Un XV de la Rose de gala

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Après deux défaites contre l’Afrique du Sud et l’Australie, l’Angleterre a parfaitement réagi en s’offrant la Nouvelle-Zélande, samedi en test-match à Twickenham (38-21). Grâce à trois essais de Barritt, Ashton et Tuilagi, les joueurs de Stuart Lancaster ont fait forte impression face à des All Blacks qui ont raté leur première période. De son côté, l’Australie l’a emporté au Pays de Galles (14-12). 

A ce niveau-là, il serait presque réducteur d’évoquer un simple tremblement de terre. Car si séisme il y a eu à Twickenham, il a traversé les âges. Le succès retentissant des Anglais face aux Blacks (38-21) fait tomber un nombre incalculable de barrières, d’un strict point de vue statistique mais aussi – et surtout – psychologique. Comme chez les Gallois la semaine dernière, il aurait pu être écrit qu’une soudaine accélération suffirait. Menés 12-0 à la pause, sans point à la mi-temps pour la première fois du 21e siècle, les Blacks ont inscrit 2 essais en 3 minutes peu après le retour des vestiaires. Mais la Rose a décidé d’être vénéneuse. « Je n’y croyais pas vraiment avant le match, admettait Chris Robshaw à la BBC. Pour battre les champions du monde, vous avez besoin d’un peu de chance. Et on en a eu. »

Richie McCaw comptait à lui seul plus de sélections que le pack anglais. Le capitaine et Dan Carter étaient même plus capés à eux deux que l’ensemble des titulaires adverses. Seulement, il est certains matches où l’expérience ne peut pas tout faire. Et cette pénalité inhabituellement manquée par l’ancien Perpignanais à 40 mètres en face des poteaux, après 16 minutes de jeu, était bien un signe. L’Angleterre met fin à une série de 9 défaites de suite contre la Nouvelle-Zélande (sa dernière victoire avait eu lieu à Wellington, 15-13), de même qu’elle stoppe celle de 20 victoires d’affilée des champions du monde. Ce septième succès anglais sur les 35 dernières rencontres entre les deux équipes scelle aussi la deuxième plus lourde défaite de l’histoire des Blacks en tests.

McCaw: « Nous serons de retour »

Jamais la Rose n’avait inscrit autant de points contre les Kiwis, qui n’ont pas subi un écart aussi important face à leurs adversaires du jour depuis 1936 et un 13-0. Les courtes défaites contre l’Australie et l’Afrique du Sud sont oubliées, effacées, balayées. Pourtant, 76 ans plus tard et à la 51e minute du match, qui aurait pu croire à un tel scénario ? Après les essais de Savea (48e) et Kieran Read (51e), qui permettaient aux Néo-Zélandais de revenir à un point suite à cinq coups de pied d’Owen Farrell – qui était de retour à l’ouverture – la messe semblait dite. Les Néo-Zélandais ne recollaient qu’à 15-14 mais comme d’habitude, la machine était enclenchée… Le problème, c’est que justement, les Anglais ne voulaient pas faire comme d’habitude.

Les trois essais de Barritt (20-14, 54e), Ashton (25-14, 58e) et Manu Tuilagi sur une interception (32-14, 63e) ont transporté Twickenham dans une sphère démente. « Je suis juste impressionné par les garçons, déclarait Stuart Lancaster, sélectionneur ébahi du XV de la Rose, à la BBC. On a tous souffert mais on est restés soudés, et c’est juste plaisant qu’ils aient leur rayon de soleil. » Ces 10 petites minutes autour de l’heure de jeu comptent déjà parmi les plus belles de l’histoire du rugby anglais, un tour des réseaux sociaux suffisant à s’en assurer. Les deux équipes finiront à trois essais partout, après un dernier passage dans l’en-but de Savea à six minutes du terme. Mais avec deux autres pénalités de Freddie Burns (67e, 73e), le pied aura creusé un écart béant (38-21).

« On a lutté pour revenir, mais l’Angleterre a particulièrement bien joué, concédait un Richie McCaw beau joueur. C’est tout à leur honneur. On s’était préparés pour une grosse bataille et c’est ce qu’il s’est passé, ils nous ont fait sauter. C’est une bonne équipe et ils ont saisi leur chance, on a lâché à un moment vital. C’est décevant, mais nous serons de retour. » La fameuse thèse de la claque salvatrice… On peut faire confiance à McCaw et ses hommes, car le dernier revers aussi lourd remontait à août 1999 et un 28-7 contre l’Australie. Quant au nombre de points encaissés, le 40-26 d’août 2004 contre l’Afrique du Sud était la dernière référence négative. A ce rythme, il faudra au moins attendre 2017 avant la prochaine rouste.

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Les All Blacks punissent l’Ecosse

La Nouvelle-Zélande a entamé sa tournée d’automne par une promenade de santé en infligeant une correction 51 à 22 (mi-temps: 34-17) à l’Ecosse sur sa pelouse de Murrayfield, se permettant au passage une tranquille revue d’effectif.

L’Ecosse aura en tout et pour tout mené pendant 5 minutes, de la 14e à la 19e minute, après le premier essai de Tim Visser, son « Hollandais volant », à la conclusion d’une perte de balle de Dan Carter. Mais la machine néo-zélandaise s’est ensuite mise en route et les essais noirs, six au total, ont défilé, avec notamment un doublé de l’ailier Julian Savea. Avec 21 points au pied de Carter, la barre des 50 points était dépassée et les Ecossais devront encore attendre pour fêter leur première victoire, avec désormais un compteur indiquant 27 défaites pour deux matchs nuls, le dernier en 1983. Face aux vainqueurs du dernier Four Nations, qui étrennaient dimanche en Europe leur titre de champions du monde 2011, les Ecossais n’ont jamais semblé en mesure de l’emporter, malgré la vitesse de leur ailier néerlandais Tim Visser, auteur d’un doublé, soit quatre essais au total pour lui en trois matches sous le maillot au chardon.

Si elle n’osait rêver tout haut à la victoire, l’équipe entraînée par Andy Robinson espérait au moins terminer la rencontre sur un score honorable. Après sa très belle tournée de juin dans l’hémisphère sud, avec trois victoires, dont une en Australie (9-6), le réveil a été difficile. Pour les Blacks, cette tournée d’automne a par contre démarré idéalement, avec deux nouveaux capés entrés en cours de jeu dimanche, Tawera Kerr-Barlow à la mêlée et Dane Coles au talonnage, et une nouvelle paire de centres Tamati Ellison – Ben Smith qui a passé avec succès l’épreuve du feu. Seule ombre au tableau peut-être: le mauvais geste d’Adam Thompson, le troisième-ligne aile, sorti sur carton jaune à la 45e minute pour avoir marché sur la tête d’un joueur écossais, et qui pourrait être cité et exclu pour le reste du voyage. Attendus désormais en Italie puis au pays de Galles et enfin en Angleterre, les All Blacks n’ont plus connu la défaite depuis dix ans lors d’une tournée en Europe. Il y a bien eu une défaite en 2007, à Cardiff, contre la France, mais c’était lors de la Coupe du monde.

Le message de la France à la planète ovale

Nous savions les Français capables de battre les Wallabies, certains observateurs faisaient même remarquer qu’il s’agissait-là d’une des plus talentueuses équipe de France que nous ayons alignée ces dix dernières années. Mais nous étions loin d’imaginer que la France était capable d’une telle performance face à une nation du sud. Ceux qui ont pu voir le deuxième test-match en Argentine seront probablement confortés après ce France-Australie.

Une victoire estampillée Top 14

Les Français auront dessiné leur victoire dans les phases de conquête et notamment en mêlée fermée, on nous avait dit que les Australiens avaient progressé dans ce secteur, ce ne fut pas flagrant ce samedi. Archi-dominants dans ce secteur les Bleus profitèrent pour marquer leurs vis-à-vis australiens au fer rouge, inscrivant au passage deux de leur trois essais sur des mêlées fermées. L’autre grande satisfaction fut la défense bleue qui ne s’est pas pris un seul essai, même si à plusieurs reprises les Wallabies sont passés tout prêt franchissant même la ligne une fois sans que l’essai ait pu être accordé par l’arbitrage vidéo. Troisième grande satisfaction, les joueurs français qu’on savait talentueux ont gagné la plupart de leurs duels face à leurs adversaires directs. Peut-être que ces fameux livrets individualisés, remis par Philippe Saint-André, où figurent toutes les informations (points forts/points faibles) concernant les vis-à-vis directs de chaque joueur aura apporté des renseignements clés. Il n’y avait pas besoin d’être un grand spécialiste en rugby pour comprendre que les joueurs de l’hémisphère sud étaient en train de passer un très sale quart d’heure, il suffisait de lire la détresse dans leurs yeux pour savoir que rien n’allait plus.

Une marge de progression

Cette victoire s’est donc construite sur les phases statiques, une grosse défense agressive et qui montait très haut coupant les intentions de jeu australiennes et sur de nombreux duels gagnés par les Bleus. Néanmoins tout ne fut pas parfait. Il n’y eut qu’à de rares occasions des mouvements de grandes envergures. On aurait pu penser que cet alignement Michalak, Mermoz, Fritz, Clerc, Fofana, Dulin allait trouver des brèches dans la défense adverse. Il n’en fut rien. A part un éclair de Fofana (bien servi par Michalak) sur le deuxième essai, les trois-quarts français n’ont pas brillé par leurs grandes envolées mais plutôt par leur défense agressive et leur pragmatisme. Ce qui est complètement normal, compte-tenu du temps extrêmement court dont ont disposé les Français pour préparer ce test-match. Il existe donc une marge de progression importante, ce qui peut paraître invraisemblable quand on sait que les Bleus ont gagné avec un écart de 30 points, c’est pourtant vrai. Le jeu au pied fut peu utilisé et à mon avis aurait pu contribué à trouver par la suite des solutions offensives, mais il s’agissait-là probablement de consignes strictes de ne pas rendre de ballons à un adversaire qui peut être redoutable sur les ballons de relances.

Mention spéciale à notre troisième ligne

La victoire s’est indéniablement construite à 15, on pourrait même dire à 23 (bien que les 20 dernières minutes furent plus en faveur des australiens). Je voudrais tout de même souligner la performance extraordinaire de la troisième ligne à l’image de Louis Picamoles qui, avec ses charges aussi dévastatrices que nombreuses, compensa à lui tout seul le déficit de puissance du pack français. Fulgence Ouedraogo et Yannick Nyanga, dont on se souviendra longtemps de ses larmes lors de la Marseillaise, eurent du cœur. La domination française dans les rucks fut totale.

J’espère donc que les Bleus fourniront le même type de prestation à Lille face à des Pumas qui viennent de s’imposer assez aisément face au Pays-de-Galles au Millenium Stadium de Cardiff. Je regrette seulement que le Stade de France n’ait pas été plein à craquer hier. Il y a un vrai problème que la FFR (et les clubs) vont devoir très vite régler. Le commentateur de France 2 a annoncé 77 000 spectateurs, je pense qu’on était plus proche des 70 000 car il semblerait que certaines places n’aient pas trouvé preneur. Peut-être faudra-t-il revoir le tarif de certaines places avant de songer à réellement construire un grand stade, car vraiment ça valait le coup d’être hier soir au Stade de France.

Mister Rugby

XV de France : Sur un air d’Argentine

Pour affronter l’Australie, samedi au Stade de France, Philippe Saint-André a décidé de confier les rênes du jeu à la charnière Machenaud-Michalak. Les deux joueurs avaient déjà fait la paire en Argentine, lors de la dernière tournée d’été. Avec brio.

Morgan Parra et François Trinh-Duc commenceront sur le banc, le test-match programmé samedi face à l’Australie. Le staff tricolore a opté pour une solution plus innovante en associant le jeune Maxime Machenaud à la mêlée (23 ans, 1 sélection) et Frédéric Michalak à l’ouverture (30 ans, 56 sélections). Comme à Tucuman où la France s’est imposée face aux Pumas 49 à 10.

Samedi, l’opposition face aux Wallabies sera d’un autre calibre. Mais ce choix reste dicté par « la logique du dernier test en Argentine où on a été content de Maxime et Frédéric Michalak .En plus, avec le fait que Morgan n’a pas pu s’entraîner pendant trois jours, le choix a été plus simple », a déclaré le manageur du XV de France, Philippe Saint-André.

Brice Dulin lui aussi sur le pré

Mais la béquille reçue à la cuisse droite, qui l’a privé du début du stage de préparation, n’explique pas tout. Le Clermontois, 24 ans dans une semaine, fait surtout les frais de la forme étincelante de Machenaud.

Le Racingman qui a honoré sa toute première sélection lors du second test-match contre les Pumas et marqué un des six essais français est sur la bonne dynamique, y compris avec son club. A l’instar de Brice Dulin, également titulaire en Argentine et qui sera réaligné à l’arrière ( Huget débutant sur le banc, où il couvrira les postes d’ailier et d’arrière).

Marqué par la râclée historique infligée par les Wallabies en 2010 au Stade de France (16-59), Philippe Saint-André garde dans sa manche un atout : une charnière opérationnelle Parra-Trinh-Duc, bien au chaud sur le banc, au cas où.

Le 15 titulaire face à l’Australie : Dulin (Castres) – Fofana (Clermont), Fritz (Stade Toulousain), Mermoz (Toulon), Clerc (Stade Toulousain) – (o) Michalak (Toulon), (m) Machenaud (Racing-Métro) – Ouedraogo (Montpellier), Picamoles (Stade Toulousain), Nyanga (Stade Toulousain) – Maestri (Stade Toulousain), Papé (Stade Français, cap.) – Mas (Perpignan), Szarzewski (Racing-Métro), Forestier (Castres)

Remplaçants: Kayser (Clermont), Domingo (Clermont), Debaty (Clermont), Suta (Toulon), Chouly (Clermont), Parra (Clermont), Trinh-Duc (Montpellier), Huget (Stade Toulousain).

Avant-match : Irlande-France

Encore blessé, Maxime Mermoz ne sera pas sur la feuille de match

Marc Lièvremont a procédé à une large revue d’effectif pour le deuxième match contre l’Irlande, avec treize changements dans le XV de départ. Si Rougerie est titulaire, Barcella est sur le banc.

Si Marc Lièvremont est superstitieux, il fait tout pour jouer avec la chance. Pour le deuxième test-match contre le XV du Trèfle samedi, le sélectionneur des Bleus a procédé à treize changements dans son équipe de départ par rapport à celle qui s’est imposée face aux Irlandais le week-end dernier sur la pelouse de Bordeaux (19-12). Dès le début de la préparation, il avait annoncé la couleur et expliqué que sa volonté était de donner un maximum de temps de jeu à tous les joueurs retenus. Ainsi, seuls Dimitri Szarzewski et Alexis Palisson font le doublé et seront alignés d’entrée à l’Aviva Stadium de Dublin. La titularisation du premier confirme qu’une hiérarchie claire se dégage au talonnage et que le Parisien est considéré comme le numéro 2, voire le numéro 1 en cas de forfait de William Servat, de nouveau préservé pour cette rencontre. Guilhem Guirado débutera encore sur le banc. La présence de Palisson est, elle, moins significative mais indique que le staff tricolore souhaite lui donner sa chance de faire jouer la concurrence face aux Toulousains Maxime Médard et Vincent Clerc.

Si le turnover mis en place par Lièvremont et ses acolytes n’est pas une surprise, Aurélien Rougerie sera l’homme à surveiller dans l’antre irlandaise. Victime d’une fracture de la malléole externe et d’un arrachement du ligament interne de la cheville gauche lors de la dernière journée de la saison régulière du Top 14 à Toulouse, le Clermontois a récupéré à vitesse grand V. Un temps proche du forfait pour la prochaine Coupe du monde (en Nouvelle-Zélande, du 9 septembre au 23 octobre), il a surpris l’ensemble de l’encadrement médical pour finalement reprendre l’entraînement bien plus tôt que prévu. Le déplacement en Irlande sera donc l’occasion d’un test grandeur nature avant le départ. Il sera associé au centre de l’attaque bleue à Fabrice Estebanez, qui devra se montrer à son avantage pour s’imposer comme la solution de rechange privilégiée au poste de premier centre, alors que l’option François Trinh-Duc est envisagée.

Fabien Barcella devra, lui, attendre de sortir du banc pendant la rencontre pour tester la résistance de son biceps du bras gauche. Jean-Baptiste Poux, auteur d’une entrée probante à Chaban-Delmas, lui a été préféré. Aligné aux côtés de Pascal Papé en deuxième ligne, Lionel Nallet hérite du capitanat en l’absence de Thierry Dusautoir. La troisième ligne est composée de Julien Bonnaire, Louis Picamoles et Fulgence Ouedraogo. Pour les deux derniers, écartés lors du dernier Tournoi des VI Nations, ce sera leur première apparition avec le maillot frappé du coq en 2011. Cédric Heymans fait lui aussi son retour, quasiment deux ans après sa dernière sélection, contre la Nouvelle-Zélande en novembre 2009. La charnière est modifiée dans son entier, avec l’apparition de l’attelage Parra-Skrela. Si l’ancien Parisien a clairement un temps de retard sur Trinh-Duc en vue du Mondial, le Jaunard joue lui très gros à la mêlée dans son duel à distance avec Dimitri Yachvili, convaincant à Bordeaux. Pour lui comme pour les autres, ce sera la dernière occasion de marquer des points avant le grand départ.

 

Le XV français : Heymans – Médard, Rougerie, Estebanez, Palisson – (o) Skrela, (m) Parra – Ouedraogo, Picamoles, Bonnaire – Nallet (cap), Papé – Poux, Szarzewski, Mas

Remplaçants : Guirado, Barcella, Pierre, Lakafia, Yachvili, Trinh-Duc, Clerc

23eme homme
 : Ducalcon

Le XV irlandais : F.Jones – Trimble, O’Driscoll, D’Arcy, Earls – (o) Sexton, (m) O’Leary – D.Wallace, Heaslip, S.O’Brien – P.O’Connell, O’Callaghan – Ross, Best, Healy

Remplaçants
 : Flannery, Court, M.McCarthy, Ferris, Reddan, O’Gara, Fitzgerald

Source : Rugby365.fr

Résumé du match France – Irlande à Bordeaux

Les All Blacks marquent leur territoire

Brad Thorn domine les airs face à Ali Williams

A la veille du début du Tri-Nations opposant l’Australie à l’Afrique du Sud, la Nouvelle-Zélande a largement remporté son test-match contre les Fidji (60-14). Après avoir accepté le défi physique, les All Blacks ont imposé leur vitesse en inscrivant huit essais, dont le premier était l’oeuvre du futur Clermontois Sivivatu. A un mois et demi de leur Coupe du monde, les Néo-Zélandais sont prêts, et ils devront le montrer la semaine prochaine contre l’Afrique du Sud.

L’image est belle, le son impressionnant. Comme le veut la tradition, Fidjiens et Néo-Zélandais ont réalisé leur haka respectif avant le début de leur duel. Et si les visiteurs ont eu l’honneur de débuter, les hôtes n’ont pas attendu la fin pour débuter le leur. Histoire de marquer leur territoire, de marquer les esprits, d’affirmer que, malgré le fait que la recette de ce test-match était destiné aux victimes du séisme à Christchurch, ils n’étaient pas là pour plaisanter.

Le début de la rencontre le montrait, avec des All Blacks se lançant dans l’approfondissement des fondamentaux: le combat. Face à des Fidjiens toujours très joueurs et doués ballon en mains, ils pilonnaient la ligne défensive, engageant une épreuve de force de longue haleine. Ils ne tardaient pas à en récolter les fruits, d’abord avec une pénalité de Slade (3e), dont c’était la première titularisation au poste d’ouvreur, puis par un essai de Sivivatu en bout de ligne (9e). Ce match était d’ailleurs l’occasion de voir s’opposer Nalaga, l’ancien ailier de Clermont qui n’est jamais revenu en Auvergne, et le futur ailier de l’ASM, Sivivatu, même si les deux joueurs n’évoluaient pas sur la même aile. La domination se poursuivait et Slade jouait habillement au pied dans le dos de la défense pour lui-même, bénéficiant d’un rebond favorable avec le poteau pour inscrire un essai (23e, 18-0). Puis Hore, le talonneur, se trouvait en bout de ligne pour finir le travail collectif (35e, 25-0), suivi de près par un essai en force du 3e ligne Thompson (38e, 32-0).

Après la pause, les joueurs fidjiens se montraient plus entreprenants, plus solides et étaient récompensés de leur domination par un essai de Serelevu (53e, 32-7). C’était le moment que choissait Graham Henry, le sélectionneur néo-zélandais, pour faire entrer Weepu à la mêlée. Cette modification accentuait un retour des Blacks, puisque le demi de mêlée surpuissant était là pour taper à suivre dans le dos de la défense et offrir l’essai à son centre Smith, plus rapide d’un cheveu que son coéquipier Nonu (63e, 39-7). Pour le dernier quart-d’heure, Daniel Carter entrait, prenant la place de Slade auteur d’une belle performance. Et Weepu, encore lui, sonnait la charge et trouvait ses coéquipiers en soutien pour se retrouver à la fin du mouvement et conclure d’un nouvel essai (68e, 46-7). Mais le chef-d’oeuvre était l’oeuvre d’un Fidjien, l’ailier Goneva tapant à suivre dans le dos de la défense et faisant une pichenette digne d’un footballeur au moment où Weepu s’apprêtait à récupérer le ballon pour s’emparer du ballon et inscrire le deuxième essai de son équipe (70e, 46-14). Mais la débauche d’énergie déployée par les Fidjiens tout au long du match pour endiguer la marée noire se voyait en fin de rencontre, avec un essai de pénalité infligé à la 76e minute, puis un essai en contre de Muliaina dans les dernières secondes pour infliger un score sacrément lourd (79e, 60-14).

Contrairement aux Wallabies la semaine passée, les Néo-Zélandais ont parfaitement débuté leur série de matches de « préparation » à la Coupe du monde en se montrant solides dans le combat et très structurés dans le jeu. A confirmer à un tout autre niveau, la semaine prochaine, pour leur entrée en lice dans le Tri-Nations face aux Springboks.

Article original 

Des Bleus pas très saignants


Le match fut compliqué pour l'attaque tricolore !

Que dire ? On s’est tout de même pas mal ennuyé hier soir devant notre télévision. Pourtant la première mi-temps était pleine de promesses, mais ensuite plus rien. Quelles sont les forces et faiblesses de ce XV de France ? A un an de la Coupe du Monde et avant un match qui s’annonce capital face à l’Australie traitons d’y voir plus clair :

Au rang des satisfactions on retiendra bien sûr la victoire, elles furent assez peu nombreuses contre l’Argentine ces derniers temps pour qu’on la déprécie. La mêlé et la prestation des avants dans son ensemble furent satisfaisantes, il s’agit-là de l’unique certitude sur laquelle pourra s’appuyer le XV de France dans un avenir proche. La défense est également à classer du côté des points positifs, même si les Argentins n’ont pas vraiment été dangereux. J’attends de voir la tenue de notre défense face aux Wallabies, équipes autrement plus électrique que celle des Pumas. Je retiendrai enfin le jeu au pied qui fut nettement profitable au XV de France et qui permis d’occuper le terrain et aux Bleus de se sortir de situations délicates.

Malheureusement le test-match de la Mosson nous aura laissé sur notre faim avec un sentiment de frustration comme c’est souvent le cas après un France – Argentine. Un manque de fluidité, un manque de repère dans les transmissions, manque de vitesse aux ailes, incapacité à multiplier les temps de jeu. Plus on avance, plus on s’approche de la Coupe du Monde et moins cette équipe à de repaires ! A chaque fois que la balle a été envoyée à l’aile cela s’est terminé par une touche avec un lancer argentin !

Attardons-nous un petit peu sur la prestation des joueurs. Comme je l’ai déjà dit plus haut, il n’y a pas grand-chose à reprocher à nos avants qui furent vaillants tout le match. Les mêlés ont été d’une manière générale dominées par les Bleus et l’arrivée des remplaçants (Ducalcon, Guirado) n’ont pas affecté le rendement en mêlé. En revanche du côté des touches il semblerait que le joueur catalan a eu du mal à trouver ses repaires, mais il est vrai que la gestion des remplacements par les entraineurs n’a pas été glorieuse n’ont plus. J’y reviendrai. Enfin ! Nous avons vu Sébastien Chabal dans le seul registre où il excelle véritablement qui est celui d’un joueur d’impact derrière lequel on peut jouer (à condition qu’il ne perde pas de ballon en route), avoir voulu l’enfermer dans le cinq de devant et le coller aux tâches ingrates ne me semblait pas très pertinent. Malgré tout, je préfèrerai une troisième ligne Dusautoir – Harinordoquy – Ouedraogo que je trouve plus mobile et nous donne plus d’assurance en touche. Pour moi Chabal reste un excellent joueur d’impact que l’on peut faire rentrer dans les 20 dernières minutes.

Damien Traille a été précieux par son jeu au pied mais a éprouvé énormément de mal à lancer sa ligne de trois-quarts. La paire de centre Jauzion-Rougerie ne m’a pas spécialement marqué. Certes l’Auvergnat a joué juste en défense, il vola même un ballon aux Argentins dans un ruck. Mais ce qu’on peut attendre d’une paire de centre au bout d’un moment c’est de franchir. A part un franchissement en fin de première mi-temps complètement improductif que retiendra-t-on de cet essai Jauzion – Rougerie ? Idem, pour notre triangle offensif 11-14-15 incapable de mettre le feu dans la défense argentine. Leurs vis-à-vis argentins, Camacho et Amarosino ont eux aussi manqué de tranchant, mais au moins ont été capable de faire jouer derrière eux et d’assurer la continuité du jeu. Je ne sais pas si d’autres ont pu observé la même chose que moi, mais j’ai eu le sentiment qu’entre un trio 10-12-13,  puissant et un peu lent, et un autre trio 11-14-15, rapide mais n’arrivant pas à faire la différence, il manquait quelque chose.

Le résultat de tout ça, c’est que de toute les équipes de la première division mondiale (Tri-nations, 6 Nations + Îles du Pacifique et Argentine) la France est celle qui propose aujourd’hui le jeu le plus triste de toutes. Je ne dis pas le moins efficace parce que ce serait mentir, mais le plus ennuyeux. Ce qui est complètement paradoxale pour une équipe d’entraineurs qui prétendaient que la France allait révolutionner le jeu. C’était flagrant, après chaque ruck, après chaque regroupement, la balle tardait à sortir, impossible de mettre de la vitesse dans ce match ! Plus ça va, plus le jeu du XV de France semble triste !

Alors que faire ?

Je ne détiens pas la vérité et proposer avec un clavier restera toujours plus facile que de gérer un groupe d’hommes. Souvent le manque de tranchant de la ligne de trois quart vient d’un manque de soutient des avants. Hier, le jeu semblait s’organiser autour de trois blocs : un groupe d’avant qui s’obstina au combat et aux tâches obscures, les 10-12-13 qui jouèrent dans un registre, et le trio offensif dans un autre registre. Chacun de ces trois blocs a joué son propre rugby sans se soucier de celui des autres, sans cohésion entre les blocs. Après les Blocs offensifs qui firent le succès de Bernard Laporte, les blocs improductifs sont une nouvelle invention de notre trio d’entraineurs ! Une première solution consisterait peut être à mettre une troisième ligne plus mobile en substituant Bonnaire et Chabal par Ouedraogo et Harinordoquy (en 8), cette dernière pourrait être d’avantage au soutien des trois-quarts. D’ailleurs il m’a semblé que l’entrée d’Harinordoquy a apporté un peu plus de cohésion dans le jeu. Ensuite, je remettrai une vraie paire de centre avec Bastareaud derrière lequel on peu jouer accompagné de Jauzion ou de Mermoz. Pour les ailiers et l’arrière, je n’ai pas de noms bien précis car à chaque sortie j’ai été un peu déçu de ce côté-là, j’aimerais bien revoir Fall et voir Porical dans un match de très haut niveau. Si aucun nom ne ressort on pourrait toujours utiliser le trio offensif du Stade toulousain qui à défaut d’être sensationnel en équipe de France possède déjà des repaires entre joueurs. C’est pourquoi j’attends avec impatience le retour des Mermoz, Bastareaud et Trinh-Duc.

Enfin, je me demande si la meilleure solution pour apporter du jeu ne reste pas le pragmatisme, les joueurs commencent en général à prendre des initiatives quand ils ont des schémas de jeu simples et suffisamment de repaires pour se sentir en sécurité. Les entraineurs du XV de France veulent s’orienter vers un jeu complexe, mais le temps dont ils disposent ne leur permet pas de faire la synthèse et les joueurs n’ont pas le temps de se l’approprier.