le XV de France domine les Auckland Blues

TOURNEE – Les Bleus n’ont d’abord pas été étincelants, mardi, face aux Blues d’Auckland (Super Rugby). Ils ont ensuite retrouvé de leur efficacité en 2e période, remportant la partie (38-15) et gommant un peu les doutes qu’ils avaient fait naître à l’issue du premier match perdu face aux All Blacks, samedi. Il y a du mieux et c’est toujours bon à prendre avant de défier à nouveau les Néo-Zélandais, samedi.

C’est toujours bon à prendre. Pour la première fois depuis 1998, le XV de France s’est frotté à une province. Si les Bleus se sont un peu refait la cerise aux dépens de la province des Auckland Blues (38-15).

Maintenus à flots en prem!ère mi-temps grâce à la botte de Jean-Marc Doussain (4 pénalités), les hommes de Philippe Saint-André ne sont parvenus à franchir la ligne d’en-but qu’en seconde période, inscrivant tout de même quatre essais à cette franchise du Super Rugby, le Championnat de l’hémisphère Sud.

Trois jours après la défaite encaissée face aux All Blacks (13-23), cette rencontre amicale entre deux équipes très remaniées a au moins eu l’avantage de procéder à une large revue d’effectif avant d’affronter une dernière fois la Nouvelle-Zélande, samedi à Christchurch.

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Le message de la France à la planète ovale

Nous savions les Français capables de battre les Wallabies, certains observateurs faisaient même remarquer qu’il s’agissait-là d’une des plus talentueuses équipe de France que nous ayons alignée ces dix dernières années. Mais nous étions loin d’imaginer que la France était capable d’une telle performance face à une nation du sud. Ceux qui ont pu voir le deuxième test-match en Argentine seront probablement confortés après ce France-Australie.

Une victoire estampillée Top 14

Les Français auront dessiné leur victoire dans les phases de conquête et notamment en mêlée fermée, on nous avait dit que les Australiens avaient progressé dans ce secteur, ce ne fut pas flagrant ce samedi. Archi-dominants dans ce secteur les Bleus profitèrent pour marquer leurs vis-à-vis australiens au fer rouge, inscrivant au passage deux de leur trois essais sur des mêlées fermées. L’autre grande satisfaction fut la défense bleue qui ne s’est pas pris un seul essai, même si à plusieurs reprises les Wallabies sont passés tout prêt franchissant même la ligne une fois sans que l’essai ait pu être accordé par l’arbitrage vidéo. Troisième grande satisfaction, les joueurs français qu’on savait talentueux ont gagné la plupart de leurs duels face à leurs adversaires directs. Peut-être que ces fameux livrets individualisés, remis par Philippe Saint-André, où figurent toutes les informations (points forts/points faibles) concernant les vis-à-vis directs de chaque joueur aura apporté des renseignements clés. Il n’y avait pas besoin d’être un grand spécialiste en rugby pour comprendre que les joueurs de l’hémisphère sud étaient en train de passer un très sale quart d’heure, il suffisait de lire la détresse dans leurs yeux pour savoir que rien n’allait plus.

Une marge de progression

Cette victoire s’est donc construite sur les phases statiques, une grosse défense agressive et qui montait très haut coupant les intentions de jeu australiennes et sur de nombreux duels gagnés par les Bleus. Néanmoins tout ne fut pas parfait. Il n’y eut qu’à de rares occasions des mouvements de grandes envergures. On aurait pu penser que cet alignement Michalak, Mermoz, Fritz, Clerc, Fofana, Dulin allait trouver des brèches dans la défense adverse. Il n’en fut rien. A part un éclair de Fofana (bien servi par Michalak) sur le deuxième essai, les trois-quarts français n’ont pas brillé par leurs grandes envolées mais plutôt par leur défense agressive et leur pragmatisme. Ce qui est complètement normal, compte-tenu du temps extrêmement court dont ont disposé les Français pour préparer ce test-match. Il existe donc une marge de progression importante, ce qui peut paraître invraisemblable quand on sait que les Bleus ont gagné avec un écart de 30 points, c’est pourtant vrai. Le jeu au pied fut peu utilisé et à mon avis aurait pu contribué à trouver par la suite des solutions offensives, mais il s’agissait-là probablement de consignes strictes de ne pas rendre de ballons à un adversaire qui peut être redoutable sur les ballons de relances.

Mention spéciale à notre troisième ligne

La victoire s’est indéniablement construite à 15, on pourrait même dire à 23 (bien que les 20 dernières minutes furent plus en faveur des australiens). Je voudrais tout de même souligner la performance extraordinaire de la troisième ligne à l’image de Louis Picamoles qui, avec ses charges aussi dévastatrices que nombreuses, compensa à lui tout seul le déficit de puissance du pack français. Fulgence Ouedraogo et Yannick Nyanga, dont on se souviendra longtemps de ses larmes lors de la Marseillaise, eurent du cœur. La domination française dans les rucks fut totale.

J’espère donc que les Bleus fourniront le même type de prestation à Lille face à des Pumas qui viennent de s’imposer assez aisément face au Pays-de-Galles au Millenium Stadium de Cardiff. Je regrette seulement que le Stade de France n’ait pas été plein à craquer hier. Il y a un vrai problème que la FFR (et les clubs) vont devoir très vite régler. Le commentateur de France 2 a annoncé 77 000 spectateurs, je pense qu’on était plus proche des 70 000 car il semblerait que certaines places n’aient pas trouvé preneur. Peut-être faudra-t-il revoir le tarif de certaines places avant de songer à réellement construire un grand stade, car vraiment ça valait le coup d’être hier soir au Stade de France.

Mister Rugby

Que faut-il retenir de la première liste de Philippe Saint-André?

Yannick Nyanga pourrait faire son grand retour avec les Bleus !

Beauxis rappelé, Maestrie et Fofana convoqués et 22 mondialistes conservés…

Un ancien président de la République parlerait de «changement dans la continuité». Philippe Saint-André n’a pas cherché à surprendre à tout prix avec sa première liste de 30 joueurs retenus pour un stage préparatoire (23, 24 et 25 janvier) au prochain Tournoi des VI Nations. «C’est une liste pour affronter l’Italie le 4 février pas pour les quatre ans à venir», relativise d’ailleurs le nouveau sélectionneur des Bleus.

22 mondialistes, mais pas Nallet

Comme prévu, Philippe Saint-André a décidé de s’appuyer sur les vice-champions du monde en titre. Des 31 joueurs présents lors du séjour en Nouvelle-Zélande, 22 figurent dans la liste donnée par le successeur de Marc Lièvremont.  «On a essayé d’être le plus cohérent possible et donc de construire un groupe avec une grosse coloration de mondialistes», avance «PSA». Avec Damien Traille et David Marty, Lionel Nallet (35 ans) est l’un des neuf oubliés. Le sélectionneur a pris le temps pour lui annoncer la nouvelle ainsi qu’à son copain Sébastien Chabal. Mais Saint-André ne leur ferme pas les portes de la sélection. «Si jamais on a des blessés, tous les joueurs que j’ai contactés sont tous dans les starting-blocks.»

Maestri  et Fofana, deux bizuths attendus

Pas de surprise non plus du côté des nouveaux. Les noms de Yoann Maestrie et Welsey Fofana revenaient avec insistance, le deuxième ligne toulousain et le trois-quarts centre de Clermont sont dans le bon wagon. Mais convocation ne rime pas toujours avec sélection. Maestrie a bien noté que le sélectionneur doit encore retrancher sept joueurs à cette première liste, le 25 janvier. «Je suis très heureux bien sûr de faire partie du groupe qui fera le stage à Marcoussis. Après c’est autre chose de faire partie des 23», met-il en garde. Autre bizuth ou presque, le Clermontois Vincent Debaty. Cinq ans après sa seule cape, le pilier d’origine belge va peut-être avoir l’occasion de lever les doutes qui pèsent sur sa tenue en mêlée.

Beauxis de retour en grâce mais toujours pas de Fritz

Lionel Beauxis retrouvera-t-il les Bleus ?

Après quatre ans de purgatoire, il a suffi de deux matchs et de 55 points à Lionel Beauxis pour redevenir l’ouvreur en puissance du XV de France. «J’ai assisté à Montpellier-Toulouse (45-25), il a fait tout ce qu’un grand demi d’ouverture peut faire: pénalités, drop-goals, passes au pied, feintes de passe, percées», énumère Saint-André. Avec Beauxis, ils sont douze Toulousains présents mais toujours pas de Florian Fritz. Banni sous l’ère Lièvremont, Fritz voit cette fois son partenaire de club Yann David lui griller la politesse. Même constat pour Mathieu Bastareaud.  «Je n’élimine personne, tient à rassurer Saint-André. La vérité du moment ne sera peut-être pas la même dans trois semaines.»

 Alexandre Pedro, 20Mintues.fr