romain Millo-Chluski qui semble très complet et grand travailleur de l’ombre complèterait cette deuxième-ligne à la fois complémentaire et presque idéale.

 

Troisième ligne : Là, il y a du monde à la porte. Thierry Dusautoir me semble incontournable. Il n’est pas le joueur le plus spectaculaire, mais c’est un grand guerrier. Un leader respecté. Il est devenu, pour les connaisseurs, la figure emblématique du rugby français moderne. Son rôle de capitaine lui va comme un gant. Ensuite c’est un peu plus difficile. Toutefois Imanol Harinordoquy est lui aussi un autre grand guerrier qui offre certaine garantie en touche et dans le combat. Le basque est aussi un joueur qui sait jouer au ballon et négocier parfaitement un deux contre un. Je pense qu’il est incontournable. Il a l’avantage de pouvoir  jouer en 7 ou en 8, mais en troisième-ligne centre je mettrai plutôt un joueur comme Louis Picamoles. C’est un joueur surpuissant et qui a pris une nouvelle dimension avec la répétition des matchs à haut-niveau (notamment ceux de la Heineken Cup) qu’il a pu faire avec Toulouse. Je pense que la France a un peu trop joué ces dernières années avec des troisième-lignes, certes très mobiles, très joueuses mais qui a souvent eu une certaine difficulté dans le jeu au près. Avec ces trois joueurs je pense avoir un rapport parfait mobilité/puissance.

 

Vous remarquerez que ce pack correspond à celui qui a battu les Springboks, je ne l’ai pas forcément fait exprès mais finalement ça me semble assez logique qu’on renouvelle la confiance à ces joueurs.

 

François Trinh-Duc

Charnière : L’un des postes où j’ai le plus de mal à faire un choix est celui du numéro 9. J’imagine que je ne suis pas le seul dans ce cas là. Pourtant à deux ans du mondial il faut faire un choix. Ellissalde est peut être le meilleur, Parra est un peu en difficulté en club en ce moment pourtant sa partition contre les Samoa fut presque parfaite. Mignoni bien qu’excellent est snobé par notre trio d’entraineurs, et je commence à me demander s’il n’y pas un contentieux entre Lièvremont et Mignoni qui remontrait à l’époque où les deux joueurs faisait parti du groupe France ? C’est juste une hypothèse. Julien Dupuy, lui, faisait parti du groupe qui a battu les All Blacks et les Springboks. Il joue dans un grand club, et il est capable de sortir de grande prestation lors des gros matchs. Il me rappelle un peu Dimitri Yachvili. Si je ne devais en choisir qu’un je pense que j’opterais pour le néo Parisien. En 10, là aussi, il y a du beau monde. Mais ici je doute moins. Trinh-Duc a eu la préférence des entraineurs jusqu’à aujourd’hui et n’a jamais vraiment déçu en bleu.

 

Centres : Pour moi Maxime Mermoz semble incontournable, même si finalement il n’a que très peu joué en bleu. Pourtant ce joueur en plus d’offrir des garanties physique est un joueur très technique et avec un sens du jeu certains. C’est un très grand qui est capable de faire briller les joueurs autour de lui. David Marty ne dira pas le contraire. Ensuite plusieurs joueurs peuvent l’accompagner. Pour moi Mathieu Bastareaud est celui qui aujourd’hui offre le plus de garantie. Yann David qui joue dans le même registre s’approche de plus en plus du joueur Parisien, mais doit confirmer les deux bons matchs effectués avec le XV de France.

 

Benjamin Fall

Trio offensif : Vincent Clerc qui revient petit à petit à son plus haut niveau me conviendrait bien. A l’autre aile j’opterais pour le Bayonnais Benjamin Fall, même s’il n’a pas encore beaucoup d’expérience, il lui reste un an et demi pour acquérir cette expérience. A l’arrière, j’hésite vraiment entre Jérôme Porical et Traille. L’expérience de Damien Traille peut s’avérer un plus. On reproche au catalan de ne pas être un relanceur à l’image de Maxime Médard, pourtant il m’a toujours semblé incisif lors des gros matchs (finale, demi-finale). Mais comme il ne fait pas vraiment parti des plans de Lièvremont dans l’immédiat et qu’il lui manque un peu d’expérience je donnerais ma priorité au joueur Basque dans l’immédiat.

 

 

Ces 15 joueurs constituent une base pour le XV de France, une équipe type, essentiel au bon fonctionnement d’une équipe. Cette équipe peut être partiellement modifiée en fonction de l’état de forme et de l’aspect tactique d’un match de rugby (en fonction de l’adversaire) c’est pourquoi plusieurs joeurs bien que ne faisant pas parti de mon XV type sont des valeurs sures sur lesquelles le groupe bleu pourra s’appuyer :

 

A commencer par Fulgence Ouedraogo, qui n’ jamais déçu en Bleu et qui est doté d’une maturité incroyable pour un joueur de son âge. Peut-être tenons-nous là le grand capitaine de l’ère post-Dusautoir. Sébastien Chabal a l’avantage d’être polyvalent, il est doté d’une puissance phénoménale et incontournable en équipe de France. Son match contre les Samoa et celui contre l’Afrique du Sud me laisse penser qu’il est encore en train de progresser. Dimitri Szarzewski  est lui aussi d’une grande utilité sur le banc de touche. Idem pour les Toulousains Yann David et Maxime Médard qui tous deux peuvent apporter un plus à cette équipe de France.

Après le forfait de Picamoles, Thierry Dusautoir initialement prévu au repos reprendra du service face au 15 samoan. Avec tout le respect que l’on doit au joueur cette équipe ressemble fortement à une équipe B. Pourtant les Îles Samoa ont fait une grande impression face aux Gallois. Il y a peut être des places à gagner pour avant d’entamer la dernière ligne droite qui ira jusqu’au mondial, je pense surtout à certains postes, notamment à ceux du triangle offensif (11-14-15), car il me semble bien que c’est à cet endroit que les postes sont le moins définis. Pour le reste une ossature semble clairement s’être dégagée depuis quelques mois déjà et c’est tant mieux. Dommage que le XV de France joue le même week-end que la dernière  journée ‘aller’ de Top 14 Orange. Cela faisait des décennies que l’on attendait un derby entre les deux clubs parisiens, le Racing et le Stade français. C’est vraiment dommage pour le rugby. Mais mon petit doigt me dit qu’il y en aura d’autres les années qui viennent. Voyez-vous je me suis déjà réconcilier avec nos amis racingmen.  Dommage, aussi que le test de ce Week-end (il reste encore des places) ne fasse pas le plein. Le public parisien snobe un peu cette formidable équipe des Samoa au jeu particulièrement spectaculaire !  Les habitués du Stade de France auront encore le droit à du beau jeu… à la main bien sûr ! 😉

 

Le XV des Samoa : Lui – Mulipola, Fa’afili, Mapusua, Lemi, – (o) Fili, (m) Poluleuligaga – Treviranus, H. Tuilagi, Fa’amatuainu – Thompson, Levi – C. Johnson, Schwager, Taulafo.

Remplaçants : A.Williams, J.Fatialofa, Tekori, Timeteo, Mai, Fuimaolo-Sapolu, Esau

 

Le XV de France : Médard – Fall, Jauzion, Marty, Clerc – (o) Trinh-Duc, (m) Parra – Bonnaire, Dusautoir, Lapandry – Papé, Chabal – Marconnet (cap), Szarzewski, Domingo

Remplaçants : Guirado, Mas, Millo-Chluski, Puricelli, Dupuy, David, Traille

Tour d’horizon des forces françaises

Infatigable guerrier, Thierry Dusautoir devient le nouvel homme fort de ce XV de France

Infatigable guerrier, Thierry Dusautoir devient le nouvel homme fort de ce XV de France

 De notre envoyé spécial, « Castaignède, le joueur »

A désormais 10 jours du comité de sélection des 30 joueurs pour la tournée d’automne qui verra affronter le XV de France aux Sud-Africains champions du monde 2007 et du Sud 2009, aux toujours rugueux Samoa et enfin aux inoxydables All-Blacks, je vous propose un tour d’horizon des potentiels candidats au XV de France. Cet article sera scindé en deux parties, l’une traitera les avants, l’autre les arrières.

 

Première partie, les avants (16)

– les piliers : ils seront certainement au nombre de 4. Si Barcella semble indiscutable à gauche (probablement l’un des meilleurs du monde en ce moment), Mas tout en étant moins impressionnant semble être son alter ego parfait à droite. Il reste après 2 places à distribuer. 2 places qui devraient se débattre entre Domingo, Faure, Marconnet, Ducalcon, Lecouls, voire Poux qui fait un bon début de saison au ST. A mon sens, Faure et Lecouls manquent de mobilité et ne sont pas assez efficaces dans les rucks, or au niveau international, les rucks sont peut-être encore plus importants que la mêlée. Mes favoris sont Ducalcon, vraiment énorme à droite avec le CO et Marconnet, notre meilleur polyvalent actuellement (parfait n°17 donc), ainsi qu’un joueur doté d’un grand charisme avec une influence reconnue sur ses collègues. Selon moi, Domingo est à l’heure actuelle moins intéressant car barré par l’énorme Barcella qui tient toujours 80 minutes et pas encore suffisamment polyvalent pour être efficace à droite. Quant à Poux, il offre surtout une bonne alternative en cas de blessure d’un des 4 avec sa polyvalence, sa mobilité et son expérience. Viennent plus loin, mais néanmoins à suivre car disposant d’un potentiel intéressant : Iguinitz, Forestier, Debaty, Montès, Attoub.

Mes 4 : Barcella, Marconnet, Mas, Ducalcon.

 

– les talonneurs : ils seront certainement 3. Servat et Szarzewski semblent partants certains, chacun ayant ses propres qualités complémentaires sur un match. Derrière, Guirado me semble être le candidat idoine avec son assurance dans les fondamentaux, ainsi que sa mobilité et sa tonicité. Kayser me semble insuffisamment tonique et puissant pour prétendre être au niveau des 3 premiers. Terrain, Genevois, Héguy, Bonello, sont aussi derrière Kayser ; quant à Roumieu, il va être sélectionné par l’Italie.

Mes 3 : Servat, Szarzewski, Guirado.

 

– les deuxièmes lignes : il faut distinguer le gaucher (n°4) et le droitier (n°5). Le premier doit être plus mobile et encore plus dynamique dans les rucks que son collègue plus absorbé par la mêlée. A l’heure actuelle, le meilleur n°4 du championnat est Papé, bon preneur de balles en touche, solide en mêlée, et en pleine bourre avec le SF, son défaut est d’être indiscipliné, il prend souvent des cartons jaunes avec Paris. Viennent après dans le désordre Nallet (un peu fatigué et plus lent qu’avant), Jacquet (pas encore assez combattif), Chabal (dans jeu fermé type Racing il est meilleur en 8, mais il peut apporter en 4 aussi dans un jeu ouvert ; à noter qu’il semble devenir un des leaders de l’EDF), Lamboley (p-e léger en 4 pour le niveau international), Vilaceca (en progression constante avec l’USAP), Maestri (encore trop indiscipliné mais combattant et très bon en touche). A droite, le candidat le plus sérieux semble être Millo-Chlusky, dur au mal, impitoyable en mêlée, juste encore un peu absent dans le jeu. Il est talonné par Thion qui fait un très beau début de saison et qui en plus d’être une poutre en mêlée redevient mobile. Viennent ensuite et plus loin Privat (meilleur en touche mais assez indiscipliné), Michaux du CO (trop jeune encore), Méla (juste la mêlée et c’est tout).

Mes 4 : Papé, Chabal, Thion, Millo-Chlusky.

 

– les troisièmes lignes :

            ∙ d’abord les flankers : Dusautoir est incontournable que ce soit pour son rôle de 6 gratteur-récupérateur-destructeur ou pour son leadership au sein de l’EDF. Mais Dusautoir peut se blesser, il faut donc prévoir un n°6 de remplacement. Derrière lui, je vois Burban (22 ans, énorme avec le SF alors qu’il revient juste de blessure), Pérez (un vrai poison qui en plus est bon en touche et a un apport non négligeable dans le jeu ; p-e trop indiscipliné), Martin (un peu moins en vue que l’an dernier), Diarra (un peu limité au rôle de gros plaqueur). En n°7, je vois Ouedraogo (« Mr 3 poumons », mobile et très bon plaqueur, mais peu puissant) ou Bonnaire (excellent sauteur, puissant en 7, polyvalent en 6 et en 8 aussi, moins coureur qu’Ouedraogo). Derrière viennent Claassen (il serait bientôt naturalisé français, or il est vraiment très bon malgré les difficultés de Brive), Nyanga (boudé mystérieusement), voire Chouly, Harinordoquy et Puricelli si on les considère comme des 7.

            ∙ en n°8 : comment ne pas citer en premier l’incroyable Harinordoquy, auteur d’un début de saison époustouflant ? Combattif, puissant, « flying man » en touche, impérial sous les chandelles, trieur de ballons hors-pair… Dire qu’il parvient même à surpasser le pourtant très talentueux Picamoles, énorme lui aussi avec Toulouse mais à qui il manque encore un peu d’expérience pour passer devant le maître biarrot. Avec le maître et l’élève, on tient deux sacrés clients en 8, aux profils qq peu différents mais complémentaires sur 80 minutes. Viennent après et seulement après Chabal (très bon en 8 avec le RM92, mais dans un jeu très fermé, donc son profil conviendrait mieux au poste de 4 en EDF, voire de remplaçant prêt à rentrer soit en 4 soit en 8 en fct° de la tournure du match), Vermeulen (un tracteur mais qui fait pas aussi bien jouer derrière lui qu’autrefois), Chouly et Puricelli (profils à la Harinordoquy mais en plus tendres), Claassen (polyvalent 7/8) et Bonnaire (très bon mais s’exprime mieux sur l’aile de la 3° ligne car léger manque de puissance et d’agressivité en 8).

Mes 5 : Dusautoir, Bonnaire, Harinordoquy, Ouedraogo, Picamoles.

 

 

Deuxième partie, les arrières (14)

– les demis de mêlée : à ce poste, la France est particulièrement bien pourvue en joueurs de qualités, avec des profils différents. Par rapport à la dernière tournée d’été, Dupuy a marqué favorablement les esprits. Il a aussi fait une excellente saison à Leicester, a bien débuté la saison au SF malgré les problèmes de staff et joue vraiment très bien en ce moment. Il distribue bien le jeu, joue beaucoup autour des rucks et bute très bien. Son défaut serait sa passe parfois un peu imprécise. On a ensuite Parra (très bon à Bourgoin, qq peu en souffrance depuis le début de saison avec Clermont ; il bute bien, a une bonne passe, mais est peut-être un peu lent au niveau des rucks). On a Tillous-Borde, le 9° avant castrais (profil très « bison », profil rare en France, toutefois il n’a pas la vitesse d’un Kelleher et son jeu au pied derrière sa mêlée n’est pas toujours bon). Vient ensuite Elissalde dit « le rat » dont les qualités sont proches de Dupuy et les défauts aussi ; quand il est en forme c’est un joueur hors pair. Puis il y aussi Yachvili, très stratégique doté du meilleur jeu au pied mondial sans doute pour un 9, doté parfois d’inspirations géniales ; cependant son défaut principal et gênant est d’être assez lent ce qui exige un 10 extrêmement vif pour rééquilibrer la charnière. Enfin, on peut citer Michalak (polyvalent) Audy (petit gabarit mais très bon joueur), Durand (inexplicablement boudé) et Mignoni (en froid avec Lièvremont depuis sa prise de fonction).

Mes 2 : Dupuy, Parra.

 

– les demis d’ouverture : si le nombre de candidats est au rendez-vous, contrairement au poste de n°9, la qualité n’y est pas forcément toujours ou sinon parcellaire.

            ∙ citons d’abord les ouvreurs de métier : Michalak (bon défenseur, bon animateur même s’il use trop de crochets inutiles, capable de coups de génie mais assez rares depuis 2 ans, coup de pied stratégique toujours bon, mais jeu au pied en général rempli de déchet ; le mettre en 10 impose un gros chausson en 12 pour le décharger) ; Beauxis (défenseur correct, très bon et très puissant jeu au pied, bon gestionnaire, a du mal à attaquer la ligne ce qui impose un 12 très incisif derrière lui, son plus grand défaut est sa timidité ce qui à moins d’un changement soudain de caractère [le bête qui se réveille] l’handicapera toujours pour être un grand ouvreur) ; Trinh-Duc (très bon défenseur, n’hésite pas à percer, sait faire jouer sa ligne, son jeu au pied laisse à désirer ce qui nécessite encore un mitrailleur en 12) ; Skrela (blessé actuellement, maîtrise toutes les facettes du poste de 10, mais sans génie, de plus il se troue souvent semblant supporter mal la pression) ; Boyet (très bon actuellement à Bourgoin, complet lui aussi, semble plus résistant à la pression que Skrela car il faut le faire ce qu’il réalise au CSBJ, n’a jamais eu une véritable chance en EDF mis à part pour des tournées casse-pipe).

            ∙ citons aussi les candidats au poste de 10 bien que ne jouant pas à ce poste : pour certains, faire jouer en 10 quelqu’un d’autre qu’un 10 de métier est une absurdité et c’est souvent vrai. Mais quand aucun ouvreur de métier ne convient, réfléchir à des alternatives peuvent êtres pensées. Citons ainsi Elissalde (candidat le plus évident tant son talent à ce poste est grand mais qui présente un gabarit vraiment maigrichon pour supporter peut-être les charges des Burger et compagnie, à moins de lui octroyer un troisième ligne en couverture rien que pour lui), Traille (là pas de problème de gabarit au contraire, il se trouve fréquemment en position de 10 au BO mais ce n’est pas comme s’il jouait toujours 10 et il peut parfois être coffre à ballons ; cependant il est à créditer de bonnes perfs à chaque fois qu’il a joué 10 en EDF) et enfin Baby (très talentueux, polyvalent du 10 au 15).

Mes 2 : Elissalde, Trinh-Duc.

 

– les centres : comment ne pas évoquer Mermoz, extrêmement bon avec l’USAP et leader de leur attaque (c’est un centre très joueur qui fonctionne avec n’importe quel 10, même si un profil de 10 gestionnaire doit lui permettre de mieux montrer sa classe comme leader d’attaque ; polyvalent 12/13). N’oublions pas non plus Traille, excellent lors de la tournée et leader des 3/4 (polyvalent 12/15/10, très fort sous les chandelles, rapide malgré son gabarit, grosse technique et grande expérience). Viennent ensuite Jauzion et Fritz dont tout le monde connaît les qualités mais qui sont un peu sur courant alternatif depuis l’an dernier. Il y aussi David du ST (rapide, costaud, jeune, mais encore trop coffre à ballons), Marty (très bon défenseur ; aux côtés de Mermoz, il s’est épanoui, n’est plus c.à.b, mais serait-ce pareil aux côtés autre centre ?), Bastareaud (toujours aussi puissant mais plus altruiste dans le jeu depuis le début de saison ; après sa petite suspension de novembre, il faudra le reprendre car il est vraiment unique en son genre), voire encore Audrin du CO, polyvalent 13/14 et surtout qui présente un profil de centre à l’ancienne avec de belles courses et de très bons appuis. Des joueurs comme Boussès, Cabannes, Messina et me semblent plus limités. Il y aussi les jeunes qui poussent comme Mignardi, Mazars, Lamérat, Lacroix, Chavancy et Gimenez, toutefois la concurrence fait que…

Mes 5 : Traille, Mermoz, Jauzion, Fritz, Marty.

 

– les ailiers : le plus en forme actuellement est Rougerie (percutant, s’est amélioré en défense, a toujours de sacrées cannes à l’aile et devient de plus en plus un centre intéressant). Viennent ensuite les 3 toulousains aux états de formes parfois variables mais ils commencent tout 3 à revenir plutôt bien (Heymans, Clerc, Donguy). Le clermontois Malzieu est encore trop court après ses blessures, mais de toute manière, il me semble très prévisible avec une fâcheuse tendance à user abusivement du retour intérieur. Candelon est très bon en attaque, mais par trop léger en défense ; quant à Planté il était aux portes de l’EDF en mai dernier mais sa blessure a tout gâché. Fall fait un début de saison tonitruant avec Bayonne, mais il n’a encore rien montré face aux grandes écuries mis à part le SF quand celui-ci organisait des journées portes ouvertes en début de saison. Arias, Andreu et Nicolas (CO) font aussi un bon début de saison chacun dans leur registre, en revanche Palisson peine à confirmer ses dispositions qui le font penser à un jeune Heymans. Cependant, ce réservoir d’ailiers montre qu’en cas d’échec des ailiers habituels, on pourrait faire appel à eux.

Mes 3 : Heymans, Clerc, Rougerie.

 

– les arrières : depuis un an, la France s’est découvert un arrière au talent immense, qui a déjà éclaboussé de sa classe nombre de rencontres, que ce soit avec Toulouse ou l’EDF (tournée d’été notamment), il s’agit bien sûr de Médard. Capable de tous les gestes techniques, doté d’un coup de pied très bon, d’une vitesse inouïe, il est sûrement le meilleur arrière que la France ait eu depuis Sadourny. Son principal défaut se situe dans la réception des chandelles, chose fréquente dans le rugby actuel, mais où Médard a du mal. Ce qui peut inciter l’équipe à décaler Médard à l’aile pour ne pas se priver de son génie, en privilégiant un arrière plus sûr en 15, je pense notamment à Traille et Baby, parfaits sous les chandelles, et très incisifs dans la ligne. Traille, j’en ai parlé, mais Baby non. Ce joueur est pétri de talent, il sent le jeu comme pas un. Qui plus est, il dispose d’un coup de chausson très bon et il bute bien, notamment de loin. Enfin, il est polyvalent ouvreur-centre-arrière-ailier et ce avec un égal talent. Son défaut : être trop souvent blessé comme l’était Thomas Castaignède. Viennent ensuite Poitrenaud (tout le monde connaît, il est très fort à Toulouse mais souvent en deçà avec l’EDF) ; Floch (très bon à Clermont, rapide, technique, en revanche un peu dilettante parfois ou fou-fou) ; Porical (hyperclassique, très sobre, gabarit léger qui ne l’incite pas à aller au contact mais il sait parfaitement jouer les surnombres en se proposant au juste moment ; profil différent mais complémentaire à celui de Médard ; il est aussi un excellent buteur, chose rare pour un 15 chez nous). Peyras fait lui aussi un très bon début de saison avec Bayonne qui mérite d’être remarqué mais son inexpérience des grands rdv peut jouer en sa défaveur tout comme pour Denos (Bourgoin et même cas que Peyras) et Estebañez (Brive et également intéressant). A noter que Beauxis peut aussi faire la maille en 15 dans un style à la Porical, mais là il ne faudra pas compter non plus sur de grandes chevauchées fougueuses.

Mes 2 : Médard, Baby.

 

Ce qui fait comme groupe des 30 pour la tournée : Barcella, Marconnet, Mas, Ducalcon, Szarzewski, Servat, Guirado, Papé, Chabal, Thion, Millo-Chlusky, Dusautoir (c), Bonnaire, Ouedraogo, Harinordoquy, Picamoles. Dupuy, Parra, Elissalde, Trinh-Duc, Traille, Mermoz, Jauzion, Fritz, Marty, Rougerie, Clerc, Heymans, Médard, Baby.

 

Comme joueurs se trouvant dans l’antichambre du XV de France, je vois : Domingo, Attoub, Forestier, Kayser, Héguy, Vilaceca, Maestri, Jacquet, Burban, Pérez, Chouly, Puricelli, Tillous-Borde, Yachvili, Michalak, Beauxis, David, Bastareaud, Mignardi, Mazars, Donguy, Malzieu, Fall, Palisson, Porical.