Tournée d’automne : les Pumas surprennent le Pays-de-Galles

PARIS (Sipa-AP) — Le pays de Galles s’est fait surprendre samedi à domicile 12-26 par l’Argentine lors de la première semaine des tests d’automne. L’Italie est difficilement venue à bout des îles Tonga (28-23) alors que l’Angleterre s’est baladée face aux Fidji (54-12).

Malgré sa dernière place au récent Four-Nations, ce tournoi très relevé dans l’hémisphère sud a permis à l’Argentine de progresser. Les Pumas ont dominé la possession du ballon et ont surtout montré plus d’ambition dans le jeu au Millennium Stadium de Cardiff que les vainqueurs du Tournoi des six nations. Juan Imhoff et Gonzalo Camacho ont inscrit un essai chacun alors que les Gallois ont dû se contenter de la botte de Leigh Halfpenny pour marquer au tableau d’affichage.

« C’est une grande victoire pour nous », a déclaré le capitaine argentin Juan Martin Fernandez Lobbe. « Ce nouveau groupe attendait une telle victoire depuis longtemps. » La dernière victoire argentine à Cardiff remonte à 2001.

Pays-de-Galles vs. Argentine (intégralité)

La Rose en démonstration

A Twickenham, l’Angleterre s’est bien préparé pour les tests bien plus difficiles qui l’attendent contre d’autres nations de l’hémisphère sud.

Charlie Sharples et Manu Tuilagi ont chacun signé un doublé. Le XV de la Rose a alourdi l’addition avec des essais d’Ugo Monye et Tom Johnson ainsi qu’un essai de pénalité. Toby Flood a tapé 17 points au pied.

« On a mis du temps à démarrer mais on est finalement parvenu à entrer dans le match », a confié le capitaine anglais Chris Robshaw. « On a marqué lorsqu’on a enchaîné les temps de jeu. »

Les Fidjiens ont sauvé l’honneur grâce à des essais de Nikola Matawalu et Seko Kalou.

Résumé Angleterre – Fidji

L’Italie en difficulté

A Brescia, l’Italie a dû batailler pour bien débuter sa campagne d’automne contre une équipe tongienne très agressive.

Lorenzo Cittadini et Leonardo Ghiraldini ont aplati dans l’en-but pour les Transalpins, qui ont aussi bénéficié d’un essai de pénalité.

Les Tongiens ont répliqué par des essais de Sona Taumalolo et Fetu’u Vainikolo. Mais la botte de Kris Burton, auteur de 13 points, a permis de faire la différence.

Trois joueurs de part et d’autre, dont le capitaine italien Sergio Parisse, ont reçu un carton dans ce match.

Test-match Italie vs. Tonga

Carton plein pour les nations du Sud

Début de Sonny Bill Williams avec les All Blacks contre l’Angleterre.

Les trois nations majeures de l’hémisphère Sud se sont imposées samedi lors des premiers matches de leurs tournées européenne d’automne: l’Australie face au pays de Galles (25-16), la Nouvelle-Zélande contre l’Angleterre (26-16) et l’Afrique du Sud en Irlande (23-21).

Pays-de-Galles – Australie

Equipe en forme du moment, l’Australie a signé à Cardiff un deuxième succès de rang une semaine après sa victoire face à la Nouvelle-Zélande (26-24) à Hong Kong.

Désireux de lancer une série sur laquelle construire à moins d’un an de la Coupe du monde, les Wallabies ont creusé l’écart en deuxième mi-temps dans le sillage de son duo formé par l’ailier James O’Connor et l’arrière Kurtey Beale. Ce dernier s’illustrait peu après la reprise (47e) avant l’essai du pilier Ben Alexander, qui suivait un premier essai de Pocock (7e).

Les Gallois, malgré l’exclusion temporaire de Tom Shanklin (64e), ont concrétisé leur outrageuse domination en mêlée fermée avec un essai de Richie Rees à dix minutes de la fin.

Résumé du test-match : Pays-de-Galles vs. Wallabies

 

Angleterre – Nouvelle-Zélande

A Twickenham, la Nouvelle-Zélande voulait, elle, retrouver son élan brisé par l’Australie après 15 succès d’affilée en test-matches.

Les All Blacks ont fait la différence en première mi-temps par deux essais en quatre minutes de Gear (17e) et Read (21e).

Les Anglais, revenus dans la partie avec un essai du talonneur Dylan Hartley (51e) et en supériorité numérique dans les dix dernières minutes après un carton jaune à Jerome Kaino, n’ont ensuite rien pu faire face à un Dan Carter rayonnant (6 sur 7 au but). Pour sa première sélection à XV, Sonny Bill Williams a réalisé une partie sérieuse.

Résumé du test-match Angleterre – Nouvelle-Zélande

 

Irlande – Afrique du Sud

Sous la pluie dublinoise, le XV d’Irlande a offert un match à suspense aux 45.000 spectateurs venus assister au retour de leur équipe nationale dans le stade de Lansdowne Road rénové.

Brouillons, peu inspirés et dominés pendant plus d’une heure tant au score que dans le jeu, les Irlandais sont revenus avec deux essais de Bowe (69e) et Kearney (74e). Ronan O’Gara a manqué la dernière transformation qui aurait mis les deux équipes à égalité à cinq minutes de la fin.

Les tournées se poursuivent samedi prochain: l’Australie rencontrera l’Angleterre, les All Blacks se rendront en Ecosse et les Springboks joueront contre le pays de Galles. Les îles Fidji et l’Argentine disputeront leurs premiers matches de l’automne, respectivement en France et en Italie.

 

Résumé Irlande – Afrique du Sud

Le triomphe décrypté

Le capitaine Dusautoir assure la passe dans la défense sud-africaine (photo AFP)

Quels ont été les secteurs où les Bleus ont été supérieurs ? Dans quels domaines l’équipe de France doit-elle encore progresser ? L’analyse du match en six points.

La mêlée bleue est-elle LA référence mondiale ?
Incontestablement, oui. La prestation d’ensemble a confirmé que la mêlée française n’avait actuellement pas d’égale sur la planète. Le huit du Coq a plusieurs fois fait exploser son vis-à-vis en mêlée fermée (les Bleus ont aussi fait la loi sur les phases de ruck). Les trois lignes ont été impressionnantes mais on accordera une mention spéciale au pilier Fabien Barcella, auteur d’un match exceptionnel. En face, Smit a passé une sale soirée. Même si les Springboks ne font pas de la mêlée une priorité dans la conquête du ballon (ils préfèrent se concentrer sur la touche), la supériorité était flagrante. Comme face aux All Blacks à Dunedin il y a cinq mois.

Les Bleus ont-ils tenus le choc en touche ?
On craignait le pire avec le meilleur alignement de la planète en face. L’équipe de France a tenu le choc avec 12 ballons captés sur 13 lancers. Ce n’est pas un mince exploit lorsqu’on sait que durant le Tri Nations, Victor Matfield et ses coéquipiers ont volé 44% des ballons sur lancer adverse ! Il faut dire que les sorties temporaires de Matfield et Botha en première période ont pu perturber l’organisation des champions du monde. Seul couac, le lancer raté de Williams Servat qui a amené l’essai des Springboks de Smit. Le Toulousain a peut-être été gêné par le vent très violent vendredi soir.

Est-ce le match de référence sur lequel s’appuyer ?
Le contenu est satisfaisant car cela commence à ressembler à quelque chose», s’est réjoui Marc Lièvremont après la victoire. Les Bleus ont livré au Stadium leur match le plus complet depuis l’arrivée du nouveau sélectionneur il y a deux ans. Avec la victoire face au Pays de Galles (21-16) dans le Tournoi en février dernier et le succès à Dunedin face à la Nouvelle-Zélande (27-22) il y a cinq mois, les Bleus disposent de trois matches référence sur lesquels ils peuvent s’appuyer.

Qu’est ce qui n’a pas marché ?
Même si Julien Dupuy a passé quatre pénalités, le joueur du Stade Français a raté deux tentatives (dont une qui s’est terminée sur le poteau). «Cela aurait pu coûter cher à la fin», a admis le buteur qui fut par ailleurs excellent dans l’animation du jeu. Mais la France n’a pas encore trouvé son Morne Steyn (94% de réussite dans les coups de pied avant le test-match). Lorsque Dupuis est sorti, Parra a raté l’immanquable à 20 mètres des poteaux sur une nouvelle pénalité.

Les expulsions temporaires ont-elles été préjudiciables aux Springboks ?
Morne Steyn (40e antijeu) et Ryan Kanakowski (69e, antijeu) ont écopé de cartons jaunes qui ont forcément pesé lourd dans la balance dans un match international d’une telle intensité puisque la mêlée adverse a joué à sept durant un bon moment. Les champions du monde auraient pu encaisser deux pénalités lorsqu’ils furent en infériorité numérique mais Dupuy les a manquées. Les Springboks ont visiblement eu quelques soucis de compréhension avec l’arbitre vendredi soir. Cela n’a pas empêché De Villiers de reconnaître la supériorité de l’équipe de France «Bien joué les Français, ils ont été meilleurs que nous ce soir (Ndlr : vendredi).»

Que s’est-il passé avec l’hymne sud-africain ?
Après la rencontre, toute la délégation sud-africaine a critiqué la manière avec laquelle l’hymne sud-africain a été entonné. «Je voudrais juste signaler le fait que l’hymne sud-africain n’a pas été respecté et a été chanté par quelqu’un qui ne chantait pas bien», a déploré Peter De Villiers. Ras Dumisiani, l’artiste sud-africain en question, a livré une version reggae assez inattendue qu’il a conclue par un surprenant «Rastafari !». Une touche pacifique qui n’a pas plu à Victor Matfield : «La façon dont l’hymne a été joué a été risible et d’ailleurs, les Français se sont mis à rire avant la fin. Ca a peut-être eu une influence sur la rencontre.»

Source : www.lefigaro.fr

Résumé de la rencontre

Pour l’exploit, revenez en 2011

Une première en Nouvelle-Zélande depuis que le rugby est professionnel

Il est bien sûr trop tôt pour tirer des conclusions de la tournée estivale du XV de France. Mais à coup sûr, le fait de voir les Français revenir pour la première fois avec le trophée Gallagher a quelque chose de rassurant. Ce qui est certains, c’est que ces Français ont du courage et même un certains talent, j’en veux pour preuve les exploits personnels de François Trinh-Duc à Dunedin et de Cédric Heymans à Wellington. Du talent il en faut aussi pour battre les célèbres All Blacks. On pourra toujours argumenter en disant que beaucoup de cadres Blacks étaient absents (Dan Carter, Richie McCaw, Byron Kelleher entre autres). Mais du côté des Bleus tout le monde n’était pas sur le pont non plus et ne nous met-on pas en avance depuis des années la richesse du réservoir de talent des néo-zélandais ? Même si on peut être frustrés de la défaite lors du second test, on peut être aussi optimiste de ces deux premières prestations. Tout d’abord parce que l’équipe de France pour la première fois depuis des années  a eu l’occasion d’affronter le gratin du rugby mondial chez eux, chose qu’elle n’avait pas pu faire depuis des années. Ajoutez à cette tournée la participation de France A  à la Coupe des Nations dont elle est finaliste, celle de nos Bleuets au Mondial des -20 ans, malgré un passage à vide de vingt minutes contre les Babyboks qui coûta très cher, et la tournée de nos Barbarians en Argentine, il y a comme une odeur de grande revue d’effectif nationale à deux ans du mondial 2011. Il faudra tirer les vraies conclusions à l’issue du match contre les Wallabies mais on peut déjà avancer sans trop prendre de risque que cette tournée aura permis de révéler certains joueurs au plus haut niveau international. Des joueurs tels que Fabien Barcella, William Servat ont pris une dimension mondiale. Soyons certains que la traversée du désert du second cité aura été riche en enseignement pour celui-ci. Louis Picamoles a pris encore une dimension supplémentaire lors de ces deux tests, Damien Traille a encore une fois donné satisfaction, Julien Dupuy a joué juste sur l’ensemble des deux matchs. Certes, il y a encore du déchet, mais il semblerait qu’un groupe est en train de se construire et pour que les joueurs soient performants il faut une certaine continuité. Les hommes donc, mais aussi le jeu nous a donné, globalement, satisfaction. Par rapport aux matchs de la tournée automnale et aux joutes du Tournoi des six nations il semblerait que l’on se soit beaucoup moins posé de question sur le jeu. Cela ne nous a par ailleurs pas empêché de voir quelques beaux mouvements comme cet essai de Médard, ou celui de William Servat qui ont été correctement construit. Pour avoir de beaux mouvements il faut que les phases de combat et de conquête soient complètement respectées. A mon sens la troisième source de satisfaction est la dimension physique. Jusqu’à présent, même sur des matchs tels que le mythique France-Nouvelle Zélande de Twickenham de 1999, les gars des antipodes avaient toujours eu une dimension physique supérieure à celle des Français. Sur l’ensemble de ces deux tests, les Français ont au moins fait jeu égale avec les néo-zélandais dans ce domaine. Voilà ce qui constitue pour moi la grande nouveauté de ces tests. Pour terminer, je rejoins complètement Jacques Verdier qui dans son éditorial du Midi Olympique parle des « vertus du Top 14 ». On a trop souvent jeté la pierre sur notre championnat à chaque mauvaise performance si bien qu’il serait intellectuellement malhonnête de ne pas tirer un coup de chapeau au travail fait dans les clubs et ainsi reconnaître la qualité de notre élite quand la France gagne un test au pays du long nuage blanc. Visiblement Byron Kelleher et Dan Carter mieux placés que moi pour en parler semble complètement d’accord avec cette thèse. Voila, bien sûr nous ne pouvons être complètement satisfait de cette tournée, bien sûr il y a toujours des choses à améliorer mais les sources de satisfactions sont aussi nombreuses ce qui n’était pas le cas à la sortie du tournoi. Maintenant il reste 80 minutes aux Bleues pour faire de cette tournée estivale un succès, pour toutes les raisons évoquées ci-dessus, ils ont toutes les cartes en main pour réaliser l’exploit qu’aucune équipe de France n’a réalisé depuis l’arrivée de l’Australie sur le devant de la scène internationale, c’est-à-dire depuis un certains 9 juin 1990…

2009 : l’année de tous les dangers

 Alors que se profile à l’horizon le premier match du Tournoi des 6 Nations, il est temps de vous reparler de celle qui restera à jamais pour moi la plus belle équipe du monde et qui pratique le plus beau des sports : le XV de France ! Comptez donc sur moi pour écrire les choses avec toute la franchise que l’on doit à un être cher, En effet, si la France est la plus belle des équipes, elle est loin d’être la meilleure. Il m’est impossible de dire quelle sera l’issu de cette année 2009 pour nos Bleus, mais en revanche on peut affirmer que l’année 2009 s’annonce particulièrement délicate.

 

Quel est l’état actuel de nos Bleus ?

 

Même si le dernier match contre l’Australie a apporté certaines garanties, la France pointe à une septième place mondiale. Je n’ai pas les archives sous les yeux, mais il me semble que depuis la création du classement IRB, jamais la France n’avait pointé en si piètre position. Or, plus que la Coupe du Monde, le classement IRB donne un aperçu objectif des forces en présence. Plutôt que d’attendre bêtement que la France soit championne du monde sur un exploit, on ferait mieux de considérer un peu plus un tel classement. La France ira jouer son premier match au Croke Park, contre la sélection nationale d’Irlande qui sera forcément très difficile à manœuvrer sur ses terres. Les joueurs de l’Île d’Émeraude doivent garder quelque part dans leurs têtes tous ces matchs perdus de peu contre les Bleus ces dernières années. Le match contre l’Écosse s’annonce a priori moins compliqué, quoique les Toulousains ne devaient faire qu’une bouchée des Glasgow Warriors… Ensuite la France recevra à Paris les Champions d’Europe Gallois, seule équipe de l’hémisphère nord à avoir accroché une formation sudiste cette automne. Puis il faudra aller jouer à Twickenham. Sans commentaire. Encore un déplacement à Rome, pour terminer, qui est loin de s’annoncer comme un voyage de noces ! Quand on voit que Lièvremont a appelé des joueurs particulièrement jeunes dans les 23, on peut légitimement s’inquiéter.

 

Des tournées peu clémentes…

 

Après une saison marathon, les petits Bleus partiront pour une série de trois tests-matchs. Le 13 juin premier test à Dunedin contre des All Blacks qui seront forcément super revanchards après leur élimination en quart de finale de la dernière Coupe du Monde, le test suivant aura lieu à Wellington, toujours contre la formation néo-zélandaise. Pour terminer nos Bleus prendront l’avion direction Melbourne, où les Français n’ont jamais gagné ! D’ailleurs, la dernière victoire tricolore en terre australe remonte au 30 juin 1990 !

 

Que nos Bleus profitent bien de leurs vacances ! Car la tournée d’automne s’annonce toute aussi difficile.

 

La France affrontera les deux meilleures formations mondiales actuelles au classement IRB, les All Blacks et les Springboks ! Le match restant se jouera contre les Samoa.

 

Très sincèrement, garder cette septième place mondiale serait déjà un petit exploit ! Surtout quand on sait que le XV de France est l’équipe nationale qui aura le moins de jours d’entrainement cette année !

 

Quoiqu’il en soit 2009 sera riche en enseignement et le rugby français ne pourra en sortir que grandi.

Les Bleus devront être plus que jamais soudé cette année

 

Que le spectacle continue !

Il y a des défaites qui sont plus faciles à avaler que d’autres. Celle de ce samedi est incontestablement une défaite acceptable. J’irai même plus loin, il s’agit probablement du match le plus complet joué par les Bleus depuis le quart de finale de Coupe du Monde gagné face aux All Blacks. Tout n’a pas été parfait, loin de là mais cette équipe n’a pas à rougir de sa défaite. Plutôt que de faire un bilan au poste par poste comme cela a été fait sur L’Équipe, Rugby365, Rugbyrama, je préfère présenter ici un inventaire de ce qui a ou n’a pas fonctionné.

 

Lionel Nallet bien présent dans les rucks

 

 

Ce qui a fonctionné :

 

La mêlé : Évidemment. Elle nous avait tellement inquiété lors du dernier Tournoi, qu’on ne peut que se réjouir de la très haute performance de la mêlé bleue grâce à laquelle, les Français ont marqué leur seul essai du match. Un essai de pénalisation, ô combien mérité tant la domination dans ce secteur fut grande, face à une équipe d’Australie dont on pensait qu’elle avait récupéré une bonne tenue dans ce secteur.

 

La défense : À part les quelques secondes de flottement responsables du premier essai australien, la défense française a été de grande qualité. Une mention particulière à « Fufu » Ouedraogo et Thierry Dusautoir (qui me rappelle un peu Olivier Magne tant il est bon sur les grands matchs et tant il peut être très moyen sur les matchs de secondes importances, c’est probablement un joueur qui a besoin de la pression pour avancer). Les deux flankers auront particulièrement bien fait son boulot.

 

La touche : Malheureusement, la touche ne fut excellente que durant les 60 premières minutes. Les sorties, coup sur coup, du capitaine Lionel Nallet et du talonneur Dimitri Szarzewski furent fatales à l’alignement français. La tendance s’est ensuite inversée pour devenir à l’avantage des joueurs des Antipodes. Ce qui est assez ironique parce que Benjamin Kayser était réputé meilleur lanceur que le talonneur parisien, comme quoi le rugby est plus une question de collectif que d’individualités.

 

L’esprit offensif :   On l’attendait, il se fit attendre et finalement on l’aura eu. Il faut reconnaitre que dès la première minute les Bleus se sont lancés dans d’ambitieuses offensives, n’hésitant pas, par exemple, à relancer depuis les 22 mètres. Mais contrairement à ce que nous vîmes sur le Tournoi nous n’avons pas eu de séance de « hourra-rugby », mais un jeu de mouvement accompagné de grosses phases de combat, d’une bonne mêlé, et d’une excellente défense. Deux bémols toutefois :

– Aucune de ses phases de mouvement aussi spectaculaires furent-elles n’a abouti a un essai, il reste visiblement a travaillé la finition.

  Les Français ont été un peu plus avars en deuxième mi-temps, serait-ce parce que les remplaçants qui sont entrés étaient un peu moins mobiles ? Ont-ils perdu confiance dans l’efficacité du jeu à la main ?

Par ailleurs, vous aurez remarqué que les transmissions Tillous-Borde – Skréla se sont faites à merveille alors que les deux joueurs ne se connaissaient pas.

 

Le physique : On en a très peu parlé, mais affronter les impacts australiens, n’a rien d’une partie de plaisir. Or, sur ce match nous n’avons pas eu le sentiment de voir les Australiens, athlètes nés, prendre le dessus dans ce secteur du jeu. Je dirais même plus, il semblerait qu’a de nombreuses reprises la série de rentre-dedans s’est avérée improductive tant la défense française était solide, ce sont mêmes les Australiens qui reculèrent de façon presque systématique sur les charges des avants tricolores (Celles de Dimitri Szarzewski et de Sébastien Chabal notamment.). Notez également que même réduit à 14 contre 15 la France semblait plus fraiche dans les 10 dernières minutes.

 

Ce qui n’a pas fonctionné :

 

Les tentatives de tirs aux buts : Evidemment. C’est essentiellement sur ce compartiment du jeu qu’on perd le match. C’est d’autant plus dommage que les Français ont su mettre à la faute une équipe australienne réputée super organisée et qui commet en général très peu de fautes. Je ne sais pas combien de tirs aux buts a manqué David Skréla (6 ou 7 ?) mais nous avons probablement ici les 15 points qui nous auraient permis d’être dans le Top 4 mondial pour tirer une bonne poule. Je ne veux surtout pas accabler «La Skrèle » tant j’aime beaucoup ce joueur et tant il fut bon dans le jeu, et un véritable maitre à jouer, alternant parfaitement jeu dans l’axe et jeu au large, et apportant une touche toulousaine dans le jeu français. Je trouve complètement stupide et vide de sens les sifflets de certains spectateurs qui visiblement vivent le sport par procuration. Mais je pense qu’il s’agissait là d’une minorité.  D’ailleurs à ce sujet-là, il serait bon que la FFR fasse de la promotion autour des stades et par des pages de publicité, sur l’esprit rugby. Les sifflets sur le buteur australien ne sont pas non-plus compréhensibles. Si le Stade de France, peut s’abstenir de sifflet le buteur adverse quand c’est le Stade Français qui joue, il devrait pouvoir en faire de même quand c’est le XV de France. C’est quand même l’image de notre pays qui est en jeu. Rien de moins. Pour en revenir aux tirs aux buts, je ne comprends pas pourquoi on n’a pas fait buter un autre buteur après la troisième pénalité manquée, c’est d’autant plus étrange que Baby aurait pu se coller à cet exercice sans trop de difficultés.

David Skréla alternant le très bon et le très mauvais

 

 

Le jeu au pied : Encore et toujours. C’est selon moi, le gros point noir du jeu français et ce depuis plusieurs années déjà. C’est étrange, notre mêlé, notre touche, ou notre défense n’est pas à la hauteur et on rectifie tout de suite le tir. Mais le jeu au pied reste faible et on traine cette lacune depuis trop longtemps ! Je pense que cela s’explique par le fait qu’en France, le jeu au pied n’est pas aperçu comme le jeu à la main qui lui est « noble ». En deuxième mi-temps, le jeu au pied fut de meilleur qualité cependant, mon analyse est que nous n’avons pas assez joué au pied en première mi-temps et beaucoup trop en seconde, alors que c’est justement l’alternance entre le jeu au pied et le jeu à la main qui est pertinent. D’ailleurs j’explique le manque d’efficacité du jeu à la main par le manque d’efficacité du jeu au pied. Il est important de comprendre que le jeu à la main passe forcément par un bon déplacement au pied. En revanche, j’ai été agréablement surpris que les Français se soient montrés très adroits sous les ballons hauts face à des Wallabies grands spécialistes de cet exercice et issu de l’école du football australien.

 

La gestion des temps forts- temps faibles : Peut-être qu’en bons Latins, les Français ont su être très forts dans les temps forts mais en mauvais germains ont été moins performants dans les temps faibles. Je pense surtout au premier essai australien, le deuxième étant plus construit, mais aussi à la charge de Sébastien Chabal lors d’une pénalité alors que la France joue à 14 contre 15 et qu’il aurait été préférable de se rapprocher de la ligne d’en but australienne avec le pied de Traille, sachant que les Français ont été dominateurs dans le petit périmètre. C’est d’autant plus étrange que la France comptait de nombreux joueurs expérimentés (Chabal, Harinordoquy, Traille, Jauzion, etc.) dans son effectif.

 

Voilà ma femme a été surprise quand je lui ai dit que l’Australie avait gagné parce que je n’ai pas crié devant la télé. Je crois que cela résume bien le tout. Aussi bien que le public du Stade de France formidable (surtout si on le compare avec l’ambiance du match France-Uruguay en football et si on excepte les quelques sifflets sur David Skréla) qui chante la Marseillaise en fin de match, alors que la défaite était pratiquement assurée.

 

Conclusion : Les Australiens qui ont amplement mérité leur victoire s’en tirent très bien, et ils le savent. Que les Français gardent bien cette défaite dans un petit coin de leur tête parce qu’avec un peu de chance la France se trouvera lors du prochain mondial dont la tête de série pourrait bien s’appeler l’Australie !

Yannick Jauzion transperçant la défense australienne

Le XV argentin

L’entraineur argentin Santiago Phelan a du faire avec beaucoup de blessures, notamment celles de Leguizamon, Scelzo ou bien encore Corleto, la surprise du chef vient de la titularisation du pilier Orlandi, évoluant dans le championnat italien à Rovigo.

Voici la composition du XV argentin pour le test-match de Marseille :

 

Le XV argentin :

 

Stortoni (Glasgow Warriors/ÉCO)- Leonelli (Saracens/ANG), Tiesi (Harlequins/ANG)- Contepomi (Leinster/IRL, Cap.), Agulla (Brive/FRA)- (o) Hernandez (Stade Français/FRA), (m) Vergallo (US.Dax/FRA)- Galindo (Racing/FRA) – Fernandez Lobbe (Sale Sharks/ANG), Durand (Champagnat Club)- Albacete (Stade Toulousain/FRA), Alvarez Kairelis (USAP/FRA) – Orlandi (Rovigo/ITA), Ledesma ( Clermont Auvergne/FRA), Roncero (Stade Français/FRA)

 

Remplaçants : Vernet Basualdo (Stade Toulousain/FRA), Ayerza (Leicester Tigers/FRA), Lozada (RC Toulon/FRA), Campos (Clermont Auvergne/FRA), Figuerola (CASI), Martin Aramburu (US.Dax/FRA), Carballo (Castres Olympique/FRA)