Yannick Jauzion : Au revoir l’artiste !

Je me souviens d’avoir lu pour la première fois le nom de Yannick Jauzion il y a plusieurs années déjà sur un vieux Rugbyrama. Il apparaissait déjà dans l’effectif de l’équipe première du Sporting-Club Graulhétois au poste d’ouvreur, son très jeune âge et ses mensurations de deuxième-ligne avaient attirés mon attention et m’avaient fait pressentir qu’on était-là face à un futur grand. Surtout qu’avec Graulhet, il était à la bonne école : Vincent Moscato, Fabien Pelous, David Auradou, Henri Sanz, Guy Laporte ou bien encore Benoît Bellot son passés, eux aussi, par le club tarnais ! Je me souviens aussi d’un essai inscrit avec Colomiers, autre grand club formateur, entre les poteaux d’un adversaire dont j’ai oublié le nom, la puissance qu’il dégageait sur un terrain était déjà impressionnante. Puis vint sa première sélection. Lors d’une tournée suicide en Afrique du Sud, Bernard Laporte avait décidé de lancer toute une nouvelle génération de jeunes joueurs dans le grand bain : Fred Michalak, Clément Poitrenaud, Nicolas Jeanjean et Yannick Jauzion. Malgré la victoire, Yannick n’aura pas autant convaincu que les autres jeunes pousses. Bien que très puissant, le joueur semblait manquer de fond de jeu et de technique individuelle. Il ne sera rappelé que bien plus tard. Il explosera lors des saisons 2003 et 2004 avec le Stade Toulousain. Depuis, il est devenu incontournable en équipe de France et est considéré comme l’un des meilleurs centres de la planète ovale. Cette dernière saison était un peu triste à voir. Il a très peu joué mais a bien joué. Souvenez-vous de ce choc au Stadium entre le RC Toulon et le Stade Toulousain de sa passe pour Gaël Fickou qui file à l’essai. Bien sûr, j’aurais apprécié comme vous, le voir jouer encore une année ou deux au plus haut niveau dans un club comme l’USAP ou Castres qui semblaient sur les rangs. Finalement, le tarnais a décidé de prendre sa retraite. Je lui souhaite donc une longue et heureuse vie de retraité !

Pas encore ça !

Avec leur jeu minimaliste basé sur une occupation au pied et une défense agressive les Bleus auront réussi a évité une deuxième fessé qui aurait été catastrophique pour les Bleus. Néanmoins les Bleus n’ont pas su non plus inquieter véritablement ces All Blacks et n’auront marqué qu’un seul essai en trois tests. Les kiwis auront remporté cette série trois tests à zéro et surtout auront marqué 77 points et encaissé seulement 22. Les Chandelles a répétition de Talès et Dulin aurait dû permettre aux Bleus de mettre de la profondeur dans la défense noire et permettre de trouver des espaces. Il n’en fut rien. Les All Blacks ont très rapidement compris les intentions de cette équipe de France complètement changée pour s’adapter à ce jeu. Les Néo-Zélandais ont construit cette victoire sur leur défense.

Solides sur leurs bases mais sans génie 

Les Bleus auront été beaucoup plus solides sur leurs bases que la semaine dernière. A 10 minutes du coup de sifflet final, la victoire n’était toujours pas clairement dessinée pour les All Blacks. La mêlée s’est montrée dominatrice, les lancers et réceptions en touche ont été bien plus propres que la semaines dernières (Je pense que Benjamin Kayser a pris un avantage considérable sur Dimitri Szarzewski). Idem, pour le jeu au pied bien plus précis que ce que l’on a vu la semaine dernière avec quelques belles réceptions sous les ballons hauts. Toutefois être solide sur ses bases ne suffit pas non plus, il faut également une dose de talent collectif que ces Bleus n’ont pas eu lors de cette tournée.

A leur décharge, il y a la condition physique qui, après une très longue saison, était forcément et naturellement du côté des All Blacks bien que ces derniers n’ont pas encore atteint leur pic de forme.

Un groupe réduit pour 2015

Cette série de quatre matchs dont trois tests, nous a permis d’en savoir beaucoup plus. Si aucun nom ne s’est véritablement relevé, hormis peut-être Bernard Le Roux, si on ne sait toujours pas quels sont les joueurs capables de placer le XV de France sur le toit du monde, on sait désormais quels sont les joueurs sur qui on ne pourra vraisemblablement pas compter. La liste est plutôt longue. Je crois que certains joueurs comme Szarzewski, Michalak ou peut-être Médard ont montré leurs limites à ce niveau de la compétition. Surtout que ces trois-là auraient dû être des leaders de jeu compte tenu de leur expérience. D’autres joueurs sont à revoir, Lopez qui a alterné le bon et le moins bon lors du premier test, Claassen qui a fait un match intéressant et semble une alternative stratégique à Picamoles, Le Roux auteur d’une entrée percutante sur ces 10 dernières minutes et Flanquart que je pensais trop tendre pour le haut niveau et qui aura montré  ce dont il est capable.

On connaissait déjà la valeur de Thierry Dusautoir et de Fofana. Il va maintenant falloir constituer un groupe réduit qui nous amènera jusqu’au mondial 2015.

Pas de place pour l’approximation au pays des All Blacks !

Depuis que cette tournée de quatre matches, dont trois tests, a été programmé on a su qu’elle serait extrêmement compliquée à négocier. Le match de ce matin n’aura donc fait que confirmer ce que l’on savait déjà : Cette équipe des All Blacks est très forte, les Bleus le sont beaucoup moins et les chantiers qui pourraient nous amener jusqu’au toit du monde sont tellement nombreux et tellement gigantesques qu’on se demande s’ils sont réalisables.

Cependant, ceux qui ont vu le match savent parfaitement que tout n’est pas à jeter. La défense a été correcte, il y a eu des périodes de dominations infructueuses, les Français ont tenté de pratiquer un jeu ambitieux même si cela n’a pas payé.

Les All Blacks ont joué à merveille, comme eux seuls savent le faire, néanmoins le XV de France ne peut s’en prendre qu’à lui même, il aurait pu avec un peu plus d’application au moins faire douter les hommes en noir.

Malheureusement, le secteur de la touche a été complètement désastreux, le jeu au pied a été catastrophique. Les Bleus ont passé tout leur match dans leurs 22 mètres et finalement quand ils avaient la balle, ils ne savaient qu’en faire. Alors la faute à qui ?

Il est clair que certains joueurs, présentés comme des leaders de jeu, ont failli. Si certains sont au niveau de cette tournée (Dusautoir, Fritz, Domingo, Roux, Picamoles, Nyanga) d’autres n’y étaient pas du tout. Il va maintenant falloir que les entraîneurs se posent les bonnes questions. Ils doivent prendre leurs responsabilités, cela commence par plaider « coupables ». Doivent-ils, par exemple, continuer à sélectionner un joueur comme Michalak qui ne joue que très peu en club et qui n’a pas de repaires en 10 ? Fallait-il sélectionner un joueur qui vient d’enchaîner deux saisons non-stop ? La contre-performance majeure de l’ouvreur toulonnais (placages manqués, jeu au pied approximatif, incapacité à accélérer le jeu comme l’a fait Lopez la semaine dernière) semble répondre à cette question. Il n’est pas question de remettre en cause le niveau de jeu du joueur. A 30 ans, tout le monde connaît le potentiel du joueur. Mais est-il vraiment le 10 titulaire dont le XV de France à besoin ? A titre personnel, je pense que Fred Michalak serait plutôt un remplaçant de luxe pouvant couvrir deux postes qu’un titulaire en puissance.

Cette tournée est de toute façon riche en enseignements. Il reste un match aux Bleus, la semaine prochaine à New Plymouth, pour montrer au monde qu’ils valent mieux que ça. Cela commence par livrer un combat énorme, aux All Blacks pour espérer briller. A chaque que le XV de France a remporté un match face à la Nouvelle-Zélande le combat proposé par les Français a été sans merci.

Je voulais pour terminer, tirer mon chapeau aux joueurs néo-zélandais. Le jeu qu’ils ont réussi à mettre en place en seulement deux matches est à la fois plaisant et efficace, ils ont su trouvé une stratégie intelligente d’occupation au pied avant de passer à la vitesse supérieure dans la dernière demi-heure. Si le supporteur inconditionnel des Bleus est déçu, l’amateur de rugby aura apprécié la performance des hommes en noir qui contrastait forcément avec celle des tricolores.

XV de France : Des choses intéressantes, mais peut et doit encore progresser

Le XV de France vient de perdre face à la Nouvelle-Zélande à l’Eden Park d’Auckland où les hommes en noir n’ont pas perdu de match depuis 1994, lors d’un certains Nouvelle-Zélande… – France.

 Une mêlée défaillante

Alors que les All Blacks craignaient énormément la mêlée des Bleus réputée redoutable, c’est justement dans ce secteur de jeu qu’ils auront le plus convaincu. Le jeune pack néo-zélandais a fait plus que résister : notre huit de devant a éprouvé de nombreuses difficultés face à leurs adversaires du jour, se faisant sifflé plusieurs fois par l’arbitre. Ces fautes à répétition ont permis aux All Blacks de revenir dans le match d’abord, puis de tenir les Bleus à distance ensuite. C’est incontestablement le secteur à travailler les semaines qui viennent si on ne veut pas revenir fanny.

Petites erreurs, grosses conséquences

Sur ce match, les Français n’auront pas démérité. Cependant, cette équipe doit apprendre que sur ce genre de rencontre à concrétiser ses temps forts. Si les Bleus auront plutôt bien réussi en première mi-temps, ils auront cependant manqué de lucidité en fin de de partie. Lors du deuxième acte, les Bleus ont dominé une trentaine de minutes ces All Blacks sans pouvoir inscrire le moindre point. Louis Picamoles a encore permis au XV de France de jouer en avançant. Seulement, il a commis à deux ou trois reprises des petits péchés d’orgueil : lorsque suite à un placage il se chamaille avec un Black alors que le jeu avait besoin de son soutien dans un ruck, par exemple. Il est allé, à deux ou trois reprises, un peu trop loin dans ces charges prenant le risque de s’isoler. Sa partition est tout de fois convaincante, mais il doit encore corriger quelques détails pour devenir le meilleur troisième ligne centre du monde.

De nombreuses satisfactions tant au niveau des joueurs que du jeu

Avec certains joueurs cadres absents (Morgan Parra, Pascal Papé, Nicolas Mas, Mathieu Bastareaud) on pouvait s’attendre au pire. Les premières capes de Camille Lopez en 10 et d’Adrien Planté à l’aile ont été concluantes. Le premier a été l’auteur d’une prometteuse composition, accélérant le jeu avec ses longues passes, attaquant crânement la ligne d’avantage à une ou deux reprises et surtout en jouant parfaitement au pied, chose qui faisait jusqu’à présent défaut aux Bleus. L’entrée de Fred Michalak, qui manque encore de repaires à ce poste, n’aura pas comblé la sortie de l’ouvreur bordelais. Toutefois, Camille Lopez devra être plus agressif en défense (il s’est fait raffûté un peu facilement par Nonu) et réussir dans les tentatives de drops qui sont abordables.

Adrien Planté a été solide à son poste et a percé une fois le rideau black remettant ainsi les tricolores dans le sens de la marche. D’autres joueurs comme Maestri, Vahaamahina, Nyanga, Fofana, Fritz ou bien Huget ont rendu des copies plus que satisfaisantes.

 

Concernant, le jeu la défense française a été à la hauteur de l’événement malgré les deux essais encaissés. Le premier essai néo-zélandais est d’ailleurs entaché d’en en-avant puisque le dernier passeur lâche sa balle avant la ligne des 22 mètres et le récepteur la récupère au delà des 22. Satisfaction aussi sur le premier essai de Fofana idéalement servi par Florian Fritz : Les Bleus ont montré à la meilleure équipe du monde que, eux aussi, savaient marquer des essais de grandes classes. Dommage que d’autres belles actions sont, à deux ou trois reprises, mortes sur la ligne d’essai. Le score aurait pu être différent.

 

Une première rencontre riches en enseignements

Le XV de France doit continuer, en étant plus appliqué encore, un peu plus méchant sur certaines actions tout en préservant cette lucidité. Cette tournée de trois matchs face à ce qui se fait de mieux sur la planète rugby est exceptionnelle en enseignements qu’elle doit nous apporter. Il sera aussi très intéressant de voir comment les entraîneurs vont désormais gérer la concurrence entre Talès, Michalak et Lopez ou celle entre Fritz et Bastareaud. Affaire à suivre donc…

Mister Rugby

All Blacks vs. France : Nous ne raterons ça pour rien au monde !

Chaque sport possède un derby qui lui assure sa renommée. En football les Espagnols l’ont appelé El clasicó ! Bien sûr que Néo-Zélandais et Français entretiennent d’autres rivalités avec d’autres nations. La Bledisloe Cup entre les All Blacks et leurs voisins australiens nous a donné lieu à quelques (très) beaux matchs. La rivalité entre les deux géants du sud, Nouvelle-Zélande et Afrique du Sud, nous réserve des matchs captivants. Que dire des crunchs entre Anglais et Français ? Toutefois, cette concurrence historique entre rosbifs et froggies va bien au delà du rugby et même au delà du sport.

La rivalité Nouvelle-Zélande – France, au contraire, ne concerne que le rugby. C’est bien cela qui les rend aussi puissants, aussi uniques. Les deux pays n’ont rien en commun, ils sont de tailles différentes, n’ont pas de rivalité historique, n’ont jamais entretenu de relation Mère-Patrie/Colonie et ne partagent pas non plus de frontières. Le clasicó de l’ovale est seulement sportif. Même lors de l’affaire Rainbow Warrior, les enjeux sont restés sur le terrain. Il y eut bien quelques journalistes qui tentèrent de lancer vainement des polémiques autour des matchs notamment après l’affaire Bastareaud. Rien de plus.

La vérité, c’est que les deux équipes s’apprécient. Les All Blacks ont énormément de respect pour ces Bleus qui les ont fait tombés plusieurs fois en Coupe du Monde alors qu’ils étaient grands favoris, ils adorent ce côté latin décalé, ils sont amants du beau-jeu à la française et redoutent la fierté combattante des tricolores, avec en point d’orgue le souvenir de la fameuse « bataille » de Nantes en 1986. Les Français reconnaissent les All Blacks, comme la meilleure équipe au monde, parfois arrogants face aux autres nations européennes, les Bleus font preuve d’une grande humilité à chaque fois qu’ils rencontrent les hommes en noir, de peur sans doute de se prendre 60 points.

Alors ne ratez surtout pas ce trophée Dave Gallaher, du nom d’un soldat néo-zélandais tombé lors de la Première Guerre Mondiale. Ces tests-matchs entre Bleus et All Blacks ont contribué à la légende de notre sport !

XV de France : huit novices dans un groupe de 35 Bleus pour la Nouvelle-Zélande

Le manager du XV de France Philippe Saint-André a convoqué mardi huit joueurs jamais encore sélectionnés dans un groupe de 35 en vue de la tournée en Nouvelle-Zélande, en juin.
Eddy Ben Arous, Alexandre Flanquart, Camille Lopez, Remi Talès, Adrien Planté tenteront de décrocher une première sélection, tout comme les Sud-Africains Daniel Kötze et Bernard Le Roux ainsi que le Fidjien Noa Nakaitaci.

 Le XV de France disputera trois test-matches face aux All Blacks (8, 15, 22 juin) et une rencontre face à la franchise des Auckland Blues (11 juin).

La principale absence de la liste est celle du demi d’ouverture de Montpellier François Trinh-Duc, mis au repos après avoir été beaucoup sollicité ces dernières années » et à qui Saint-André a préféré le Castrais Rémi Talès, « l’homme en forme du moment ».
Comme attendu, le troisième ligne de Toulouse Thierry Dusautoir sera le capitaine de cette tournée, en l’absence du deuxième ligne Pascal Papé, blessé au dos depuis le 3 février et le premier match du Tournoi face à l’Italie.
Saint-André a donc conservé une forte ossature du Tournoi des six nations, en appelant des cadres tels que Dimitri Szarzewski, Nicolas Mas, Yoann Maestri, Louis Picamoles, Morgan Parra, Frédéric Michalak ou encore Wesley Fofana et Yoann Huget.
Cette liste marque aussi le retour de certains joueurs écartés et/ou blessés au cours du Tournoi, comme Maxime Mermoz et Fulgence Ouedraogo, ou jamais utilisés cette année comme l’ailier de Toulon Alexis Palisson ou l’arrière de Castres Brice Dulin.
De jeunes pousses auront donc l’occasion de faire leurs preuves, comme le centre de Toulouse Gaël Fickou (19 ans, 1 sél), le deuxième ligne du Stade Français Alexandre Flanquart (24 ans), le pilier du Racing-Métro Eddy Ben Arous (22 ans) et le demi d’ouverture de Bordeaux Camille Lopez (24 ans).
Après avoir convoqué le troisième ligne sud-africain de Castres Antonie Claassen au cours du Tournoi, Saint-André a aussi poursuivi sa politique d’ouverture en appelant le pilier droit de Clermont Kotze, l’ailier de l’ASM Nakaitaci ou le troisième ligne du Racing-Métro Le Roux.
Le manager devra jongler avec le calendrier et les états de fraîcheur puisqu’un premier groupe de joueurs partira le 25 mai, sans les finalistes du Top 14, et qu’une deuxième fournée s’envolera le 2 juin, au lendemain de l’épilogue de la saison et à six jours du premier test.
Le groupe:
Avants (19): Eddy Ben Arous (Racing-Métro), Vincent Debaty (Clermont), Thomas Domingo (Clermont), Guilhem Guirado (Perpignan), Benjamin Kayser (Clermont), Dimitri Szarzewski (Racing-Métro), Luc Ducalcon (Racing-Métro), Daniel Kotze (Clermont), Nicolas Mas (Perpignan), Alexandre Flanquart (Stade Français), Yoann Maestri (Toulouse), Christophe Samson (Castres), Sébastien Vahaamahina (Perpignan), Yannick Nyanga (Toulouse), Fulgence Ouedraogo (Montpellier), Thierry Dusautoir (Toulouse, cap.), Bernard Le Roux (Racing-Métro), Antonie Claassen (Castres), Louis Picamoles (Toulouse)
Trois-quarts (16): Maxime Machenaud (Racing-Métro), Morgan Parra (Clermont), Frédéric Michalak (Toulon), Camille Lopez (Bordeaux-Bègles), Rémi Talès (Castres), Mathieu Bastareaud (Toulon), Gaël Fickou (Toulouse), Wesley Fofana (Clermont), Florian Fritz (Toulouse), Maxime Mermoz (Toulon), Maxime Médard (Toulouse), Noa Nakaitaci (Clermont), Alexis Palisson (Toulon), Adrien Planté (Perpignan), Brice Dulin (Castres), Yoann Huget (Toulouse)

XV de France : Doit-on sélectionner Nakaitaci et Vakatawa ?

Philippe Saint-André va annoncer la semaine prochaine les noms des joueurs qui partiront pour la tournée en Nouvelle-Zélande. Même si l’ossature du groupe France semble avoir été trouvée depuis la tournée en Argentine et les tests d’automne, on s’attend à voir de nouvelles têtes. Des jeunes qui vont apporter du sang frais à ce groupe qui semblait à bout de souffle lors du Tournoi. Il se murmure que les trois-quarts fidjiens Noa Nakaitaci (Clermont-Auvergne, centre-ailier, 22 ans, 1,90m/94 kg) et Virimi Vakatawa (Racing, ailier, 21 ans, 1,85m/92kg) seraient sur les tablettes du sélectionneur. On sait que Philippe Saint-André a demandé des précisions à l’IRB pour savoir si les deux étaient sélectionnables. En effet, les deux joueurs sont issus de la formation française. Façonnés aux joutes du Top 14, ils ont ajouté à leur dextérité et à leur pointe de vitesse naturelles des qualités défensives qui en font potentiellement des futurs très grands joueurs. Les deux joueurs ont décliné il y a quelques mois une sélection avec les Îles Fidji ce qui a provoqué la foudre de l’entraîneur Robert Boisvert. Alors faut-il sélectionner ces deux joueurs ?

Malgré le nombre invraisemblable de talents qui sortent de ces îles, les Fidji reste un petit pays qui a du mal à lutter à armes égales avec les grosses nations de l’ovale. Si les joueurs issus des îles pouvaient jouer pour leur sélections d’origines nous aurions des Coupes du Monde beaucoup plus disputées et donc beaucoup plus passionnantes.

D’un autre côté, ces deux joueurs ont été formés par des clubs français, ils sont arrivés il y a trois ans (donc très jeunes). On sait que Vakatawa a une copine française et, après tout, notre pays depuis tout temps a vocation à intégrer.

D’autres joueurs sont concernés le pilier droit de l’ASM d’origine sud-africaine Daniel Kotze (26 ans,1,87m/120kg) est lui aussi sélectionnable et intéresse également les sélectionneur à un poste où la France semble dépourvu, il pourrait rejoindre son compatriote Antonie Claassen qui lui a déjà rejoint le groupe France lors du Tournoi des 6 Nations.

La question de sélectionner ou non des joueurs étrangers dans le XV de France a déjà été posée à maintes reprises. Toutefois avec l’arrivée imminente d’une génération de JIFF issus de pays lointains , la question prend une toute nouvelle dimension. Car si aujourd’hui 4 joueurs sont concernés, demain ils seront plus d’une dizaine. Est-on prêt à voir un XV de France dont 7 ou 8 éléments sont d’origines étrangères ? Le XV de France aurait-il toujours ce supplément d’âme qui lui permet de renverser des montagnes ?

Je serais tenter de répondre que s’ils sont les meilleurs à leur poste, il faut les sélectionner. Nos adversaires anglais, australiens et néo-zélandais n’ont pas ces états d’âmes et sélectionnent depuis longtemps des joueurs étrangers. Toutefois, j’aimerais que dorénavant on se fixe en France la règle suivante : les joueurs sont sélectionnables s’ils ont entamé des démarches auprès des autorités pour acquérir la nationalité française, ce qui suppose qu’ils pourraient la transmettre à leurs enfants et potentiellement s’installer définitivement en France. D’autre part, il me semblerait juste que les joueurs en question passe un test de Français (niveau B1 de CECRL) qui correspond au niveau seuil demandé aux immigrés qui veulent devenir français.

Mister Rugby

Tournoi des 6 Nations : A qui perd gagne !

Le Tournoi

Les spécialistes du monde de l’ovale qui avaient prédit l’enfer aux Gallois et le Grand Chelem au Français doivent-ils démissionner ? Moribond cet été et cet automne, les Gallois ont su se reconstruire un moral de champion et revenir au plus haut niveau au moment importun. L’exemple Gallois doit constituer pour le XV de France, un exemple à suivre. Les Gallois n’ont remis en cause ni leur jeu, ni leur joueurs (en avaient-ils vraiment les moyens?). Le salut de cette équipe passait par le jeu, comme elle le fait si bien depuis bientôt une décennie. Si le supporteur des Bleus est triste de voir la France bonne dernière, l’amateur de rugby s’est réjoui de voir un Tournoi dont le niveau n’a jamais été aussi haut. Ceux qui ont vu Galles-Angleterre ce week-end, comme ceux qui ont vu le XV de France cet automne, doivent eux aussi constater que l’hémisphère nord tend à refaire son retard sur le jeu pratiqué dans le sud. Force est de constater que le niveau du Tournoi n’a jamais été aussi homogène.

Le XV de France

Si la France termine dernière, c’est tout simplement qu’elle aura été la moins bonne formation de ce Tournoi. Cependant, l’exemple Gallois doit nous rappeler qu’il ne faut pas tirer de conclusions trop hâtives ni dans un sens, ni dans l’autre. Comme l’a si bien écrit Rudyard Kipling dans son poème « if », « Triomphe et Défaites » sont deux « menteurs »  qu’il faut savoir « recevoir d’un même front ». Avec une once de réalisme supplémentaire, le XV de France aurait été encensé par les journalistes et serait présenté comme un futur champion du monde en puissance, Philippe Saint-André serait une sorte de grand manitou de l’ovale invité sur les plateaux télé. Certains ont voulu nous faire croire que cette équipe de France était nulle parce qu’elle avait perdu contre les Italiens. Seulement, la Squadra Azzura a rééditer son exploit face à l’Irlande et a bien failli réussir l’authentique exploit de faire plier les Anglais dans l’antre de Twickenham. Bien sûr, ceux qui n’ont jamais affronter la première ligne italienne, ceux qui n’ont jamais reculé en mêlée ne pourront pas comprendre.

Le match France-Ecosse

L’exemple même d’une équipe qui doute. Le XV de France a dominé de la tête et des épaules cette équipe d’Écosse sans être toutefois capable d’enfoncer le clou. La domination du pack, notamment en mêlée, a complètement été stérile, alors qu’il aurait probablement fallu accepter l’idée que jouer comporte un risque. Chose qui a été intégrée, par la force des choses, en deuxième mi-temps. Le coaching a été gagnant, l’arrivée de Maxime Machenaud a métamorphosé l’équipe : idéalement servi, Fred Michalak a subitement retrouvé  de sa superbe. Comme une réaction en chaîne, Bastareaud, qui s’était fait retourné à plusieurs reprises comme un poids plume, a retrouvé la marche avant créant ainsi des espaces autour de lui. Le moment fort en émotion fut la standing ovation du Stade de France pour Fred Michalak sorti sur blessure. Même si je continue de douter qu’il est l’ouvreur idéal pour ce genre de match, joué sous la pluie, il a un talent qui lui est propre et dont les Bleus auraient bien tort de se passer. (Notre fidèle lecteur Joa 33 a eu raison de dire que le problème était davantage à la mêlée qu’à l’ouverture) Même si certains cadres comme Parra ou Dusautoir semblent fatigués, le talent est toujours là. Et d’autres joueurs ont su prendre le relais sur ce tournoi : Fofana, Picamoles, Nyanga, Machenaud, Huget, Guirado, Vahaamahina réalisent malgré ce que l’on écrira sur eux un très bon Tournoi. En attendant l’arrivée des frères Taofifenua, de Fickou, de Tolofua et de Lopez que j’appelle de tous mes voeux. Ce XV de France a un énorme potentiel, quand il aura en aura pris conscience il renversera tout sur son passage.

 Le futur

Néanmoins cette dernière place ne doit pas éviter aux dirigeants, ceux de la Ligue comme ceux de la Fédération, de prendre les bonnes décisions. Il faut repenser notre championnat, d’une manière ou d’une autre ont doit permettre aux clubs de lancer les jeunes dans le grand bain. La politique des JIFF constitue un premier élément de réponse, si on se refuse de créer un système de franchises (regarder comme cela a réussi aux Celtes et comment cela a métamorphosé les transalpins), résignons nous au moins à limiter à une descente notre championnat afin que les clubs puissent penser davantage au moyen terme et lancer plus de jeunes.

XV de France : Faites entrer les jeunes et vite !

Un match nul plus soulageant que rassurant

Ce match nul en Irlande soulage plus qu’il ne rassure. Certes, la France aura évité le pire et peut désormais se concentrer sur son futur match face à l’Ecosse. Mais encore une fois faute on a frisé la catastrophe. Seules les 20 dernières minutes furent concluantes. Au niveau du jeu, seule la mêlée à été source de satisfaction. Le jeu des Irlandais basé sur l’occupation du terrain était simple à l’extrême et ils le pratiquèrent parfaitement. Les Français ont eu du mal face à ce type de jeu. Le trio offensif toulousain, Clerc, Médard, Huget, a eu du mal o s’exprimer sous cette pluie de chandelle.

Un problème d’occupation du terrain à régler en 10 et/ou en 12

Il nous a manqué un jeu au pied long en 10 ou en 12. Je sais que je vais me faire des ennemis mais je continue de penser que Fofana est davantage un ailier qu’un centre, ou bien alors il va falloir vraiment améliorer sa passe et son jeu au pied (à moins qu’on ne mette un 10 au jeu au pied long à ses côtés). Tout le monde me parle de son essai à Twickenham, qui est magnifique certes, mais qui reste pour moi un magnifique essai d’ailier, de finisseur. D’ailleurs à Clermont Vern Cotter le faisait jouer à l’aile avant l’arrivée de Nalaga et de Sivivatu. Je ne veux pas jeter la pierre à Fred Michalak, capable du meilleur, mais est-il vraiment le numéro 10 idéal pour ce genre de match ?

Bastareaud, Debaty, Vaamahina, Guirado : les entrées gagnantes

Il est clair que l’ambiance avec cette pluie était faite pour favoriser le jeu irlandais. Il nous aurait fallu une équipe plus puissante et un jeu au pied plus long. A ce titre les entrées de Mathieu Bastareaud, Vincent Débaty, Guilhem Guirado et surtout celle de Sébastien Vaamahina nous ont fait énormément de bien. Avec leurs impacts ils laissèrent quelques bleus aux Verts. Le Catalan a été précieux dans les rucks, grattant deux ballons en une dizaine de minutes dont la balle de match sur la dernière action. Je pense qu’il a gagné des gallons ce samedi

Et maintenant ?.

Maintenant, il va falloir apporter du sang frais à cette équipe. J’imagine que Saint-André a l’intention d’utiliser la tournée d’été pour cela, mais je pense qu’il peut commencer cette tâche dès le prochain match car ces Bleus sont à bout de souffle. J’espère que nous verrons très bientôt sous le maillot bleu les joueurs souvent : Camille Lopez qui est peut-être le futur grand 10 qui manque au XV de France (en espérant qu’il aura du temps de jeu à Perpignan car il devra se partager le poste avec Hook), les frères Taofifenua ou le Toulousain Gaël Fickou. J’espère aussi qu’on reverra des joueurs comme Buttin, Vakatawa, Tolofua qui ont un peu de mal en club en ce moment. Que Brice Dulin reviendra après sa blessure. Et pourquoi pas d’autres joueurs comme le bayonnais Marvin O’Connor ? Enfin, j’espère que nous reverrons des joueurs comme Maxime Mermoz ou Benjamin Fall en bleu car je suis convaincu qu’ils ont le niveau international.

6 Nations : Ces Bleus n’ont pas à rougir !

Bien sûr, la France a perdu son troisième match consécutif dans le tournoi des 6 Nations, évidemment le spectre de la cuillère de bois plane sur ce XV de France. Mais si on veut bien aller au-delà de ce tournoi, les Bleus continuent de construire leur rugby. Malgré la défaite, le XV de France a présenté un tout autre visage que celui entrevu contre Italiens et Gallois. 

Je tiens à soutenir le XV de France, ses joueurs et ses entraîneurs. Quitte à ne pas être à la mode et me retrouver seul face à tous ce que le monde du rugby compte d’observateurs, de spécialistes, de blogueurs et de consultant. J’assume. Sereinement, je vais essayer d’analyser les raisons de cette défaite contre l’Angleterre.

Une grande équipe d’Angleterre

La première des raisons est bien la qualité de ce XV de la Rose qui est probablement avec les All Blacks la meilleure équipe au monde. Quand on voit la moyenne d’âge de ce quinze, on se dit que les Anglais, qui recevront dans un peu moins de trois ans la Coupe du Monde, sont peut être en route vers un deuxième sacre mondial. Il faut leur rendre hommage, cette capacité à faire le dos rond sous la furia française en première mi-temps, cette capacité à marquer à chaque fois que l’opportunité se présente à eux est bien la marque des grandes équipes. Nous avons eu, un grand match de rugby de très haut niveau et pour cela il faut deux grandes équipes.

Une deuxième mi-temps inquiétante

Ensuite, et c’est peut-être plus inquiétant, c’est cette satané deuxième mi-temps au cours de laquelle les Bleus ont – encore une fois- manqué de jus. Un problème de joueurs ? De remplaçants qui ne seraient pas au niveau des titulaires ? Je ne pense pas. Je crois que le staff avait bien anticipé en mettant sur le banc des titulaires en puissance (Michalak, Machenaud, Fritz, Szarzewski, etc.). Je crois que le problème vient plutôt de notre championnat. C’est un championnat de grande qualité, qui forme les joueurs au plus haut niveau, avec des internationaux du monde entier, c’est indubitablement aussi le championnat le plus usant, le plus éprouvant du monde. Un véritable marathon. Le problème est ici plus structurel. Il faudra bien un moment ou un autre tirer les bonnes conclusions et prendre des mesures adéquates.

Un manque de réalisme et de l’indiscipline qui coûtent cher

Un autre problème et le manque de réalisme des Français. Nos Bleus ont outrageusement dominé les Anglais en première mi-temps pour une avance des plus minimes au tableau d’affichage. A cela il faut ajouter quelques fautes d’indisciplines récurrentes qui nous ont coûté très chers, si on ajoute le manque de réussite inhabituel de Morgan Parra, face à cette équipe d’Angleterre, àTwickenham, c’était beaucoup trop pour pouvoir espérer gagner le match. Ce XV de France a tout pour devenir une grande équipe. Soyez-en certains ! Mais pour cela il faudra qu’il apprenne à être plus réaliste et à marquer dans les moments forts comme le font si bien les Anglais.

Un arbitrage pas à la hauteur de l’événement

Comment ne pas terminer cette autopsie sans dénoncer la prestation scandaleuse de Monsieur Joubert. Le « meilleur arbitre du monde » n’a visiblement plus le niveau international. On ne compte pas le nombre incroyable de fautes anglaises qui n’ont pas été sifflées (Placage sans ballons à plusieurs reprise, écrans avec percutions,  ballons joués au sol, etc.). Le comble du comble est cette dernière pénalité ou Julien Fritz qui dispute un ballon alors qu’il est sur ses appuis se fait pénaliser tandis que le joueur anglais garde le ballon au sol. Que dire de la faute visiblement signalée par un arbitre de touche que Monsieur Joubert ne siffle pas. Je pardonnerai toujours les erreurs d’arbitrages, mais la malhonnêteté non.

L’avenir sera bleu

Il reste encore deux matchs aux joueurs du XV de France. Certains d’entre eux ont donné entière satisfaction (Domingo, Nyanga, Picamole, Dusautoir, Parra, Fofana, Huget ont tous été énormes) peut-être que d’autres ont perdu de précieux points (Michalak n’a malheureusement pas été à la hauteur ; il est temps pour lui que cette saison internationale se termine et qu’il revienne en forme, j’espère pour lui qu’il pourra se refaire une santé en club). Je suis sûr que les Bleus ont le potentiel pour aller s’imposer en Irlande et bien sûr de gagner le match face à l’Ecosse. Il faut continuer de mettre plus de rigueur dans notre jeu. Défensivement, l’équipe était en place, il y a eu du mieux offensivement en première mi-temps. Les joueurs ont le talent, ils ont besoin de jeu, de repaires et de sérénité. La route qui mène à 2015 est encore longue. Si les matchs contre l’Italie et le Pays-de-Galles n’apporteront rien, ce crunch devrait être riche en enseignements et il pourra nous servir de socle pour de futures victoires épiques. J’en suis certain.