Le Stade Français à la fête, Perpignan stoppe Montpellier

Castres sans pitié pour le Racing, Paris solide devant Biarritz, succès précieux pour Perpignan et Bayonne : le résumé de la 13eme journée du Top 14.

Grenoble – Toulouse : 15-6 La sensation Grenoble. Bonne surprise du début de saison, le FCG a conclu la phase aller sur un exploit devant le Stade Toulousain. Les Isérois restaient pourtant sur treize défaites consécutives contre le club le plus titré de France. Mais brillants en première période avant d’être courageux et intraitables défensivement après le repos, les hommes de Fabrice Landreau ont réussi la performance de démentir l’adage voulant que « Toulouse ne perd jamais deux fois de suite ». Les doubles champions de France en titre s’enfoncent dans leurs doutes, une semaine après leur revers chez les Ospreys en H Cup. Ils doivent attendre avec impatience le retour d’un ouvreur de haut niveau pour pouvoir occuper le camp adverse sous la pression, ce qui leur a manqué au cours d’un premier acte dominé par le promu. Excellents dans le contre en touche, très solides en conquête et performants dans l’occupation, les Grenoblois ont maîtrisé leur sujet. Valentin Courrent a concrétisé cette domination territoriale au tableau d’affichage et le FCG a viré en tête à la pause (9-6).


Au retour des vestiaires, les Toulousains sont revenus avec de toutes autres intentions. Malgré les conditions de jeu, rendues très compliquées par la pluie et pénalisant des visiteurs qui souhaitaient déplacer le jeu, les champions en titre ont fini par mettre la main sur le ballon. La physionomie de la rencontre s’est alors complètement inversée. Installés dans le camp adverse (83% d’occupation dans la deuxième mi-temps), les joueurs de Guy Novès ont pris l’ascendant en mêlée fermée et ont cherché par tous les moyens à trouver des solutions pour marquer. Mais la défense du FCG s’est montrée intraitable et les Toulousains ont inlassablement buté dessus. Ultra réalistes, les Grenoblois ont même ajouté deux pénalités supplémentaires pour priver leurs adversaires du bonus défensif. Les Isérois sont ainsi assurés de rester virtuellement qualifiés pour les phases finales à mi-championnat. Sans réaliser un mauvais match, Toulouse ne se rassure pas vraiment. Et un déplacement à Castres se profile dimanche prochain…

Stade Français – Biarritz : 36-23 Après deux victoires en Challenge Européen, le Stade Français enchaîne sa bonne série avec une victoire très importante contre le Biarritz Olympique. Cette victoire permet aux Parisiens de recoller au peloton de tête et de garder un espoir de qualification pour les phases finales. Les deux clubs sont désormais ex-aequo au classement (28 pts). Le BO, qui vient de remercier ses entraîneurs Serge Milhas et Jack Isaac, remplacés par Didier Faugeron et Laurent Rodriguez en début de semaine, n’a pas su concrétiser un bon début de rencontre. Dès la 10eme minute, l’arrière anglais Balshaw a cadré le dernier défenseur parisien côté droit et a envoyé Ngwenya à l’essai. Il a permis aux Basques de prendre les commandes au score. La botte de Porical a maintenu les Parisiens à flot alors qu’ils étaient dominés dans le jeu et dans l’occupation du terrain. Paul Sackey a profité ensuite d’une énorme percée d’Antoine Flanquart pour inscrire le premier essai parisien du match.

Après une nouvelle pénalité de Porical, Paris est rentré aux vestiaires en menant de sept points (17-10). Le pilier droit de Biarritz Paul Broster a pris un jaune pour un geste d’anti-jeu. En supériorité numérique, les Franciliens ont géré et s’en sont remis une nouvelle fois au pied de Porical (20-10). Biarritz semble avoir passé sa chance après l’énorme occasion de Damien Traille qui laisse tomber le ballon alors qu’il n’y avait plus de défenseur devant lui. Les Biarrots ont continué, en vain, de mettre du rythme. A la 61eme minute, Flanquart a pris un jaune à la suite d’un mauvais geste mais cet avantage ne profitera pas beaucoup à Didier Faugeron et ses hommes qui n’inscrivent que trois points. Pire, à la 73eme minute, Fainifo alourdit le score après une interception de Dupuy et prive définitivement des Biarrots du bonus défensif. Paris recolle au peloton de tête grâce à Porical et une conquête toujours aussi performante.

 

Castres – Racing-Métro : 27-10 La victoire de Grenoble face au Stade Toulouse (15-6) quelques heures auparavant a sans doute donné des idées à Castres. Comme les Isérois, les Tarnais conservent leur invincibilité à domicile et surtout enchaînent une huitième victoire consécutif toutes compétitions confondues face à des Racingmen, eux-aussi toujours en course pour les quarts de finale en H-Cup, mais ce samedi trop apathiques et approximatifs. Les hommes de Laurent Tarvers et Laurent Labit ont maîtrisé de la tête et des épaules cette rencontre et se sont facilités rapidement la rencontre. A la mi-temps, les Castrais avaient déjà le bonus offensif en poche grâce à un essai de Baï et un doublé de Martial. Les Franciliens ne sont pas dans le coup dans tous les domaines sauf sur mêlées fermées.

Des lancers pas droits, des passes mal assurées, des phases de jeu mal négociées, les hommes de Quesada prennent l’eau et ne sont pas loin de se noyer face aux accélérations des Dulin, Andreu ou Martial lors du deuxième acte. Baï s’offre à son tour le doublé. Les carottes sont cuites pour des Parisiens, qui sauvent néanmoins l’honneur sur un essai de pénalité. Les locaux en gardent la pédale dans l’optique de leur prochain déplacement à Toulouse, le 30 décembre prochain. Une équipe de Toulouse que les Castrais rejoignent au classement grâce à cette victoire. La huitième de suite toutes compétitions confondues, la sixième en Top 14. Record de Toulon égalé. Une chose est sûre : il faudra compter cette saison avec le CO, qui a une belle gueule d’outsider. En revanche, le Racing-Métro 92 aura bien du mal à disputer les phases finales.

Bayonne – Mont-de-Marsan : 39-13 Bayonne n’a pas laissé passer sa chance en profitant de la réception de Mont de Marsan pour s’éloigner un petit peu de la zone de relégation. En marquant deux essais dans les quinze premières minutes, les Basques ont eu le mérite de se rendre le match facile par l’intermédiaire de Spedding puis d’Ahotaieloa qui a marqué un magnifique essai d’équipe. Les Montois ont multiplié les temps de jeu mais ne sont pas arrivés à avancer. Ils ont même reculé face à la grosse défense des joueurs de Bayonne. À la pause, les hommes de Prosper et Dantin sont menés 18-6.

Même scénario en seconde période. Les Bayonnais ont déroulé et ont inscrit trois nouveaux essais. Bernas (43eme), Baget (60eme) et Gerber (63eme) ont marqué tour à tour. L’essai d’Atrrayet à la 58eme minute n’y a rien changé. Bayonne offre à son public une superbe victoire et se donne de l’air au classement en passant le Racing Métro qui tombe à la 11eme place. Une nouvelle fois, Mont de Marsan a voulu trop jouer et s’est montré trop médiocre en défense. Un résultat qui l’enfonce un peu plus dans le fauteuil de lanterne rouge avec six petits points. 

Perpignan – Montpellier : 30-19 Après leurs bons résultats en coupe d’Europe, Perpignan et Montpellier se retrouvent à Aimé-Giral. Sur courant alternatif lors de leur dernière victoire en Top 14 contre Agen, les Catalans devront être beaucoup plus solide face aux Héraultais. L’USAP avait réussi à faire parler sa puissance contre un SUA qui avait plié de toute part. L’opposition ne sera pas la même samedi, Montpellier est en forme. Après leur défaite contre Toulouse, les joueurs de Fabien Galthié s’étaient remis en selle grâce à une victoire difficile contre Bayonne. Mais attention à ne pas reproduire les erreurs d’une première période bien loin de leur niveau habituel. Au risque de perdre du terrain sur les équipes de tête.

20h40 : Agen – Toulon Choc des extrêmes entre Toulon, qui n’a perdu que deux matchs cette saison, toutes compétitions confondues, et Agen, qui reste sur cinq défaites consécutives en Top 14. A Mayol, les leaders reçoivent donc les avant-derniers de Top 14. Les joueurs de Bernard Laporte viennent de remporter une superbe victoire 62-0 en H Cup face aux Anglais de Sale. Les Agenais, eux, ont perdu en Roumanie face au Bucarest (25-22) mais se sont vengés la semaine suivante en gagnant à domicile 39-9 face au même adversaire. Agen va tenter de gagner ce match pour sortir de la zone de relégation. Les Varois voudront laisser le Stade Toulousain à distance.

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L’essentiel du Top 14

Le journal Métro vous propose tout ce qu’il faut savoir sur la 7ème journée de Top 14.

Le match

Montpellier – Castres : 19-12. C’était le choc de l’après-midi entre deux équipes habituées à jouer les phases finales. Un match tellement intéressant sur la feuille que la pluie avait décidé d’assister elle aussi à la partie. Une météo qui a obligé les joueurs à être un peu moins ambitieux dans le jeu à la main et à revenir aux fondamentaux du rugby : la conquête et le combat. Dans ces conditions, les Héraultais s’en sont mieux sortis, marquant tout de même un essai par Hape qui avait suivi une déviation sur chandelle de Trinh-Duc (14-12, 66e).Pour le reste, Paillaurgue tenait la baraque au pied face à un Kockott lui aussi affuté.

Le top
Agen a remporté le match de la peur face à Bordeaux Bègles (19-15). Les deux équipes habitant le fond du classement du Top 14, la tension était palpable au début de la partie. A domicile, les Agenais maitrisent le mieux leurs émotions pour marquer le seul essai de la partie. Sur une montée de Coux, Monribot ne contrôlait pas le cuir, mais le Bordelais   Delboubes remettait du talon le cuir dans la course de Robinson qui ne se faisait pas prier (19e). Le reste de la partie étant un échange de buteur entre Barnard pour les locaux et Lopez. La fin de match partait en cacahuète avec une bagarre générale à la suite de laquelle Narjissi et Forbes prenaient un jaune. Lozada et Treloar, pas calmés, mangeaient eux, un rouge.

Le flop
Gros flop du Racing Metro qui a pris le bouillon chez le promu grenoblois (27-13). Les Franciliens, brouillons et mal organisés, n’ont jamais vraiment existé dans ce match. Première banderille à la 22e minute, les gros de Grenoble poussant au ras, la balle ressortait pour Hunt qui s’ouvrait la porte et aplatissait. Deuxième acte avec la percée de Stewart qui oublie les copains et se fait reprendre à deux mètres. Mais Pelissé a suivi et outrage la ligne d’en but du Racing. Pour le troisième essai, Courrent joue rapidement un coup franc pour servir Vanderglass qui s’en va aux points. Piètre consolation, le Racing prive Grenoble du bonus par une percée de Bergamasco pleine axe.

Le joueur de la journée
Vuidravuwalu. Avec le Stade français, à Clermont, le jeune fidjien jouait pour la première fois titulaire en Top14. L’occasion de planter deux essais et offrait une passe décisive. Easy.

Le FC Grenoble retrouve les sommets

Les Grenoblois à l’offensive face aux Stadistes (image : news.fr.msn)

Le FC Grenoble vient de confirmer hier-soir à l’occasion du match avancé de la troisième journée de Top 14 qu’il était bien de retour au plus haut niveau. Les Rhônalpins ont remporté leur premier match à la maison face au Stade Français. Entamé sous une pluie battante, Franciliens et Rhônalpins se sont livrés à une partie de gagne-terrain, à ce petit jeu la paire de demis Stewart-Courrent s’est montré plus précises que son homologue stadiste. Les conditions météorologiques étaient plus favorables en deuxième mi-temps : Les locaux en ont profité pour marquer deux essais de Rida Jahouer (45ème) et Lucas Dupont (69ème). La précision de l’arrière parisien Jérôme Porical ne sera pas suffisante et ce Stade Français semble à des années lumières du grand club archi-dominateur que l’on a connu la décennie dernière. En revanche, le FCG de son côté a assuré une deuxième victoire en trois matchs. Si on part sur une base de dix ou onze matchs gagnés pour assurer le maintien en Top 14, le club isérois est en avance sur son tableau de marche .

Le Stade des Alpes lors d’une rencontre du FCG

Au-delà de la performance d’hier-soir et au-delà de la saison à venir, le FC Grenoble semble avoir tous les ingrédients en main pour s’installer durablement dans le Top 14 : Une bonne équipe, un club aux structures saines, une région à forte culture rugbystique, une agglo avoisinant les 400 000 habitants. Reste au club à développer ces infrastructures. A ce sujet, je me demande pourquoi le FCG n’a pas hérité du fabuleux Stades des Alpes construit à l’époque où le Grenoble -Foot 38 jouait en Ligue 1. Le club de foot local a été relégué en CFA, soi la 4ème division nationale. L’enceinte pouvant accueillir confortablement 20 000 spectateurs a d’ailleurs servi à plusieurs reprises à des matchs de rugby (dont des joutes de Top 14 délocalisées par le CSBJ). Le FC Grenoble prévoit tout de même d’y jouer tout de même quatre match de gala (probablement contre Toulouse, Toulon, Clermont et le Racing). On peut se demander pourquoi la municipalité et le club n’ont pas décidé d’y installer durablement les bases du FCG ? Si un lecteur du blogue habitant la région peut m’éclairer à ce sujet son commentaire serait le bienvenu.