Yannick Jauzion : Au revoir l’artiste !

Je me souviens d’avoir lu pour la première fois le nom de Yannick Jauzion il y a plusieurs années déjà sur un vieux Rugbyrama. Il apparaissait déjà dans l’effectif de l’équipe première du Sporting-Club Graulhétois au poste d’ouvreur, son très jeune âge et ses mensurations de deuxième-ligne avaient attirés mon attention et m’avaient fait pressentir qu’on était-là face à un futur grand. Surtout qu’avec Graulhet, il était à la bonne école : Vincent Moscato, Fabien Pelous, David Auradou, Henri Sanz, Guy Laporte ou bien encore Benoît Bellot son passés, eux aussi, par le club tarnais ! Je me souviens aussi d’un essai inscrit avec Colomiers, autre grand club formateur, entre les poteaux d’un adversaire dont j’ai oublié le nom, la puissance qu’il dégageait sur un terrain était déjà impressionnante. Puis vint sa première sélection. Lors d’une tournée suicide en Afrique du Sud, Bernard Laporte avait décidé de lancer toute une nouvelle génération de jeunes joueurs dans le grand bain : Fred Michalak, Clément Poitrenaud, Nicolas Jeanjean et Yannick Jauzion. Malgré la victoire, Yannick n’aura pas autant convaincu que les autres jeunes pousses. Bien que très puissant, le joueur semblait manquer de fond de jeu et de technique individuelle. Il ne sera rappelé que bien plus tard. Il explosera lors des saisons 2003 et 2004 avec le Stade Toulousain. Depuis, il est devenu incontournable en équipe de France et est considéré comme l’un des meilleurs centres de la planète ovale. Cette dernière saison était un peu triste à voir. Il a très peu joué mais a bien joué. Souvenez-vous de ce choc au Stadium entre le RC Toulon et le Stade Toulousain de sa passe pour Gaël Fickou qui file à l’essai. Bien sûr, j’aurais apprécié comme vous, le voir jouer encore une année ou deux au plus haut niveau dans un club comme l’USAP ou Castres qui semblaient sur les rangs. Finalement, le tarnais a décidé de prendre sa retraite. Je lui souhaite donc une longue et heureuse vie de retraité !

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Coupe d’Europe : La gratin pour Castres !

L’ERC a procédé cet après-midi au tirage au sort de la prochaine Coupe d’Europe dont la finale aura lieu au Stade de France. Les clubs français seront donc les clubs à abattre. Castres, qui n’a joué qu’une seule fois les phases finales de la Coupe Heineken, hérite d’une poule à la hauteur de son nouveau statut !

 

Poule 1

Castres aura fort à faire dans cette poule 1. Les Tarnais retrouvent les Northampton Saints, vice champion de l’Angleterre et vainqueur de l’édition 2000 de la compétition continentale. L’affrontement entre le champion de France et les triple champions d’Europe du Leinster, récent vainqueurs du Challenge européen, vaudra son pesant d’or. Les Gallois des Ospreys complètent cette Poule 1.

Poule 2

Toulon aura une poule a priori plus abordable, ils croiseront sur leur chemin leurs bourreaux de la finale de Challenge européen 2010 les Cardiff Blues. Les Glasgow Warriors et les Chiefs d’Exeter tenteront de sortir de réaliser l’exploit face au nouveau Champion d’Europe.

Poule 3

Toulouse semble se diriger vers un mano a mano avec les Saracens de Londres. Les Zèbres, bons derniers du Pro12 (ex-ligue celte) et la province irlandaise du Connacht arbitreront ce duel entre Londoniens et Haut-Garonnais.

Poule 4

Clermont et le Racing ont l’habitude de se retrouver en Coupe d’Europe, ce sera encore le cas la saison prochaine. Les deux clubs français héritent d’une poule particulièrement alléchante avec les Harlequins de Londres et la franchise galloise des Scarlets.

Poule 5

Montpellier, auteur d’un recrutement quatre étoiles, aura également le droit à de belles confrontations. Les Héraultais retrouveront les Leicester Tigers, champion d’Angleterre, la province irlandaise de l’Ulster. Les Italiens du Benetton Trévise tenteront, comme ils en ont l’habitude, de déjouer les pronostiques.

Poule 6

Perpignan voit se profiler deux belles affiches face aux irlandais du Munster, double champion d’Europe, Edimbourg et Gloucester seront les autres adversaires que retrouveront l’USAP sur sa route.

Top 14 : Toulon, le champion des champions

Si on devait trouver un équivalent de la Ligue des Champions en rugby, ça serait probablement le Top 14 : stades archicombles, ambiance festive malgré la météo qui n’est pas au rendez-vous, pluie de joueurs vedettes et surtout matchs entre clubs champions. Hier s’affrontait en demi-finale le tout nouveau champion d’Europe, Toulon, au champion de France Toulouse !

Sincèrement, je pensais que les Toulousains allaient remporter ce match. Je croyais qu’il était trop difficile de remporter une demi-finale face au grand Stade Toulousain, une semaine après avoir disputé une finale de Coupe d’Europe aussi âpre. Les organismes n’ont en général pas le temps de se remettre des stigmates de ce genre de match a fortiori lorsque la demi-finale en question se joue le vendredi. Après un titre continental, les esprits auraient dû être davantage tournés vers les plages de sable chaud. Mais les Toulonnais font preuve d’une fraîcheur physique et mentale déconcertante. Je m’étais dit qu’à partir de la 60ème minute, les Toulousains prendraient le dessus. Il n’en fut rien. 

A l’image de ce qui s’est passé la semaine dernière, les Toulonnais ont remporté leur match grâce à une défense hors-norme, à la fois intelligente et agressive. Très similaire à celle du XV de France sous l’ère d’un certain Bernard Laporte. Comme les Clermontois, les Toulousains ont multiplié les temps de jeu en première période, se faisant systématiquement contrer au moment clé. Finalement, on se dit qu’avec un Jonny Wilkinson toujours aussi percutant, il sera difficile d’empêcher les Varois d’aller chercher un deuxième titre majeur en moins de quinze jour. 

Ce match s’est apparenté à une passation de pouvoir entre le champion des années 90 et 2000 avec le RCT qui a semblé, hier soir plus que jamais, incarner le futur. Reconnaissons que le champion toulousain est passé complètement à côté de son sujet lors de cette demi-finale. Le club midi-pyrénéen était méconnaissable : série de fautes de mains, alignement en touche non-maîtrisé, mêlé bousculée, jeu au pied défaillant, incapacité à changer de stratégie et encore plus grave les Toulousains ont semble-t-il abandonné toute ambition offensive en deuxième mi-temps. Une saison, à oublier pour les Toulousains. Il sera intéressant de voir si le club aura les moyens de rebondir les prochaines saisons où s’il s’agit vraiment de la fin d’un règne qui aura duré presque vingt ans. 

Mister Rugby

Comment le rugby français est monté sur le toit de l’Europe ?

Clermont et Toulon s’affrontent en finale de la H Cup ce samedi à l’Aviva Stadium de Dublin. Une affiche digne du Top 14 qui reflète la suprématie des clubs français dans le rugby européen.

« Le rugby est un sport de combat. Si tu lâches, tu ramasses ». Visiblement, cette phrase de Fabien Galthié, ancien joueur du XV de France et actuel entraîneur de Montpellier, a fait des émules dans le rugby français. Car si la sélection nationale est à la peine, les clubs ont décidé de prendre les devants en écartant leurs rivaux britanniques de la course à l’Europe. Les résultats sont probants : Clermont et Toulon seront à l’affiche de la quatrième finale franco-française de l’histoire de la H Cup, ce samedi à 18h00 et le Stade Français a brillamment atteint la finale de la Amlin Cup.

Voici les quatre finales franco-françaises :

  • 2002-2003 : Toulouse 22 – 17 Perpignan 
  • 2004-2005 Toulouse 18 – 12 Stade Français
  • 2009-2010 : Toulouse 21–19 Biarritz
  • 2012-2013 : Clermont – Toulon, samedi à 18h

Mais comment expliquer ces bonnes performances des clubs de l’Hexagone alors que le XV de France tire la langue ?

 

Le Top 14, terre d’accueil des meilleurs joueurs du monde

Jonny Wilkinson, Delon Armitage et Matt Giteau défieront Jamie Cudmore, Nathan Hines et Napolioni Nalaga. Rien que sur la finale de la H Cup, le public de l’Aviva Stadium de Dublin aura la chance d’apprécier ce qui se fait de mieux dans le rugby mondial. Et pour cause, la France accueille depuis quelques temps les meilleurs joueurs venus d’Australie, de Nouvelle-Zélande ou d’Angleterre. Et ce n’est pas fini ! La saison prochaine, le Sud-Africain Bryan Habana, meilleur marqueur d’essais de la Coup du monde 2007, posera ses valises à Toulon à l’instar de l’ouvreur irlandais Jonathan Sexton au Racing. Tel un symbole, ce drop victorieux de Jonny Wilkinson en demi-finale contre ses compatriotes du Saracens.

Indéniablement, le Top 14 est devenu le meilleur championnat d’Europe grâce à l’arrivée massive de ces stars de l’ovalie. Et plus les joueurs de classe mondiale viennent dans notre championnat, plus cela attire les autres stars à venir. Mathématique !

 

Les meilleurs coachs d’Europe peuple la France

Outre les joueurs, une équipe ne peut aussi bien fonctionner sans un entraîneur de qualité. Avec le Néo-Zélandais Vern Cotter à sa tête, Clermont fait figure d’épouvantail que ce soit en Europe ou même dans l’Hexagone. De même, Toulon et ses super stars sont menées à la baguette par l’indispensable Bernard Laporte, certes amateur de la politique mais monstre de la tactique.

En demi-finale, Clermont a sorti le Montpellier de Fabien Galthié (36-14). Ce dernier est parvenu à amener le club héraultais au sommet dans son pays et dans le dernier carré du gratin européen. L’Argentin Gonzalo Quesada, actuel entraîneur du Racing et prochainement au Stade Français, dispose également d’une très bonne réputation. Enfin, Guy Novès fait figure de statue indétrônable au Stade Toulousain. N’oublions pas que si tous ces grands joueurs viennent en France, c’est aussi parce qu’ils sont attirés par ces entraîneurs de classe mondiale.

Qui dit flopée de stars, dit porte-monnaie bien rempli

Forcément, l’argent n’est pas innocent dans la réussite débordante des clubs français. Et pour cause, sur les dix plus gros budgets européens, huit appartiennent aux Français. ,D’après le Nouvel Observateur le Stade Toulousain (34,97 millions d’euros) devancerait aujourd’hui Clermont (25,52 millions d’euros. Les Anglais de Leicester complètent le podium avec 23,62 millions d’euros. Suivent ensuite le Stade Français (22,81), Toulon (21,84), le Racing-Métro (21,74), Bayonne (17,96) et Montpellier (17,51). Aussi étonnant soit-il, Lyon (15,73), ou le LOU, qui évolue en Pro D2 figure à la 12e position devant des clubs d’élite irlandais et anglais. En outre, les salaires s’avèrent bien plus attractifs en France puisque les clubs du Top 14 sont limités à 9 millions d’euros de dépenses contre 5,35 millions pour les équipes anglaises ! Du coup, joueurs et entraîneurs y trouvent leur compte et cela se voit dans les résultats.


Les clubs français sur de bonnes bases

Tout ne s’explique évidemment pas par l’argent, même si cela contribue beaucoup au succès. Néanmoins, à part quelques années de vaches maigres, les clubs français ont généralement toujours très bien évolué en Coupe d’Europe. Pour cela, il suffit de jeter un œil sur le palmarès de la H Cup. Ainsi, le Stade Toulousain demeure le club européen le plus titré avec quatre trophées. Sa dernière victoire en finale de la H Cup ne remonte qu’à la saison 2009-2010 où les protégés de Guy Novès ont disposé de… Biarritz (21-19) au Stade de France. Plus ancien, le CA Brives a également déjà remporté la Coupe d’Europe mais il faut avouer, qu’avant 2010 les équipes françaises éprouvaient des difficultés face à leurs homologues britanniques.

Les joueurs français meilleurs en club qu’en sélection

En plus des meilleures joueurs étrangers, les clubs français ont à leur disposition des Bleus arrivés à maturité. Pour preuve, l’ERC, qui organise les compétitions européennes de rugby, a récemment dévoilé ce lundi la short-list des cinq nominés pour le titre du joueur européen de l’année 2013. Et dans ce casting, Julien Bonnaire et Wesley Fofana de Clermont font partie de cinq nominés avec Jonny Wilkinson (Toulon), Jamie Heaslip (Leinster) et Sitiveni Sivitavu (Clermon). Même si le XV de France a été à la peine lors du dernier Tournoi des VI Nations, personne ne peut ignorer les performances de Dimitri Yachvili (Biarritz), Morgan Parra (Clermont) ou Fulgence Ouedraogo (Montpellier).

Grâce à ce cocktail très relevé, les clubs français parviennent à dominer l’Europe. L’ancien grand joueur du XV de France, Pierre Villepreux a dit : « Dans une équipe de rugby, il n’y a pas de passagers, il n’y a qu’un équipage ». Et cette année, l’équipage sera français !

Tout ce qu’il faut retenir du weekend !

 Top 14 : Castres et Toulouse complète le dernier carré

On connaît enfin le nom des deux vainqueurs des barrages qualificatifs pour les deux demi-finales. Toulouse affrontera Toulon, ce qui constituera une revanche de la dernière finale de Top 14. L’autre demi-finale verra l’affrontement du Castres Olympique face au Clermont-Auvergne. On remarque que nous avons les mêmes demi-finalistes que la saison 2011-2012. Il sera particulièrement intéressant de voir comment les deux clubs qui se retrouvent en finale de Coupe d’Europe (Toulon et Clermont) géreront leur après-finale. En effet, que le club soit Champion ou vaincu, il doit être très difficile de se relancer pour une demi-finale de championnat une semaine après avoir joué une finale continentale. Les deux clubs feront probablement tourner en utilisant leurs effectifs pléthoriques. Pas certain que ce soit suffisant pour barrer les routes du Stade Toulousain et du CO dans leur course vers le titre.

 Pro D2: Brive ou Pau accompagnera Oyonnax en Top 14

 Les Palois se sont imposés face à La Rochelle lors d’un match particulièrement houleux (cf. vidéo ci-dessous) pendant que les Brivistes ont battu Aurillac. La finale aura lieu à Bordeaux, le vainqueur rejoindra Oyonnax, champion de la saison régulière, en Top 14. Les Béarnais avaient perdu la saison dernière lors de la finale au Stade Chaban-Delmas face à Mont-de-Marsan. Ils auront une occasion de se rattraper et de revenir en Top 14 après sept saisons passées en Pro D2. Leurs adversaires du CA Brive-Corrèze n’auront passé qu’une seule saison dans l’antichambre de l’élite et souhaitent bien évidemment retrouver le Top 14 au plus vite. Alors qui de Brive ou de Pau sera le quatorzième club de l’élite ? Réponse la semaine prochaine.

Séries mondiales de rugby à 7

 Ce week-end se déroulait également la dernière étape des Séries mondiales de rugby à 7 dans un stade de Twickenham qui a fait le plein ou presque (71 000 spectateurs), encore une preuve que ce sport gagne en popularité. Les Français auteurs d’une saison plutôt prometteuse se sont écroulés lors de la premières journées, perdant successivement contre les États-Unis (19-17), l’Afrique du Sud (17-14) puis face aux Australiens (35-12) lors de la première journée se sont retrouvés bons derniers de leur poule. Les Bleus se reprendront lors des demi-finales de la bowl en s’imposant face au Canada (28-14) avant de s’incliner face aux Gallois (19-7). Les Néo-Zélandais se sont imposés en finale remportant au passage les Séries mondiales tandis que les Français ont été rétrogradés à la neuvième place. Les filles joueront leur finale aux Pays-Bas la semaine prochaine. Les Françaises affronteront les Sud-Africaines, les Anglaises et les Canadiennes en match de poule.

 Coup de tonnerre dans l’Aviva Premiership

Sensation dans le championnat d’Angleterre, les Saracens, premiers de la saison régulière et favoris du championnat sont tombés. Les Saints de Northampton ont réussi l’exploit de s’imposer à l’Allianz Park avec la manière sur le score de 13 à 27. Ils rejoindront les Leicester Tigers en finale. Les Sarries qui étaient encore en course pour le championnat et la Coupe d’Europe il y a peu, auront tout perdu en l’espace de deux semaines.

 Coupe de France de rugby à XIII, Avignon 24 ans après

 Le Sporting Olympique Avignonnais a pris le dessus sur le XIII Limouxin en finale de la Coupe de France sur le plus petit des scores 38-37. Un petit point suffisant au bonheur des Bisons qui n’avaient plus remporté le trophée depuis… 24 ans ! Quant aux Dragons Catalans, dernier club français encore engagé dans la Cup, ils n’ont pas fait dans le détail face à York City en atomisant le club de D2 anglaise sur le score de 92 à 8. Les Catalans sont donc qualifiés pour les quart-de-finale de la Cup.

Top 14 : L’Usap 31 ans après !

L’Usap, qui ne s’était plus imposé à Toulouse depuis 1981, a réussi l’exploit de s’imposer ce vendredi, dans la Ville Rose (18-19). La 1 000e de Guy Novès à la tête des Rouge et Noir est gâchée après cette nouvelle défaite des champions de France, qui met fin à près de trois ans d’invincibilité des Toulousains à domicile.

« On est l’équipe la plus stupide de France. » Le compliment est signé Marc Delpoux (voir par ailleurs) et en dit long de l’impuissance actuelle des champions de France toulousains, tombés ce vendredi face une équipe de l’Usap, certes admirable de solidarité, mais que son indiscipline chronique aurait dû conduire à une nouvelle défaite loin de ses bases. Mais les champions de France sont en plein désarroi et toute la hargne catalane aura suffi pour interrompre la série d’invincibilité de 38 matches des joueurs de Guy Novès, qui durait depuis près de 3 ans (défaite 9-6, le 20 février 2010, ndlr). Et gâcher avec la 1 000e du manager toulousain.

Une semaine après la défaite à Agen (22-9), le Stade a étalé tout son malaise du moment. Le grand Toulouse, même gêné aux entournures comme il l’est en cette période de doublons, aurait fini par s’en sortir… Mais l’équipe, capable d’inscrire 16 essais dans le dernier quart d’heure, soit 41 % de son total de la saison, n’est plus actuellement que l’ombre d’elle-même et n’a pas su cette fois s’en sortir. Pour laisser l’Usap interrompre une autre série avec cette première victoire des Catalans loin de leurs bases depuis le 23 février 2011 (victoire 9-0 à Biarritz, le 23 septembre 2001, ndlr) et surtout un exploit historique avec ce premier succès dans la Ville Rose depuis… 31 ans ! Novès, mâchoire serrée, préférait manier l’ironie, mais n’en pensait pas moins en l’absence de sept de ses internationaux (seul Mas manquait à l’appel du côté de l’Usap), au repos en prévision du prochain Angleterre-France. « On n’a fait que du coaching sur blessure, déplorait le technicien au micro de Canal+ Sport en référence aux sorties après seulement vingt minutes de jeu de Lamboley et Botha. La fraîcheur de l’Usap a pesé en fin de match. Le championnat n’est pas important, la priorité c’est l’équipe de France, avoir sept joueurs en Bleu c’est bien, ils étaient en tribunes pour nous soutenir, c’était bien. Mon 1 000e match je m’en fiche complètement, on va continuer à s’accrocher, à livrer combat jusqu’au bout, et on comptera les points à la fin. » Et d’ajouter plus amer que jamais : « On espère que l’équipe de France gagnera quelques matches…« 

Toulouse, morne plaine

Forcément loin de son entame tout feu tout flamme d’il y a cinq mois, à Barcelone, l’Usap, malgré une bonne entrée en matière, se commet par son indiscipline et offre à Luke McAlister, qui a touché du bois sur sa première tentative (7e), l’opportunité de concrétiser la mainmise des Toulousains sur le ballon. Cinq pénalités dans le seul premier quart d’heure, dont un carton jaune clément pour l’ailier Adrien Planté, auteur d’un plaquage dangereux sur Yves Donguy, et le buteur néo-zélandais enquille ses deux premiers coups de pied (10e, 13e) de la soirée (6-0). Dans son probable souci de prouver aux sélectionneurs qu’ils se sont trompés en l’évinçant du groupe France pour Twickenham, Romain Taofifenua symbolise se trop-plein d’agressivité des Catalans. Une Usap qui, pourtant, malgré son infériorité numérique, réussit à réduire le score par James Hook suite à cette faute « intelligente » de Grégory Lamboley sur ce maul écroulé à cinq mètres de la ligne toulousaine (6-3, 18e).

La dernière action de Lamboley qui, touché a priori aux ischio-jambiers, doit quitter la pelouse, suivi de près par le talonneur Gary Botha (cheville). De la casse, mais toujours cette avalanche de pénalités sur l’Usap, qui concède trois nouveaux points (9-3, 22e). Par-delà les intentions, c’est la pauvreté technique de ce premier acte qui, de part et d’autre, saute aux yeux. A l’indiscipline, apanage des visiteurs, s’ajoute une série de fautes techniques partagées, qui voit Hook (9-6, 30e) et McAlister (12-6, 35e) faire le score. Même si le Gallois regrettera ces deux tentatives ratées avant la pause (42e).

« On est fébriles dès qu’on entre dans le camp des Catalans. » L’aveu de Clément Poitrenaud à la pause illustre les doutes du moment dans les têtes toulousaines. Et ce n’est pas le triste début de seconde période qui risque de rassurer les Rouge et Noir, capables tout au plus de créer un petit break par McAlister (15-6, 51e). Des Toulousains qui ne sont pas exempts de tout reproche en matière de discipline, à l’image de ce plaquage à l’épaule, signé Census Johnston, qui étend de tout son long les 138 kilos et les 2 mètres de Taofifenua. La sanction tombe : carton jaune pour le Samoan et trois points de plus pour Hook (15-12, 58e). Le buteur perpignanais qui ramène même l’Usap à trois longueurs (15-12, 64e). Le grand « Tao » s’est relevé, mais pour commettre une nouvelle faute, qui redonne de l’air au Stade (18-12, 65e). Avantage toutefois bien fragile pour des Toulousains, de plus en plus défaillants en conquête et surtout incapables de se défaire de la menace directe de leurs adversaires qu’un jeu au pied apparemment anodin de David Marty envoie au paradis sur ce ballon récupéré par Gavin Hume, auteur de l’essai d’une victoire historique dans la Ville Rose (18-19). Ultime signe de l’avanie toulousaine, le poteau que touche McAlister sur sa dernière tentative de pénalité (75e). Quand ça ne veut pas…

Source : Orange Sports

Top 14:réveil de Toulouse, balade de Toulon, naufrage du Stade Français

Le Stade Toulousain a renoué avec la victoire à Castres (18-16) après deux défaites consécutives, tandis que le Stade Français a subi une véritable humiliation à Montpellier (54-16) dimanche lors de la 14e journée du Top 14 de rugby, premier épisode de la phase retour.

Le RC Toulon, champion d’automne, conserve sept points d’avance sur Clermont(2e) grâce à sa large victoire (46-13) face à Perpignan en clôture de la 14e journée, notamment grâce à 26 points de l’ouvreur anglais Jonny Wilkinson.

Après ses défaites face aux Gallois de Neath-Swansea Ospreys (17-6) en Coupe d’Europe, puis face à Grenoble (15-6), le Stade Toulousain (3e) s’est réveillé aux dépens du voisin castrais, qui conserve cependant sa quatrième place.

Six pénalités de Lionel Beauxis se sont révélées suffisantes pour l’emporter au stade Pierre-Antoine, les Tarnais ayant manqué le coche à deux minutes de la fin avec une pénalité manquée par le buteur sud-africain Rory Kockott.

Les Toulousains cèdent cependant un point supplémentaire à Clermont (2e), en véritable démonstration face à Bayonne (48-3) pour un 52e succès consécutif à domicile toutes compétitions confondues.

La 14e journée a par ailleurs été marquée par le carton de Montpellier (5e) face au Stade Français (54-16). Le club héraultais revient à un point de Castres au classement, tandis que le Stade Français plonge en dixième position, dépassé par Biarritz et par le Racing-Métro.

Les Franciliens ont clos une année 2012 compliquée par une nette victoire assortie du point de bonus offensif face à Agen (40-6), tandis que Biarritz, qui restait sur une lourde défaite à Paris (36-23), s’est rattrapé sans briller sur le terrain voisin de la lanterne rouge Mont-de-Marsan (19-18).

Grenoble (6e) a poursuivi sa marche victorieuse vers le maintien en signant une neuvième victoire cette saison samedi face à Bordeaux-Bègles (19-9). Les Girondins repartent bredouilles de leur voyage en Isère et ne comptent toujours qu’un point d’avance sur Agen, premier relégable qui a subi face au Racing sa septième défaite consécutive.