Brive est de retour !

Les Coujous sont de retour dans l’élite ! Brive, un an après sa descente en Pro D2, a réussi son opération remontée en s’imposant avec force et maîtrise devant Pau (30-10),  lors de la finale d’accession dimanche, au Stade Chaban-Delmas de Bordeaux. Le CAB, qui avait terminé la saison régulière à la deuxième place derrière l’intouchable leader Oyonnax, n’a jamais douté face à des Palois qui échouent pour la deuxième année de suite sur le pré girondin.

Le club corrézien, qui a bâti son succès sur une large domination dans les rucks, ont inscrit trois essais, les deux premiers pour ponctuer une entame enlevé avec beaucoup d’intentions, par Ledevedec (14e) puis Caminati (20e, 17-0). La Section, en difficulté face au vent et dominée physiquement, a pourtant eu par deux fois la possibilité d’inverser la donne par Taumoepau mais s’est contenté d’une pénalité de Manca (25e) pour rester dans le match.

Les Béarnais pensaient que la roue allait tourner à la reprise quand après deux mêlées à cinq mètres et plusieurs pilonnages, Moa envoyait Solofuti derrière la ligne (53e). Mais leur indiscipline a finalement été rédhibitoire, Caminati maintenait l’écart au pied (23-10, 56e) dans une partie maîtrisée par les Brivistes, qui finissaient en beauté avec un dernier essai de Luafutu à deux minutes du terme. Les Brivistes pouvaient exulter, ils n’auront passer qu’une saison dans l’antichambre du Top 14. Pour eux, le plus dur commence : essayer la saison prochaine de s’installer durablement dans l’élite et éviter de faire le yoyo…

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Un Stade Chaban-Delmas rénové pour accueillir l’UBB ?

Stade Chaban Delmas configuré en version rugby

Parmi les cinq lauréats d’un concours d’architecte lancé par la ville de Bordeaux pour le réaménagement du Stade Chaban-Delmas (classé au patrimoine) on retrouve des projets plus fous les uns que les autres, une aérogare pour dirigeable, un lac et… un stade de rugby de 18 000 places qui semblerait convenir parfaitement à la nouvelle UBB. Ce projet a l’appui de nombreuses personnalités et aussi celle du public qui répond toujours présent aux matchs joués dans la magnifique œuvre architecturale Art-déco.

Bordeaux est devenue depuis six ou sept ans LA ville de province où il fait bon investir, où on trouve du travail un peu moins difficilement qu’ailleurs et celle qui bat tous les records des enquêtes d’opinion concernant la qualité de vie. Une ville en train de grandir à vitesse grand V. Il est loin le temps où la cité girondine était surnommée la « Belle endormie »…. Le rugby ne fait pas exception à la règle : Alors que pendant des décennies, le rugby local était pris entre la guéguerre de deux clubs, de deux clans, aujourd’hui l’union des deux clubs constitue le socle d’une des formations les plus alléchantes du Top 14. Le club bordeaux et blanc propose, en effet, l’un des jeux les plus spectaculaires du championnat, n’hésitant pas au passage à lancer de jeunes issus de la fédérale dans le grand bain du rugby pro.

La guerre des projets

Peut-on parler d’Union Sacrée pour autant ? Certainement pas ! Une question centrale n’a pas encore été réglée : celle du Stade. Deux projets se font face :

  • Celui d’une rénovation du Stade André Moga sur la municipalité de Bègles. Cette rénovation serait intégrée dans le cadre de la refonte de toute la banlieue Est de la ville avec l’arrivée de la nouvelle gare TGV multimodale (le projet Euratlantique). Ce stade aurait une capacité de 14 000 places, mais les problèmes de parkings, entre autres, ne seraient pas pas résolus.

  • Celui d’une reconfiguration du Stade Chaban-Delmas qui serait réduit à une capacité de 15 000 à 20 000 places.

Dans les deux cas, le club girondins serait amené à délocaliser quelques matchs (deux ou trois matches par an maximum) dans le futur stade de Bordeaux-Lac (autre quartier bordelais qui est en totale refonte). Les collectivités territoriales ayant participé au projet tiennent à ce que le nouvel écrin de 42 000 places ne soit pas seulement la maison des Girondins de Bordeaux. D’ailleurs le maire de la ville, Alain Juppé, a souhaité à ce que des rugbymans assistent à la cérémonie du lancement du chantier.

Le stade : Pierre angulaire du système économique girondin

La question du stade est centrale, car contrairement aux autres clubs du Top 14, le club du Port de la Lune ne peut s’appuyer sur un mécène millionnaire. Son système économique repose sur l’affluence au stade qui est devenue la deuxième affluence du championnat. C’est pourquoi, de plus en plus, l’option Chaban-Delmas tient la corde.

Un stade ancien et modernisé à l’image du Stade Marcel Michelin

Cette option est notamment appuyée par… Alain Moga fils de l’ancien joueur qui donna son nom au stade béglais et maire-adjoint de Bordeaux. Un concours d’architecte a été lancé pour la rénovation du quartier de Lescure dont le Stade Chaban Delmas est l’épicentre. Parmi les cinq lauréats on retrouve un stade version rugby, réduit à 18 000 places. Une taille idéale pour le club si on considère qu’il pourra délocaliser certains matchs à Bordeaux-Lac. Le virage nord serait aménagé avec des bureaux, des boutiques et un hôtel. Un terrain synthétique remplacerait la pelouse actuelle. Des logements hospitaliers et universitaires se trouveraient à proximité du stade. Enfin, un terrain multisport (baket, hand) prendrait place au niveau du virage sud. La ville n’en est qu’au stade de la consultation pour l’instant. Cependant, ce projet de Chaban-Delmas version rugby tient la route, on peut imaginer, plus simplement, un stade sur le modèle Marcel Michelin, avec des virages aménagés en loges et en bureaux administratifs seraient peut-être une solution pour le développement d’un club qui semble promis à un bel avenir.

Top 14: Bordeaux-Bègles se rapproche du maintien en s’offrant Toulouse

33 000 spectateurs et un match de folie ! Bordeaux à tout d'une grande !

AFP – Bordeaux-Bègles, courageux et solidaire, a fait un grand pas vers le maintien en battant le leader Toulouse (18-17), vendredi soir, en ouverture de la 21e journée de Top 14 de rugby, à coup sûr la plus belle victoire de sa courte histoire devant plus de 33.000 spectateurs.

En danger après quatre revers consécutifs qui avaient semé le doute dans ses rangs, l’UBB a répondu présent face à un Stade qui lui avait passé 56 points à l’aller, et peut désormais voir l’avenir plus sereinement avec 41 points en poche.

Toulouse, remanié, et en conséquence moins cohérent et juste dans ses choix, après l’intermède international et en préparation de la Coupe d’Europe, a joué son va-tout jusqu’au bout, inscrivant même le seul essai du match à cinq minutes du terme par Nyanga.

Finalement, ce derby de la Garonne s’est joué sur la transformation ratée de Beauxis, saluée par un stade Chaban-Delmas aux anges.

Face au maître toulousain, son modèle, l’élève girondin s’est montré à la hauteur de l’événement, en proposant le rugby de mouvement qui lui sied depuis deux ans.

Et si le tableau d’affichage n’a été meublé, pendant 75 minutes, que par la réussite des buteurs Lopez et Beauxis, c’est surtout le fait des deux défenses bien organisées, notamment celle de l’UBB qui a résisté juste avant la pause à trois accélérations toulousaines, en arrachant même deux ballons dans leurs 22, pour conserver une petite avance à la pause (12-9).

Les intentions ont été nombreuses, surtout chez les locaux qui auraient pu trouver la terre promise sur une échappée majuscule de Chalmers (49), dans leur meilleure période.

Alternant enfin comme il se doit, leur pêché ces derniers temps, en prenant le dessus aussi en mêlée, ils ont fait fructifier leur avance (18-12, 56).

Généralement friables passée l’heure de jeu, les Bordelais ont naturellement cédé du terrain face au rouleau enfin compresseur des visiteurs, mais leur défense, solidaire, parfois héroïque, n’a cédé qu’une seule fois devant Nyanga.

Résumé : Bordeaux vs. Toulouse

Bordeaux a enfin son grand club de rugby !

Les Bordelais ont frappé un grand coup au stade de Chan-Delmas devant leur public venu en nombre.

Le jeu

L’Union Bordeaux-Bègles l’a confirmé samedi sur la pelouse de Chaban-Delmas, il faudra compter avec elle cette saison dans le Top 14. Promu surprise à l’issue d’une incroyable campagne de phases finales en mai dernier, le club girondin a sorti une prestation de haute volée samedi dans l’antre habituellement occupé par les Girondins de Bordeaux et envahie pour l’occasion par des fans de rugby, qui n’avaient pas eu l’opportunité d’avoir une équipe de leur région dans l’élite depuis huit ans. Les partenaires de Matthew Clarkin ont démontré toutes les qualités déjà entrevues à Charléty la semaine passée. Avec un jeu fait de mouvement, de simplicité et de qualité technique, les hommes de Marc Delpoux ont notamment produit une première période extrêmement solide dans tous les compartiments du jeu. Ils ont rapidement pris les devants au score grâce à la botte de Fraser mais ils n’ont pas concrétisé l’ampleur de leur domination au tableau d’affichage. Les Bayonnais, pourtant très moyens dans l’utilisation du cuir et étouffés dans leur camp, ont ainsi pu rester au contact à la pause, en profitant de chacune de leurs incursions dans les quarante dernières mètres adverses pour engranger des points.

Menés seulement de trois points à la mi-temps (9-6), les Basques ont été incapables de réagir au retour des vestiaires, même s’ils ont connu un temps fort d’une dizaine de minutes en plein cœur de la seconde période. Les Girondins, qui étaient alors en train de plonger physiquement, s’étaient néanmoins mis à l’abri auparavant avec six nouveaux points signés Fraser (15-6, 57eme). S’ils ont été moins souverains dans le deuxième acte que dans le premier, les équipiers de Reihana ont continué à jouer chaque ballon de relance qui se présentait à eux et ont poursuivi leur travail de sape sur la défense de l’Aviron. Les Basques ont fini par craquer et, sanctionnés à deux reprises d’un carton jaune, ont baissé les armes devant l’UBB. Cette dernière empoche un premier succès complètement mérité tandis que les Bayonnais sont passés au travers, affichant des limites irrémédiables à ce niveau-là.

Les Girondins
Omniprésent derrière tous les regroupements, inspiré dans ses prises d’initiative personnelles et appliqué dans la conduite du jeu de sa formation, Heini ADAMS a réalisé une très grosse prestation. Incertain toute la semaine, le demi de mêlée sud-africain a fait mieux que répondre présent et a apporté énormément à son équipe. Gerard FRASER a été excellent dans son jeu au pied, que ce soit dans le champ ou sur les pénalités. Il a inscrit l’intégralité des points de son équipe avec un taux de réussite probant (6/8). Fabien ROFES, arrivé de Montpellier à l’intersaison, a rendu une copie très propre et s’est énormément dépense, tant sur le plan défensif qu’offensivement. Blair CONNOR a semé la zizanie dans l’arrière-garde bayonnaise à chacune de ses accélérations et a participé au long travail de sape de ses partenaires. Matthew CLARKIN a lui été exemplaire dans son rôle de capitaine. Il a notamment été essentiel dans les rares instants où les Basques campaient dans le camp girondin. Bruce REIHANA a enfin montré qu’il n’était pas venu en pré-retraite sur les bords de la Garonne. L’ancien arrière international néo-zélandais a été très ambitieux dans ses relances et a régulièrement connu la réussite dans ses tentatives. Il est l’un des moteurs du jeu de son équipe.

Les Bayonnais
Comme un symbole d’une équipe qui n’était pas dans son assiette samedi sur la pelouse de Chaban-Delmas, Cédric GARCIA n’a pas convaincu. Dans tous les domaines, il a évolué un ton en-dessous de son niveau habituel et il a notamment connu des difficultés dans son efficacité au pied, avec deux échecs cruciaux en seconde période. David ROUMIEU a lui été l’exemple des problèmes de discipline de sa formation, en étant sanctionné à deux reprises dans les dix premières minutes de la rencontre avant de peiner toute la partie à entrer de plein pied dans cette confrontation. Le jeune Clément OTAZO n’a pas vraiment confirmé les bonnes dispositions qu’il avait affichées contre Toulouse la semaine passée. Il a connu plus de déchet et a galéré pour peser sur le jeu de son équipe. Une irrégularité logique pour un joueur de 19 ans, qui découvre le haut niveau. Sam GERBER a été l’un des rares Bayonnais à tenir son rang. Il n’a pas eu de nombreux ballons à se mettre sous la dent mais il a fait son possible pour les utiliser au mieux. Clément BAÏOCCO a été intéressant en mêlée, même s’il a plongé physiquement sur la fin.