Coupe d’Europe : Toulouse et McAlister usent Leicester et s’imposent

Toulouse, quadruple vainqueur de la Coupe d’Europe, a réussi son entrée dans la compétition en s’imposant à l’usure (23-9) et grâce à la botte de McAlister, auteur de six pénalités, sur Leicester lors de la 1er journée (groupe 2) dimanche.

Avec quatre points, Toulouse occupe la 2e place de la poule 2 dans laquelle les Gallois de Neath-Swansea Ospreys se sont imposés avec bonus (38-17 et quatre essais) sur Trévise, samedi.

Les Toulousains, qui avaient en tête le souvenir d’un revers à domcile contre les Harlequins (24-31) la saison dernière, ont mis près d’une mi-temps pour prendre le dessus sur son adversaire qui a longtemps mené grâce aux coups de pied de Flood.

C’est alors que les Toulousains jouaient en infériorité numérique (carton jaune à Steenkamp pour antijeu), que Fickou, 18 ans, profitait d’un en-avant de Leicester, créait une brèche, poursuivait au pied et donnait pour la première fois de la partie l’avantage aux siens (11-9, 38e).

Prenant l’ascendant sur leur adversaire, les Toulousains concrétisaient leurs temps forts par les pénalités de McAlister, auteur d’un six sur huit aux coups de pied.

Toulouse punit Castres

L'ailier Toulousain Vincent Clerc (à gauche), auteur de deux essais contre Castres, a grandement contribué à la qualification de son équipe pour les demi-finales du Top 14.

La belle aventure castraise a pris fin au Stadium. Trop timoré, le CO est tombé en barrage (35-12) sur des Toulousains toujours en course pour le doublé Coupe d’Europe – championnat.

Les visages sont fermés. Les mines déconfites. Assis sur le banc castrais juste après leur remplacement, Romain Teulet et Alexandre Albouy n’en mènent pas large. Le métronome du CO et le dernier rescapé de la demi-finale de 2001 voient l’aventure de Castres s’arrêter en match de barrage contre Toulouse (35-12). Comme il y a neuf ans, lorsque les hommes de Guy Novès (déjà !) avaient fait régner leur loi au Stadium. Ce succès leur ouvre ainsi les portes d’une dix-septième demi-finale de rang qu’ils disputeront contre le champion de France en titre, Perpignan, le vendredi 14 mai à Montpellier.

Il n’y a finalement pas eu de duel entre le quatrième et le cinquième de la phase régulière. Trop souvent poussés à la faute, maladroits, incohérents dans leur choix, les Tarnais n’ont pas fait le poids et ont mesuré tout le chemin qu’il leur restait à parcourir. Car dès la 3eminute, Médard profite d’une percée de Lamboley, consécutive à un ballon perdu de Castres pour ouvrir le score (7-0). Quelques minutes plus tard, c’est Vincent Clerc qui raffûte à trois reprises pour lui aussi y aller de son essai. Déjà 14-0 après 17 minutes, Castres ne reste dans le match que grâce au coup de pied diabolique de Romain Teulet, auteur d’un sans faute.

Castres prend date

« Il faut éviter de rendre des ballons trop facilement, pestait Laurent Labit, le technicien du CO, à la mi-temps (17-6). Je pense qu’il y a un peu de fébrilité due à l’enjeu, mais il ne faut pas se chercher d’excuse. » L’entame de la deuxième période se limite à un duel de buteurs avec Romain Teulet et Jean-Baptiste Elissalde dans les rôles principaux. Jusqu’au deuxième essai de Vincent Clerc (28-12, 65e). Et pour enfoncer un peu plus les Castrais, c’est le puissant Yann David qui ajoute un quatrième essai (35-12, 70e), juste avant que Rodrigo Capo Ortega ne soit pénalisé d’un carton jaune pour une mauvais geste sur l’auteur de l’essai. Comme un symbole, alors que le CO tente de sauver l’honneur, Marc Andreu commet un en-avant juste devant la ligne d’en-but.

« C’est dommage de finir sur une fausse note, rumine Yoann Audrin. On a manqué de maîtrise et on a vu qu’il nous restait beaucoup de choses à apprendre. » Un constant plein de lucidité qui ne doit rien enlever au très beau parcours d’une équipe en pleine ascension et qui luttait encore pour ne pas descendre l’année dernière. Quant aux Toulousains, rois de l’intox et qui avaient annoncé que cette rencontre leur servirait de préparation pour la finale de la H Cup le 22 mai contre Biarritz, ils sont toujours en course pour leur formidable doublé. « Ça devient compliqué, tranchait pourtant le Toulousain Jean-Baptiste Elissalde. On fatigue, mais on a un bon moral. On verra ce que ça donne contre le champion de France. » Le rendez-vous est pris.

Source : RMC Sport, Photo : Le Parisien

Le triomphe décrypté

Le capitaine Dusautoir assure la passe dans la défense sud-africaine (photo AFP)

Quels ont été les secteurs où les Bleus ont été supérieurs ? Dans quels domaines l’équipe de France doit-elle encore progresser ? L’analyse du match en six points.

La mêlée bleue est-elle LA référence mondiale ?
Incontestablement, oui. La prestation d’ensemble a confirmé que la mêlée française n’avait actuellement pas d’égale sur la planète. Le huit du Coq a plusieurs fois fait exploser son vis-à-vis en mêlée fermée (les Bleus ont aussi fait la loi sur les phases de ruck). Les trois lignes ont été impressionnantes mais on accordera une mention spéciale au pilier Fabien Barcella, auteur d’un match exceptionnel. En face, Smit a passé une sale soirée. Même si les Springboks ne font pas de la mêlée une priorité dans la conquête du ballon (ils préfèrent se concentrer sur la touche), la supériorité était flagrante. Comme face aux All Blacks à Dunedin il y a cinq mois.

Les Bleus ont-ils tenus le choc en touche ?
On craignait le pire avec le meilleur alignement de la planète en face. L’équipe de France a tenu le choc avec 12 ballons captés sur 13 lancers. Ce n’est pas un mince exploit lorsqu’on sait que durant le Tri Nations, Victor Matfield et ses coéquipiers ont volé 44% des ballons sur lancer adverse ! Il faut dire que les sorties temporaires de Matfield et Botha en première période ont pu perturber l’organisation des champions du monde. Seul couac, le lancer raté de Williams Servat qui a amené l’essai des Springboks de Smit. Le Toulousain a peut-être été gêné par le vent très violent vendredi soir.

Est-ce le match de référence sur lequel s’appuyer ?
Le contenu est satisfaisant car cela commence à ressembler à quelque chose», s’est réjoui Marc Lièvremont après la victoire. Les Bleus ont livré au Stadium leur match le plus complet depuis l’arrivée du nouveau sélectionneur il y a deux ans. Avec la victoire face au Pays de Galles (21-16) dans le Tournoi en février dernier et le succès à Dunedin face à la Nouvelle-Zélande (27-22) il y a cinq mois, les Bleus disposent de trois matches référence sur lesquels ils peuvent s’appuyer.

Qu’est ce qui n’a pas marché ?
Même si Julien Dupuy a passé quatre pénalités, le joueur du Stade Français a raté deux tentatives (dont une qui s’est terminée sur le poteau). «Cela aurait pu coûter cher à la fin», a admis le buteur qui fut par ailleurs excellent dans l’animation du jeu. Mais la France n’a pas encore trouvé son Morne Steyn (94% de réussite dans les coups de pied avant le test-match). Lorsque Dupuis est sorti, Parra a raté l’immanquable à 20 mètres des poteaux sur une nouvelle pénalité.

Les expulsions temporaires ont-elles été préjudiciables aux Springboks ?
Morne Steyn (40e antijeu) et Ryan Kanakowski (69e, antijeu) ont écopé de cartons jaunes qui ont forcément pesé lourd dans la balance dans un match international d’une telle intensité puisque la mêlée adverse a joué à sept durant un bon moment. Les champions du monde auraient pu encaisser deux pénalités lorsqu’ils furent en infériorité numérique mais Dupuy les a manquées. Les Springboks ont visiblement eu quelques soucis de compréhension avec l’arbitre vendredi soir. Cela n’a pas empêché De Villiers de reconnaître la supériorité de l’équipe de France «Bien joué les Français, ils ont été meilleurs que nous ce soir (Ndlr : vendredi).»

Que s’est-il passé avec l’hymne sud-africain ?
Après la rencontre, toute la délégation sud-africaine a critiqué la manière avec laquelle l’hymne sud-africain a été entonné. «Je voudrais juste signaler le fait que l’hymne sud-africain n’a pas été respecté et a été chanté par quelqu’un qui ne chantait pas bien», a déploré Peter De Villiers. Ras Dumisiani, l’artiste sud-africain en question, a livré une version reggae assez inattendue qu’il a conclue par un surprenant «Rastafari !». Une touche pacifique qui n’a pas plu à Victor Matfield : «La façon dont l’hymne a été joué a été risible et d’ailleurs, les Français se sont mis à rire avant la fin. Ca a peut-être eu une influence sur la rencontre.»

Source : www.lefigaro.fr

Résumé de la rencontre